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23/03/2015

Tous en scène / The Band Wagon - 1953

Il y a des films incontournables et qui font partie intégrante de l'histoire du cinéma hollywoodien. Ainsi, "Tous en scène" est un de ses films. Car, "Tous en scène" est un des plus grands films de la MGM, mais aussi une des plus grandes comédies musicales. En effet, et si son scénario est classique, avec cette histoire de troupes qui montent un spectacle, ses numéros musicaux sont d'exception. Le film est bien aidé par le compositeur Arthur Schwartz, le réalisateur Vincente Minnelli, et par le producteur de la MGM, spécialisé dans les comédies musicales, Arthur Freed. Dans "tous en scène", le Technicolor est flamboyant, les couleurs explosent littéralement sur l'écran. Ainsi, c'est un plaisir infini pour les yeux dans la plupart des scènes, les décors ont également cette classe absolue, si caractéristique de la MGM du début des années 50. Le casting est très bon, avec un Fred Astaire vieillissant, mais toujours excellent danseur, Cyd Charisse dans son premier grand rôle de comédie, Oscar Levant que l'on a vu dans "un américain à Paris" (1951). La distribution est complétée par Jack Buchanan, Nanette Fabray, et James Mitchell. "Tous en scène" multiplie les scènes de danse dans des lieux publics, avec une dans une gare, une autre sur un boulevard de New-York, ou encore une autre à Central Park. La vie semble devoir se confondre avec l'univers de la comédie musicale, en faisant une réalité à l'écran, le monde devenant une scène, comme nous le verrons plus tard. Et lorsqu'on sait qu'au moment du tournage, le réalisateur Vincente Minnelli était en train de divorcer de sa femme, Judy Garland, ou que la femme de Fred Astaire était en train de mourir d'un cancer. On est surpris de voir que rien de tout cela, ne transparaît pas une seule seconde.

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Mais "tous en scène", n'est pas seulement une comédie musicale, comme la MGM, savait en faire comme personne à l'époque à Hollywood. C'est aussi, un formidable manifeste publicitaire, pour la MGM et pour le cinéma américain tout entier, de ce début des années 50. Ainsi, le numéro, "That's entertainment !" (ça c'est du spectacle !), nous dit que le monde du cinéma, et du théâtre, ne peuvent vivre sans des histoires qui passionneront le public. Le conseil est très avisé, et Hollywood ferait bien de s'en inspirer plus souvent aujourd'hui. Cette chanson, "That's entertainment !" deviendra en quelque sorte, l'hymne de la MGM et fait revenir tous ceux qui l'entendent à cette jeunesse bénie et innocente du cinéma américain, où les couleurs explosait sur l'écran, où le cowboy partait avec sa belle au soleil couchant, et où le divertissement du public, était le seul credo de l'époque. Ce n'est donc pas un hasard, si en 1974, la MGM revisitant l'histoire de ses comédies musicales, reprend en titre de ses documentaire, et comme musique d'accompagnement, "That's entertainment !". Oui c'était du spectacle, et sans aucun doute, le plus beau spectacle, créé par les Dieux d'Hollywood pour distraire ses fidèles spectateurs. La devise de la MGM était "Ars Gratia Artis"  (l'art pour l'amour de l'art). J'ajouterai, "Quis Superabit", ou en français, qui fera mieux ?

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Extrait :

 

That's entertainment ! :

Disponible dans une belle édition Bluray, en VF (anecdocitque) et surtout VO sous-titrée français, avec de nombreux bonus, dont un reportage de 37 minutes expliquant le tournage du film.

