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27/06/2015

3H10 pour Yuma / 3:10 to Yuma - 1957

1957, est une grande année du western. Ainsi, de très nombreux westerns sont tournés cette année là. On tourne beaucoup de westerns de série, certains de qualités moyennes et d'autres très bons. On peut citer dans ces petits westerns excellents : "Quantez leur dernier repaire" avec Fred MacMurray et Dorothy Malone, ou encore "Joe Dakota" avec Jock Mahoney & Luana Patten. A côté de ces westerns peu ambitieux, mais à la qualité appréciable, il y a de très grands westerns, comme "règlement de comptes à Ok Corral" de John Sturges avec le duo Burt Lancaster / Kirk Douglas. "3H10 pour Yuma" de Delmer Daves, en fait clairement  parti de ces grands westerns. Mais est-ce vraiment un western ? En effet, si l'ambiance et les paysages de l'Ouest sont bien présents, le scénario est lui beaucoup plus proche de celui d'un film noir. En effet, un misérable petit fermier (joué par Van Heflin) est témoin d'une attaque meurtrière de diligence par une bande menée par (Glenn Ford). Le personnage joué par Van Heflin va alors se retrouver en charge de ramener le chef de bande au train de 3H10 qui part pour Yuma et sa prison. Mais les complices vont l'attendre à la sortie de l'hôtel, afin de récupérer leur chef. Contrairement à la version de 2007, avec Russel Crowe et Christian Bale, ici l'action est totalement minorée. On est plus proche de la tension nerveuse et du climat angoissant du film noir. D'ailleurs la photographie de Charles Lawton Jr est plus proche de celle d'un film noir, que d'un western. En effet, Charles Lawton Jr nous donne une photographie noir & blanc très contrastée.  On notera que ce dernier sera plusieurs fois le directeur de la photographie du réalisateur Delmer Daves. Ainsi ils collaboreront tous deux, sur "Cow-boy" (1958), "l'amour à l'italienne" (1962) et sur "La Montagne des neuf Spencer" (1963). "3H10 pour Yuma" profite donc de ce climat et de cette photographie noire, pour nous donner une ambiance tendue, très particulière et que l'on retrouve finalement assez rarement sous cette forme. Il faut noter aussi la présence féminine de Felicia Farr, qui étonne par la modernité de son personnage, qui se donne sans remord à un hors-la-loi. Delmer Daves, réalisateur trop oublié aujourd'hui nous donne ici un western au carrefour du film noir, aux plans stylisés, étonnamment modernes. "3H10 pour Yuma" reste un classique inoubliable. On peut sans aucun doute remercier chaleureusement, l'éditeur Carlotta pour cette sortie bienvenue, et cette belle édition remplie de bonus.

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Ci-dessus : Glenn Ford

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Ci-dessus : Felicia Farr & Glenn Ford

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Ci-dessus : Van Heflin

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Ci-dessus : Van Heflin & Glenn Ford

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Ci-dessus : Leora Dana

 

Musique du titre par George Duning & chantée par Frankie Laine :

 

Bande-annonce :

Disponible en DVD (2002) & Bluray (2015) chez Carlotta en VF et VO sous-titrée

 

 Note : 8 / 10

10/05/2015

La veuve noire / The black widow - 1954

"La veuve noire", avait tout pour plaire, une prestigieuse distribution (Gene Tierney, Van Heflin, George Raft, Ginger Rogers, Reginald Gardiner et Peggy Ann Garner), un très bon scénariste et réalisateur en la personne de Nunnaly Johnson, mais ce film policier est malheureusement quelque peu gâché. En effet, malgré les superbes intérieurs d'appartements new-yorkais, le scénario promet malheureusement plus qu'il ne donne. Et surtout certains acteurs sont totalement sous-exploités. On ne voit que très peu Gene Tierney, et Ginger Rogers n'est que peu présente. On peut dire quelques mots sur son scénariste et réalisateur, Nunnaly Johson, qui a d'abord eu une carrière d'écrivain, de scénariste, puis de réalisateur et enfin de producteur et on se souvient généralement de lui, pour son travail sur le scénario "des raisins de la colère" de Ford. Ainsi, il a été scénariste ou co-scénariste d'une cinquantaine de films et réalisateur dans les années cinquante, de 8 films. "La veuve noire" est son deuxième film. Pour en revenir à "la veuve noire" on est donc quelque peu déçu devant un film qui promettait beaucoup. Ainsi, la relation étrange entre Van Heflin et Peggy Ann Garner est très mal exploitée. Et il semble que la censure de l'époque ait dans ce cas, fait beaucoup de mal au film. Enfin si la reconstitution d'appartements new-yorkais est superbe, elle ne sort par le film, d'un statisme qui lui donne des airs de théâtre filmé, encore accentués par l'utilisation très mal venue du Cinemascope pour. ce genre de film "La veuve noire" est donc un film qu'on oublie très vite, malgré sa distribution, et son scénariste de talent. Dommage.

