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14/06/2014

La belle de Saïgon / Red Dust - 1932

"La belle de Saïgon" mérite bien sa réputation de film mythique. Deuxième des six films du duo Clark Gable / Jean Harlow, on peut bien dire que celui-ci ne laisse pas indifférent. L'histoire semble pourtant classique. Ainsi un patron (Clark Gable) de plantation d'hévéas (arbre à Caoutchouc) en Indochine française, se retrouve avec une jeune et belle prostituée (Jean Harlow) sur les bras, mais l'arrivée d'un nouveau contre-maître (Gene Raymond) et de sa femme va changer les choses. Le couple va se dissoudre dans une nature luxuriante où les éléments naturels auront toute leur place pour déclencher un érotisme étonnant pour l'époque. Car il ne faut pas oublier que "la belle de Saïgon" date de 1932, soit 2 ans avant la mise en place du code de censure (Code Hays). Deux ans plus tard, une histoire mettant en avant, aussi souvent une prostituée, et la montrant aussi sympathique n'aurait pas été autorisée à être filmée. Ainsi, on sait que sur "Autant en emporte le vent", Selznick s'interrogeait sur les nombreuses scènes du personnage de Belle Watling (patronne d'une maison close) et sur son caractère si franc et finalement honnête.

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Pour en revenir à "la belle de Saïgon", le scénario de John Lee Mahin tiré de la pièce de Wilson Collison, est donc assez classique. Mais ce sont bien les acteurs qui font de ce film un superbe classique. Gable est très bon, mais Jean Harlow transfigure littéralement son personnage. Quant à Victore Fleming, il sait mettre en valeur le corps parfait de l'actrice, laissant voir ses jambes, ou dans un dixième de second un sein. Le scénario sera d'ailleurs utilisé avec moins de bonheur dans un autre film de Clark Gable, bien des années plus tard : Mogambo (1954). Ava Gardner reprendra le rôle de Jean Harlow, Grace Kelly celui de Mary Astor, et l'action se déroulera cette fois-ci en Afrique. Néanmoins, ni le Technicolor ni un Gable vieillissant ne feront oublier, l'incroyable fulgurance de ce premier érotisme cinématographique de cette "Belle de Saïgon", qui fit sortir le cinéma de son enfance, pour le propulser dans une modernité dont les résonances parviennent encore aujourd'hui, à marquer durablement, le spectateur. Ainsi, on peut espérer que la Warner nous sorte rapidement la totalité des films de Jean Harlow, peut être la première icône blonde platine de l'écran, bien avant Lana Turner. qui la qualifia de "première incarnation américaine du sex-appeal". En effet, les films de Jean Harlow sont d'autant plus mythiques que cette star eut un destin particulièrement tragique. Mais  nous verrons tout cela dans un prochain article.

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Ci-dessus : Jean Harlow & Clark Gable

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Ci-dessus : Mary Astor & Clark Gable

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Ci-dessus : Jean Harlow & Mary Astor

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Ci-dessus : Clark Gable, Tully Marshall & Jean Harlow

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Ci-dessus : sur le tournage avec Victor Fleming

Film disponible en DVD zone 2, VO sous-tirée dans la collection "Trésors Waner".

