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23/11/2013

Les plus belles années de notre vie / The best years of our lives - 1946

Après la guerre, une nouvelle vie commence et c'est bien le sujet du film que je vous propose aujourd'hui. Pour vous dire la vérité, lorsque j'étais plus jeune, je n'avais pas beaucoup apprécié ce film. En effet, je ne me souciais pas beaucoup du retour à la maison, après la guerre, de 3 vétérans : Dana Andrews, Harold Russell et Fredric March. De plus, à l'époque, j'avais découvert le film sur un petit écran et avec une VHS. La sortie de la version Bluray Freezone, me semblait le bon moment pour redécouvrir cette oeuvre de William Wyler. Wyler, c'est évidemment le réalisateur de Ben-Hur (1959), mais aussi de "Rue sans issue" (1938) avec Humphrey Bogart et Joel Mc Crea, ou de "Vacances romaines" (1953). Il devait toucher à presque tous les genres, en passant par le western avec "les grands espaces", ou le péplum, ou encore le mélodrame.

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A noter sur cette affiche belge, la francisation du nom de Fredric March

Nos 3 vétérans, vont donc retrouver femme et enfants. Dana Andrews va retrouver Virginia Mayo, Fredric March, va rejoindre Myrna Loy et sa fille (ici Theresa Wright), notre troisième vétéran Harold Russell, va lui retrouver son père, sa mère et sa fiancée. La force du film est de s'inscrire dans une réalité palpable à l'écran. Ainsi, la vie de ces hommes, c'est la vie du vétéran américain moyen, qui revient et qui ne reconnaît ni son pays, ni sa famille. Ainsi le génie des scénaristes et de Wyler et de nous donner plusieurs facettes de cette Amérique. Ainsi, Fredric March est plus âgé et avec un bon métier, une femme et de grands enfants. Dana Andrews est lui sans qualification pour la vie civile et sans enfants, avec une femme volage. Enfin le cas, le plus touchant, est celui du jeune Harold Russell, qui revient avec les deux avant-bras coupés. Arrivera t'il à retrouver intact l'amour de sa fiancée ? Arrivera t'il à s'insérer ? Harold Russel n'était pas un acteur professionnel, mais un grand blessé de la guerre. Son rôle donne une très forte dose de réalisme au film, et touche encore plus. Harold Russel recevra ainsi deux Oscars : un pour son interprétation, comme meilleur second rôle et un autre, comme Oscar d'honneur. Le film pose la problématique du retour, dès les premières minutes. Et finalement ce thème de la réadaptation de chacun fait échos à nos vies d'aujourd'hui. Car l'Homme moderne, n'a jamais du autant peut être se réadapter que dans notre société qui change et qui ne ressemble pas à celle d'il y a 10 ou 15 ans. D'un thème américain post seconde guerre mondial, Wyler arrive à en faire un thème universel, de l'adaptabilité de l'être humain au changement.

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Ci-dessus : Dana Andrews et Virginia Mayo

On ne peut finir de parler de ce film, sans dire quelques mots sur la magnifique musique de Hugo Friedhofer, qui a composé sans aucun doute sa plus belle musique de film, et peut être l'une des plus belles de l'histoire du cinéma. Enfin on remarque que Thérèse Wright qui avait déjà été présente dans le mélodrame guerrier de William Wyler, "Madame Miniver" (1942) est encore bien présente là aussi. Elle tourna donc 3 films avec William Wyler dont "la vipère" (1942). Vous saurez tout, quand je vous dirai que le casting comprend également Steve Cochran et que Wyler avait des doutes sur le jeu dramatique de Virginia Mayo. Mais cette dernière fut excellente dans son rôle. Voilà, j'en ai fini avec "les plus belles années de notre vie" qui reste sans doute, comme un des plus beaux films de l'histoire du cinéma. Il recevra une pluie d'Oscars totalement mérités.

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Ci-dessus : Theresa Wright et Dana Andrews

 

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Ci-dessus : Fredric March, Theresa Wright et Dana Andrews


Extrait de la musique :

Extrait musical n°1

Extrait musical n°2

Extrait musical n°3

Extrait musical n°5

Extrait musical n°6

Extrait muiscal n°7


La Bande-annonce :

 

Film disponible en DVD zone 2 ou Bluray Freezone (chez Gibert) en VO sous-titrée

 

Note : 9 / 10

26/04/2013

Les amants du crime / Tomorrow is another day - 1951

"Les amants du crime" est de la même année que le précédent film commenté "Storm warning" et c'est aussi un film produit par la Warner. On y retrouve aussi Steve Cochran, et cette fois-ci Ruth Roman. On se souvient de Ruth Roman aujourd'hui, surtout pour son rôle dans "l'inconnue du Nord-Express" d'Hitchcock, tourné également en 1951. "Les amants du crime" raconte l'histoire, d'un homme entré en prison pour meurtre, à l'âge de 13 ans et qui en ressort après 18 ans de détention. A sa sortie, cet homme n'est en fait qu'un homme-enfant, qui a tout à apprendre du monde extérieur. Ainsi, à sa libération, il se fait tromper par un journaliste sans le savoir et décide de se perdre dans la foule en rejoignant New-York. Là il se met à la recherche de ce qu'il lui manquait le plus en prison : une femme. Il fait donc la connaissance de Ruth Roman dans un dancing. A partir de là, les deux personnages ne vont plus jamais se quitter. Ici, il n'est pas question d'une folle épopée sauvage, comme dans "Bonnie and Clyde" (1967) mais d'une fuite des personnages qui veulent échapper inconsciemment à leurs propres démons. Mais sait on toujours ce que l'on fuit ou même si l'on doit fuir ?

