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10/06/2016

La Falaise mystérieuse / The Uninvited - 1944

"La falaise mystérieuse" fait parti d'un genre de film totalement disparu aujourd'hui : le film fantastique romantique. Il rejoint la longue liste des genres disparus. En effet, tourné en 1944, "la falaise mystérieuse" ne joue pas sur des effets horrifiques, que son époque ne lui permettait pas, mais sur une ambiance qui balance entre l'absolu beauté d'un noir & blanc sublimé par la photographie admirable de Charles Lang, une romance, une enquête quasi-policière, et des fantômes qui veulent absolument troubler la tranquillité des habitants de la grande demeure construite sur une falaise. Le casting est mené par Ray Milland, Ruth Hussey, Donald Crisp, et Gail Russell. Ray Milland était un acteur très célèbre dans les années 40. On se souvient de lui pour différents rôles, en particulier pour son rôle d'ivrogne dans "le poison" (1945), "Arise my love" (1940) avec Claudette Colbert, ou encore "les naufrageurs des mers du sud" (1942) avec John Wayne et Paulette Goddard, ou ce superbe classique du film noir "la grande horloge" (1948). Mais il est vrai qu'en France, la filmographie de Ray Milland mériterait d'être largement redécouverte par nos éditeurs. Cet acteur un peu oublié aujourd'hui, le mérite largement. Je dois vous avouer que je n'ai aucun souvenir des deux interprètes féminines que sont Ruth Hussey et Gail Russell. Cette dernière sera une étoile éphémère du ciel hollywoodien, sa carrière sera en effet ruinée par son alcoolisme chronique, qui finira par l'exclure de la plupart des studios. Quant à Donald Crisp il joue son rôle habituel de père, dont sa plus grande interprétation est celle qu'il donnera dans "Quelle était verte ma vallée" de John Ford. "La falaise mystérieuse" est à rapprocher de ces quelques films romantiques, qui vous rendent la vie plus belle et qui sont tellement rares dans l'histoire du cinéma. On peut citer "Quelque part dans le temps" (1980) avec Jane Seymour, ou encore et surtout "l'aventure de Madame Muir" (1947) sublime oeuvre avec Gene Tierney et Rex Harisson. Alors c'est sans doute vrai que le réalisateur Lewis Allen, n'est sans doute pas le plus grand réalisateur d'Hollywood, on peut d'ailleurs parfois se demander ce qu'il a fait de la direction d'acteurs. Le film semble parfois bien léger, et le ton semble parfois difficile à trouver pour les acteurs. Malgré cela, le film bénéficie de l'immense talent du directeur de la photographie, Charles Lange, qui joue avec les ombres et l'obscurité, et le film fait encore frissonner par moment. Il ajouter au crédit de l'oeuvre que l'ensemble est encore sublimé par l'inoubliable musique du très grand Victor Young, qui nous donne sans aucun doute, une de ses plus belles oeuvres, magnifique, mais aussi torturée. On notera enfin, que Lewis Allen devait tourner l'année suivante un film considéré comme une suite à la "falaise mystérieuse" : "The unseen" avec cette fois-ci Joel McCrea and Herbert Marshall. Il me reste à féliciter l'éditeur Wild Side, pour sa superbe édition Bluray, qui comprend le film globalement bien restauré, et surtout un superbe coffret, agrémenté de photos d'époque toutes plus belles les unes que les autres. Wild Side a fait de la présentation du film une oeuvre d'art.

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Ci-dessus : Ray Milland & Ruth Hussey

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Ci-dessus : Ray Milland & Ruth Hussey

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Ci-dessus : Ray Milland & Gail Russell.

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Ci-dessus : Ray Milland & Gail Russell.

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Ci-dessus : Ruth Hussey

Extrait de la musique de Victor Young :

 

Disponible dans un superbe coffret Bluray & DVD en Zone 2, en VF et VO sous-titrée, chez Wild Side.

