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29/07/2017

Kong : Skull Island -2017

Désolé pour cette longue absence, mais le travail nous oblige parfois à abandonner nos passions. Mais je suis bien décidé à réveiller ce blog, belle au bois dormant endormie. Et pour commencer cette résurrection cinématographique, je vous propose un film pop-corn, "Kong Skull Island" de Jordan Vogt-Roberts. Le film ne s'embarrasse pas de la légende et des films précédents et se concentre plutôt sur un scénario tourné vers l'action voir l'horreur comique, dans un mode troisième degré revendiqué. Au niveau scénaristique la force du film est de mettre le film en scène dans une période conflictuelle, juste à la fin de la guerre du Vietnam. Les Marines US, prêts à rentrer chez eux et à retrouver femmes et enfants se laissent alors rattraper pour une ultime mission, par leur colonel Packard en manque d'action, joué par l'excellent Samuel Lee Jackson. Celui-ci est alors parti avec sa troupe pour accompagner une expédition scientifique sur une île inconnue. La distribution s'articule autour de Tom Hiddleston, Brie Larson, John Ortiz et Jing Tian. On notera également la présence du toujours excellent John Goodman.

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Alors c'est vrai que les années 70, c'est un peu moins glamour que le début des années 30 du "King-Kong" de Peter Jackson. Néanmoins, on se laisse prendre par cette aventure aux confins de la civilisation et de la rencontre d'êtres que tout oppose. L'opposition entre le colonel, sa troupe et Kong est à ce titre assez palpitante. Alors c'est vrai que c'est violent, voir parfois un peu gore, très américain, mais si on arrive à voir le film en mode deuxième ou troisième degré, en ce disant que c'est juste pour le "fun", on peut prendre un plaisir assez coupable à voir nos bêtes de guerre en face de la bête de la nature, plus grande qu'un immeuble. Et il y a beaucoup d'autres surprises, qu'évidemment je ne révèlerai pas. On retrouve donc un cinéma d'aventure, plaisant, même si il n'est pas à conseiller à tous les publics. En effet, certaines scènes peuvent choquer le jeune public. Il n'en reste pas moins que le divertissement est là, accompagné par une photographie tout à fait intéressante de Larry Fong, et par une bande originale très tournée vers les Seventies. On remarquera enfin un petit clin d'oeil, pour les spécialistes, à la chanteuse Vera Lynn en toute fin de métrage, avec un extrait très opportun et très touchant de "We will meet again". En somme, on s'amuse beaucoup à voir "Kong Skull Island", encore faut-il avoir le coeur bien accroché. Si c'est le cas. Vous allez aimer.

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Ci-dessus : Tom Hiddleston, Brie Larson, John Ortiz et Jing Tian

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Ci-dessus : Samuel Lee Jackson (le colonel Packard)

Disponibles sur Amazon.fr en DVD & Bluray

Note : 7,5 / 10

04/09/2015

Mogambo - 1953

Je crois que ce serait un peu limité l'ampleur de "Mogambo" de dire qu'il ne serait qu'un remake de "la belle de Saïgon" (1932) réalisé par Victor Fleming avec déjà Clark Gable et Jean Harlow. En effet, Mogambo élargit le champ des possibles et contrairement à "la belle de Saïgon" ne met pas en scène une "fille" avec un aventurier, mais deux couples, le couple illégitime qui est sur le point de se séparer composé d'Ava Gardner et de Clark Gable, et l'autre couple légitime composé de Grace Kelly et de l'effacé Donald Sinden. Si on veut chercher plus loin, ce n'est pas tant vers "la belle de Saïgon" qu'il faudrait se tourner, mais plutôt vers Goethe et son roman, "les affinités électives", qui met en scène deux couples dont les relations amoureuses vont se croiser et dont les relations adultérines auront un prix à payer. Là, la tragédie n'est pas présente, le film rode plutôt du côté du film safari et du mélodrame. Néanmoins, le jeu trouble des personnages aura pour conséquence la dureté de la vérité. Voilà, un scénario pour le moins alléchant ! Mais "Mogambo" n'est pas seulement porté par un bon scénario, mais aussi par un casting du tonnerre, avec une Ava Gardner plus torride que jamais, une Grace Kelly à la beauté glacée et un Gable en fauve avide alternativement de ces deux lionnes de l'écran. On sait qu'après une rencontre orageuse, la relation entre Ford et Gardner fut au beau fixe sur le tournage, permettant à cette dernière de littéralement faire exploser tout son talent. La photographie du trio Robert Surtees, Freddie Young et Stephen Dade est au niveau de l'ensemble. Et si on peut reprocher certaines images, empreintes d'un colonialisme dépassé aujourd'hui, il n'en reste pas moins que le film est un exemple de la capacité de Ford à faire autre chose que des westerns, et de l'influence de la culture allemande sur son oeuvre, que cela soit par le cinéma de Friedrich Wilhelm Murnau, ou ici de Goethe. Il est à considérer comme étrange de retrouver Goethe en Afrique, mais c'est trop étrange pour être un hasard. D'ailleurs "Mogambo" dont la signification serait "passion", inspire encore aujourd'hui les réalisateurs. Ainsi Taylor Swift dans un style très proche de celui d'Ava Gardner, célèbre les passions en Afrique. Son clip "Wildest Dreams", semble presque un hommage entier à l'actrice et au film. "Mogambo" est donc quant à lui, du très grand cinéma à n'en pas douter. A quand une redécouverte de l'oeuvre prodigieuse de Ford en Bluray ?

