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18/04/2015

Madame Miniver / Mrs Miniver - 1942

"Madame Miniver" n'est pas mon film préféré, mais il a quand même de nombreuses qualités. On peut bien évidemment citer la belle Greer Garson, qui joue avec délectation une mère de famille anglaise. Mais son mari, Walter Pidgeon n'est pas moins excellent. On peut également parler du beau noir & blanc, ou du talent de réalisation de William Wyler. Mais tout cela ne serait rien, sans le très réussi scénario. A ce sujet, plusieurs scénaristes ont participé à l''écriture. On peut citer donc comme scénaristes : Arthur Wimperis, George Froeschel, James Hilton, Claudine West. Le film est lui même une adaptation du du roman de Jan Struther. Le film nous raconte le passage d'une famille anglaise de la paix de leur foyer à la guerre. Et le film passe de la douceur du foyer, à l'angoisse de la déclaration de guerre, aux privations, et aux bombardements, et aux disparitions. Plusieurs scènes sont mémorables, comme celle où Madame Miniver trouve dans sa cuisine un pilote allemand blessé, qui en mangeant lui dit que d'autres que lui viendront par millier, pour détruire les villes anglaises. Le discours rappelle d'autres discours radicaux actuels, dont la résonance fait écho au film de Wyler. Enfin, cette plongée de le Blitz vu du côté anglais, nous fait nous interroger ici aussi sur notre conscience et notre humanité. En effet, Walter Pidgeon, en père de famille essaye de protéger sa famille des horreurs de la guerre, et à garder en eux cette part de beauté, que la guerre veut absolument détruire. "Madame Miniver" nous montre donc la guerre du côté des civils et des familles. Ainsi, si les soldats combattaient sur mer, sur terre, et dans les airs, les familles à l'arrière combattaient souvent la peur, la haine qui voulaient absolument corrompre leurs coeurs. Lutte totale contre le mal, "Madame Miniver" est malheureusement actuel, et nous rappelle que la lutte contre les totalitarismes qui veulent faire de l'Homme une bête, n'est jamais terminée. Cette lutte pour que le mal et la guerre n'écrasent pas les dernières lueurs de la conscience humaine, et le souvenir des jours heureux, c'est dans la lecture au fond d'un abri de fortune, et dans l'évocation "d'Alice aux pays des merveilles" que la famille Miniver la transpose : "Enfin elle se représenta cette même petite sœur, dans l’avenir, devenue elle aussi une grande personne ; elle se la représenta conservant, jusque dans l’âge mûr, le cœur simple et aimant de son enfance, et réunissant autour d’elle d’autres petits enfants dont elle ferait briller les yeux vifs et curieux au récit de bien des aventures étranges, et peut-être même en leur contant le songe du Pays des Merveilles du temps jadis : elle la voyait partager leurs petits chagrins et trouver plaisir à leurs innocentes joies, se rappelant sa propre enfance et les heureux jours d’été." Pour la petite histoire, on se souviendra que Norma Shearer, refusa le rôle de mère de famille se considérant trop jeune, et que Greer Garson devait épouser son fils dans le film, Richard Ney, en 1943. Il ne transparaît évidemment rien, de leur passion à l'écran. Le film, aidé par la belle musique d'Herbert Stothart (en charge également de la musique de "Prisonniers du passé"), devait rafler 7 Oscars mérités, et bénéficier d'une suite après la guerre, qui n'obtint pas le même succès que l'original.