 

Note : 7,5 / 10

11/11/2015

La main gauche du Seigneur / The left hand of God - 1955

"La main gauche du Seigneur" est sorti chez Rimini Editions, et c'est très bien. Tout d'abord, parce que Rimini fait généralement du très bon travail, et nous sort ici, un master quasiment parfait, presque immaculé d'un film totalement inédit en Bluray et en DVD en France. Enfin, le film d'Edward Dmytryk, si il n'est pas le meilleur de Bogart est plutôt bon. De plus, on retrouve au casting, la belle Gene Tierney, qui a pris quand même, il est vrai,  plus de 10 ans de plus par rapport au "Laura" (1944) d'Otto Preminger . Enfin, on sait aujourd'hui, que l'échec du mariage de Gene Tierney avec Oleg Cassini, la naissance d'une fille Daria attardée, et devenue aveugle vont d'année en année, dégrader la santé mentale de l'artiste, qui devra se faire interner, et subir de nombreux électrochocs. "La main gauche du Seigneur" reste donc le dernier film de Gene Tierney avant sa longue traversée du désert qui l'entrainera à un retour en 1962 au cinéma, dans "Tempête à Washington", grâce encore une fois à Otto Preminger. Malheureusement, les belles années du cinéma américain et sa beauté, seront passées, et Gene Tierney ne tournera plus que 3 films et finira sa carrière cinématographique en 1964. Bogart a quant à lui 55 ans, il a une longue carrière derrière lui, commencée en 1930. Et malgré son âge, il reste un monstre du cinéma et donne encore ici une très belle interprétation, procurant une vie et une âme à son rôle. Seul, le personnage joué par Lee J. Cobb, laisse sceptique. En effet, l'acteur joue ici un seigneur de guerre chinois, et on y croit assez peu. On sait qu'il y avait une manie pas toujours très heureuse d'Hollywood de faire jouer des personnages asiatiques, par des blancs et ce n'était pas toujours très heureux. Ici, Lee J Cobb, s'en tire plutôt bien, vu que le scénario ne lui laisse pas grand chose pour développer autre chose que le côté sombre de son personnage. Mais il faut bien avouer qu'il n'est pas toujours très crédible. En dehors d'Agnes Moorehead, que l'on se rappelle d'avoir déjà vu avec Bogart dans "les passagers de la nuit" (1947), et d'E G Marshall qui donnent du corps au film, l'autre star du film c'est aussi la musique de Victor Young, qui nous offre un beau thème principal, qui a laissé une trace dans ma mémoire cinéphilique. Au vu de la qualité de l'oeuvre, du master et des bonus, la seule chose que l'on peut regretter, c'est bien le faible nombre de sorties de Rimini Editions, en cinéma classique, en particulier dans les classiques américains. Nul doute que cet éditeur pourrait sortir de son relatif anonymat, si il se donnait les moyens d'une vraie politique commerciale autour du film classique. Elephant Films & Sidonis y sont arrivés, alors pourquoi ne pas prévoir rapidement d'autres sorties ?

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Ci-dessus : Gene Tierney & Humphrey Bogart

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Ci-dessus : Agnes Moorehead & Humphrey Bogart

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Ci-dessus : Edward Dmytryk & Bogart

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Ci-dessus : Gene Tierney & (Edward Dmytryk ?)

 

Extrait de la musique de Victor Young :

Film disponible en Bluray & DVD chez Rimini Editions en VF et VO sous-titrée

 

Note : 7 / 10

03/01/2014

La grande horloge / The big clock - 1948

"La grande horloge" est un film noir de 1948, avec Ray Milland, Charles Laughton et Maureen O'Sullivan, dans les rôles principaux. Ray Milland est un peu oublié aujourd'hui. Pourtant il a été une grande vedette de films d'aventures comme "Beau Geste" (1939) avec Gary Cooper, ou "dans les naufrageurs des mers du Sud" (1942). Cet acteur britannique a excellé dans presque tous les genres et après la guerre, il commence à s'intéresser aux films noirs. On peut citer donc "la grande horloge" (1948), mais aussi "un pacte avec le diable" (1949), ce dernier étant dans un registre plus fantastique, mais également du même réalisateur, du film qui nous intéresse aujourd'hui : John Farrow. Milland tournera 4 fois avec John Farrow. Avant de commencer sa carrière à Hollywood, John Farrow était un ancien militaire, enrôlé dans la Navy, il décidait de l'abandonner pour voyager sur des navires de commerce. Comme d'autres, il commença sa carrière par l'écriture scénaristique et ce n'est que plus tard il se tourna vers la réalisation, jusqu'à devenir un des réalisateurs vedettes de la Paramount. On notera qu'il était fervent catholique et qu'il fit donc à sa femme Maureen O'Sullivan, 7 enfants. Et c'est elle qui joue dans le film. On se rappelle aujourd'hui d'elle en France, surtout car elle a été la compagne de Johnny Weissmuller dans les films de Tarzan, et dont un des 7 enfants du couple, est l'actrice Mia Farrow. 