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Ci-dessus : Ava Gardner, Grace Kelly, & Clark Gable

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Ci-dessus : Ava Gardner

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Ci-dessus : Clark Gable

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Ci-dessus : Clark Gable & Grace Kelly

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Ci-dessus : Ava Gardner

La bande-annonce :

 

Le clip de Taylor Swift :

Film disponible en DVD zone 2, en VF ou version originale sous-titrée français chez Warner Bros

 

 

Note : 8 / 10

15/05/2015

La grande évasion / High Sierra - 1941

"La grande évasion" de Raoul Walsh, film en noir & blanc, produit par la Warner en 1941, ne m'a pas fait une très bonne impression. Je ne sais pas si c'est le scénarion de John Huston, que j'ai trouvé simpliste voir peu crédible, si c'est le casting. Mais malheureusement, je n'ai pas trouvé que c'était une grande réussite. Tout d'abord si on essaye de replacer le film dans son contexte, il faut dire que la Warner est passée en quelques années d'un cinéma réaliste, social et souvent violent à un cinéma où le spectacle et la distraction occupent une large part. Ainsi, le film de gangsters ,dès la deuxième moitié des années 30, a laissé, petit à petit, sa place  au mélodrame, ou encore au film d'aventures. En 1935, "Capitaine Blood" révélait une nouvelle vedette de l'écran : Errol Flynn, qui devait arriver en 1938, au somment de sa carrière dans "les aventures de Robin des Bois".  En 1939 Bette Davis, brillait dans le mélodrame "victoire sur la nuit". Dans ce changement de thème, le code de censure mis en place en août 1936, avait joué aussi son rôle . Et le crime et la mafia n'étaient plus les bienvenus à l'écran. La Warner avait donc changé les thèmes de ses films. Mais la guerre allait aussi toucher durablement le cinéma américain. Et un nouveau genre devait apparaître, le cinéma de propagande, dédié à soutenir l'effort américain et de ses alliés contre l'avancée du nazisme en Europe ou contre l'avancée des Japonais dans le Pacifique. Dans ce contexte, Bogart montré ici vieillissant, dont le personnage sort de prison, semble lui aussi un peu "has been". Contrairement au pur film de gangsters ou à un autre film tourné par Raoul Walsh deux ans plus tôt, mais d'une toute autre envergure "les fantastiques années 20". Ici "High Sierra" multiplie les passages mélodramatiques improbables. Ainsi, qui peut croire qu'un gangster endurci va s'attendrir pour un chien perdu qui porte la poisse, pour une fille de cabaret (Ida Lupino) ou pour une famille dont il ne connaît rien. On ne croit pas plus, en Arthur Kennedy en gangster. raté Le scénario multiplie ainsi à n'en plus finir les situations improbables et les invraisemblances, n'ajoutant rien à la crédibilité de l'ensemble.

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Alors oui, il y a Bogart et Ida Lunipo, qui tiennent le film à eux deux sur leurs épaules, pour en faire un spectacle acceptable. Il n'en reste pas moins qu'on a vu beaucoup mieux et que le scénario de John Huston, ne semble jamais arriver au niveau du jeu des deux interprètes principaux. On peut en conclure que film de gangsters s'est essoufflé. Hollywood en tournera beaucoup moins et il sera remplacé dès 1944, par un nouveau genre, avec ses codes bien à lui : "le film noir". La période de transition sera marquée par quelques grands films dont en cette même année 1941, un autre Bogart, beaucoup plus recommandable : "le faucon maltais".

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Ida Lupino

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Ci-dessus : On remarque Cornel Wilde très jeune derrière le comptoir

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Ida Lupino

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Joan Leslie

Disponible en DVD zone 2 & zone 1 en VO sous-titrée Français

Note : 6 / 10

31/12/2014

Le crime était presque parfait / Dial M for Murder - 1954

"Le crime était presque parfait" est le premier film des trois films, de Grace Kelly pour Alfred Hitchcock. Le film est réalisé avec un sens du détail assumé, et en seulement 34 jours. Il est une adaptation fidèle d'un pièce de théâtre éponyme. Il était dans son propos, un peu révolutionnaire pour 1954. En effet, la femme infidèle (Grace Kelly) était sympathique, et le mari (Ray Milland) totalement antipathique. D'ailleurs, le personnage de l'amant joué par Robert Cummings laissait tout autant paraître un caractère positif. On voit sur chaque plan, le travail minutieux d'Hitchcock sur les moindres détails de la photographie et de la mise en scène, en particulier sur la fameuse scène des ciseaux. Il n'en reste pas moins que le film est confiné à un appartement pendant presque toute sa durée. Et on a donc très souvent l'impression d'assister à du théâtre filmé. C'est peut être pour cela, que "le crime était presque parfait", avait été tourné en 3D, afin de ne pas laisser cette impression de film statique au spectateur. On notera aussi que la musique de Dimitri Tiomkin, semble bien, à l'étroit dans cet appartement, et convient mieux aux grands espaces westerniens ou aux films d'action. Quoiqu'il en soit, "le crime était presque parfait", sera éclipsé la même année, par le fulgurant succès de "fenêtre sur cour" (autre réalisation d'Hitchcock). On pourra noter également la présence d'un intéressant remake avec Michael Douglas et Gwyneth Paltrow, "meutre parfait" (1998).

