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08/11/2015

La fiancée de Frankenstein / The bride of Frankenstein - 1935

Le monstre était mort dans un moulin en flammes. Mais devant la mine d'or du premier épisode, les producteurs de l'Universal se décidèrent à faire travailler de nouveau des scénaristes pour "la fiancée de Frankenstein". Le film porte assez mal son nom, car la fameuse fiancée, n'en est pas une et apparaît seulement dans les cinq dernières minutes du film. Le film concentre donc son action, sur la suite des aventures du monstre, qui connaît d'autres échecs dans ses rencontres avec les humains. Le réalisateur James Whale, est de nouveau à l'ouvrage. On retrouve également Boris Karloff, Colin Clive dans le rôle du Docteur Frankenstein. Dwight Frye réapparaît cette fois-ci dans le rôle de Karl. On retrouve également avec plaisir,  Una O'Connor en servante absente du précédent film, et Elsa Lanchester dans le rôle de Mary Shelley, et de la "fiancée" du monstre. Elsa Lanchester restera célèbre pour ce rôle, mais aussi pour avoir été la compagne de Charles Laughton. Pour la petite histoire, elle écrira que Charles Laughton était homosexuel et que c'est pour cela qu'elle n'eut jamais d'enfant. Maureen O'Hara qui appréciait Charles Laughton, racontera de son côté, que c'était faux et que l'infertilité du couple venait de deux avortements mal réalisés d'Elsa Lanchester. Quoiqu'il en soit et pour en revenir au film, on peut dire que ce deuxième épisode, surpasse quasiment le premier, par son insondable noirceur et les échecs successifs du monstre à nouer des relations avec des êtres humains. Ainsi, même le vieillard aveugle rencontré dans la cabane, qui devient son ami, ne peut empêcher des chasseurs de venir pourchasser le monstre jusque dans sa maison. Le malheur et la mort semblent poursuivre la destinée du monstre et surtout de ceux qui le rencontrent. Même sa compagne ne peut rien ou ne veut rien faire pour lui. Et Valerie Hobson, arrive à angoisser le spectateur par son évocation d'une mort qui rode. L'enfer c'est les autres disait Sartre, et il est vrai que c'est un peu le concept de ce film. Par conséquent la décision du monstre est de retourner à sa tombe. On notera enfin, au crédit du film, le recrutement de Franz Waxman à la musique, qui nous donne une musique symphonique aux accents baroques très étonnants, mais qui soutient bien l'action et sait créer un climat d'angoisse vis à vis d'un monstre dont ni les spectateurs ni les protagonistes ne pourront échapper. Comme devant le premier épisode, on reste aujourd'hui toujours autant fasciné par ce cinéma d'épouvante, créateur d'un mythe cinématographique.

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Ci-dessus : Boris Karloff

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Ci-dessus : Elsa Lanchester & Boris Karloff

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Ci-dessus : Elsa Lanchester & Colin Clive

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Ci-dessus : Colin Clive, Elsa Lanchester & Ernest Thesiger 

 

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Ci-dessus : Elsa Lanchester

Extrait de la musique de Franz Waxman :

 Disponible en Bluray dans le coffret "épouvante" / Monsters édité par l'Universal

 

Note : 7,5 / 10

09/02/2014

L'espion Noir / The Spy in black - 1939

Il y a beaucoup de choses à dire sur "l'espion noir" tiré de la nouvelle de J Storer Clouston. On peut déjà dire que c'est le premier film de la longue collaboraiton entre Michael Powell et Emeric Pressburger. C'est le producteur Alexander Korda, qui demande à Emeric Pressburger de réécrire quelques scènes du scénario, que les deux hommes vont transformer radicalement, en faisant de ce dernier, un huis-clos oppressant entre Conrad Veidt et Valerie Hobson. On peut supposer que le film tombait assez bien dans un contexte international pré-deuxième guerre mondial. D'ailleurs, le film est terminé en 1938, mais la sortie en est retardé par les producteurs jusqu'en août 1939, presque à la veille du déclenchement du deuxième conflit mondial. Le film raconte l'histoire d'un commandant de U-Boat dont la mission consiste à infiltrer la côte anglaise afin d'y récupérer des renseignements, permettant aux sous-marins allemands, de couler une partie de la flotte britannique. Le succès immense de "l'espion noir" sorti des deux côtés de l'Atlantique, et aux USA sous le titre "U-Boat 29", permettait à Powell et Pressburger de continuer leur collaboration, tout d'abord avec "espionne à bord" (1940) avec la même distribution (Conrad Veidt et Valerie Hobson), mais aussi avec "49e Parallèle" (1942). a partir de là, la collaboration entre Michael et Emeric Pressburger ne devait quasiment plus s'interrompre. Ainsi, il devait tourner ensemble jusqu'en 1957, à travers la société "The Archers Films Production", quelques chef-d'oeuvres du cinéma mondial. On peut citer par exemple : "Colonel Blimp" (1943), "Le Narcisse noir" (1947), Les Chaussons rouges (1948) ou "Les Contes d'Hoffmann" (1951).

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Pour revenir à "l'espion noir", il faut bien dire que la distribution est excellente. Ainsi, on ne voit pas qui aurait pu joué aussi bien que Conrad Veidt, cet espion allemand, commandant de U-Boat. Pour le public d'aujourd'hui un peu cinéphile, Conrad Veidt reste évidemment l'officier nazi du "Casablanca" (1942) de Michael Curtiz. Mais il a été bien plus qu'un officier allemand ou nazi. Il a eu une  immense première carrière allemande. Et comme beaucoup il se décida à fuir l'Allemagne en 1933 pour continuer sa carrière en Angleterre puis en Amérique. On se rappelle par exemple de son rôle de Jaffar dans "le voleur de Bagdad" (1940). Ici, dans 'l'espion noir", il est parfait dans son rôle d'officier de marine allemand, lui donnant une présence quasi animal. On a parfois l'impression de voir un loup aux aguets.  Tous les autres acteurs sont plutôt bons dans leur jeu. On notera la présence de Sebastian Shaw, qui reste pour le public français comme "Dark Vador" dans "le retour du Jedi" (1983).