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Pour le scénario on retrouve un très grand scénariste, Jonathan Latimer, spécialiste du roman policier. A la photographie il y a également un maître aux commandes en la personne de John F Seitz. John F. Seitz avait dix-huit brevets pour divers procédés photographiques à son nom . Il s'agit notamment des dispositifs d'éclairage, qu'il a perfectionné pendant le tournage de "Trifling Women" (1922) de Rex Ingram (1922). Seitz a commencé sa carrière cinématographique avec la compagnie Essanay à Chicago , puis a rejoint le St Louis Motion Picture Company en tant que technicien de laboratoire en 1909 . Dans quatre ans , il avait atteint le poste de directeur de la photographie . Il signe à la Metro en 1920 , faisant de son mieux travailler en collaboration avec Ingram , notamment sur ​​"les Quatre cavaliers de l' apocalypse" (1921) et Le Roman d'un Roi (1922 ).A cette époque , il était le directeur de la photographie le mieux payé de Hollywood . La marque de Seitz était faite, de faibles éclairages, et il éclairait différemment les différentes zones de l'écran. Sa couleur photographie a été caractérisée par une tendance à privilégier des tons beiges, et vives pour les costumes ou les accessoires . La carrière de Seitz dans les années 1930 , s'est passée à la 20th Century Fox (1931-1936) et à la MGM ( 1937-1940 ), sans être réellement marquante. Cependant , il a connu de nouveaux et grands succès à la Paramount de 1941 à 1952. La Paramount lui permit de travailler sur certains des meilleurs films de Preston Sturges, comme "les voyages de Sullivan" (1941) , "Héros d'occasion" (1944 ) ou "le Miracle au village (1944), mais aussi avec Billy Wilder comme dans  "assurance sur la mort" (1944) , "Le poison" (1945) ou "Boulevard du crépuscule" (1950) . Ajoutez à cela deux autres excellents films noir , "tueur à gages" (1942 ) et la "Jordan le révolté" (1942) - tous deux réalisés par Frank Tuttle et mettant en vedette Alan Ladd . Seitz était un maître dans la création d'atmosphère par des ombres inquiétantes et de l'apparition d'une menace dans les gros plans.

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Ci-dessus : Ray Milland et Maureen O'Sullivan

Vous l'aurez compris avec un tel casting et une tel équipe derrière la caméra, il était impossible de ne faire un très bon film. Et évidemment le résultat est là. Laughton est fabuleux et a des intonations incroyables accentuant avec délices certains mots dans une phrase pour leur donner plus de forces. Il joue à la perfection ce grande patron psychorigide qui veut tout contrôler, dont l'horloge centrale à l'entrée du siège social de son cartel médiatique, est là pour montrer qu'il maîtrise le temps, et donc son argent, ses employés. Ses employés ne sont pour lui que des esclaves à sa merci, ainsi il refuse pendant des années des vacances à son directeur de publication (Ray Milland), et licencie à la moindre erreur, voir au moindre refus. Et Laughton nous donne une interprétation beaucoup plus que dans "les révoltés du Bounty" (1935). En effet, ici on voit le rapport trouble qu'il entretient avec sa maîtresse (Rita Johnson), qui semble être son jouet et qui lui fait remarquer qu'elle n'est avec lui que pour son argent et qu'il la dégoute. On sent que Laughton arrive à nous faire partager le drame de sa vie personnelle, dans ce film, donnant à son personnage tour à tour, force et faiblesse, rejouant à l'écran le drame intime de sa propre existence. On ne peut passer sous silence également l'excellence des seconds rôles avec en tête Elsa Lanchester ou George Mc Ready, et la belle musique de Victor Young qui accompagne parfaitement le film. Le film fait d'ailleurs penser par moment à "mélodie pour un meurtre" '(1989) avec Al Pacino, pour les connaisseurs.

