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23/01/2015

Jour de terreur / Cause for Alarm ! - 1951

"Jour de terreur" est un film de Tay Garnett, resté célèbre pour avoir tourné "le facteur sonne toujours deux fois" avec Lana Turner, et John Garfield. Mais certains cinéphiles se souviennent peut être de "la maison des 7 pêchés" (1940) ou encore du très beau mélodrame, "voyage sans retour" (1932) avec William Powell et Kay Francis. "Jour de terreur" a été tourné en seulement en 11 jours et dans des décors quotidiens. Le travail sur la photographie est donc assez faible, voir presque inexistant. Ceci dit, on sent que les acteurs, jouent avec naturel. Et le scénario est assez intéressant pour ne pas ennuyer le spectateur. En effet, le film raconte comment un ancien soldat devenu cardiaque et paranoïaque va soupçonner sa propre femme de vouloir le tuer, pour partir avec son médecin et amant. Sur cette mise en place originale, les scénaristes développent un scénario cauchemardesque pour la pauvre Loretta Young, et qui va passer une sacré mauvaise journée. Alors c'est vrai qu'à notre époque, où le cinéma se permet tous les excès, le film semble un peu convenu. Malgré tout, il ménage son suspens jusqu'au bout, porté par une Loretta Young très inspirée et sexy pour la circonstance. On appréciera également le jeu de Barry Sullivan. Maintenant, la faible photographie, et le scénario peut être un peu trop linéaire, ne rendent pas l'ensemble inoubliable. Un bon film noir, sans plus.

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Ci-dessus : Barry Sullivan

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Ci-dessus : Loretta Young

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Ci-dessus : Loretta Young & Barry Sullivan

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Ci-dessus : Barry Sullivan, Loretta Young & Bruce Cowling

Disponible en DVD Zone 2, chez Wild Side VO sous-titrée

Note : 6 / 10

19/08/2014

La maison des 7 péchés / Seven Sinners - 1940

"La maison des 7 péchés" est le premier film du duo John Wayne / Marlene Dietrich. C'est un film en noir & blanc de Tay Garnett. Ce dernier, est surtout connu par le public cinéphile pour avoir réalisé, la plus belle version du "facteur sonne toujours deux fois" avec Lana Turner et John Garliefd. Mais il a aussi d'autres films beaucoup moins connus, mais tout aussi intéressants, à son actif. Ainsi, on peut noter quelques similitudes entre "voyage sans retour" (1932) et "la maison des 7 péchés", que je vous présente ici. Tay Garnett s'engage comme un instructeur de pilotes pour le Naval Air Service à San Diego entre 1917 et 1922. Après une blessure lors d'un crash il doit abandonner le service actif, et réalise alors des spectacles burlesques pour les troupes. Après son expérience militaire, il commence par écrire 2 scénarios, avant de passer dans plusieurs studios jusqu'à sa signature pour Universal en 1932. Là il réalise plusieurs comédies avec le producteur Walter Wagner. "La maison des 7 péchés" est donc un retour au mélodrame, mais cette fois-ci un mélodrame teinté de burlesque. Marlene Dietrich et John Wayne tiennent à eux seuls le film. Mais on peut noter aussi la présence de quelques seconds rôles très intéressants comme Broderick Crawford. Broderick Crawford, c'est le terrible commandant fou du "temps de la colère" (1956) avec Robert Wagner. Pour terminer sur le casting de "la maison des 7 péchés", on peut noter aussi la présence fémine de la belle Anna Lee, et de Oskar Homolka dans le rôle d'un homme qui semble être un ancien souteneur de la belle Marlene.

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Le film en lui même, fait la part belle au mélodrame, tout en teintant son propos de référence au cinéma burlesque et à la comédie. Ici, on ne veut jamais rester trop sérieux comme dans "voyage sans retour" (1932) du même Tay Garnett. Donc il y a donc la scène de la bagarre digne d'un bon vieux film muet, avec une accélération par moment de l'image, et quelques morceaux de comédies choisis. Pour ma part, j'ai trouvé que cela décrédibilisait un peu le film. Mais cela peut être aussi un parti-pris, tout à fait acceptable. Il faut également noter que le film est rehausser par la superbe photographie d'un certain Rudolph Maté (réalisateur né à Krakow), qui avait été responsable de la photographie de "la passion de Jeanne d'arc'" (1928). Il deviendra lui même réalisateur, et on le retrouvera à la réalisation de westerns. "La maison des 7 péchés" propose également quelques chansons interprétées par Marlene Dietrich. Voilà, donc un film assez réussi, dont on peut regretter le propos parfois léger, même si cela est voulu. On retient la présence du duo Wayne / Dietrich convaincant et la très belle photographie d'un Rudolph Maté, ici très inspiré. Deux ans plus tard, Michael Curtiz arrivera à dépasser Tay Garnett, en nous donnant lui aussi un film qui tournera autour de l'univers d'un bar, l'inoubliable "Casablanca". Personne ne peut dire si "la maison des 7 péchés" n'a pas été une source d'inspiration pour les scénaristes de la Warner, qui travaillaient sur Casablanca.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich & John Wayne