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Ci-dessus : Ray Milland & Grace Kelly

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Ci-dessus : Anthony Dawson & Grace Kelly

Disponible en DVD zone 2, VF et VO sous-titrée chez Warner France

Note : 7 / 10

29/11/2014

Sur la piste des Commanches / Fort Dobbs - 1958

"Sur la piste des Commanches" fait parti des très bons films de Gordon Douglas, et est peut être un de ses meilleurs westerns. Je ne vais pas répéter ce que vous savez déjà sur Gordon Douglas, et que vous pouvez lire dans la note précédente. Mais sa carrière dans le genre western a été marqué par des hauts et des bas. A n'en pas douter, "sur la piste des Commanches" fait parti des oeuvres particulièrement remarquables du réalisateur. Ainsi, on retrouve un bon casting avec la belle Virginia Mayo, et Clint Walker, qui n'a pas fait une carrière cinématographique exceptionnelle, mais qui imposait une forte présence à l'écran. Il laisse ainsi apparaître une impressionnante musculature. Il faut tout de suite dire, que le scénario est particulièrement bien écrit, car le personnage joué par Clint Walker arrive dans une ville pour tuer un homme. Il le tue et s'enfuit, poursuivi par le shérif et ses hommes. Il se retrouve alors à la frontière du territoire indien. Et après avoir échangé sa veste avec un homme mort, il arrive dans un Ranch tenu par Virginia Mayo, et son jeune fils. Comment va t'il s'en sortir ? Pourquoi a t'il tué cet homme ? Quel était l'homme mort trouvé dans le canyon ? "Sur la piste des Commanches" est autant un western, qu'un film noir. De plus, on n e sait jamais, comment cela va tourner, ni ce que les scénaristes (George W. George, Burt Kennedy) ont prévu dans la prochaine scène. C'est la très grande force du film.

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Mais un bon casting, et un bon scénario n'est pas tout. Il faut aussi noter le bon montage en ellipse au début du film, qui laisse planer le suspens, mais aussi et surtout la très bonne réalisation de Gordon Douglais, qui nous laisse voir de magnifiques extérieurs. On ne peut s'empêcher de se dire qu'il y a du John Ford dans ce réalisateur, car de nombreux plans semblent sortis de westerns de Ford. Ce film est donc une bien, belle réussite, rehaussée par la présence de Brian Keith, parfait en méchant et par la musique d'un Max Steiner, qui amplifie l'action à mesure que le film avance. "Sur la piste des Commmanches" est à donc à découvrir de toute urgence dans la collection "trésors Warner". On peut remercier la Warner de nous avoir sorti de l'oubli un film de cette qualité.

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Ci-dessus : Clint Walker & Virginia Mayo

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Ci-dessus : Virginia Mayo

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Ci-dessus : Clint Walker

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Ci-dessus : Clint Walker & Virginia Mayo

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Ci-dessus : Clint Walker & Virginia Mayo

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Ci-dessus : Clint Walker & Virginia Mayo

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Ci-dessus : Brian Keith

 

Petit Diaporama du film :

Disponbile en DVD Zone 2, dans la collection "Trésors Warner" uniquement en VO sous-titrée en français

Note : 7,5 / 10

20/07/2014

Hélène de Troie / Helen of Troy - 1956

"Hélène de Troie" est le type même du péplum tourné à l'ancienne. Il est considéré comme étant un film plutôt faible dans la carrière du réalisateur Robert Wise. Pourtant à mon sens il n'en est rien et le film bénéficie de nombreux atouts. Ainsi en premier lieu, on peut considérer que les décors sont plutôt bons et assez impressionnants dans leur ensemble. On peut contester le bateau de Pâris, qui l'emmène à Sparte, et qui ressemble plus à un drakkar qu'à autre chose. Mais pour le reste, je n'ai pas trouvé d'énormes fautes de goût. La réalisation est très impressionnante et donne lieu à des scènes de bataille digne de l'Iliade d’Homère. On peut d'ailleurs noter que Raoul Walsh était le réalisateur de la seconde équipe. Cela situe tout de suite le film. Non si il y a bien un défaut dans ce "Hélène de Troie" c'est bien le manque criant de charisme de l'ensemble de la distribution. Ainsi, si Rossana Podesta est formidablement  belle, son interprétation est rarement à la hauteur de son personnage. Quant à Jacques Sernas, acteur français, exilé volontaire en Italie, il est spécialisé dans les péplums, mais reste moyennement convaincant ici en Pâris.

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Ce que l'on peut noter au crédit du film, c'est que les éclairages, les décors, et le costumes inspiretont sans nulle doute bon nombres de péplums, à commencer par le dernier "Troie" (2003) de Wolfgang Petersen. "Hélène de Troie" survole donc aux niveaux du jeu des acteurs et du casting, l'ensemble des thèmes que Petersen développera plus efficacement dans son film. On retire quand même beaucoup de plaisir à regarder cette version de l'adaptation de l'oeuvre d'Homère. Malheureusement l'absence de charisme du casting plombe un peu l'ensemble et l'empêche d'être un film inoubliable. Cela se traduit par l'absence d'un leader fort du côté des Grecs, et Robert Douglas dans le rôle d'Agamemnon, consteste souvent l'autorité de Ménélas pour devenir plus ou moins le chef des Grecs coalisés. Dans ce casting parfois étrange, on retrouve le parfait Sir Cedric Hardwicke que l'on verra jouer la même année dans "les 10 commandements" et qui reprendra dans ce dernier film le rôle du père de Ramses II. Il est ici un roi Priame très crédible. Enfin la musique est signée Max Steiner. On peut la considérer comme très intéressante et très lyrique. Et rien que la musique du titre, ou les batailles valent le déplacement. On a donc avec ce "Hélène de Troie" une oeuvre parfaitement réalisée pour 1956 et qui n'a pas à rougir de la comparaison avec la version de 2003, ou même avec des oeuvres plus anciennes, si ce n'est au niveau d'un casting certes international, mais un peu faible.