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Ci-dessus : Peggy Ann Garner

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Ci-dessus : Van Heflin & Peggy Ann Garner

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Ci-dessus : Peggy Ann Garner

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Ci-dessus : Ginger Rogers & Gene Tierney

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Disponible en DVD zone 1 en VO sous-titrée français

Note : 4,5 / 10

22/03/2015

Le rodeur / The Prowler - 1951

"Le rodeur est le type même de films que l'on a sous-estimé pendant des années, n'ayant pas bénéficié d'une exposition suffisante. Pourtant il a tout pour plaire, un scénario pervers et tortueux, un personnage nocif et attirant, une photographie tout à fait honorable, et une réalisation parfaite, mais surtout des acteurs principaux (Van Heflin & Evelyn Keyes) au sommet de leur talent. La génèse du "rodeur", commence avec l'échec de "We Were Strangers", en 1949. En effet,  les producteurs Sam Spiegel et John Huston cherchent donc un scénario qui fera gagner de l'argent à leur compagnie indépendante, Horizon Films. Ils avaient acquis les droits d'une histoire de Robert Thoeren et d’Hans Wilhelm, nommée The Cost of living". A partir de là, Spiegel, confia l'écriture du scénario à Dalton Trumbo, sympathisant communiste, qui refusait de collaborer avec la commission Mc Carthy du congrès au moment de la chasse aux sorcières et de la constitution des listes noires. Trumbo avait été condamné et devait partir en prison. Il avait donc besoin d'argent pour sa famille avant de se rendre en prison. Malheureusement Spiegel avait une réputation d'être un voleur, de mal payer, voir ne pas payer du tout. Mais les gens travaillaient pour lui, car ils savaient que si il ne payait pas cette fois-ci, il les paierait la prochaine fois. Ceci dit, on raconte, que Trumbo, menaça Spiegel en voiture de son revolver, pour que ce dernier le paye l'écriture du scénario qu'il avait accompli. En dehors des talents douteux de Spiegel, pour économiser de l'argent, on peut noter la photographie correcte d'Arthur C Miller, dont ce sera malheureusement le dernier film. Mais si le scénario de Trumbo, semble être une constante provocation au comité de censure de l'époque, il touche son but et passionne. Et lorsqu'on regarde "le rodeur", on pense à "Assurance sur la mort" (1944) ou "au facteur sonne toujours de fois" (1946) de Tay Garnett avec Lana Turner et John Garfield.

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Mais l'autre grande qualité du "rodeur" ce sont ses acteurs. Ainsi, on peut citer, les deux têtes d'affiches, en la personne de Van Heflin et Evelyn Keyes. Van Heflin c'est un immense acteur, avec une énorme carrière, malheureusement oublié aujourd'hui et totalement sous-estimé. Pourtant on se rappelle de lui, déjà dans "La piste de Santa Fe" (1940), avec Errol Flynn, où il jouait un extrémiste abolitionniste. Puis, dans "Johnny, roi des gangsters" (1942), il était l'ami ivrogne du gangster Robert Taylor. En 1948, il était un touchant Portos, dans "les trois mousquetaires" avec Gene Kelly, et en 1949 il était encore parfait dans le pur chef-d'oeuvre Minnelli, "Madame Bovary". En 1970, il devait finir une carrière parsemée de chef-d'oeuvres, avec "Airport" et nous quitter en 1971 d'une crise cardiaque, qui devait l'emporter après 17 jours de coma. Evelyn Keyes, c'est évidemment la soeur de Scarlett O"hara dans "Autant en emporte le vent" (1939). C'est aussi une belle carrière, qui est malheureusement écrasée par ce petit rôle dans "autant en emporte le vent". Et les gens  ne souviennent d'elle, généralement que pour ce rôle. Elle le déplorait de son vivant. Et on peut dire qu'elle avait bien raison. Car Evelyn Keyes, est extraordinaire dans "le rodeur", où elle interprète une femme mariée, esseulée, et malheureuse. C'est peut être son plus grand rôle. Pour ma part, j'aimerais bien que Sidonis ou un autre éditeur, nous déniche une belle version, de "l'Affaire de la 99ème rue" (1953), qui a de très bonnes critiques. Vous l'aurez compris, "le rodeur" est quant à lui un très bon film, porté par ses acteurs, son scénario, sa réalisation et bénéficiant d'une photographie tout à fait intéressante. C'est donc un film à redécouvrir de toute urgence, ne serait-ce que pour le talent de ses interprètes principaux.

