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15/03/2015

L'impitoyable / The Ruthless -1948

"L'impitoyable" est un beau film noir, tourné en indépendant par  Eagle Lion Films, et tiré de l'oubli par Sidonis. Bertrand Tavernier note dans les bonus, que le film était très peu visible, et souvent dans des copies très abîmées. Le sujet de 'l'impitoyable" n'est pas réellement celui d'un film noir, mais plus celui d'un drame. Car en réalité, il n'y a pas de femmes fatales, mais un seul homme fatal, l'anti-héros du film, Horace Vending joué par Zachary Scott. Le réalisateur Edgar George Ulmer n'est pas un des plus fameux du cinéma hollywoodien de cette époque. En effet, il a participé à de nombreuses séries B voir C, avec des décors qui bougent quand on tape sur les murs. Mais lorsqu'on lui a donnait un budget conséquent comme ici dans "l'impitoyable", il s'en tire plutôt bien. Le casting en plus de Zachary Scott, comprend Louis Hayward, Diana Lynn, Sydney Greenstreet, Lucille Bremer, et Martha Vickers. Louis Hayward on se rappelle de lui, pour sa prestation hallucinée dans "house by the river" (1950) de Fritz Lang. On remarque aussi la très belle Diana Lynn qui porte de merveilleuses toilettes et interprète ici deux rôles. On se demande bien pourquoi elle n'a jamais pu dépasser le statut de vedette. Peut être sa beauté, ne mettait pas en avant son caractère d'actrice. Elle devait arrêter en 1960 sa carrière d'actrice pour se consacrer à sa famille, et à une carrière sur le petit écran. Elle devait disparaître prématurément à l'âge de 45 ans, d'un accident cérébral massif. Donc avec elle, Martha Vickers et Lucille Bremer, on a un beau casting féminin. On peut dire aussi quelques mots sur Martha Vickers, qui avait commencé sa carrière comme modèle et cover-girl, on se rappelle d'elle aujourd'hui pour son interprétation dans "le grand sommeil" (1946) de Howard Hawks. Et pour finir sur le casting, il faut citer évidemment le grand Sidney Greenstreet, que l'on a vu dans de très nombreux films de la Warner Bros : "Casablanca" (1942), "Passage to Marseille" (1944), "les conspirateurs" (1944) ou encore "Intrigues en Orient" (1943).

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"L'impitoyable" nous raconte donc la montée au sommet d'un arriviste, dont le seul but est de posséder ce qu'il ne possède pas, et de détruire ou de laisser ce qu'il possède enfin. Sa vie n'est donc qu'une succession de réussites et d'abandons. Son immense réussite matérielle, sera une des causes de l'échec de sa vie personnelle. La dernière réplique sera d'ailleurs la plus marquante : "ce n'était pas un homme, c'était une façon de vivre !" Comme quoi sa carrière passera avant tout chose, et avant les autres. On peut regretter la complexité inutile de certains passages. Mais sinon, c'est du tout bon. Et l'on reste assez surpris et décontenancé devant cette négation de la vie du personnage principal. Le film nous explique un peu d'où vient cette attitude. Tout cela vient de l'enfance du héros, et d'un père absent, et d'une mère qui n'aime pas son fils et qui l'abandonne. Cela construit alors chez lui une incapacité à aimer les autres, et une volonté d'avoir, tout ce qu'on lui a refusé dans l'enfance. Sidonis nous donne là un très beau film, où la difficulté du sujet, n'est qu'apparente.

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Ci-dessus : Louis Hayward, Diana Lynn, et Zachary Scott

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Ci-dessus : Diana Lynn et Zachary Scott

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Ci-dessus : Sidney Greenstreet & Zachary Scott

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Ci-dessus : Sidney Greenstreet & Lucille Bremer

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Ci-desus : Diana Lynn

Disponible en DVD Zone 2 chez Sidonis en VO sous-titrée

Note : 7,5 / 10

13/01/2013

Le Faucon maltais / The Maltese Falcon - 1941

Aujourd'hui je me permets de présenter une fabuleuse note de mon ami Raphael, éditorialiste du blog "le film était presque parfait", portant sur "le faucon maltais" de John Huston. J'avoue qu'à la lecture de sa note je me suis dis : C'est exactement ce que j'aurais voulu écrire sur "le faucon maltais"! Et qu'est ce que c'est bien écrit ! Donc je vous invite à lire et à relire cette note si bien rédigée et documentée qui replace le film d'abord dans son contexte et enfin le décortique miticuleusement. C'est peut être ce qui a été écrit de meilleur en langue française sur "le faucon maltais".