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Au début du film, il est très touchant de voir cet ancien détenu, affronter un monde qu'il ne reconnaît plus, et le voir partir à la recherche d'une compagnie féminine. En plus, ce qui surprend le plus, c'est de voir Ruth Roman en blonde, tellement elle est restée en brune dans notre mémoire. Mais elle reviendra à sa couleur de cheveux habituelle plus tard dans le film. La réalisation de Felix E Feist est assez classique, mais on retrouve certains plans qui rappelle "le facteur sonne toujours deux fois" (1946). Ainsi, on découvre Ruth Roman, par un plan de ses jambes, avec la caméra qui recule et remonte vers son visage. Enfin la scène sur la route rappelle également celle du "facteur sonne toujours 2 fois".  Le film aborde plusieurs thèmes intéressants comme le droit à la rédemption, au pardon et à la liberté par le travail. Mais cette liberté par le travail deviendra rapidement, insuffisante pour notre héros. En effet, la menace d'une société liguée contre lui se rapprochera dangereusement. Ainsi, on pourrait résumer tout le film, dans cette fameuse phrase de Victor Hugo : "La liberté commence où l’ignorance finit". Et c'est sur une note d'espoir que se termine ce film qui reste un spectacle très agréable et souvent touchant.

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Ci-dessus : Steve Cochran et Ruth Roman

 

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 Ci-desus : Ruth Roman (en blonde)

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Ci-dessus : Steve Cochran et Ruth Roman

Extrait :

Disponible en DVD zone 2, dans la série Warner "films criminels" à retrouver sur le site de l'éditeur.

Note : 7,5 / 10

25/04/2013

Ku-Klux-Klan / Storm Warning - 1951

Hollywood a souvent eu des rapports ambigües avec le Ku-Klux-Klan. Ainsi dans "naissance d'une nation" (1915) de D W Griffith, le Klan était le sauveur d'une population blanche, plus ou moins livrée après la guerre de sécession, à la vindicte des noirs. De son côté, la Warner pris presque tout de suite position contre le nazisme, et de nombreux films furent tournés, sur des sujets dénonçant les totalitarismes ou les massacres de masse. Ains si certains ont vu dans "la charge de la brigade légère" (1936), un film colonial, il fallait bien entendu y voir une dénonciation du despotime du sultan personnifiant un Hilter des Indes. Ainsi la Warner ne fut jamais pris en défaut, et la mode des films de propagande anti-nazi devait culminer avec "Mission to Moscow" (1943) qui valut à Jack Warner après la guerre une convocation devant la commission des activités anti-américaine. Il n'en reste pas moins que le Klan fut aussi une des cibles de la Warner. Il suffit de se rappeler "la légion noire" (1937) tourné par Archie Mayo, avec Humphrey Bogart, où la leçon finale était terrible pour tous les membres du Klan, mais aussi donc ce "Storm Warning". Pourtant dans ce dernier film, on pouvait douter du casting qui comprenait Doris Day et Ginger Rogers, et Ronald Reagan, mais aussi Steve Cochran. Donc le spectateur non initié pouvait s'attendre, avec Ginger Roger, Doris Day et Ronald Reagan à un film léger. Il n'en est rien ici. On y assiste successivement à l'attaque d'une prison, à un lynchage, et à une scène de quasi viol, et une autre de flagellation. Ce film est un des films les plus durs du cinéma américian des années 50. On comprend alors facilement pourquoi l'affiche ci-dessous mentionne "enfants non admis". Si on ajoute à ça quelques scènes plus ou moins dénudées, on se retrouve devant un film quasiment pré-code et qui est encore aujourd'hui d'une incroyable brutalité voir cruauté. Le film s'inspire d'un roman de Dorothy Baker et s'appuie sur un scénario de Richard Brooks et Daniel Fuchs.

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"Storm Warning" est donc un film noir, très noir. Le sujet commence par l'arrivée de Marsha Mitchell (Ginger Rogers) dans une petite ville du Sud des Etats-Unis. Elle s'est arrêtée ici pour aller voir sa soeur (Doris Day) qu'elle n'a pas vu depuis longtemps. Puis rapidement, cette ville qui semble normale va devenir un Enfer avec l'apparition du Klan. Le film, montre alors une société américaine totalement vérolée par les idées extrémistes du Klan. La démonstration est parfaite. Ainsi, chaque individu qui ose s'élever contre le pouvoir de cette société secrète, est pourchassé, moqué, poussé à se taire, voir tué. Quand le film est sorti, il a du terriblement choquer le spectateur américain et lui donner une terrible image de lui même et de la vie dans les bourgades du Sud. J'ajouterai pour finir que les effets de lumière de Stuart Heisler sont ici particulièrement beaux, surtout au début, où les images sombres sont toujours parfaitement visibles.

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Le fim, permet à Ginger Rogers de mettre en avant son talent d'actrice, à Doris Day de jouer un rôle dramatique, à l'opposé total de ses rôles de chanteuse qu'on lui connaît dans les nombreuses comédies musicales, qu'elle devait tourner. Enfin, si Ronald Reagan n'est pas totalement crédible en inspecteur, Steve Cochran est parfait en membre du Klan, prêt à tout pour sauver sa peau. Stuart Heisler réalise donc là un film très intéresant et terriblement dur qui n'ennuie jamais et qui laisse à la fin de la séance, le spectateur littéralement à bout de nerfs. Un film à redécouvrir.

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Ci-dessus : Steve Cochran et Ginger Rogers.

 

Bande-annonce : 

 

Extrait :

 

 

Disponible en DVD zone 1 sous-titré français sur le coffret Ronald Reagan

Note : 8 / 10