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Ci-dessus : Jacques Sernas & Rossana Podesta

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Ci-dessus : Janette Scott (Cassandre), Rossana Podesta & Jacques Sernas

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Ci-dessus : Rossana Podesta

 

Extrait de la musique de Max Steiner :

 

Le majestueux thème d'amour de Max Steiner écrit pour "Hélène de Troie" :

Film disponible en DVD dans la collection "légendes d'Hollywood" chez Warner Bros

Note : 7 / 10

16/07/2014

Pour elle un seul homme / The Helen Morgan Story - 1957

Il fallut 4 scénaristes (Nelson Gidding, Stephen Longstreet, Dean Riesner et Oscar Saul), pour écrire difficilement l'histoire de la grande chanteuse américaine, Helen Morgan. Il n'en reste pas moins que l'histoire prend quelques détours avec la réalité et reste un peu binaire. Mais pour ma part, j'ai trouvé Ann Blyth très convaincante en Helen Morgan. Certaines critiques ont dit que sa voix de soprano ne convenait pas et donc que la Warner ait engagée Goggi Grant pour le doublage. Par contre, d'autres commentateurs ont contesté ce choix. En réalité, lors d'un doublage l'actrice n'est jamais consacrée, car les critiques s'opposent devant un choix jugé raisonnable pour les uns et contestable pour les autres. Quoiqu'il en soit, Ann Blyth joue très bien son rôle et arrive à amener une vraie émotion dans les scènes dramatiques, et nous donne une formidable performance d'actrice dans le dernier tiers du film.

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Michael Curtiz est à la réalisation et ça se voit. Tout est très soigné. La direction d'acteur est très bonne. La photographie est classique sans être trop présente ou trop excessive. Mais ce que l'on peut contester, c'est le look un peu années 50 de l'histoire qui est censée se passer dans les années 20. C'est le gros défaut du film qui n'arrive pas à nous faire oublier en terme de réalisme, "les fantastiques années 20" (1939) de Raoul Walsh avec James Cagney et Humphrey Bogart. Dans les fantastiques années 20, l'actualité était très présente, voir trop et on se plongeait littéralement dans l'époque vue par les Américains. Dans "Pour elle un seul homme", l'époque semble se diluer dans les problèmes de la chanteuse. C'est le principal défaut du film. Il faut noter que ce n'est pas la première participation d'Ann Blyth à un film de Michael Curtiz. En effet, elle avait déjà travaillé avec lui dans le superbe film, "le roman de Mildred Pierce" (1945). Curtiz se plaît à filmer les jambes des danseuses qui descendent des escaliers, comme beaucoup de réalisateurs hollywoodiens avant lui. Dernier film d'Ann Blyth pour le cinéma, c'est aussi une forme d'adieu pour cette magnifique actrice qui n'a eu pas la carrière qu'elle aurait méritée d'avoir. "Pour elle un seul homme" ne laisse donc pas indifférent, et malgré ses défauts on prend beaucoup de plaisir à suivre la vie d'Helen Morgan et à écouter des chansons nostalgiques mais superbes d'un mélodrame de qualité.

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Ci-dessus : Ann Blyth

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Ci-dessus : Paul Newman et Ann Blyth

Extrait :

 

La vraie Helen Morgan dans la version de "Show Boat" de 1936 :

 

Film disponible en DVD en VO sous-titrée (collection Fnac)

Note : 7,5 / 10

11/05/2014

JFK - 1991

"JFK" est le type même du film historique. Tellement historique que mon professeur d'histoire en Terminale, se décidait à emmener ma classe, en voir une séance au cinéma ! C'était le Paradis pour moi, car à l'époque j'étais déjà fan d'histoire mais aussi de cinéma. Et puis c'était génial d'avoir une séance de cinéma plutôt que d'aller en cours. On découvrait donc le film d'Oliver Stone avec nos yeux d'adolescents grands ouverts. Et je me souviens que lors de cette séance, souvent mes camarades et moi étions choqués par les images d'archives qui montraient le président Kennedy se faire abattre en pleine rue. La force du film de Stone est d'abord dans son casting avec en tête, Kevin Costner, Tommy Lee Jones, Gary Oldman (fabuleux en Lee Harvey Oswald), Jack Lemmon, Joe Pesci, Walter Matthau, Donald Sutherland et Tommy Lee Jones entre autre. Mais ce n'est pas seulement un fabuleux casting, c'est un scénario terrible qui passe en revue toutes les hypothèses qui peuvent expliquer la mort de Kennedy. Les scénaristes évoquent donc toutes les théories, avec d'abord la théorie de l'homme isolé et malade mentalement, vite abandonnée. Puis on parle rapidement d'un complot mais de qui et bénéficiant à qui ? Donc des suspects sont évoqués allant de la mafia, au service secret, voir au complot militaro-industriel, Kennedy étant opposé à une montée des tensions avec le Nord Vietnam.