 

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Ci-dessus : Evelyn Keyes & Van Heflin

Film disponible en DVD zone 2 chez Wild Side en VO sous-titrée dans un superbe coffret comprenant un livre de 80 pages, expliquant le tournage.

Note : 8 / 10

08/03/2014

Le Sang de la Terre / Tap Roots - 1948

"Le sang de la terre" est un film en Technicolor un peu étrange, de George Marshall. En effet, il semble vouloir être un remake "d'autant en emporte le vent" (1939), mais sans réussir jamais à y parvenir. Ainsi, le scénario raconte l'histoire d'une riche famille de planteur de coton du Mississippi qui refuse de se laisser emporter dans la guerre. La distribution est malheureusement un peu aberrante. Ainsi, Susan Hayward dans le rôle d'une Scarlett O'Hara semble totalement improbable. Mais que dire de War Bond en fils de riche planteur, qui ressemble à un éléphant dans un magasin de porcelaines. A cela, il faut ajouter Boris Karloff en indien et ami de la famille, et Julie London et Whitfield Connor, absolument pas transcendants. Alors il reste Van Heflin, qui écrase de sa prestation tout le film, arrivant parfois à la hauteur de Clark Gable, et améliorant de temps en temps le jeu de ses partenaires. Mais Van Heflin est malheureusement bien seul.

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Le scénario est original, car il est vrai que c'est assez rare de voir une grande famille du Sud, se rebeller contre son propre gouvernement, lui même sécessionniste. On a donc droit à notre lot d'intrigues amoureuses, de guerre, et de batailles. Malheureusement le film, n'atteint jamais le niveau "d'autant en emporte le vent", que ce soit au niveau de la réalisation, de la photographie ou de l'émotion. Le film n'en reste pas moins, une aimable distraction, et qui comprend également quelques scènes glamour, assez osées pour l'époque. Pour le reste, c'est loin d'être inoubliable, et l'ensemble n'arrive même pas au niveau de "l'esclave libre" (1957) avec Clark Gable et Yvonne de Carlo. On peut donc se demander pourquoi Sidonis poursuit une politique tarifaire incohérente, en sortant encore ses nouveautés à 16,90 €, alors qu'aujourd'hui on trouve partout des films de patrimoine à 9,90 €.

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Ci-dessus : Susan Hayward et Van Heflin

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Ci-dessus : Van Heflin

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Ci-dessus : Whitfield Connor  et Julie London

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Ci-dessus : Julie London et Susan Hayward

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Ci-dessus : George Marshall et Julie London

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Ci-dessus : War Bond et Sondra Rodgers

Disponible chez Sidonis et Calysta en DVD zone 2 (Version française et VO sous-titrée)

Note : 6,5 / 10

28/09/2013

L'Homme des vallées perdues / Shane - 1953

Il y a quelques films touchés par la Grâce. "l'homme des vallées perdues" est clairement de ceux-ci. Pourtant, le scénario est très simple, vu et revu. En effet, l'histoire d'un gros éleveur de bétail, qui se refuse à partager les terres avec des fermiers sédentaires a été comptée de nombreuses fois, dans de très nombreux westerns. Mais là, le film aborde un thème nouveau, celui du héros solitaire, justicier dont personne ne sait d'où il vient, ni qui il peut bien être. Ainsi, sa probable identité n'est que donnée à la fin. En attendant, le film va nous proposer une relecture psychologique du western, mais aussi une lutte pour sa terre, contre ceux qui veulent se l'approprier, magnifié dans un environnement naturel somptueusement filmé et mis en valeur. On peut aussi voir, à travers le scénario adapté du roman de Jack Schaefer, une certaine définition du courage, et de la valeur de l'action individuelle, d'un homme pour une communauté.