Note : 9 / 10

13/02/2015

La vie passionnée de Vincent Van Gogh / Lust for Life - 1956

Il y a des films qui marquent plus que d'autres. "La vie passionnée de Vincent Van Gogh" est de ceux là. Ainsi, Vincente Minnelli est ici très inspiré. Mais il est aussi aidé par deux monstres d'Hollywood : Kirk Douglas et Anthony Quinn. Kirk Douglas arrive à transfigurer son personnage, pour épouser littéralement la personnalité tourmentée de Van Gogh. De son côté Anthony Quinn est un formidable Gauguin, et recevra d'ailleurs l'Oscar du meilleur second rôle masculin pour son interprétation. Le film est tourné pour une partie sur les lieux mêmes de la vie de Van Gogh. Ainsi, la première partie, est tournée dans la région de Mons-Borinage, en Belgique. La musique tourmentée de Miklós Rózsa joue également un grand rôle, et épouse parfaitement le portrait du peintre, en magnifiant les tourments de l'artiste. Le film s'inscrit parfaitement dans une partie de l'oeuvre de Minnelli, qui nous montre l'inadaptation à la vie de certains de ses personnages. Ainsi, déjà dans "Madame Bovary" (1949), Minnelli nous montrait déjà un personnage de femme incapable de se satisfaire de sa vie de femme de médecin de campagne, obligée de vivre de rêves, et de dépenses folles. Jennifer Jones y était extraordinaire. Dans "lame de fond" (1946), on retrouvait aussi un anti-héros étrange (Robert Taylor), schizophrène qui détestait son frère. Dans une moindre mesure, on peut se demander si "les ensorcelés" (1952), ou "quinze jours ailleurs" (1962), ne traduisent pas aussi une inadaptation des personnages au monde qui les entoure.

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Porté par la réalisation sérieuse de Minnelli, par l'interprétation exceptionnelle et passionnée de Kirk Douglas, et par une musique bouleversante de Miklós Rózsa, "la vie passionnée de Vincent Van Gogh" est un chef-d'oeuvre du cinéma hollywoodien, archétype du film de peintre, qui nous parle de la vie avant de nous parler de peinture. Mais peut être aussi, "la vie passionnée de Vincent Van Gogh", laisse transparaître la mélancolie d'un Minnelli qui sent que son Hollywood est en train de disparaître. On ne saurait dire ce que Minnelli a mis de ses propres angoisses dans ce film. Le film n'en reste pas moins, comme une grande réussite du cinéma hollywoodien, dont le lyrisme mortifère a rarement été égalé depuis.

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Disponible en Bluray chez Amazon.es à 7,50 € et chez Amazon.fr à 25,90 €, l'édition française comportant un livret sur l'exposition "Van Gogh au Borinage - Naissance d'un artiste" (68 pages).

Note : 8,5 / 10

17/07/2013

Quinze jours ailleurs / Two weeks in another Town - 1962

Je suis désolé, mais il ne sera pas question de votre prochaine destination pour les vacances, ni du choix du maillot de bain ou de la crème à bronzer. Mais il sera encore une fois question de cinéma et d'un génie du cinéma, Vicente Minnelli. "Quinze jours ailleurs" n'est pas la suite des "ensorcelés" (1952), mais c'est bien la deuxième partie de la description du cinéma américain par Minnelli. Autant dans "les ensorcelés", la critique était acide contre les producteurs, autant ici c'est l'existence même du cinéma hollywoodien qui est remis en cause. Kirk Douglas n'est plus le producteur machiavélique capable de tout tourner, mais bien un acteur au bout du rouleau brisé par son métier et par la vie. "Quinze jours ailleurs" a été tourné dix ans plus tard et un siècle ce serait passé, ce serait pareil. Le producteur n'est plus cette personne omnipotente que l'on a vu dans "les ensorcelés", mais bien un petit homme qui veut juste gagner de l'argent avec un film et qui se fiche éperdumment de la qualité artistique de l'oeuvre finale. On voit bien le mauvais tournant que prend à cette époque le cinéma, et dans lequel il est encore englué. La référence aux "ensorcelés" est réelle. Ainsi, on voit quelques scènes des ensorcelés dans le film. Minnelli sait qu'il a fait une oeuvre qui marquera l'histoire du cinéma.