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Stone malmène le spectateur avec une réalisation rapide qui mélange les images d'archives, la couleur et le noir & blanc. Et c'est bien une vision et une thèse sur l'assassinat du président Kennedy qui nous est proposés. Stone se demande aussi pourquoi tant de témoins sont disparus aussi rapidement dans des morts subites. Stone frappe là où ça fait mal. Et son film semble montrer l'assassinat de JFK puis de son frère en 1968 comme un tournant de la société américaine. Quelle société peut fonctionner normalement avec un tel secret caché à son peuple ? C'est un peu la morale de ce "JFK" qui laisse le spectateur KO et ne sombre jamais dans la facilité. Si il en était besoin, la musique de John Williams rajoute encore à l'émotion qui transpire du film, pour faire de "JFK" le plus grand film politique de tous les temps. Un film qui a le mérite de nous faire comprendre, que la démocratie mérite d'être défendue, et la vérité d'être découverte. Le "JFK" de Stone avait de grandes ambitions. On peut dire qu'elles ont toutes été atteintes au delà des espérances du réalisateur. En effet, au delà des prix et nominations diverses. Stone devait faire visionner son film par le congrès américain qui décida devant la pression médiatique à promulguer une loi permettant une édition et une mise à la disposition du public et des chercheurs, d'une partie des archives de l'affaire Kennedy. Aujourd'hui 50 000 pièces n'ont pas encore été éditées.

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Ci-dessus : Kevin Costner et Walter Matthau

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Ci-dessus : Tommy Lee Jones

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Ci-dessus : Kevin Costner et Donald Sutherland

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La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

 

Film disponible en Bluray et DVD zone 2, en VF et VO sous-titrée

 

Note : 9 / 10

11/02/2014

Le Renard des Océans / The Sea Chase - 1955

Comme on l'a déjà dit, dans un autre article, John Farrow était un ancien militaire, enrôlé dans la Navy, il décidait de l'abandonner pour voyager sur des navires de commerce. Il semblait donc le parfait réalisateur pour le "Renard des Océans". Son expérience maritime semblait un gage de succès. De plus, la Warner arrivait à obtenir les services d'une Lana Turner, il est vrai star vieillissante de la MGM, mais qui avait toujours un certain charme. On décidait de prendre comme commandant du navire, John Wayne. Le choix est là par contre discutable. Car en effet, il est un peu difficile d'imaginer John Wayne en capitaine d'un bateau de commerce du troisième reich. Le film est inspiré du roman de Andrew Geer, lui même tiré d'un fait réel, qui se déroula au début de la deuxième guerre mondiale, et qui relate l'histoire d'un bateau de commerce allemand poursuivi par la flotte britannique.

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Dans les seconds rôles on retrouve Tab Hunter, mais surtout David Farrar, et Lyle Bettger. Le couple John Wayne / Lana Turner fonctionne pas mal, mais on retrouve rarement l'émotion d'autres films de Lana Turner. Le film réserve pourtant son lot d'aventures et de passion. Et si le spectateur n'est jamais soulevé par la réalisation assez conventionnelle de John Farrow, il reste néanmoins attentif à un film pas si anodin qu'il n'en a l'air. A ce titre, l'ultime sacrifice final, laisse un goût étrange dans la bouche. Comme si le rêve avait pour une fois remplacé l'implacable réalité de la guerre, comme si la légende dépassait la réalité. C'est dans cette ultime image d'un Fyord norvégien que Farrow clôture magistralement son film, laissant le spectateur, le choix d'une fin qu'il s'est refusé d'écrire et de tourner. Je finirai par dire quand même un mot, sur la très belle musique d'un vétéran de la composition musicale hollywoodienne, Roy Webb qui fait beaucoup pour donner au film une force et un lyrisme qu'il n'aurait pas atteint sans elle.

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Ci-dessus : Lana Turner et John Wayne

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Ci-dessus : Paul Fix, John Wayne et Lana Turner

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Ci-dessus : Lana Turner et John Wayne

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Ci-dessus : John Wayne, Lana Turner, et John Farrow pendant une pause sur le tournage du "Renard des océans".

 

La bande-annonce :

Disponible dans le coffret John Wayne, édition Zone 2, VF et VO sous-titrée.

 

Note : 7 / 10

26/01/2014

Ladies they talk about - 1933

"Ladies they talk about" est un film pré-code qui met en scène Barbara Stanwyck dans une prison de femmes. On retrouve également à l'affiche Preston Foster et Lyle Talbot, mais aussi la très jolie Dorothy Burgess. A la réalisation on retrouve le réalisateur de Robin des bois, William Keighley, qui est assez inspiré. Le film navigue entre l'horreur de l'exclusion de la société de ces femmes. Mais l'humour est souvent présent et l'érotisme aussi. Une détenue proclame d'ailleurs que ce qui manque le plus ici c'est la liberté, mais aussi les hommes. Le film navigue donc entre vengeance, frustration, et pardon. Ici Barbara Stanwyck porte toute seule le film sur ces épaules. Et les autres acteurs font finalement assez pâles figures à côté d'elle. On retiendra malgré tout le personnage du chef de la police, joué par Robert McWade, qui lui ne s'en laisse pas compter. On notera qu'il disparaîtra 3 ans après le tournage de ce film. On note la présence d'un deuxième réalisateu Howard Bretherton, mais à cette heure, je suis incapable de dire qu'elle a été son rôle dans le tournage.