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Mais ce qui fait de "l'homme des vallées perdues", un film légendaire ce n'est pas tant les rapports ambigües entre le héros et la femme de son ami et patron, ou dans le rôle de second père qu'il joue auprès du fils de la maison. Ce qui fait de "Shane", une véritable légende du western, c'est la noblesse qu'il découle du personnage d'Alan Ladd, mais aussi de la véritable noblesse que la réalisation arriver à dégager de ces pauvres fermiers, dont le travail, le courage et la volonté arrivent à forcer, contre toute attente, l'admiration du spectateur. Cette noblesse est magnifiée par la musique de Victor Young, qui signe ici une de ses plus belles partitions, et qui font assurément de "Shane" un western unique.

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Ci-dessus : Van Heflin, Alan Ladd et le jeune Brandon de Wilde

De plus, le réalisateur George Stevens, nous fait bénéficier d'une vision très réaliste de la violence. Ainsi, pour 1953, le film est très violent. Et les différentes bagarres, et duels au pistolet ne sont pas des combats à la papa, comme on pouvait en voir dans d'autres westerns des années 50. Ici le sang coule, la violence est brutale, les coups font mal. George Stevens avait eu une expérience de la guerre. On se rappelle évidemment de sa réalisation de films documentaires pendant la deuxième guerre mondiale. Ainsi, il était revenu avec une expérience de la guerre, qui lui faisait refuser une non description réaliste de la violence. Ainsi, les combats au pistolet sont rendus réalistes par un système censé projeter en arrière, l'acteur touché, pour recréer l'impact d'une balle sur un corps,.

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Ci-dessus : Alan Ladd

"Shane" se retrouve donc au carrefour du western, irrigué par un esprit et une inspiration très fordienne, de la noblesse des petites gens que l'on retrouve dans tant de films de Ford. Mais le film est parcouru aussi par une réalisation très moderne, qui préfigure la violence de la fin des années 60 et un certain Clint Eastwood, qui reprendra le thème du justicier solitaire dans "Pale Rider" On a donc avec "l'homme des vallées perdues", un film digne des meilleurs John Ford. Le film portait par une incroyable grâce et une noblesse à tout épreuve, est à n'en pas douter mythique. Si il y a un western à posséder, c'est peut être bien celui-là. Quand le cinéma atteint à un tel niveau de perfection, on ne peut que rester béat d'admiration devant le résultat. Et quand un film arrive à nous arracher des larmes, comme les adieux du petit garçon à son héros, c'est qu'il a réussi à toucher au but. "Shane" ? c'est peut être le plus beau western du monde.

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Ci-dessus : Jack Palance

 

Extrait de la musique de Victor Young :

 

Bande-annonce :

http://www.youtube.com/watch?v=UbuFb3jKgRM

 

Disponible en DVD et Bluray VF et VO sous-titrée

Note : 10 / 10

18/08/2013

Tomahawk - 1951

Aujourd'hui c'est dimanche, je vous laisse donc dans les mains de Mr Patrick Brion, qui va vous présenter un très beau western : "Tomahawk". Ce film prend le parti des indiens peut être pour la première fois. Le film a beaucoup de qualités dont un très beau Technicolor. On pourra lui reprocher malgré tout, un scénario inachevé en particulier concernant la romance entre Van Heflin et Yvonne de Carlo. Cela reste malgré tout un beau film, très attachant dont les faibles moyens sont compensés par la justesse du propos et le jeu des acteurs.

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La présentation de Mr Brion :

Film disponible en DVD zone 2, VF et VO sous titré, sur Amazon, le site de l'éditeur Sidonis/Calysta ou dans les magasins spécialisés (FNAC, Gibert) ou certaines grandes surfaces.