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Et si "les ensorcelés" nous racontait de quoi était fait les rêves projetés sur l'écran d'une salle de cinéma. Ici c'est bien d'un changement d'une époque dont il est question. Minnelli ne distingue pas réellement ce que deviendra le cinéma, mais il sent bien que ses films passeront à la postérité, car on ne filmera plus comme lui et que son cinéma et son temps sont passés. Kirk Douglas est montré d'ailleurs avec une cicatrice sur le visage, comme pour montrer que le héros est blessé physiquement et mentalement par la folie et que si cet héros représente ce cinéma américain, qui ne s'en relèvera pas (en tous les cas pas dans la forme que l'on a connu jusqu'ici). Ainsi, Kirk Douglas ne trouve aucun réconfort, ni dans son ami réalisateur, qui le voit finalement comme un nouveau concurrent, venu pour lui voler son film, ni dans son amourette de passage qui ne sait pas se décider à quitter son petit ami pour lui, ni en sa femme qui passe d'un homme à un autre. L'oeuvre est marqué du sceau du septicisme. Le relais ne semble pas devoir se prendre entre un Hollywood qui se meurt (en la personne du réalisateur joué par Edgar G Robinson) et le nouvel Hollywood joué par Kirk Douglas. Le temps semble être passé. La nouvelle vie qui se promet pour Kirk Douglas à la fin du film, est incertaine, et si les personnages des "ensorcelés" se retrouvaient tous autour du téléphone, attendant avec impatience un nouveau projet, là il n'en est rien. Le doute planne, quant à la pérénnité du cinéma. On sait aujourd'hui que le cinéma américain a survécu, mais il s'est transformé en un autre cinéma, et a transformé notre rapport à l'image. Minnelli ne pouvait pas savoir ce que le cinéma américain allait devenir, mais il a décrit sa mutation et la longue agonie du cinéma qu'il a connu, comme personne n'aurait pu le faire. Aujourd'hui, on peut regretter comme moi que le cinéma se soit transformé en parc d'attractions pour adulescents. Heureusement le DVD permet de redécouvrir des films tel que "quinze jours ailleurs". Du très grand cinéma, magnifié par la musique de David Raksin qui avait composé entre autre, la musique de "Laura" (1944). Il y a beaucoup de Minnelli dans "Quinze jours ailleurs", mais on pense aussi à Billy Wilder et à son "Boulevard du Crépuscule". "Les ensorcelés", "Quinze jours ailleurs", "Boulevard du Crépuscule", trois sommets qui sont maintenant impossibles à atteindre.

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Ci-dessus : Kirk Douglas et Cyd Charisse

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Ci-dessus : Daliah Lavi et Kirk Douglas

 

La musique de David Raskin :

 http://www.youtube.com/watch?v=8FbmpoPbDMg

Extrait :

 

Disponible en DVD chez Wild Side (Fnac ou magasins spécialisés).

Note : 9 / 10

31/03/2013

L'île au complot / The Bribe - 1949

"L'île au complot" ou dans son titre américain "The Bribe" est un film de Robert Z Leonard produit en 1949 par la MGM. Je me permets de vous le présenter car il vient de sortir en France en DVD dans la collection Warner "films criminels". Cette note bénéficie donc grandement du livret fourni avec chaque film et qui présente tous les films de la collection. Il faut donc remercier chaudement la Warner pour cette très intéressante initiative. Robert Z Leonard n'était pas connu jusqu'alors pour avoir tourné des films noirs, mais plutôt pour la réalisation de "Ziegfield Girl" (1941) une comédie musicale, ou "Pride and Prejudice" (1940). La scénariste est Marguerite Roberts. Rien ne prédestinait une femme à écrire le scénario d'un film noir et pourtant fille de Shériff, elle devait commencer comme secrétaire à la Fox avant d'obtenir un contrat de scénariste à la MGM. Le scénario est donc intéressant et bien construit. A noter que la carrière de Marguerite Roberts sera interrompue en 1951, car elle figurera sur la tristement célèbre "liste noire" qui recensait tous les supposés communistes officiant à Hollywood. Suite à cette affaire on refusera de lui donner du travail et son nom sera retiré du générique d'Ivahnoé qui restera son ultime scénario avant un long passage à vide.