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Ci-dessus : Marlene Dietrich & John Wayne

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Disponible en DVD Zone 2, chez Universal en VO sous-titrée

Extrait :

Note : 7,5 / 10

03/04/2014

Présentation de Tay Garnett par Jean-François Rauger

Pour aujourd'hui, je vous partage une petite présentation de Tay Garnett, par Mr Jean-François Rauger, de la Cinémathèque. Bon visionnage !

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 Ci-dessus : Tay Garnett

 

 

25/08/2013

Voyage sans retour / One way passage - 1932

"Voyage sans retour" est un film de Tay Garnett, basé sur une histoire de Robert Lord. L'histoire est assez simple un homme accusé de meurtre (William Powell) rencontre une jeune célibataire (Kay Francis) dans un bar de Hong-Kong.  A la sortie du bar, l'homme est arrêté par un envoyé de la police américaine. Ce dernier a donc pour mission de le ramener aux USA. Mais pour cela ils doivent prendre un paquebot. Sur ce paquebot, laissé plus ou moins libre, William Powell rencontrera de nouveau la jeune femme et des liens vont se créer jusqu'au dénouement final. Le sujet est donc celui d'un drame ou d'un mélodrame. On ne peut faire reproche cette fois à William Powell et à Kay Francis de surjouer ou de ne pas être crédibles, comme dans "Jewell Robbery" tourné la même année. Ici leur liaison semble réelle et surtout tout à fait crédible. Enfin, on se prend à espérer un dénouement heureux pour ce jeune couple, dont si l'un est le meurtrier d'un gangster, on sent qu'il y a du bon en lui et que l'amour serait une sorte de rédemption pour lui.

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Tay Garnett nous donne donc ici une fable sur l'amour rédempteur, sur l'impossibilité d'un amour heureux, et sur finalement le destin de l'Homme, qui aspire à la liberté, mais dont la société tient les chaines. La libération intervient alors dans un autre monde et une autre vie. Le film bénéficie d'une belle réalisation et de seconds rôles sympathiques en la personne d'Aline MacMahon et Frank McHugh. Enfin, Warren Hymer interprète le policier. William Powell et Kay Francis arrivent à insuffler une bonne dose de magie à ce film et à transcender un film, qui reste encore très sympathique à voir et qui donne beaucoup d'émotions au spectateur. On notera qu'un remake sera tourné en 1940, avec cette fois-ci Merle Oberon et George Brent. Enfin, je finirai cette note en félicitant Warner France pour la sortie en DVD de ce très joli film, inédit en France en DVD.

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Ci-dessus : William Powell et Kay Francis

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Ci-dessus : William Powell et Kay Francis

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Ci-dessus : William Powell et Kay Francis

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Ci-dessus : Kay Francis et William Powell sur le tournage de "Voyage sans retour"

Film disponible en DVD Zone 2 sous-titré sur le site de la Warner en France ou magasins spécialisés

Extrait :

 

Note : 8,5 / 10

17/11/2012

Le facteur sonne toujours deux fois / The postman always rings twice - 1946

Dans le cadre de sa sortie Bluray, je suis fier de vous présenter "le facteur sonne toujours deux fois". C'est vraiment un plaisir de parler d'un tel film. En effet, on y retrouve la merveilleuse Lana Turner, mais aussi le "Bad Boy" de cette époque, à 'Hollywood : John Garfield. Le film est tiré d'un roman de James M.Cain, et raconte l'histoire d'un amour interdit entre la femme du patron d'un restaurant (jouée par Lana Turner) et son employé. Le film est réalisé par un homme aux multiples talents, Tay Garnett. En effet, il sera scénariste, producteur, acteur et même compositeur. On peut d'ailleurs considérer "le facteur sonne toujours deux fois" comme le sommet de sa carrière de réalisateur. Ses films suivant n'arriveront jamais à la hauteur de ce chef-d'oeuvre. Il faut également savoir que c'est le premier film où Lana Turner a un rôle de femme fatale.  En ce qui concerne le film en lui même, il est totalement en contradication avec le code de censure de l'époque (code Hays) et c'est bien ce qui fait aujourd'hui, son absolue modernité. Il y a de nombreaux thèmes abordés et des doubles sens. Ainsi, Frank Chambers (John Garfield) est pris au début du film en auto-stop par le district Atorney (le procureur) et arrive devant le restaurant où il y a un panneau "Man Wanted". On comprend bien évidemment plus tard que ce panneau a un double sens et qu'on ne recherche pas ici seulement un homme à tout faire.

