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04/04/2014

Une balle signée X / No Name on the Bullet - 1959

Il faudra un jour redécouvrir le travail du réalisateur Jack Arnold, spécialisé dans les séries B de qualité. En effet, en plus de la réalisation de nombreux westerns, comme "une balle signée X", il a touché à presque tous les genres. On peut citer parmi ces genres, le film noir,"le salaire du diable" (1957), excellent film avec Orson Welles et Jeff Chandler, mais surtout de nombreux films de science-fiction, comme "l'étrange créature du lac noir" (1954), et même des comédies. J'ai revu dernièrement "Crépuscule sanglant" (1955) du même Jack Arnold, avec Rory Calhoun, et c'est un très honnête western. Pour revenir à "une balle signée X", le casting comprend donc Audie Murphy, Joan Evans, Charles Drake et Virginia Grey qui n'est ici, plus que l'ombre d'elle même. Le film a un scénario fort bien construit, dont le thème est peu banal dans le western. Ainsi, l'anti-héros Audie Murphy arrive dans une petite ville, avec une réputation de tueur. Donc, les habitants vont rapidement craindre qu'il vienne pour éliminer quelqu'un. Chacun va donc se demander qui peut bien lui en vouloir et commencer à soupçonner son voisin. Le thème est peu banal, car en général dans le western les conflits sont connus, dès le début. Ici il faudra attendre, la toute fin, pour comprendre la raison de la venue d'Audie Murphy.

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Le scénario est donc excellent car la venue de ce tueur enlève le masque de la bienséance à cette petite ville, qui va commencer à s'entredéchirer.  Le scénario de Gene L. Coon, et de Howard Amacker, permet également d'aborder des thèmes peu abordés traditionnellement comme la signification de la vie et de la mort. Ce western se situe donc clairement au dessus du lot de petits westerns que l'Universal avait l'habitude de produire dans les années 50. On a un mélange de suspense, de tensions psychologiques et presque de films noirs assez inhabituels pour intéresser et marquer les esprits, les plus réfractaires. On se rend compte également qu'Audie Murphy est capable de camper un rôle d'anti-héros à des antipodes de ses personnages de gentils qu'il a souvent interprétés. "Une balle signée X" est donc un très bon western, qui mérite d'être découvert.

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Ci-dessus : Audie Murphy

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Ci-dessus : Joan Evans et Audie Murphy

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Ci-dessus : Joan Evans et Audie Murphy

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Ci-dessus : Joan Evans

Disponible en DVD Zone 2 en VF et VO sous-titrée (chez MFP).

 

Note : 7 / 10

04/05/2013

Les démons de la liberté / Brute Force - 1947

"Les démons de la liberté" est un film de Jules Dassin tourné en 1947, avec comme star principale, Burt Lancaster. Hume Cronyn trouve là quant à lui peut être un des ses meilleurs rôles. Habitué aux seconds rôles, Hum Cronyn a joué dans "le facteur sonne toujours 2 fois" (1946) où il a interprêté un avocat toujours à la limite de la légalité. On retrouve également Hum Cronyn, dans "la septième croix" (1944) avec Spencer Tracy, il faisait le citoyen allemand qui était molesté par le régime nazi. Le film nous raconte l'histoire de la naissance d'une évasion d'un pénitencier d'état qui va mal tourner et finir en explosion généralisée. Cette idée d'évasion va naître de l'enfermement, la promiscuité, mais aussi de l'opposition entre le surveillant en chef joué par Cronyn et les détenus. Le personnage joué par Burt Lancaster ou même par Hume Cronyn n'apparaissent pas au début du film comme des personnages principaux. Et Dassin nous montre ici avec un talent inimaginable que l'antipathie des deux personnages va évoluer pour déboucher finalement en une lutte à mort.

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Dassin et le scénariste Richard Brooks ont ici en plus l'intelligence prodigieuse d'insérer des flashbacks successifs. Ainsi, ces flashbacks au lieu de compliquer l'histoire ou de la ralentir vont expliquer très souvent quelle est l'histoire des prisonniers. De plus ils sont introduits de la plus intelligente des manières, par la discussion le soir entre prisonniers. Et de quoi peuvent bien parler les prisonniers le soir ? Ils parlent des femmes qu'ils ont connu. Ainsi, Dassin introduit des personnages féminins dans un film de prison, genre (comme dans le film de guerreà où il y en a généralement assez peu. Cela nous permet donc d'apprécier Ann Blyth, Ella Raines, mais aussi Yvonne de Carlo et Anita Colby. Le film n'est donc jamais linéaire ou ennuyeux. Ces flashbacks donnent également une respiration et une structure à l'oeuvre et caractérisent les prisonniers et n'en font plus des inconnus pour le spectateur. Ses flashbacks donnent enfin, une humanité à chaque détenu, les montrant n'ont comme des prisonniers, mais comme des êtres humains capables d'aimer ou de bonté si on leur donne leur chance. On pourrait aussi parler longuement de l'extrème sophistication de ces flashbacks à l'extrème inverse des scènes dans l'égout.

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Le personnage du gardien chef joué par Cronyn est le plus intéressant. En effet, symbole de la violence et de la perversité, il devient à la fin du film, symbole de la barbarie nazie. Et là on peut dire que Brooks et Dassin clouent le spectateur en disant que le nazisme il n'était pas seulement en Allemagne, mais aussi dans les prisons américaines. Le nazisme devient donc sociétale et non pas la seule tarre du peuple allemand. On pourrait dire qu'il devient une espèce de perversité de l'Homme. Ainsi, plusieurs indices sont donnés aux spectateurs pour que celui-ci arrive à cette conclusion. On voit Cronyn écouter du Wagner avant de se mettre à frapper un prisonnier. Son discours glorifie les plus forts contre les plus faibles. Enfin, un ancien soldat explique les tactiques utilisées contre les nazis pendant la guerre. A ce moment du film, on comprend que le film fait l'effet d'une bombe. Et si l'impitoyable cruauté sociale des détenus est mise en avant. Elle n'atteint jamais là, la perversité carcérale mise en place par les gardiens.

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Dassin arrive avec ses flashbacks et avec sa dénonciation de la cruauté universelle et institutionalisée de la détention à faire du spectateur une conscience des détenus et à finalement nous faire prendre fait et cause pour eux. L'intelligence scénaristique est prodigieuse et on voit quand même la différence avec des séries récentes comme par exemple "Prison Break" à la qualité inégale. Là l'oeuvre de Dassin est parfaite, sans apérités ou défauts quelconques et magnifiée par la musique ample et généreuse de Miklos Rozsa. "Les démons de la liberté" est donc une oeuvre majeure de Dassin du même niveau que "les forbans de la nuit" qu'il tournera 3 ans plus tard. Enfin, ce film a son utilité car il réveille notre conscience, en nous faisant réfléchir sur le régime pénitencier américain où on peut emprisonner sans juger ou maintenir à l'isolement pendant 41 ans un être humain sans preuves suffisantes. Un film indispensable.

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Ci-dessus : Whit Bissell et Ella Raines

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Ci-dessus : Hume Cronyn dans ses oeuvres ...

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Ci-dessus : Burt Lancaster et les flashbacks féminins des "démons de la liberté".


Bande-annonce :

 

Extraits de la musique :


Film disponible chez Universal en DVD Zone 2

Note : 9,5 / 10