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'L'île du complot" est le premier film du couple Robert Taylor/Ava Gardner. Il suivra ensuite "Vaquero" et "les chevaliers de la table ronde". A ce sujet, je tiens à souligner l'ignoble édition existante de "Vaquero" dont les couleurs sont passées et la définition plus qu'incertaine. Dans "The Bribe" c'est par contre du tout bon au niveau de la qualité de l'image. Après des premières images qui laissent craindre le pire, on a un master bien défini qui si il n'est pas exempt de défauts, reste tout à fait correct et magnifie le jeu de lumières sur le visage d'Ava Gardner. Amants à l'écran, Robert Taylor et Ava Gardner le seront aussi à la ville. En plus du couple Taylor/Gardner, on retrouve le méchant de service en la personne de Vincent Price mais aussi Charles Laughton.

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 Ci-dessus : Ava Gardner, John Hodiak et Robert Taylor

La scène finale est d'ailleurs fabuleusement bien réalisée. Et pour cause, elle sera réalisée par vincente minnelli avec l'aide du chef opérateur Joseph Ruttenberg. On a donc encore ici l'exemple de la coopération qu'il existait entre réalisateurs à cette époque à Hollywood et de la saine émulation qui pouvait en découler. A cela il faut bien entendu ajouter la belle musique originale de Miklós Rózsa qui devait composer plusieurs musiques de films de Robert Taylor avec entre autre : "les chevaliers de la table ronde" , "Quo Vadis","Ivanhoé" et "la vallée des Rois". "The Bribe" est donc une belle surprise de la Warner pour le marché du dvd français. On espère une sortie un jour de "Guet-apens" (Conspirator) toujours avec Robert Taylor et de cette même année 1949.

 

Fim disponible en DVD Zone 2 sur le site de la Warner.

Galerie de photos :

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Ci-dessus : Robert Taylor et Ava Gardner

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Ci-dessus : Charles Laughton et Robert Taylor

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Note : 7 /10

16/12/2012

Un Américain à Paris / An American in Paris - 1951

"Un Américain à Paris" est un peu le pendant de "Chantons sous la pluie" tourné 2 ans plus tard. On retrouve le tandem gagnant du "Pirate" ou du "chant du Missouri" avec comme d'habitude à la production Arthur Freed et à la réalisation Vincente Minnelli. La vision de Minnelli sur Paris est bien entendu totalement idéalisée. En effet, si "un américain à Paris" laisse entendre que le film a été tourné à Paris, il n'en est rien et l'ensemble du film sera tourné au sein des studios d'Hollywood. La distribution comprend donc en plus de Gene Kelly, Leslie Caron et Georges Guétary. Dans les seconds rôles on retrouve Nina Foch (la Marie-Antoinette de "Scaramouche") et Oscar Levant le célèbre compositeur. La musique du film est largement extraite de la formidable oeuvre musicale de Gershwin. C'est le premier film de Leslie Caron et ce sera un énorme succès pour elle. On peut considérer que la découverte de Leslie Caron revient à Gene Kelly. Celui ci s'investira également sur la chorégraphie, mais il laissera la réalisation à Vincente Minnelli.

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Le tournage du film débuta le 4 octobre 1950 pour s'achever en avril 1951. Le budget s'élevait à 2,723 millions de dollars, une somme supérieure au budget de "Chantons sous la pluie" réalisé un an plus tard. La scène final comporte un ballet de près de 17 minutes qui ne comporte aucune chanson. C'est un des plus longs ballets de l'histoire de la comédie musicale. Le film a pu sembler un peu long à certains spectateurs, mais il n'en reste pas moins comme un chef d'oeuvre de l'âge d'or de la comédie musicale qui atteindra son apothéose 2 ans plus tard avec "Chantons sous la pluie". Pour finir on notera que film rapporta 4,5 millions de dollars à la MGM et obtint donc un gros succès public.

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ci-dessus : Leslie Caron et Gene Kelly

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Ci-dessus : Georges Guétary, Gene Kelly et Oscar Levant

 

Extrait :

 

Disponible en Bluray zone B ou DVD zone 2.


NOTE : 8 / 10

15/12/2012

Le Pirate / The Pirate - 1948

"Le Pirate" est une comédie de Vincente Minnelli avec dans les rôles principaux, Judy Garland et Gene Kelly. Le film a été comme très souvent produit par Athur Freed et a bénéficié des chansons de Cole Porter. Le film est intégralement tourné en studio, cela ressent parfois sur certaines scènes. Mais pouvons nous réellement le reprocher à un genre comme la comédie musicale qui s'accomode parfaitement de tous les plans tournés en studio. Ce film est la deuxième collaboration entre Gene Kelly et Judy Garland.