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Ci-dessus : Walter Pidgeon & Greer Garson

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Ci-dessus : Henry Travers & Greer Garson

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Ci-dessus : Theresa Wright & Richard Ney

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Disponible en Bluray Zone Free en VF et VO sous-titrée

Note : 8 / 10

06/09/2014

L'héritière / The Heiress - 1949

On a parfois plaisir à parler de certains films, plus que d'autres, et "l'héritière" fait parti de ceux-ci. Comme son nom l'indique déjà un peu, le film qui nous compte la vie sentimentale d'une héritière de fortune. Il a été produit par la Paramount et réalisé  en noir & blanc par William Wyler. Le film peut s'appuyer sur plusieurs qualités importantes. Tout d'abord, c'est une adaptation du roman d’Henry James "Washington Square". De plus ce roman a lui même était adapté pour le théâtre par Ruth et Augustus Goetz, et c'est sur cette dernière version théâtrale de 1947, que le scénario des mêmes auteurs, est fondé. On a donc un scénario tout à fait sérieux. Le réalisateur n'est pas non plus, n'importe qui. On doit à Wyler, plusieurs films avec Bette Davis, comme "l'insousime" (1938), "la lettre" (1940), "la vipère" (1941), mais aussi plusieurs chef-d'oeuvres comme "Madame Miniver" (1942), "les plus belles années de notre vie" (1946) et "les grands espaces" (1958), et même "Ben-Hur" (1959), pour citer les plus célèbres.

 

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Le casting de "l'héritière" est également très bon. Ainsi, on retrouve Olivia de Havilland, Montgomery Clift, Ralph Richardson, et Miriam Hopkins. Olivia de Havilland avait gagné auparavant déjà un Oscar pour son interprétation dans "À chacun son destin", l'année précédente.  Montgomery Clift joue son rôle très correctement, sachant lui donner des tons et des intonations qui font de lui un comédien d'exception, mais que dire de la formidable prestation de Ralph Richardson, qui joue le père de notre "héritière", ne sachant comme protéger et aimer une fille, qu'il méprise au plus profond de lui. Ralph Richardson apporte toute sa classe au film, comme sait le faire également George Sanders. On se souvient de Ralph Richardson pour ses préstations dans "La vie future" (1936), ou en mari trompé dans "Le divorce de Lady X" (1938) ou dans "Anna Karénine" (1948) avec Vivien Leigh. On note aussi dans les seconds rôles, la belle prestation d'une Myriam Hopkins déjà vieillissante. Mais toute sa fabuleuse beauté tellement présente dans "Dr. Jekyll and Mr. Hyde" (1931) avec Fredric March ou dans "la caravane héroïque" (1940) avec Errol Flynn semble s'être évanouie. Elle n'en reste pas moins une actrice terriblement talentueuse. Le film est donc un très bon film, qui n'ennuie jamais, malgré la difficulté du sujet. On retrouve encore une fois avec bonheur, du grand cinéma hollywoodien, dont l'histoire peut se résumer au thème de "plaisir d'amour" emprunté par le compositeur Aaron Copland. Olivia de Havilland enlaidie pour l'occasion, devait gagner son deuxième Oscar et le film en rafler 4 en tout.

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Ci-dessus : Montgomery Clift & Olivia de Havilland

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Ci-dessus : Montgomery Clift & Olivia de Havilland

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Ci-dessus : Olivia de Havilland & Ralph Richardson

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Ci-dessus : Myriam Hopkins

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Ci-dessus : Olivia de Havilland

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Ci-dessus : Montgomery Clift & Olivia de Havilland

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Ci-dessus : Olivia de Havilland avec son Oscar gagné pour "l'héritière"

Trailer :

 

Extrait de la musique du film :

Disponible chez Universal en DVD zone 2 VO sous-titrée

Note : 8 / 10

23/11/2013

Les plus belles années de notre vie / The best years of our lives - 1946

Après la guerre, une nouvelle vie commence et c'est bien le sujet du film que je vous propose aujourd'hui. Pour vous dire la vérité, lorsque j'étais plus jeune, je n'avais pas beaucoup apprécié ce film. En effet, je ne me souciais pas beaucoup du retour à la maison, après la guerre, de 3 vétérans : Dana Andrews, Harold Russell et Fredric March. De plus, à l'époque, j'avais découvert le film sur un petit écran et avec une VHS. La sortie de la version Bluray Freezone, me semblait le bon moment pour redécouvrir cette oeuvre de William Wyler. Wyler, c'est évidemment le réalisateur de Ben-Hur (1959), mais aussi de "Rue sans issue" (1938) avec Humphrey Bogart et Joel Mc Crea, ou de "Vacances romaines" (1953). Il devait toucher à presque tous les genres, en passant par le western avec "les grands espaces", ou le péplum, ou encore le mélodrame.