ladies-they-talk-about-movie-poster-1933-1020198479.jpgIl est amusant de constater qu'une détenue du film, Dorothy Burgess, avait eu affaire avec la justice, suite à un accident de voiture, le 23 décembre 1932. Elle elle avait donc été accusée d'homicide involontaire, après son implication dans cet accident de la route, et le décès d'une personne. L'affaire se soldait par le versement d'une importante somme d'argent aux parents de la défunte. Il n'en reste pas moins que cela devait être assez troublant pour le public de l'époque, de voir ainsi la belle Dorothy Burgess, derrière les barreaux, alors qu'elle même avait eu des difficultés pour ne pas se retrouver en prison. En dehors de cette anecdote et de la belle plastique de Dorothy Burgess, on ne peut pas dire que l'on est impressionné ici par son jeu d'actrice, quant à lui très moyen. Elle disparaîtra prématurément, d'une attaque de tuberculose en 1961. Pour le reste, "Ladies they talk about" a assez de rebondissements, d'humour et d'érotisme pour être un encore aujourd'hui un honnête divertissement, avec quelques scènes particulièrement bien traitées (par exemple celles du tunnel, où William Keighley joue avec les reflets de l'eau).

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck et Robert McWade

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Ci-desuss : Barbara Stanwyck et Lillian Roth

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Ci-dessus : Dorothy Burgess

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Ci-dessus : Lyle Talbot

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Ci-dessus : Photo de Dorothy Burgess

 

Extrait :

 

Clip vidéo :

 

Disponible chez Warner Bros sur la boutique internet de l'éditeur en DVD Zone 2, sous-titrage français.

Note : 6,5 / 10

18/01/2014

Les fantastiques années 20 / The Roaring Twenties - 1939

"Les fantastiques années 20", est un film marquant du cinéma hollywoodien. Tout d'abord, car c'est le premier film de Raoul Walsh à la Warner. Celui-ci après 25 ans de carrière trouve enfin le studio qui va le révéler. De plus, si le film nous parle des années 20, il clôture aussi tous les films de gangsters des années 30, laissant le public orphelin quelques années d'un genre qui renaîtra comme le Phénix, mais cette fois-ci comme transformé dans le film noir. Mais lorsqu'on le regarde avec nos yeux d'aujourd'hui, le film semble aussi être un passage de témoin entre James Cagney et Humphrey Bogart, ce dernier devenant une des vedettes du film noir des années 40 et 50. Comme à son habitude Walsh nous donne un portrait tout en nuances du héros. Le film raconte l'histoire des soldats américains qui reviennent de la guerre de 14, et qui retrouvent une Amérique changée. Ainsi, le travail ne les a pas attendus. Le chômage augmente, la prohibition sur la vente d'alcool, apparaît et les trafics mafieux également. Comme aujourd'hui la mitrailleuse, devient alors l'arme la plus utilisée par les gangsters, pour préserver leur marché très concurrentiel. On est d'ailleurs frappé par l'absolu modernité des thèmes abordés : chômage, exclusion, violence, mafia, crack boursier. Et l'apparition d'une écoute de la radio avec un casque audio, nous rend l'époque presque familière. L'histoire des personnages est donc inscrite dans l'actualité des années 20, et Walsh a un talent terrible pour revenir dans le temps et faire des montages très modernes, d'actualités qui auraient pus sembler très plates dans une présentation trop classique. On notera aussi que la film a beaucoup de chansons interprétées par Priscilla Lane. Cela donne un côté sympathique au film, et lui donne une respiration. De plus, les numéros musicaux sont aussi l'occasion de voir des "girls" peu habillées, donnant au film un côté "pré-code", mais 5 ans après son instauration !

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Pour le reste, Walsh s'évertue à nous montrer 3 personnages dont chacun représente un caractère : le bon, la brute, et le truand avant l'heure en quelque sorte. Mais Walsh n'est absolument pas manichéen dans sa présentation.  Ainsi, si Bogart est ici toujours dans les sales coups, Gagney ne fait que protéger son affaire et ses proches. Cagney n'a pas le sadisme ou le vice de Bogart. Et c'est parce qu'il y a du bon en lui, qu'il va en quelque sorte se sacrifier, alors qu'il avait refusé l'idée même de se suicider au début du film. L'ambivalence du personnage principal voilà ce qui intéresse Walsh, comme dans tous ses films.  Ainsi, le troisième camarade joué par Jeffrey Lynn, représente l'avocat honnête qui rentre malgré lui dans les trafics. Et il n'intéresse ni Walsh ni les scénaristes, qui lui donnent presque un rôle de faire-valoir. Le film n'est pas exempt de belles émotions en particulier entre Cagney et Priscilla Lane, ou encore entre Cagney et sa maîtresse jouée par Gladys George, qui donne une formidable interprétation, semblant à 35 ans, en faire 45 dans le film ! Cagney trouvera t'il sa voie en dehors que dans le crime ? Le film répond à la question, mais je vous laisserai le découvrir, car cela en vaut la peine. Je vous conseille donc très fortement les "fantastiques années 20", qui montrent que le monde tourne sans jamais s'arrêter, mais que parfois les époques se ressemblent au moins sur certains points.