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Dans le film Gene Kelly, joue le rôle d'un comédien avec sa troupe. Il se transforme en un pirate célèbre pour plaire à celle qui l'aime. Mais ce qu'il ne sait pas c'est que le prétendant officiel de Judy Garland est le maire d'une ville voisine (joué par Walter Slezak) et c'est lui le célèbre pirate ! Les quiproquos seront des prétextes à des numéros musicaux enlevée où Gene Kelly se déchainera comme jamais. Le film eut peu de succès public. Peut être le jeu de Kelly, trop proche de la comedia del Arte fatigua le public, ou le public de l'époque voulait un scénario plus construit. Quoiqu'il en soit ce serait stupide de se priver d'une comédie musicale comme "le Pirate". En effet, Gene Kelly fait beaucoup d'efforts pour rappeler Douglas Fairbanks et ce film finit par être un pur fantasme musical où les rythmes sud américains rejoignent le jazz pour notre plus grand plaisir.

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Extraits :

 

 A noter que cette dernière séquence "Be a clown" est présente 2 fois dans le film et sera rejouée et dansée par Donald O'Connor dans "chantons sous la pluie" en 1952.

Film disponible en DVD Zone 2 (sous titré français uniquement).


NOTE : 7 / 10

12/12/2012

Lame de fond / Undercurrent - 1946

"Lame de fond" est un film de 1946 de Vicente Minnelli. Il propose de nouer un scénario autour de la relation conflictuelle entre 2 frères (Taylor et Mitchum).  Robert Taylor se marie et explique à sa femme (Katharine Hepburn) qu'il ne s'entend avec son frère et que ce dernier est un monstre. Tout le film va à partir de là s'évertuer à analyser les actes des 2 frères dont le 2ème (Mitchum) est la plupart du temps absent et à tenter de découvrir le douloureux secret que son mari semble lui cacher depuis toujours. Le film est tiré d'une pièce de théâtre et d'un roman, le résultat est donc un scénario solide.

lame_de_fond_46,0.jpgCe film est assez formidable car il met le spectateur en face de sa relation conflictuelle avec son frère ou ses proches. Les thèmes abordés sont alors nombreux. Et si le film ne tombe pas dans ce que les Allemands appellent le "Sturm und Drung" (orage et passion en français), on en est pas loin. Ainsi, l'Idylle entre Taylor et Hepburn n'aura rien d'un long fleuve tranquille, pour le plus grand plaisir du spectateur bien sûr. De plus, au delà de l'analyse psychanalytique, on peut se poser la question de notre rapport aux autres et si ce que nous faisons aux autres est réellement toujours pour leur bien ou pour notre seul profit ? Sommes nous tous des êtres manipulateurs ? Ce film m'a fait beaucoup réfléchir sur moi même et continue de me hanter. Enfin concernant la musique, la symphonie numéro 3 de Brahms est jouée plusieurs fois dans le film, ce qui donne au film un côté romantique et mystérieux. Un beau grand film qui ne laisse pas indemne, ni indifférent.

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Ci-dessus Katharine Hepburn et Robert Taylor

 

Extraits musicaux où la 3ème symphonie de Brahms est présente :

 

Disponible en DVD 2one 2 chez Wild Side.


NOTE : 8 / 10

11/12/2012

Le chant du Missouri / Meet me in Saint Louis - 1944

"Le chant du Missouri" est un film de Vincente Minnelli, tourné en 1944. Le film était inspiré du récit autobiographique de Sally Benson publié d'abord dans le "New Yorker" puis dans un ouvrage : "Meet Me In Saint Louis". Aujourd'hui il nous serait pratiquement impossible de comprendre ou d'apprécier un tel film, si nous le regardions avec nos yeux de 2012. Ainsi, pour bien profiter de ce très beau film il faut se replacer dans le contexte de 1944. En 1944 l'Amérique est en guerre depuis 3 ans, les familles sont dispersées ou divisées avec le père, les fils, ou les frères sur le front. Ce film étant un hommage continue de près de 2 heures aux jours heureux des USA de 1903, à ce que nous français appelons "la belle époque", il eut un succès phénoménal. En effet, le public se retrouva dans cette évocation des jours heureux de l'Amérique, époque bénie où le 20ème siècle semblait avoir choisi la route du progrès technologique au service de l'humanité et non pas celle des 2 guerres mondiales et de la barbarie nazie.