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Ci-dessus : Charles Laughton

Voilà, je ne saurai que vous conseillez très fortement de découvrir ce film de John Farrow, qui revisite l'univers du film noir, en l'associant au monde des affaires pour nous donner un film superbement réalisé. On notera qu'un remake devait être tourné avec Gene Hackman et Kevin Costner, "sens unique" (1987). Evidemment, ce dernier ne devait pas atteindre l'apogée esthétique de "la grande horloge".

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Ci-dessus : Rita Johnson et Ray Milland

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Ci-dessus : Ray Milland et Maureen O'Sullivan

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Ci-dessus  : à gauche Elsa Lanchester & à droite (son mari à la ville), Charles Laughton

 

Extrait :

Film disponible chez Carlotta en DVD zone 2 VO sous-titrée français

 

Note : 7,5 / 10

28/09/2013

L'Homme des vallées perdues / Shane - 1953

Il y a quelques films touchés par la Grâce. "l'homme des vallées perdues" est clairement de ceux-ci. Pourtant, le scénario est très simple, vu et revu. En effet, l'histoire d'un gros éleveur de bétail, qui se refuse à partager les terres avec des fermiers sédentaires a été comptée de nombreuses fois, dans de très nombreux westerns. Mais là, le film aborde un thème nouveau, celui du héros solitaire, justicier dont personne ne sait d'où il vient, ni qui il peut bien être. Ainsi, sa probable identité n'est que donnée à la fin. En attendant, le film va nous proposer une relecture psychologique du western, mais aussi une lutte pour sa terre, contre ceux qui veulent se l'approprier, magnifié dans un environnement naturel somptueusement filmé et mis en valeur. On peut aussi voir, à travers le scénario adapté du roman de Jack Schaefer, une certaine définition du courage, et de la valeur de l'action individuelle, d'un homme pour une communauté.

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Mais ce qui fait de "l'homme des vallées perdues", un film légendaire ce n'est pas tant les rapports ambigües entre le héros et la femme de son ami et patron, ou dans le rôle de second père qu'il joue auprès du fils de la maison. Ce qui fait de "Shane", une véritable légende du western, c'est la noblesse qu'il découle du personnage d'Alan Ladd, mais aussi de la véritable noblesse que la réalisation arriver à dégager de ces pauvres fermiers, dont le travail, le courage et la volonté arrivent à forcer, contre toute attente, l'admiration du spectateur. Cette noblesse est magnifiée par la musique de Victor Young, qui signe ici une de ses plus belles partitions, et qui font assurément de "Shane" un western unique.

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Ci-dessus : Van Heflin, Alan Ladd et le jeune Brandon de Wilde

De plus, le réalisateur George Stevens, nous fait bénéficier d'une vision très réaliste de la violence. Ainsi, pour 1953, le film est très violent. Et les différentes bagarres, et duels au pistolet ne sont pas des combats à la papa, comme on pouvait en voir dans d'autres westerns des années 50. Ici le sang coule, la violence est brutale, les coups font mal. George Stevens avait eu une expérience de la guerre. On se rappelle évidemment de sa réalisation de films documentaires pendant la deuxième guerre mondiale. Ainsi, il était revenu avec une expérience de la guerre, qui lui faisait refuser une non description réaliste de la violence. Ainsi, les combats au pistolet sont rendus réalistes par un système censé projeter en arrière, l'acteur touché, pour recréer l'impact d'une balle sur un corps,.

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Ci-dessus : Alan Ladd

"Shane" se retrouve donc au carrefour du western, irrigué par un esprit et une inspiration très fordienne, de la noblesse des petites gens que l'on retrouve dans tant de films de Ford. Mais le film est parcouru aussi par une réalisation très moderne, qui préfigure la violence de la fin des années 60 et un certain Clint Eastwood, qui reprendra le thème du justicier solitaire dans "Pale Rider" On a donc avec "l'homme des vallées perdues", un film digne des meilleurs John Ford. Le film portait par une incroyable grâce et une noblesse à tout épreuve, est à n'en pas douter mythique. Si il y a un western à posséder, c'est peut être bien celui-là. Quand le cinéma atteint à un tel niveau de perfection, on ne peut que rester béat d'admiration devant le résultat. Et quand un film arrive à nous arracher des larmes, comme les adieux du petit garçon à son héros, c'est qu'il a réussi à toucher au but. "Shane" ? c'est peut être le plus beau western du monde.