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A noter sur cette affiche belge, la francisation du nom de Fredric March

Nos 3 vétérans, vont donc retrouver femme et enfants. Dana Andrews va retrouver Virginia Mayo, Fredric March, va rejoindre Myrna Loy et sa fille (ici Theresa Wright), notre troisième vétéran Harold Russell, va lui retrouver son père, sa mère et sa fiancée. La force du film est de s'inscrire dans une réalité palpable à l'écran. Ainsi, la vie de ces hommes, c'est la vie du vétéran américain moyen, qui revient et qui ne reconnaît ni son pays, ni sa famille. Ainsi le génie des scénaristes et de Wyler et de nous donner plusieurs facettes de cette Amérique. Ainsi, Fredric March est plus âgé et avec un bon métier, une femme et de grands enfants. Dana Andrews est lui sans qualification pour la vie civile et sans enfants, avec une femme volage. Enfin le cas, le plus touchant, est celui du jeune Harold Russell, qui revient avec les deux avant-bras coupés. Arrivera t'il à retrouver intact l'amour de sa fiancée ? Arrivera t'il à s'insérer ? Harold Russel n'était pas un acteur professionnel, mais un grand blessé de la guerre. Son rôle donne une très forte dose de réalisme au film, et touche encore plus. Harold Russel recevra ainsi deux Oscars : un pour son interprétation, comme meilleur second rôle et un autre, comme Oscar d'honneur. Le film pose la problématique du retour, dès les premières minutes. Et finalement ce thème de la réadaptation de chacun fait échos à nos vies d'aujourd'hui. Car l'Homme moderne, n'a jamais du autant peut être se réadapter que dans notre société qui change et qui ne ressemble pas à celle d'il y a 10 ou 15 ans. D'un thème américain post seconde guerre mondial, Wyler arrive à en faire un thème universel, de l'adaptabilité de l'être humain au changement.

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Ci-dessus : Dana Andrews et Virginia Mayo

On ne peut finir de parler de ce film, sans dire quelques mots sur la magnifique musique de Hugo Friedhofer, qui a composé sans aucun doute sa plus belle musique de film, et peut être l'une des plus belles de l'histoire du cinéma. Enfin on remarque que Thérèse Wright qui avait déjà été présente dans le mélodrame guerrier de William Wyler, "Madame Miniver" (1942) est encore bien présente là aussi. Elle tourna donc 3 films avec William Wyler dont "la vipère" (1942). Vous saurez tout, quand je vous dirai que le casting comprend également Steve Cochran et que Wyler avait des doutes sur le jeu dramatique de Virginia Mayo. Mais cette dernière fut excellente dans son rôle. Voilà, j'en ai fini avec "les plus belles années de notre vie" qui reste sans doute, comme un des plus beaux films de l'histoire du cinéma. Il recevra une pluie d'Oscars totalement mérités.

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Ci-dessus : Theresa Wright et Dana Andrews

 

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Ci-dessus : Fredric March, Theresa Wright et Dana Andrews


Extrait de la musique :

Extrait musical n°1

Extrait musical n°2

Extrait musical n°3

Extrait musical n°5

Extrait musical n°6

Extrait muiscal n°7


La Bande-annonce :

 

Film disponible en DVD zone 2 ou Bluray Freezone (chez Gibert) en VO sous-titrée

 