Note : 7 / 10

13/07/2013

Le salaire de la violence / Gunman's Walk - 1958

Il y a quelques films et encore beaucoup moins de westerns qui arrivent à s'élever au niveau de la tragédie grecque. Mais c'est bien ici le cas du "Salaire de la violence" qui est un western qui a été très sous-estimé lors de sa sortie, mais qui mérite d'être redécouvert de toute urgence. En effet, le scénario est particulièrement bien travaillé et digne de nos grands auteurs classiques (Racine, Corneille etc). Et ce n'est pas très étonnant car on retrouve comme scénariste, Frank S Nugent, scénariste entre autre du "Massacre de Fort Apache" (1948), de "la charge héroïque" (1949) ou de "la prisonnière du désert" (1956). Le scénario porte essentiellement sur la vie d'un patron de ranch (Van Heflin), entouré de ses deux fils, dont l'un se conduit mal et l'autre va s'amouracher d'une fille métisse. Les fils vont causer le désespoir de leur père et amener un final tragique que l'on redoute dès le début de l'intrigue. Le film revisite les rapports père/fils comme rarement un western l'a fait. Pour ma part, ce film m'a beaucoup parlé car il m'a renvoyé des souvenirs personnels. On ne ressort pas indemne de ce "salaire de la violence", car le film met en avant les fautes des parents, comme le travers des enfants. L'éducation des parents est elle responsable de la mauvaise conduite d'un enfant devenu adulte ou est-ce inné chez certains enfants dès le départ ? Le film ne répond pas catégoriquement à cette question, mais tente de montrer que la meilleure volonté du monde n'est peut être pas toujours suffisante.

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Dans le casting, on retrouve donc Van Heflin, Tab Hunter, Kathryn Grant et James Darren. James Darren on se souvient surtout de lui pour son rôle de Spyros Pappadimos dans "les canons de Navaronne" (1961). Alors c'est vrai que Tab Hunter a parfois ici, un jeu proche de la bûche. Mais comment pourrait-il en être autrement alors qu'il interprête ce personnage à la personalité malade. Quant à Van Heflin il n'en est pas à son premier western ayant déjà joué avec Tab Hunter dans "le cri de la victoire" (1955), puis avec d'autres acteurs dans "Tomahawk" (1951), "l'homme des vallées perdues" (1953), ou "le Raid" (1954) ou encore "3H10 pour Yuma" (1957). Ici il fait preuve de son immense talent et prouve qu'il méritait mieux que certains de ses rôles de début de carrière. Pour finir, on notera la belle musique de George Duning, responsable l'année précédente de la musique de "3H10 pour Yuma" sortie l'année précédente. J'ai donc été très surpris et conquis par ce "salaire de la violence" (filmé en Cinémascope et Technicolor),  film au message très pessimiste, mais néanmoins indispensable. A voir absolument.

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Présentation du film par Mr Patrick Brion :


http://youtu.be/ysj-52vddAg

 

Bande-annonce :

Note : 8,5 / 10

05/06/2013

La piste de Santa-Fé / Santa Fe Trail - 1940

"La piste de Santa-Fé" est bien un western maudit et oublié produit par la Warner en 1940 et aujourd'hui tombé dans le domaine public. Pourtant il a tout d'un formidable spectacle. On trouve tout d'abord une distribution éclatante, avec un Errol Flynn en grande forme, avec sa traditionnelle partenaire Olivia De Havilland. Puis il y a Ronald Reagan pas trop mauvais, mais surtout Raymond Massey peut être ici dans son plus grand rôle, et Van Heflin. Enfin, en plus de War Bond qui sera également présent sur "la caravane héroïque" (1940), on trouve dans les seconds rôles les deux faire-valoir habituels des films de Flynn : Alan Hale et Guinn 'Big Boy' Williams. Le sujet évoque la lutte de John Brown, personnage historique, adepte de la lutte armée, contre l'esclavage avant la guerre de secession et étant donc l'ennemi d'une paix civile précaire.