Note : 8 / 10

17/12/2013

Jeanne d'Arc / Joan d'Arc - 1948

"Jeanne d'Arc" est le type même du film abandonné par la France. Ainsi, il n'a jamais été édité en DVD dans notre pays. Pire les versions qui passent généralement sur les chaînes payantes, nous donnent une oeuvre défigurée, découpée à la tronçonneuse. Ainsi, la mauvaise version que je possède ne fait que 99 minutes contre les 145 minutes de la version sortie initialement en 1948 dans les cinémas américains. C'est d'ailleurs une honte que des responsables de la programmation osent encore diffuser cette version écourtée, qui ne permet de comprendre le film que par bribes. Pourtant le film mériterait un meilleur sort. En effet, il a été tourné par Victor Fleming, le réalisateur "D'autant en emporte le vent" (1939). Le casting est plutôt bon. Ainsi, dans le rôle titre on retrouve une Ingrid Bergman possédée par la grâce du personnage. Elle incarnera en tout, quatre fois le personnage de Jeanne d'Arc. Elle joue donc tout d'abord dans l'adaptation théâtrale de Maxwell Anderson, puis ici dans l'adaptation cinématographique de 1948, qui est une adaptation du même Maxwell Anderson, de sa pièce de Broadway  : "Joan Of Lorraine". Bergman déjà récompensée par un Tony Award pour son interprétation sur scène, sera nommée aux Oscars pour cette version de 1948. Le film sortira dans un contexte privé tumultueux pour l'actrice qui divorçait au même moment, de son premier mari pour se marier avec Roberto Rossellini, qui divorçait également par la même occasion. L'Amérique puritaine ne l'accepta pas et Bergman se décidait à quitter les USA pour l'Europe. 

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En 1953, Roberto Rossellini reprend le flambeau. Le réalisateur italien fasciné par l’oratorio "Jeanne au bûcher" d’Arthur Honegger et Paul Claudel, en donne quelques représentations à Naples et Paris avec son épouse, l’actrice suédoise dans le rôle-titre. Il s’attaque ensuite à son adaptation cinématographique. Ingrid Bergman qui avait 33 ans sur le film de Fleming en a désormais 39. Néanmoins les critiques sont excellentes. Mais Bergman n'a pas été la seule actrice de Jeanne d'Arc. Ainsi, Cecile B DeMille dès 1916, se prend au jeu de tourner un film sur l'histoire de Jeanne d'Arc. Il sera suivi par beaucoup d'autres et on peut citer pêle-mêle : "La passion de Jeanne d'Arc" de Carl Theodor Dreyer (1928) avec Renée Falconneti, "Sainte Jeanne" d’Otto Preminger (1957) avec Jean Seberg, "le procès de Jeanne d'Arc" de Robert Bresson (1962) avec des comédiens non professionnels, puis on arrive sur des oeuvres plus actuelles, comme "Jeanne la pucelle" de Jacques Rivette (1994), "Jeanne d'Arc" de Luc Besson (1999),  et "Jeanne d'Arc" (film TV) de Christian Duguay (1999) et enfin "Jeanne Captive" de Philippe Ramos (2011).

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Ci-dessus : Ingrid Bergman

La version de Fleming se veut hagiographique, mais est aussi touchée par la spiritualité. Ainsi, le film nous décrit une France pillée par les Anglais, morcelée en différents duchés, et un dauphin faible, prisonnier de sa cour, et qui ne sait pas se faire respecter. Ainsi, la prédiction qui veut qu'une jeune pucelle de Lorraine, sauvera le royaume de France et vaincra les ennemis des Français, prend alors tout son sens quand une jeune fille révèle qu'elle est envoyée par Dieu pour sauver la France. L'histoire est belle et les Américains tellement patriotes ne pouvaient pas, ne pas aimer cette histoire d'un pays qui se soulève contre ses occupants par la seule volonté d'une jeune fille qui reçoit ses ordres de Dieu. On peut toujours discuter à l'infini, et se demander si Jeanne était bien une envoyée de Dieu ou une affabulatrice, il n'empêche que le mythe vivace parle encore de lui même à un pays dont l'histoire a souvent été en proie aux divisions, invasions, et à une faiblesse du pouvoir central.