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Viens ensuite la scène où Cora Smith (Lana Turner) apparaît tout en blanc avec un petit short moulant et sexy. Et là c'est un pur chef-d'oeuvre de réalisation. Le réalisateur filme d'abord un tube de rouge à lèvres qui roule, puis la caméra va dans la direction inverse de la trajectoire du rouge à lèvres et montre les jambes de Lana pour ensuite montrer la réaction du visage de Garfield qui retient son souffle. Et ensuite un plan complet sur Lana Turner. On est bien obligé de se dire tout de suite : ça c'est du cinéma !! Cette scène apparaissant au début, le spectateur sait ainsi tout de suite qu'il aura droit à un film hors norme. le réalisateur se mettra en avant dans beaucoup d'autres scènes, comme dans celle où un panneau lumineux mettra dans la lumière ou dans le noir le visage de Lana Turner, comme pour montrer les 2 faces lumineuses et sombres de son personnage.

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Ci-dessus Lana Turner :

Mais c'est bien l'adjectif "hors norme" qui caractérise le mieux ce film. Ainsi, on sent bien comme je le disais au début de ma critique que le réalisateur et les acteurs jouent avec les interdits du code de censure de l'époque. Le code de censure interdit de montrer la nudité à l'écran, l'héroïne se trouve habillée d'un short plus ou moins transparent. Il est interdit d'expliquer des techniques d'assassinat, donc on explique par 2 fois la mise en place du crime parfait. L'alcoolisme ne doit pas âtre montré à l'écran, il apparaît 2 fois. L'adultère ne doit pas être montré sous un jour attrayant. Donc le film représente l'adultère en la personne de Lana Turner. N'est elle pas assez attrayante ? Et sans parler de perversions sexuelles comme le candaulisme qui est aussi dicrètement évoqué au début du film. Ce film serait déjà un chef-d'oeuvre uniquement pour la manière dont ces thèmes sont abordés et sa volonté de passer outre le code Hays. Mais d'autres thèmes vont également apparaître. Ainsi la totale dénonciation du système juridique américain est mis en avant, coupable de tous les arrangements, de toutes les malversations et finalement n'ayant rien à voir avec l'idée même de Justice.

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Et ce sont bien les scènes de procès qui restent aujourd'hui, les plus troublantes. Surtout si on se rappelle que Lana Turner se retrouvera plus tard mêlée à une affaire de meurtre; sa fille Cheryl Crane ayant assassinée, le petit ami du moment de Lana (Johnny Stompanato) le 4 avril 1958, lors d'une violente dispute entre ce dernier et Lana. A ce moment là, les journaux diront que Lana n'a jamais été aussi convaincante que lors de son vrai procès. C'était bien injuste au regard du talent de cette incroyable femme, qui si elle n'appréciait pas John Garfield à la ville, semblait drôlement bien imiter le plus intense et le plus dévastateur amour à l'écran ! Etrangement Garfield devait se trouver mêler à des auditions publics lui aussi, mais pour sa part dans le cadre de "la chasse aux sorcières" initiée par le sénateur McCarthy lors de sa croisade anti-communiste. Mis sur la fameuse liste noire, et épuisé par ces auditions, Garfield devait mourir d'une crise cardiaque quelques années plus tard. Mais parler uniquement du couple Garfield, Turner serait faire insulte aux formidables seconds rôles comme Cecil Kellaway ou Hume Cronyn, ce dernier trouvant peut être là son meilleur rôle.

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Ci-dessus Lana Turner et John Garfield :

Pour le reste, le Bluray (compatible zone B) bénéficie d'une belle restauration, mais l'image a parfois un grain excessif sur quelques plans. Au niveau du son, la Warner a eu la belle idée de conserver la version française d'époque. Elle est malheureusement d'un faible niveau sonore et parfois peu audible. On préfèrera donc la version originale. Pour le reste, on est vraiment gâté au niveau des bonus (en VO sous-titrés français), on y retrouve une introduction, un documentaire de presque 90 mn sur la vie de Lana Turner, un autre sur John Garfield, des dessins aninmés dont le célèbre "petit chaperon rouge" de Tex Avery, la bande annonce, et même une émission radio sur le film !

Pour résumer, le glamour, la misère humaine, l'absurdité de la justice des Hommes, la passion, et la censure du code Hays, font de ce film le condensé sensationnel et mythique d'une époque et d'un cinéma hollywoodien maheureusement aujourd'hui disparu. Vous l'aurez donc compris, l'achat du Bluray et la vision de ce film est totalement indispensable et je ne peux que le recommander très fortement à tous les amoureux de cinéma. Je m'arrêterais là et pour ne pas gâcher votre plaisir de spectateur je ne vous dirais pas ce que veut dire le fameux titre : "Le facteur sonne toujours deux fois".


NOTE : 8,5 / 10