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Le film est destiné à un public du sud des Etats-Unis et prend le parti d'une impossible conciliation entre les idéaux du Nord et ceux du Sud avant la guerre civile. Mais contrairement aux explications données par le très mauvais bonus de l'édition DVD publié par l'éditeur Seven en 2007, il faut bien voir que le film n'est pas forcément pro-sudiste, mais a pour ambition de montrer une étape charnière de l'histoire des USA, où la paix était encore possible (1854), mais où en même temps la guerre se profilait à l'horizon en 1861. On y montre donc le point de vue abolitioniste, mais aussi le point de vue des Sudistes, ainsi que le difficile apprentissage de la liberté par les noirs. Pour ma part, je ne vois pas ce film comme raciste, mais plutôt comme l'expression d'une vision des USA en 1861. On pourrait critiquer le point de vue sudiste symbolisé par Errol Flynn, toujours modéré et droit, mais il est compensé par le point de vue presque aussi modéré de Ronald Reagan. Ainsi Reagan joue Custer et Flynn joue Stuart, qui seront respectivement deux officiers importants pendant la guerre de sécession mais présents dans des camps opposés. Le film évite donc un trop grand manichéisme. Et si les partisans de John Brown sont montrés comme souvent attirés par l'argent, décidé à utiliser la violence, il n'en reste pas moins que leur chef (John Brown) a droit à une musique religieuse de Steiner qui est là pour marquer le bien fondé de ses idées mais la condamnation des moyens violents.Le film prend malgré tout ses distances avec la grande histoire, en regroupant plusieurs proomotions de cadets de West Point. Ceci dit tout est là, l'action, la romance. Flynn a parfois un côté John Wayne assez marqué et est parfaitement crédible dans son rôle d'officier de cavalerie, comme on avait pu le voir dans "la charge de la brigade légrère (1936). Enfin Curtiz, nous donne une très belle réalisation, dont lui seul a le secret. Les scènes d'actions sont bien évidemment le point fort de Curtiz et il s'en sort parfaitement dans toutes les scènes d'action avec des plans très rapides de 3 à 4 secondes à chaque fois, faisant de l'action un point fort du film.

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Ci-dessus : Ronald Reagan et Errol Flynn

 

Quant à Raymond Massey il vole la vedette à Errol Flynn et interprète un exalté religieux de la plus belle des façons. D'ailleurs, on ne peut s'empêcher de voir dans son personnage  de fanatique, l'oombre d'un autre fanatisme religieux beaucoup plus actuel et aux causes beaucoup moins belles.

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Ci-dessus : Raymond Massey, Van Heflin, Errol Flynn et War Bond

J'ajouterai un mot sur la belle musique d'un Max Steiner très inspiré, qui nous gratifie d'une valse de sa composition lors de la belle scène du bal des officiers. On se rappelera en effet que Max Steiner avait pour habitude de composer des valses originales pour les scènes de bal. Ainsi, il en avait fait de même pour "la charge de la brigade légère". "La piste de Santa-Fé" est donc un très beau spectacle, que certains considèrent comme un film aux accents racistes. Pour ma part, je n'en crois rien. Il est le reflet d'un cinéma, d'une époque, et d'une période pré-guerre de sécession où le racisme existait aux USA. Comment faire un film sur cette période sans parler du racisme et le montrer ? Enfin, il faut savoir que deux ans plus tard, Errol Flynn devait reprendre le rôle de Custer (joué ici par Ronald Reagan) dans "la charge fantastique" (1942) et retrouver pour la dernière fois, Olivia de Havilland dans peut être la plus émouvante scène d'adieu du cinéma hollywoodien de cette époque.

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Ci-dessus : Guinn big boy Williams, Alan Hale, Ronald Reagan, et Errol Flynn

 

Bande-annonce :

 

Extrait :