 

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Arthur Freed donna son accord pour lancer la production et après avoir trouvé les 2 scénaristes Fred Finklehoffe et Irving Brecher il trouva 2 compositeurs et paroliers : Ralph Blane et Hugh Martin. De son côté, Louis B. Mayer patron de la MGM dut convaincre Judy Garland de participer au projet. En effet, initialement elle n'en voulait pas. C'était pour elle revenir à un rôle d'adolescente, rôle qu'elle avait abandonnée depuis 1942, et son premier film "adulte" dans "For me and my Gal" avec Gene Kelly. Finalement, Judy Garland accepta et se trouva sous la direction de Vincente Minnelli. De leurs relations de travail devaient naître une ydille qui devait se conclure 1 an plus tard par un mariage et 1 an après par la naissance d'un beau bébé : Liza Minnelli. La liaison fut d'ailleurs officialisée sur le plateau, car Judy arriva un jour avec une grosse bague assez particulière qui fit jaser le plateau. Il faut donc voir le film de Minnelli comme une déclaration d'amour à sa future épouse. On voit ainsi de nombreux plans où Judy Garland est filmé dans une ouverture de porte, de fenêtres etc qui donne un aspect tableau à la scène. La MGM dépensa une somme colossale pour recréer le Saint Louis du début du 20ème siècle et plus particulièrement la rue où vivait la famille. On fit ainsi construire les maisons si particulières du style gothique américain du début du 20ème siècle.

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Ci-dessus Lucille Bremer et Judy Garland

Le projet avançait bien mais la direction de la MGM et Louis B. Mayer s'inquiêtaient du caractère commun d'une intrigue qui semblait manquer de rebondissements. Liza Minnelli raconte d'ailleurs cette discussion entre Louis B. Mayer et son père Vincente Minnelli :

-Alors Vincente de quoi parle ce film ?

-De la vie d'une famille de Saint Louis

-Très bien et que devient cette famille ?

-Le père trouve un meilleur poste à New-York

-Très bien, ils déménagent tous alors ?

-Non

-Ah ! je comprends, bien sûr car le père trouve un meilleur poste à Saint Louis ?

-Non

-Louis B. Mayer : ??????

 

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Cette discussion résume en quelques mots tout l'esprit du "chant du Missouri" et que dans ce film seule la famille, son unité et sa sacralité sont célébrés. Il n'y a rien au dessus : ni l'appel de la grande ville, ni promotion, ni argent. Il y aurait encore beaucoup à dire sur un film qui ne comporte finalement aucun numéro extraordinaire de danse, mais des couleurs magnifiques et des costumes fabuleux même pour le moindre figurant. Enfin, le film sortit et le public avide de revivre les jours heureux d'avant guerre, lui fit un triomphe approchant celui de "Gone with the wind". Le film allait devenir pour d'évidentes raisons, le film préféré de Judy Garland. La direction de la MGM devait admettre devant l'ampleur du succès commercial que le film était devenu au delà de ses qualités cinématographiques, un espèce de marqueur social de l'Amérique de 1944 et bien au delà. Ainsi, la chanson "Have yourself a merry little Christmas" véritable hymne à l'esprit de Noël et au retour des proches éloignés, allait traverser les époques pour devenir un des standards de la chanson de Noël aux USA.

 

Ci-dessous : La version de Judy

 

Ci-dessous la version de Christina Aguiliera :

 

Paroles :

Have yourself a merry little Christmas,
Let your heart be light
From now on,
Our troubles will be out of sight
Have yourself a merry little Christmas,
Make the Yule-tide gay,
From now on,
Our troubles will be miles away.

Here we are as in olden days,
Happy golden days of yore.
Faithful friends who are dear to us
Gather near to us once more.