Note : 9 / 10

03/04/2013

La rue sans issue / Dead End - 1937

"La Rue sans issue" est un film de William Wyler tourné en 1937. William Wyler c'est bien entendu le réalisateur de Ben-Hur (1959) mais aussi le réalisateur de nombreaux films avec Bette Davis ("Jezebel", "la lettre", "The Little Foxes"), mais il a aussi fait tourné Gregory Peck ("les grands espaces"), ou Gary Cooper et combien d'autres. Ce réalisateur a donc eu une carrière assez exceptionnelle. En 1937 il a déjà fait tourner deux fois Joel McCrea dans "Come and Get it" (1936) et dans "These Three". Mais on ne retrouve pas seulement Joel McCrea, mais aussi et surtout Humphrey Bogart et enfin la belle Sylvia Sidney. Sylvia Sidney on se rappelle d'elle aujourd'hui surtout pour son rôle dans "Du sang dans le soleil" où elle donne la réplique à James Cagney, mais aussi et surtout pour son rôle de Fantine dans la version des "Misérables" de 1952. A noter que Sylvia Sidney retrouvera Humphrey Bogart en 1941 dans "l'amour et la bête". Enfin dans les seconds rôles sont présents, Claire Trevor et Wendy Barrie, et Allen Jenkins et toute la bande de gosses insupportables.

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Le film est tout expliqué dans son titre : "La Rue sans issue". En effet, ici toute l'action se passe dans une rue de New-York (la 53ème rue) dont l'issue est le fleuve Hudson. Dans cette rue cohabite misère des uns et richesse des autres. Et on comprend bien que si cette rue n'a pas d'autre fin qu'un fleuve au niveau géographique, elle n'en a pas non plus pour ses occupants. Autant vous le dire tout de suite, le film est désservi par cette action statique, tirée d'une pièce de théâtre de Sidney Kingsley. Alors bien sûr on visite des maisons, des restaurants, des halls d'immeubles, mais c'est bien toujours la même rue. Le spectateur ressent donc un enfermement certain lorsqu'il regarde ce film. Peut être est ce aussi une force du film, que de vouloir nous faire sentir l'enfermement que les occupants de la rue devaient ressentir.

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Ci-dessus : Joel McCrea, Allen Jenkins et Humphrey Bogart

Le film a une certaine modernité car il contient plusieurs histoires : McCrea est un architecte raté qui peint des enseignes pour survivre, les gosses sont livrés à eux mêmes, Sylvia Sidney fait grève pensant obtenir un meilleur salaire, et Humphrey Bogart revient dans le quartier de son enfance, mais pour lui aussi il n'y aura pas d'issue positive. Bref, ici c'est une description d'une misère humaine sous toutes ses formes. Ainsi, le film attire autant qu'il révulse. Dans cette rue, tout est pourri ou vérolé, ainsi le personnage de Bogart ne retrouvera ni l'amour de sa mère, ni l'amour de son ancienne petite amie. Et son personnage pervers n'est que la représentation du futur qui attend les gosses, jeunes voyous abandonnés.

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Ci-dessus : Humprhey Bogart et Claire Trevor

L'image ci-dessous est tirée d'une des meilleures scènes du film qui nous montre un Bogart incapable de retrouver celle qu'il avait laissé, malgré tout son désir. Claire Trevor est magnifique dans cette scène d'un amour devenu impossible. William Wyler se plaît à filmer les visages féminins et à les magnifier avec des jeux de lumières dont lui seul à le secret et que seul le noir et blanc peut restituer. Ainsi, il fera de même avec Sylvia Sidney qui sera très souvent admirablement filmé.

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Ci-dessus : Joel McCrea et Sylvia Sidney

"La rue sans issue" nous permet donc de retrouver des grands acteurs, et des plans parfois magnifiques. C'est déjà beaucoup. Le film lasse parfois et insupporte devant la cruauté et l'enfermement qu'il véhicule. Il y eut d'ailleurs débat aux USA à l'époque concernant la délinquance juvénile dépeinte de manière si réaliste. Il n'en reste pas moins comme cinématographiquement parfait sur bien des points, et si "la rue sans issue" répugne autant qu'il fascine, c'est bien cette fascination que je veux retenir. Le film devait d'ailleurs obtenir 4 nominations aux Oscars.

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Ci-dessus : Joel McCrea et Sylvia Sidney

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Ci-dessus : une photo du tournage (notez l'immense présence de Bogart)

 

Bande-annonce :

 

Note : 7 / 10