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Ci-dessus : Gladys George et James Cagney

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Ci-dessus : Frank McHugh et James Cagney

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Ci-dessus : Priscilla Lane

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Ci-dessus : Priscilla Lane et James Cagney

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Disponible en DVD Zone 1 (compatible zone 2) (VO sous-titrée)

 

Note : 7,5 / 10

07/01/2014

A chaque aube je meurs / Each dawn I die - 1939

Si on en croit Richard Schickel et son livre "James Cagney : a celebration", "à chaque aube je meurs" était le film américain préféré de Staline. Je ne sais pas si c'est vrai. En tous les cas, "à chaque aube je meurs" est peut être le plus grand film de James Cagney, qui a cette fois-ci comme partenaire George Raft. L'un et l'autre étaient déjà apparus dans "Taxi" en 1932, même si George Raft n'était alors, même pas au générique. "A chaque aube je meurs", tourné par William Keighley fait parti de cette série de films tournés par Hollywood sur l'univers carcéral pendant les années 30. Ainsi on retrouve comme film de cette période portant sur les prisons américaines, "Ladies they talk about" (1933) avec Barbara Stanwyck du même Keighley, mais on peut citer aussi "Vingt Mille ans sous les verrous" (1932) de Michael Curtiz avec Spencer Tracy, ou encore "San Quentin" (1937) de Llyod Bacon avec Humphrey Bogart, et beaucoup d'autres. Jane Bryan est quasiment la seule actrice d'un film d'hommes. Elle est ici la petite amie de Cagney. Elle fait tout pour le faire sortir de prison. Le film est d'autant plus touchant ici, que Cagney est un homme innocent, piégé par un politicien véreux. Dans la vraie vie Jane Bryan abandonnera le cinéma au début des années 40, pour se marier avec un magnat de l'industrie pharmaceutique.

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Keighley est particulièrement à l'aise dans la description de cet univers sordide, nous montrant la violence des gardiens, la haine qui s'insinue dans le coeur des prisionniers, et les luttes de bande au sein même de la prison. "Prison Break" n'a pas fait mieux presque 70 ans plus tard. Le duo James Cagney / George Raft, est formidable. George Raft a un jeu ici un peu dans le style d'un Bogart. Et Cagney a l'intelligence de ne pas en rajouter et de rester dans son rôle. Le film est très émouvant à bien des égards et très réaliste, nous montrant des meurtres en prison, et une terrible lutte finale, qui semble avoir été tournée à balles réelles ! Impressionnant surtout pour l'époque. Il est donc difficile de ne pas sortir remué par un tel film, qui ne renonce à rien pour faire de cette oeuvre, peut être le plus beau film sur l'univers carcéral tourné par Hollywood dans les années 30. A redécouvrir.

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Ci-dessus : George Raft et James Cagney

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Ci-dessus : George Raft et James Cagney

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Ci-dessus : George Raft et James Cagney

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Ci-dessus : George Raft et Jane Bryan

 

Note : 8 / 10

30/10/2013

Un Tramway nommé désir / A streetcar named desire - 1951

"Un tramwayn nommé désir", a été réalisé par Elia kazan en 1951. Elia Kazan est né dans une famille grec d'origine armenienne, fils d'un marchand de tapis. En 1911, la famille émigre aux États-Unis. Dans les années 30, il s'intéresse au théâtre commençant sa carrière par le métier d'acteur, puis comme metteur en scène. A la fin des années trente il réalise un premier court métrage, puis un documentaire "It's Up to You" (1940). Après toute une série de films, il réalise donc en 1951 "un tramway nommé désir" qu'il avait déjà mis en scène en 1947. Le thème principal du film, qui est évidemment tiré de la pièce éponyme de Tennessee Williams, est l'opposition entre le couple (Marlon Brando / Kim Hunter) à la sexualité épanouie et la jeune femme cultivée, à la sensibilité à fleur de peau (Vivien Leigh) mais seule et à la sexualité quasiment déviante.

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Le film est choquant par son thème autant que par l'ambiance moite qui s'en dégage. Ainsi, l'animalité du jeune couple et plus particulièrement du personnage joué par Brando est constante Mais ce qui marque le plus, c'est l'inadaptation de la société à un certain type de personnes. Ainsi, le caractère totalement inadapté du personnage de Vivien Leigh est particulièrement touchant. Sa supériorité intellectuelle évidente ne la sauve pas du triste destin qui lui est proposé. En effet, elle doit disparaître pour laisser la place au jeune ménage. Tennessee Williams a souligné dans son oeuvre la barbarie des sociétés humaines, qui finalement célèbre l'animalité et écrase comme un rouleau compresseur, toute sensibilité des personnes qui ne sont pas dans les normes. La réalisation parfaite de Kazan fait également date et personne mieux que lui n'aurait su adapter aussi bien, cette oeuvre magnifique. Les critiques ne devaient pas s'y tromper et le film recevra 12 nominations dont 4 Oscars. Elia Kazan devait tourner encore 3 fois avec Marlon Brando, tout d'abord dans "Viva Zapata" (1952), puis dans "Sur les quais" (1954).