Through the years we all will be together
If the Fates allow
Hang a shining star upon the highest bough.
And have yourself a merry little Christmas now

 

A noter une belle édition Bluray/Fnac qui fait enfin justice à ce film en intégrant les mythiques scènes d'Halloween.


NOTE : 8 / 10

03/11/2012

Les Ensorcelés / The Bad and the Beautiful - 1952

J'ai très envie de vous parler en ce moment de Vincente Minnelli vu que son cinéma est profondément intellectuel, mais également hollywoodien et donc glamour. Je crois que si on devait retenir un seul film de Minnelli ce serait bien "les ensorcelés" ou en anglais "The bad and the beautiful". Tout d'abord il faut bien entendu dire quelques mots sur le titre.  Le titre français est très bon : "les ensorcelés". En effet, c'est bien de cela dont il s'agit : 4 personnes ensorcelées par le même homme, un producteur hollywoodien sans scrupules (Kirk Douglas alias Jonathan Shields). Mais le titre original est aussi très bon : "The Bad and the Beautiful". Cela voudrait dire que le mal a construit la beauté et le glamour des studios hollywoodiens de cette époque ? Question particulièrement intéressante ! Le film y répond partiellement. Cela serait donc à l'opposée totale de l'idée, d'idéalisation qui est faite aujourd'hui par des personnes dont j'ai la plus haute estime comme Mr Patrick Brion.

 

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Le film est construit autour de 3 flashbacks successifs. Le premier flashback commence avec le scénariste joué par Barry Sullivan. Puis le deuxième décrit la vie d'une grande star (jouée par Lana Turner) qui était inconnue avant que Shields ne la prenne sous son aile. Enfin le 3ème flashback raconte l'histoire d'un autre scénariste interprété ici par Dick Powell. Ce qui relie ces 3 personnages c'est Shields et la détestation et la fascination qu'ils ont tous les 3 pour ce producteur. En effet, Shields ne s'est pas bien comporté avec aucun d'eux. Chacun a évolué grâce à lui, mais finalement il s'est servi d'eux et les a lâché quand eux ont eu besoin de lui. Le personnage de second producteur joué par Walter Pidgeon est donc le fil qui relie encore ces 3 personnages à Shields. Le lien serait brisé si le rôle de Pidgeon n'existait pas, il est donc le point d'entrée. C'est très important de comprendre cela.

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Ci-dessus : Barry Sullivan, Lana Turner et Dick Powell

Pour le reste ce qui est bien entendu fascinant c'est bien la description du "comment on faisait un film" à Hollywood à ce moment là. On sent bien que le producteur était tout puissant et que les acteurs, et les scénaristes n'existaient que par lui. Et en celà, je rejoins Mr Brion dans sa description du cinéma américain de cette époque concernant le rôle du producteur tout puissant, "les ensorcelés" en est un exemple frappant. "Les ensorcelés" s'inscrit donc dans cette catégorie de films qui parlent du système des studios. On a déjà parlé ici de "What Price Hollywood ?", "Chantons sous la pluie", mais on pourrait aussi ajouter les 2 versions "d'une étoile est née". Alors bien entendu, le talent de Minnelli est d'interesser le spectateur à ce jeu de dupes continuellement renouvelé pendant presque 2 heures. Ainsi, les intrigues parallèles ou additionnelles sont particulièrement bien trouvées : la scène de l'enterrement au début, ou la scène avec le tourne-disque. On a donc un film à tiroirs où le spectateur peut à sa guise aller chercher du plaisir ou ce qu'il veut. Pour ma part, j'aime beaucoup le rapport qu'il y au deuil dans ce film. J'ajouterais un dernier mot pour citer la musique extraordinairement belle de David Raksin. Bref, vous l'aurez compris, on est devant une oeuvre majeure réalisée par un maître du cinéma. On ne peut pas aimer le cinéma hollywoodien et ne pas avoir vu "les ensorcelés".

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Ci-dessus : Kirk Douglas, et Lana Turner

 

Et bien entendu comme d'habitude, un extrait de la musique du film :

 

 

 

 


Cours de cinéma "Les Ensorcelés" analysé par... par forumdesimages

 

NOTE : 9 / 10