 Note : 8,5 / 10

19/01/2013

Airport - 1970

J'aimerais vous parler aujourd'hui d'Aiport (1970) tiré du roman d'Arthur Hailey. Le film n'est pas particulièrement mauvais, ni particulièrement bon. On retrouve dans les rôles principaux : Burt Lancaster, Dean Martin, Jean Seberg, Jacqueline Bisset, George Kennedy, Van Heflin et Helen Hayes formidable en vieille dame désargentée, mais bien décidée à resquiller par tous les moyens pour voir son fils. Helen Hays vole donc la vedette à bons nombres de stars. Enfin la nombreuse distribution fait de ce film bien entendu un film choral, où différentes intrigues se mêlent pour à la fin se rejoindre en un heureux dénouement. Aujourd'hui on peut constater que le film a un peu vieilli autant dans sa réalisation que dans son découpage scénarisitique et qu'il est un peu long avec finalement assez peu d'actions. Mais quel plaisir de retrouver ces coiffures féminines des années 70 si particulières et tous ces grands acteurs. Enfin, ce film de par son extraordinaire succès (42ème plus gros succès de tous les temps) devait ouvrir la voie aérienne à toute une flotte de films catastrophes avec pour sujet l'aviation : "747 en péril" (1974), "Les Naufragés du 747" (1977), "Airport 80 Concorde" (1980) tous avec George Kennedy.

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Mais en plus d'avoir l'avantage de mettre à l'écran énormément de stars, on peut y voir en particulier Jean Seberg. Je me permettrai de rappeler à votre souvenir le destin tragique de Jean Seberg qui décida de se suicider un jour d'août 1979. En effet, elle n'arrivait plus à supporter sa vie et avait déjà tenté de se suicider plusieurs fois auparavant. Le traitement atroce que lui ingligeait la presse qui indiquait en juin 1970 qu'elle était enceinte et le drame personnel qui en découla ne devait pas être étranger à sa décision. En effet, la proximité de Jean Seberg avec les Black Panthers laissait tout imaginer pour le public sur l'origine de cet enfant. Or il n'en était bien évidemment rien. Son mari Romain Gary devait d'ailleurs reconnaître cet enfant, afin de tenter de couper court aux rumeurs distillées par la presse informée par le FBI et son patron Hoover. Quoiqu'il en soit, Jean Seberg devait tenter de se suicider et l'enfant devait mourir quelques jours avant la naissance de sa fille. Et même si sa tentative échoua, la vie de Jean Seberg avait basculé. La drogue et l'alcool ne furent alors que le début d'une longue déchéance vers la folie et qui devait se terminer tragiquement par un dernier suicide réussi cette fois ci en août 1979. Triste fin pour l'inoubliable héroïne "d'à bout de souffle".

 

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Ci-dessus : Jean Seberg

 

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Ci-dessus : Dean Martin et Jacqueline Bisset


La bande-annonce :


 

Pour en savoir + sur Jean Seberg :

http://madame.lefigaro.fr/art-de-vivre/amants-terribles-jean-seberg-romain-gary-040710-28524

 

Film disponible en Bluray Zone B à 9,99 € chez Gibert ou Amazon, avec une belle qualité d'image.


NOTE : 6,5 / 10

22/10/2012

Les 3 mousquetaires / The 3 musketeers - 1948

"Les 3 Mousquetaires" tournée en 1948 est une pure merveille du cinéma d'aventures hollywoodien des années 50. Cette version deviendra d'ailleurs le maître étalon de toutes les adaptations futures de l'oeuvre de Dumas. Pour bien comprendre le contexte dans lequel s'inscrit ce film, il faut se rappeler que la Fox a tourné en 1947, Ambre avec Linda Darnell. Lana Turner avait été préssentie pour le rôle titre mais finalement l'actrice étant sous contrat avec la MGM, cette idée fut abandonnée par Zanuck le patron de la Fox. "Les 3 Mousquestaires" sont donc la réponse de la MGM à la Fox et cette fois-ci la magnifique Lana Turner est bien présente. Lana Turner fera d'ailleurs preuve dans son rôle de Lady de Winter d'une perversion sans bornes pour arriver à ses fins et ira ainsi jusqu'au crime d'une innocente. Dans le rôle principal on retrouve Gene Kelly qui semble s'amuser à merveilles et saute, danse plus qu'il ne semble combattre.

rueducine.com-les-trois-mousquetaires-1948.jpgAutour de Gene Kelly et Lana Turner on trouve d'autres vedettes de talents dans les seconds rôles. Ainsi, Van Heflin est un Portos plus vrai que nature, bouleversé par une femme qui a brisé sa vie. Vincent Price est parfait dans le rôle de l'ignoble cardinal de Richelieu. Enfin June Alysson est excellente dans son rôle de Constance. A noter qu'Angela Landsbury joue également correctement son rôle en Anne d'Autriche. Derrière la caméra on retrouve George Sidney qui réalisera tant de chef d'oeuvres, et pour n'en citer que deux : "Scaramouche" et "Escale à Hollywood". Bref on l'aura compris le film est né sous une bonne étoile vu le casting proposé que ce soit derrière ou devant la caméra.