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Ci-dessus : José Ferrer

Pour le film, il n'y a rien à en dire. Fleming sait rendre le siège d'Orléans vivant. Bergman transfigure son personnage de façon admirable. José Ferrer, fait aussi un admirable dauphin aux abois et sans confiance en lui. On sent que les conseillers techniques ont été bons, car on retrouve bien tous les costumes de l'époque, ainsi que l'art de la guerre de la guerre de cent ans. Le film a encore un grand intérêt aujourd'hui, car il montre qu'un pays ne peut rien avec à sa tête un roi faible et indécis. La légende de Jeanne d'Arc est là pour nous rappeler que l'unité française a été durement gagnée, contre les divisions, entretenues des siècles durant par nos ennemis. Le message de Jeanne résonne donc d'une étrange actualité, nous rappelant que les problèmes de la France n'ont pour cause que notre propre abandon, nos reniements ou notre défaitisme dans nos capacités à nous relever, à nous unir et à vaincre. Quoiqu'il en soit, avec sa rapidité habituelle, l'église décidait de faire de Jeanne d'Arc une Sainte en 1905 ... et le président Sarkozy célébrait le 6 janvier 2012, le 600ème anniversaire de la naissance de Jeanne, et à travers elle, l'unité de la France. Vous avez dit, résonance ? Concernant, le film on peut donc regretter que seuls les USA aient pu bénéficier d'une version restaurée et complète. En France on se contentera donc des versions tronquées qui passent à la télévision ici et là, au milieu du gâchis télévisuel habituel, et qui laissent un drôle de goût dans la bouche, confirmant la fameuse phrase de Mr Brion : "le cinéma est un art outragé". La version tronquée du "Jeanne d'Arc" de Victor Fleming, en est la preuve éclatante. Le mythe quant à lui est intact.

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 Note : 6,5 (8 / 10 si un jour, il sort une version complète et restaurée)

11/08/2012

Autant en emporte le Vent - Gone with the wind

"Autant en emporte le vent" est pour moi un des plus grands films, pas seulement de la grande époque des studios, mais aussi de l'histoire du cinéma. Ce film a en effet tous les ingrédients du chef d'oeuvre. Alors bien entendu "Autant en emporte le vent", c'est le film aux 125 jours de tournages et à la distribution éclatante. On y retrouve : Clark Gable, Vivien Leigh, Olivia de Havilland, Leslie Howard, Thomas Mitchell, Hattie Mc Daniel. Le film est bien entendu en couleurs, mais ce n'était pas une évidence où très peu de films étaient en couleurs. 3 réalisateurs se sont succédés sur ce film : Victor Fleming, Sam Wood, George Cukor. Le producteurs David O Selznick exigeant de chacun d'eux l'impossible.

 

La bande-annonce :

 

La musique est également une très grande star du film. Elle emporte l'adhésion du public dès le titre. Max Steiner a fait un chef d'oeuvre musical, comme jamais.

Ci-dessous : Max Steiner le compositeur 

 

Compositeur de musique de films

 

Le film parle de la fin d'une société, "le Sud des Etats Unis avant la guerre civile". Le film est bien entendu du roman éponyme de Margarett Mitchell. On peut remercier le producteur David O Selznick et les scénaristes d'avoir enlevé toutes les parties un peu racistes que le roman pouvait contenir. Ainsi, contrairement à "Naissance d'une nation", le fameux film raciste de Griffith qui traitait également de la guerre civile, là dans "Autant en emporte le vent", le film ne traite que de la volonté d'une famille pour survivre à des évènements exceptionnels et à un changement radical de la société et donc de leurs modes de vies. C'est bien pour cela que ce film a traversé et continuera de traverser toutes les époques. Car en tant qu'être humain on a tous un moment donné de nos vies, été dans l'obligation de nous remettre en cause et à rechercher en nous mêmes des forces supplémentaires pour affronter la vie et le monde. Et peut être y a t'il aussi dans "Autant En Emporte le vent", un appel à la tolérance, pour comprendre ceux qui ne vivent pas comme nous. Peut être y a t'il une leçon sur la vie qui passe et qui ne revient pas, et sur la seule chose qui compte au bout du compte après la vie : NOS RACINES qui définissent ce que nous sommes.

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NOTE : 10 / 10