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Ci-dessous : Mary Astor et Humphrey Bogart


Sources pour lire la note de Raphael :

http://lefilmetaitpresqueparfait.hautetfort.com/archive/2011/02/08/le-faucon-maltais-critique-film.html

10/09/2012

Casablanca - 1942

On a à peu près tout dit sur Casablanca. On considère ce film comme un film romantique, mais comme il se passe pendant la guerre, doit on le considérer comme un film de guerre ?

 

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Comme dans "Passage to Marseille" (commenté dans une note plus bas) qu'il précède, on a donc Michael Curtiz au commande. On retrouve dans le rôle principal Humphrey Bogart et comme partenaire Ingrid Bergman qui était à cette époque très très belle, le temps n'ayant pas encore eu prise sur elle. En second rôle, on retrouve Paul Henreid qui atteindra le top de sa popularité avec "une femme à la recherche de son destin" avec Bette Davis la même année. Puis bien entendu toujours dans les seconds rôles, il y a Claude Rains dans le rôle du préfet de police de Vichy qui ne sait pas encore si il doit se tourner vers les Nazis ou la France Libre. Et d'autres acteurs célèbres comme Peter Lorre qui fait un petit rôle au début du film, ou encore Sidney Greenstreet. Bref du beau monde pour un beau film.

 

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L'histoire tourne autour d'un café de Casablanca qui est le microcosme politique de l'époque. Le Maroc étant proctectorat français du gouvernement de Vichy il n'est donc pas occupé par les Allemands. On  retrouve donc dans ce café américain de Casablanca, les comploteurs, les nazis, les vychistes, les résistants, les profiteurs de guerre, les déracinés, les persécutés. Bref tout ce que la guerre a pu créer se retrouve dans ce café. Les espoirs naissent ou disparaissent pour accéder à un monde nouveau et libre : l'Amérique. Car c'est à Casablanca qu'on y vient chercher un visa pour le Portugal et ensuite du Portugal l'Amérique. Dans cette ambiance, Rick (Humphrey Bogart) va se retrouver à devoir gérer un terrible conflit intérieur : Aider le mari résistant de son ancienne petite amie dont il est encore fou amoureux, ou le dénoncer, l'abandonner et retrouver celle qu'il aime.

 

Dans le film, on ne voit pas la guerre, mais les conséquences de celle-ci : les séparations, les complots, l'envie de fuir la guerre et la misère, l'amour qui rapproche les êtres en dépit de la folie des Hommes. Bref, le cocktail est détonnant et permet de mettre en images les scènes les plus romantiques et les plus fortes du cinéma.

 

Ci-dessous la chanson que tout le monde connaît : You "must remember this, A kiss is just kiss ... As time goes by" où Bogart retrouve la femme qu'il a aimé. Elle est l'œuvre de Herman Hupfeld qui l'a composée en 1931 pour une revue musicale de Broadway. Le reste de la musique du film est de Max Steiner. 

 

 

 

Une scène qui m'a profondément ému est celle où les Nazis chantent leur hymne et où Paul Henreid demande à l'orchestre de jouer la Marseillaise au même moment. Cela n'a rien à voir avec du nationalisme. Mais finalement on devrait aujourd'hui se souvenir que c'était ça aussi la France : un esprit de résistance contre l'oppression, un idéal pour l'être humain. Et que si aujourd'hui des gens sifflent notre hymne national, on devrait se souvenir que d'autres sont morts en le chantant ou se sont battus pour qu'il soit chanté librement et fièrement et qu'en Amérique en 1942 il représentait quelque chose au moins dans les films.

 

 

Une bande annonce très récente :

 

 

Pour finir je laisserais la parole à Umberto Eco pour parler de ce chef-d'oeuvre car vouloir être exhaustif dépasserait très largement le cadre de cette note : "Ce film fonctionne en dépit des théories esthétiques et des théories cinématographique parce qu'en lui se déploient par force presque tellurique les Puissances de la Narrativité sans que l'art n'intervienne pour les discipliner. Mais dans ces conditions nous pouvons accepter que les personnages changent d'humeur, de moralité, de psychologie d'un moment à l'autre, que les conspirateurs toussent pour interrompre le discours quand un espion s'approche, que les joyeuses entraîneuses pleurent en écoutant La Marseillaise. Quand tous les archétypes déferlent sans aucune décence, on atteint des profondeurs homériques. Deux clichés font rire. Cent clichés émeuvent »



Note : 9 / 10