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Ci-dessus : Kim Hunter et Marlon Brando

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Ci-dessus : Vivien Leigh et Marlon Brando

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Ci-dessus : Vivien Leigh et Kim hunter

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La bande-annonce :

Récompenses :

  • Oscar de la meilleure actrice : Vivien Leigh
  • Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle : Kim Hunter
  • Oscar du meilleur acteur dans un second rôle : Karl Malden
  • Oscar de la meilleure direction artistique

Note : 10 / 10

28/08/2013

Three on a match - 1932

"Three on a match" raconte l'histoire d'une femme perdue dans les affres des passions amoureuses. "Three on a match" est tout d'abord une superstition américaine issue de la première guerre mondiale, qui veut qu'utiliser une allumette pour trois cigarettes porte malheur. Ainsi, parmi les soldats qui faisaient ça, un des trois étaient tués. On a essayé de donner plusieurs explications à cette superstition. Quoiqu'il en soit, si c'est bien le titre du film, ce n'est pas le sujet, mais juste un clin d'oeil à travers un article d'un journal. Le film n'a pas beaucoup de défauts. Mais il en a un gros. En effet, le réalisateur Mervyn Leroy utilise de nombreux articles de journaux pour montrer le temps qui passe. Cela n'apporte rien au film et ça l'alourdit et le rend finalement très vieux. En effet, les cartons apportaient souvent quelque chose par exemple dans les films de Curtiz. Ici ces articles de journaux ne font que rendre le film beaucoup plus lourd. Le début du film paraît aussi un peu laborieux, avec l'explication de la vie d'écolière de nos trois interprètes féminins. Néanmoins, il permet d'établir une construction efficace de la suite de l'histoire.

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Pour le reste, le film a de très nombreuses qualités. Ainsi, il bénéficie d'un très bon casting avec 3 grandes vedettes à l'affiche : Bette Davis, Joan Blondell, et Ann Dvorak. De plus le casting des seconds rôles est particulièrement intéressant, avec un rôle de méchant pour Humphrey Bogart. Mais dans les seconds rôles, il y a aussi Allen Jenkis que l'on a vu dans "le bataillon des sans amours" (1933), Warren William que l'on a vu dans "chercheuses d'or" (1933) ou dans "The Private Affairs of Bel Ami" (1947) son dernier film.

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 Ci-dessus : Bette Davis, Joan Blondell, et Ann Dvorak

Humphrey Bogart joue ici un gangster vraiment horrible qui finit par vouloir tuer un enfant kidnappé. Quoiqu'il en soit la prestation de Bogart est ici très convaincante. On se régale aussi du jeu des autres acteurs, et de la descente aux enfers d'une femme qui perd tout pour satisfaire ses passions. Enfin certaines scènes sont à couper le souffle, avec une défenestration particulièrement réaliste. Ce film est donc très bon et on peut regretter que les encarts de journaux le gâchent un peu. En effet, sans ceux-ci, "Three on a match" aurait été, à n'en pas douter, un chef-d'oeuvre de Mervyn Leroy.

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Ci-dessus : Joan Blondell et Bette Davis

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Ci-dessus : Ann Dvorak

Film disponible en DVD zone 2, VO sous-titré sur le site de la Warner France, ou magasins spécialisés

 

Extrait de scènes avec Humphrey Bogart

Note : 7,5 / 10

27/07/2013

Le harpon rouge / Tiger Shark - 1932

"Le harpon rouge" est un film de Howard Hawks. Je pense que je n'ai pas besoin de présenter ici Howard Hawks, fameux réalisateur, qui travailla dans de très nombreux studios et qui réalisa beaucoup de films dont certains restent encore aujourd'hui comme des chef-d'oeuvres du cinéma américain. On peut citer par exemple : un film de guerre "Sergeant York" (1941), une comédie loufoque "Twentieth Century" (1934), un western "La rivière rouge" (1948), ou encore des polars comme "le port de l'angoisse" (1944) ou "le grand sommeil" (1946). Hawks a donc excellé un peu dans tous les genres. Je pensais avoir déjà vu "le harpon rouge", et j'avais en tête, le souvenir d'un Edward G Robinson, en capitaine tyrannique et violent. Mais je me trompais. Je confondais "le harpon rouge" avec "the sea wolf" (1941) dans lequel Robinson interprêtait effectivement un capitaine violent. Là cela n'a rien à voir. De plus "the sea wolf" a été tourné par Michael Curtiz et ici "le harpon rouge" est de Hawks.

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Ce qui marque avant tout ici c'est la réalisation de Hawks. Hawks se complaît à filmer de manière magistrale la vie des pêcheurs de San Diego et les dangers de cette vie. Ainsi, on voit de vrais requins et la scène de la pêche au thon est vraiment un moment d'anthologie. Le film est tiré d'une histoire de Houston Branch et d'une pièce de Wells Root et ça se voit. Aini Hawks nous montre l'univers de la mer et de la pêche. Le film devient presque darwiniste, nous montrant l'Homme au prise avec un univers hostile, recherchant du thon, mais étant lui même pourchassé par les requins. Mais le véritable danger est finalement l'Homme lui même. Le film revient alors au concept sartrien voulant que l'Enfer ce soit forcément les autres. Mais à la toute fin du film, l'oeuvre se dégage de ce concept, pour montrer que nos passions sont nos propres ennemies. L'émotion de la touchante scène finale, finit par nous montrer alors un héros se donnant à lui même l'absolution de ses fautes, invitant alors le spectateur à une profonde introspection, et à chercher en soi la rédemption. On pourrait considérer ce film comme une oeuvre mineure de Hawks, mais ce serait une erreur. J'ai été très enthousiaste devant ce film, qui mériterait par contre une restauration au vu de faible qualité de l'ensemble des images, parfois victimes de déchirures. "Le harpon rouge" est donc à n'en pas douter, un excellent film, qui mériterait une restauration numérique.

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Ci-dessus : Richard Arlen et Edward G Robinson

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Ci-dessus : Richard Arlen et Zita Johann

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Ci-dessus : Richard Arlen, Zita Johann et Edward G Robinson

Film disponible en zone 2 sur le site de la Warner en France ou magasins spécialisés.

 

Note : 7,5 / 10