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Ci-dessus : Valerie Hobson et Conrad Veidt

Le film est donc un très bon film anglais d'espionnage, qui rappelle bien souvent Hitchcock de part la façon dont il est filmé, aussi bien que par la construction scénaristique. Néanmoins, Hitchcock jouait beaucoup plus avec la caméra pour trouver des angles parfois assez improbables. Ici, c'est un peu moins le cas. Néanmoins, la scène dans les escaliers entre Valerie Hobson et Conrad Veidt est admirablement bien filmée. Je retiens donc que "l'espion noir" est un très bon film avec un retournement de situation très intelligent. A voir et à revoir. On a devant nous, du grand cinéma anglais. On ne peut que remercier Elephant Films de ressortir ce genre de film. Et à la vision de films de cette qualité, on ne peut que se rappeler la phrase de François Truffaut qui disait : 'le cinéma anglais n'existe pas". En tous les cas, avec "l'espion noir" on a un bien bel exemple de cette existence.

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Ci-dessus : Valerie Hobson et Conrad Veidt

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Ci-dessus : Valerie Hobson et Sebastian Shaw

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Michael Powell et Emeric Pressburger

Note : 7,5  / 10

08/12/2013

Jusqu'à ce que mort s'ensuive / Blanche Fury - 1948

Retour au cinéma anglais aujourd'hui, car j'ai vu récemment "Jusqu'à ce que mort s'ensuive", tiré de la nouvelle de Joseph Shearing, avec Stewart Granger et Valérie Hobson. Stewart Granger c'est évidemment l'acteur de "Scaramouche" (1952) avec Eleanor Parker, ou du "prisonnier de Zenda' (1952) avec James Mason, ou encore "des contrebandiers de Moonfleet" (1955). Il est ici dans sa période anglaise, qui n'est pas exempte de très bons films. Ainsi, je me rappelle avoir vu, il y a une dizaine ou une quinzaine d'années, un très beau "love story" avec Margaret Lockwood, ou "the magic bow" où Stewart Granger interprête, le célèbre compositeur, Nicolo Paganini. Les éditeurs français feraient donc bien de nous refaire découvrir la période anglaise de Stewart Granger. On peut donc remercier Elephant Films pour ces belles sorties de films plus ou moins inconnus du public français. Pour revenir au casting, on compte aussi Valérie Hobson. On a vu jouer cette dernière, dans "les Grandes espérances" de David Lean, avec Alec Guinness et Jean Simmons enfant. Valérie Hobson, était une très grande actrice capable de tout jouer. Ainsi, dans "les grandes espérances" elle jouait une vieille femme folle et ici une jeune femme tout à fait désirable.

cinéma, cinema, dvd, bluray, film, films, acteur, actrice, hollywood,  Stewart Granger, Valerie Hobson, Clifton Parker, marc allegretJ'ai parlé de David Lean et c'est avec raison, car ici le film empreinte beaucoup au style un peu gothique de Lean, dans sa période anglaise. Ainsi, le début est assez magistral et nous montre un titre avec un château noir, comme si c'était le château du mal. Ainsi, les premières images sont saisissantes avec deux cavaliers qui chevauchent au galop dans la nuit. On sent qu'un malheur s'est passé dans le château. Mais on ne sait pas quoi. La tension est donc à son comble. Et par la magie du cinéma et du flashback on va voir l'histoire se dérouler, là où elle doit commencer, c'est à dire au début.

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Ci-dessus : Valérie Hobson et Stewart Granger

L'histoire est particulièrement intéresante, car elle met Stewart Granger dans le rôle d'un jeune homme, fils illégitime de l'ancien propriétaire du château, courant après l'acte de mariage de son père, qui pourrait le rétablir dans ses droits. En attendant, il est l'intendant du domaine, subissement les railleries et les décisions des nouveaux maîtres qui ont acheté le domaine et qui lui ont pris jusqu'à son nom. Sa seule obsession sera de reprendre donc son domaine à ses maîtres qui ne sont pour lui que des intrus. Le scénario est donc plutôt original et plutôt bon.

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Ci-dessus : Valérie Hobson et Stewart Granger

La naissance d'une idylle entre Valérie Hobson et Granger est elle aussi plutôt bienvenue. Mais comme toute l'histoire, elle sera teintée du sceau de la mort. Et le titre français résume assez bien l'histoire. La musique de Clifton Parker, n'est pas mauvaise, sans être extraordinaire, et soutient assez bien l'action. On peut s'étonner, que Marc Allegret à la carrière de réalisateur de plus de 60 ans, ait eu le droit de réaliser ce film en Angleterre et que ce ne soit pas un réalisateur britannique qui hérite de la réalisation. Qui a dit que les Anglais n'aimaient pas les Frenchies ? En résumé, on passe un très bon moment, devant ce film très noir et gothique, mais en Technicolor. Je ne peux donc qu'encourager très fortement Elephant Films à continuer, d'exploiter ce créneau du cinéma anglais, qui est aujourd'hui totalement sans concurrence et absent du marché français, surtout si c'est pour nous sortir des films de cette qualité.

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Ci-dessus : le domaine tant convoité

Extrait :

 

Disponible en DVD Zone 2, chez Elephant Films

 

Note : 7,5 / 10