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Et le résultat sur l'écran ira au delà de toute attente. On aura une Lana Turner qui illuminera l'écran et fera même oublier sa mission à d'Artagnan ainsi que tous ses problèmes au spectateur. Le Technicolor est chatoyant et les costumes éclatants. Ainsi, si Ambre était sombre par moment et pendant une bonne partie du film, "les 3 mousquetaires" est quasiment lumineux de bout en bout. Le travail sur la couleur est admirable. Les acteurs sont littéralement magnifiés et semblent sortir d'un livre d'images de notre enfance. La musique comprend quant à elle, de nombreux thèmes de Tchaïkovski et entraînerait un paralytique.

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Ce film allait consacrer Lana Turner comme déesse absolue de l'écran et donner une immense popularité mondiale à Gene Kelly, popularité qui ira bien au delà des comédies musicales qu'il pourra faire par la suite.

 

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La nouvelle bande annonce version 2011 !!! A voir et à revoir :

 

Le film a bénéficié d'une sortie en France en DVD Zone 2. Mais bien évidemment ce film mériterait amplement les honneurs d'une sortie bluray et d'une restauration.



Note : 8,5 / 10

16/10/2012

Johnny Roi des gangsters / Johnny Eager - 1942

"Johnny Roi des gangsters" est un film de Mervyn LeRoy. Mervyn LeRoy et Robert Taylor avaient précédemment travaillé ensembles en 1940 dans la Valse dans l'ombre. Les films de gangsters ont été un des grands sujets du cinéma hollywoodien. Dans ce film, on est loin des standards du genre des années 30 avec Humphrey Bogart, James Gagney ou encore Edward G Robinson. En effet ces films étaient surtout assez violents pour l'époque et montraient des personnalités avides de pouvoir et d'argent. Ici on a toujours cette avidité pour l'argent, mais l'organisation criminelle a été vaincue, Johnny doit faire amende honorable et prouver sa bonne foi avec un juge qui suit son évolution et son retour dans la société. Il a d'ailleurs un travail à mi temps de chauffeur de Taxi. On est loin d'un gangster tout puissant comme on l'a vu dans les années 30.

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L'autre spécifité du film qui lui donne un cachet tout particulier c'est que son ami et homme de main, n'a rien de la brute épaisse normalement dédiée à cette tâche. Van Heflin qui joue le rôle de son garde du corps et ami, est ivre la plupart du temps, ne se soucie aucunement des affaires criminielles de Johnny sinon pour les dénigrer et est cultivé au plus haut point. L'antithèse parfaite du gangster ou de l'homme de main.

ci-dessous Van Heflin

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Mais encore plus que tout le reste ce qui démarque cette oeuvre du film de gangsters classiques c'est l'incroyable sensualité de Lana Turner. Elle dégage un tel magnétisme dans ce film qu'elle illumine à elle toute seule, un scénario très sombre, changeant le film de catégorie et le faisant littéralement passer dans celui de la romance. Lana Turner est réellement prodigieuse car son rôle est tout à la fois un mélange d'innocence, de beauté, de fidélité à son homme, avec pour conséquence une espèce de folie pendant la moitié du film. Enfin on sent son attirance à l'écran pour Robert Taylor. Cette magie entre deux êtres est assez passionnante à voir même 70 ans après.

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"Johnny roi des gangsters" est donc une transition entre les films de gangsters purs et durs et un cinéma hollywoodien qui va basculer vers le glamour, mais également dans le film noir. La fin du film préfigure d'ailleurs bien les films noirs à venir. Taylor sera ainsi obligé de mettre littéralement K.O Lana Turner pour que le film prenne un autre chemin que celui de la romance. C'est à ce type de scène que l'on sait que Lana Turner et Robert Taylor étaient bien des Dieux du cinéma hollywoodien.

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Photos :

 

Film disponible chez Wildside zone 2 (vo/vf)

 

Note : 7,5 / 10