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Ci-dessus : Jack Palance

 

Extrait de la musique de Victor Young :

 

Bande-annonce :

http://www.youtube.com/watch?v=UbuFb3jKgRM

 

Disponible en DVD et Bluray VF et VO sous-titrée

Note : 10 / 10

09/05/2013

Souvenez vous de .... Victor Young !

"Son père membre d'une troupe d'opéra itinérante lui fait étudier le violon à l'age de six ans puis l'envoie en Pologne en 1910 séjourner chez ses grand-parents et étudier la musique au Conservatoire impérial de Varsovie. il travaille ensuite le piano à Paris avec Isidor Philipp. Il revient en 1920 en États-Unis et entre dans l'orchestre du Central Park de Chicago. Il part pour Los Angeles et est engagé comme violoniste dans l'orchestre du Million dollar theatre de l'imprésario Sid Grauman.

Il est nommé directeur musical des théâtres de la Paramount puis au milieu des années 1930 part pour Hollywood où il compose de la musique de film, enregistre de la musique populaire et fournit des arrangements pour des chanteurs populaires comme Bing Crosby.

Il débute une fructueuse collaboration avec le réalisateur Cecil B. DeMille (Les Tuniques écarlates, Les Conquérants d'un nouveau monde, Samson et Dalila, Sous le plus grand chapiteau du monde).

On lui doit également la musique de grands classiques comme Rio Grande et L'homme tranquille pour John Ford, Pour qui sonne le glas de Sam Wood, le film d'aventures Scaramouche de George Sidney, les westerns L'Homme des vallées perdues et Johnny Guitar, ou encore Le Tour du monde en 80 Jours pour lequel il obtint l'Oscar de la meilleure musique en 1957 à titre posthume : il décède plusieurs mois avant la cérémonie, d'une hémorragie cérébrale en 1956." Article Wikipédia.

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Pour ma part, je me souviens de Victor Young pour son incroyable travail sur la musique de "Scaramouche", mais aussi pour sa musique magnifique dans "la main gauche du seigneur", ou encore de celle de "Samson et Dalilah". Aujourd'hui Hollywood Classic se rappelle de Victor Young et rend un vibrant hommage à l'homme qui reçut 22 nominations aux Oscars et qui composa 200 musiques de films.

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Extraits :

 

 

 

 

27/04/2013

Samson et Dalila / Samson and Delilah - 1949

Souvent aujourd'hui la critique rejette en bloc les péplums bibliques les trouvant dépassés ou simplement un peu ringards. Auvant vous le dire tout de suite ce n'est absolument pas mon avis. Ainsi, quand on sait que "Samson et Dalila" a été réalisé par Cecil B DeMille, le maître du péplum, je ne pouvais que me décider à revoir ce film en technicolor que j'avais vu plus jeune lors d'une diffusion à la télévision. Aujourd'hui nous avons la chance grâce à Paramount de pouvoir le redécouvrir avec un master numérique. En effet, il a fait l'objet d'une restauration complète en 2012. Pourquoi Paramount ne l'a pas sorti en Bluray multizones ? Pourquoi il n'existe qu'une édition zone 1 non multizones, sortie début mars ? A part pour se faire plus d'argent, et le sortir dans quelques mois ou quelques années en Bluray, j'avoue n'avoir pas d'explications logiques. En effet, l'importance et la qualité d'image du film, méritait bien une édition Bluray, remplie de Bonus. Mais qu'en est il du film lui même ? Que pouvons nous attendre de ce "Samson et Dalila" ? C'est ce que nous allons voir.

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Le film comprend un impressionnant casting avec Hedy Lamarr, Victor Mature, Angela Lansbury, George Sanders, mais aussi Henry Wilcoxon. Victor Mature, devait faire 4 autres péplums avec en plus de ce "Samson et "Dalila", "la Tunique" (1953), "l'égyptien" (1954), "Demetrius and the gladiators" (1954) et enfin "Hannibal" (1959). Hedy Lamarr, vous pouvez retrouver son destin tragique sur ce site. Et Henry Wilcoxon, vieux camarade de plateau de DeMille, a joué dans de nombreux films. Ainsi il a été le commandant des chars de Pharaon dans "les 10 Commandements" (1956) ou encore le bras du marquis de Maine dans Scaramouche. "Samson et Dalila reprend l'histoire bien connue de la Bible en la modifiant quelque peu pour les besoins du scénario. Samson (Victor Mature) jeune berger à la force sur-humaine est amoureux de Semadar (Angela Lansbury). Mais Samson est hébreux et Semadar d'une grande famille de Philistins, or la Judée est sous le joug des Philistins. La haine des Philistins contre Samson, 'incompréhension des siens, mais aussi la jalousie maladive et l'amour de Dalila (Hedy Lamarr) vont contrarier le désir de mariage de Samson avec Semadar et sceller son destin et son histoire. Qui peut dire que cette haine entre des communautés différentes et que la jalousie amoureuse ne sont pas des sujets au sens éternels et ne possèdent pas en eux mêmes, une étrange actualité ?

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Ci-dessus : Hedy Lamarr et Victore Mature

Le film possède de nombreuses qualités. On peut noter tout d'abord la beauté du Technicolor, et la maestria de DeMille pour mettre à l'écran cette histoire. Les costumes et les décors sont chatoyants et rendent le film inoubliable. Et que dire de la beauté des actrices ?! Angela Lansburay semble n'avoir jamais été aussi belle, mais c'est bien Hedy Lamarr qui transperce l'écran d'une énigmatique et lassive beauté. Le film est long et fait plus de 2H, mais le temps est il long en compagnie d'Hedy Lamarr ? Ainsi, comme dans tous ses films  mais aussi comme les peintres de la renaissance et tant d'autres avant lui, DeMille se sert d'un sujet biblique pour montrer des femmes dénudées mais aussi pour mettre en avant un certain sadisme. Ainsi, DeMille mêle histoire biblique, technicolor, glamour aux désirs les plus obscurs d'une femme jalouse, qui veut avilir Samson dans un espèce de jeu pervers qui va bien au delà de ce que la censure de l'époque pouvait tolérer, si le sujet du film n'avait pas été un épisode de la Bible. Ainsi, on retrouve des scènes de flagellation chères à DeMille et qui sont présentes dans beaucoup de ses films.

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Le effets spéciaux sont eux aussi assez bluffants pour l'époque et la destruction du temple païen reste un morceau de cinéma à lui tout seul, qui préfigure l'ouverture de la Mer Rouge dans "les 10 Commandements" (1956). Enfin "Samson et Dalila" comprend une ouverture musicale, et aussi une musique de sortie. Alors autant vous le dire tout de suite, la musique de Victor Young est magnifique et c'est une des grandes stars du film. On sent que Cecil B DeMille a demandé à Victor Young de faire quasiment une musique d'opéra pour le film et le résultat est assez impressionnant. On regrettera seulement que parfois que la musique est presque trop omniprésente. En résumé, parcouru par un souffle épique, DeMille crée ici un film à la hauteur de la légende de Samson et de sa propre légende. "Samson et Dalila" film faste, chatoyant, à la forme parfaite dont l'impression finale laisse une trace indélébile dans le coeur du spectateur, faisant d'Hedy Lamarr une déesse de l'écran pour l'éternité, maîtresse de la damnation et de la rédemption de l'homme qu'elle aime. On pardonnera alors à DeMille quelques scènes trop longues ou une durée excessive. "Les 10 commandements" corrigeront sept ans plus tard, ces quelques défauts de la trame narrative, pour faire de ce dernier film sa plus extraordinaire et sa plus parfaite réussite cinématographique.

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Bande-annonce :

 

Extrait de la musique de Victor Young :

Note du 24 novembre 2013 : Le bluray zone B est enfin disponible en France au prix de 11,43€. A ce prix c'est la cadeau. La qualité de l'image est à toute épreuve (définition et couleur superbes).

Note : 8 / 10