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08/10/2013

Sur la Riviera / On the Riviera - 1951

Le scénario de "Sur la Riviera" a été adapté plusieurs fois à l'écran par la Fox. Ainsi dans "Folies Bergère de Paris" (1935) avec Maurice Chevalier et Merle Oberon, et dans "une nuit à Rio" (1941) avec Don Ameche, Carmen Miranda et Alice Faye. Ces films sont eux mêmes inspirés de la pièce à succès "the Red Cat", écrite par Hans Adler et Rudolph Lothar, Le scénario subit peu de modifications et parfois les dialogues sont mêmes assez proches. Ici Danny Kaye joue donc deux rôles, un acteur et un pilote d'avion expérimental, payé par des industriels pour faire le tour du monde. Gene Tierney joue la femme du célèbre pilote. Vous l'aurez compris, c'est bien évidemment la ressemblance entre l'acteur de music-hall et le pilote qui va être à l'origine de tous les malentendus comiques du film. Le film commence par une imitation de Maurice Chevalier par Danny Kaye. La filiation avec le premier film "Folies bergère de Paris" (1935) est donc revendiqué. Le film a beaucoup de points forts, en particulier les scènes entre deux portes qui rappellent par moment Lubitsch dans "To be or not to be" (1942).

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Mais c'est vrai que l'autre point fort du film, aurait du être la partie comédie musicale, et pour dire vrai ce n'est que partiellement le cas. En effet, en 1951, la comédie musicale suit un nouveau chemin, avec des oeuvres tel que "Mariage royal" ou "un américain à Paris". Et ces films ont un ton nouveau. Or malgré toutes ses qualités, "on the riviera" reste un ton en dessous et surtout fait très "old fashion", et rappelle le style des comédies musicales de la Fox des années 40. La partie musicale est sous la direction d'Alfred Newman qui est le compositeur des musiques des 3 films : Folies Bergères de Paris, That Night in Rio et bien sûr On the Riviera. Néanmoins pour ce dernier film, quasiment tous les titres sont écrits et composés par la femme de Danny Kaye, Sylvia Fine. Enfin, le mari de Gene Tierney, Oleg Cassini s'occupe lui de la partie costume.

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Ci-dessus : Gene Tierney

La meilleure scène du film est vers la fin, où a lieu une incroyable discussion entre Danny Kaye et Gene Tierney, où celle-ci croit avoir couché avec le sosie de son mari et où lui croit parler de ses performances d'acteurs et non pas au lit. Cette scéne est vraiment très drôle. Pour le reste, les numéros musicaux manquent un peu d'ampleur, et de profondeur de champ, voir simplement de cette transcendance de la réalité que l'on trouve dans tant de films de Gene Kelly. Le film n'en reste pas moins un bon spectacle, qui nous permet de redécouvrir qui plus est la très belle Gene Tierney, ainsi que la trop méconnue actrice française, Corinne Calvet.

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Ci-dessus : Gene Tierney

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Ci-dessus :Danny Kaye et Corinne Calvet

Disponible en DVD zone 2 ou Bluray Freezone (VO sous-titré français)

Note : 7 / 10

24/09/2013

Sabotage à Berlin / Desperate Journey - 1942

"Sabotage à Berlin" est le deuxième film d'Errol Flynn avec son nouveau réalisateur, Raoul Walsh. En effet, Flynn avait demandé à la Warner de ne plus le faire tourner avec Michael Curtiz, car il ne supportait pas ce dernier, et sa manière autoritaire de diriger les acteurs. La Warner accepta les conditions de Flynn et le fit alors tourner, avec Raoul Walsh, une série de 7 films. "Sabotage à Berlin" fait parti des films de guerre que Flynn tourna, pendant le deuxième conflit mondial, dans un but de propagande. Le film est très clairement en faveur des Américains, mais contrairement aux autres productions de ce genre de Flynn, il adopte un ton léger, dans un monde dramatique. Ainsi, en avance sur ce temps, Raoul Walsh laisse un peu transparaître, ce que Tarantino exploitera à fond, dans "Inglourious Basterds" (2009). On a donc droit à des scènes d'humour en plein quartier général allemand, ou à des scènes un peu bravaches.

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Les correspondances entre les producteurs de la Warner, laissent à penser que le studio voulait donner un caractère aventureux aux exploits des pilotes américains. Ainsi, même dans ce petit film, ils pensent aux exploits des "3 mousquetaires" de Dumas. Walsh arrive tout de même à exploiter les thèmes qui lui sont chers. Flynn est il un bon leader ou un stupide aventurier qui risque la vie de ses hommes ? Ainsi, le doute est savamment entretenu par Walsh dans l'esprit du spectateur. Et le spectateur, est comme questionné par les différents dilemmes que va rencontrer la petite troupe perdue en territoire ennemie. Ce dilemme est évidemment la grande force de tous les films de Walsh. Il n'en sera pas autrement ici. En plus, de Flynn, le casting bénéficie également de Ronald Reagan, Nancy Coleman, Raymond Massey, Alan Hale, Arthur Kennedy. Mais Nancy Coleman n'a qu'un tout petit rôle. "Sabotage à Berlin" est un film de guerre purement masculin ou le personnage féminin, à la fonction essentielle dans l'histoire, n'est que finalement très peu présent. On se rappelle d'elle pour son rôle remarquable dans "Edge of Darkness" (1943), qu'elle tournera l'année suivante, avec le même Errol Flynn, où elle interprète la maîtresse d'un commandant nazi. Mais elle jouait aussi dans la saga "Crimes sans châtiment", tournée également en 1942.

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Ci-dessus : au premier plan, Errol Flynn et Nancy Coleman, et au second plan, Arthur Kennedy et Ronald Reagan

Pour finir, disons que "Sabotage à Berlin" est un peu l'ancêtre de tous les films de commando qui suivront. Son ton décalé, et l'humour souvent présent en font une curiosité pour l'époque. Il devait montrer au monde que les Américains n'avaient pas peur des Nazis et iraient les vaincre avec le sourire. Mission accomplie !

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Film disponible en DVD Zone 1 avec VF et VO sous-titré, dans la collection des films de guerre d'Errol Flynn

 

Note : 6,5 / 10

01/06/2013

To be or not to be / Jeux dangereux - 1942

Par quel bout prendre un film d'une telle richesse comme "To be or not to be" ? Voilà la première question qui me vient à l'esprit au moment de rédiger cette note. Mais peut être faut il commencer par le début, c'est à dire la création du film. Ernst Lubitsch devait tourner un second film pour United Artists, après "Illusions perdues". Walter Wanger assure la production de "To Be or Not to Be" puis se retire du film. Heureusement, le producteur anglais Alexander Korda prend le relais. Lubitsch obtient un contrat exceptionnel, qui comprend la haute main sur le montage et l’assurance que son ami Korda sera son unique interlocuteur. Toutefois, la United Artists conseille fortement de changer le titre, qu’elle juge décourageant pour les spectateurs. Faisant mine d’acquiescer, Lubitsch propose The Censor Forbids (Interdit par la censure), ce qui ne manque pas d’ironie à l’égard de la demande qui lui est faite tout en restant lié à une scène du film (l’interdiction de la pièce Gestapo). Mais comme il l’avait sans doute prévu, ce sont les deux vedettes qui s’opposeront à ce changement, avec d’autant plus de poids qu’elles ont investi de l’argent dans la production.

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Le film se base sur un scénario original, une première chez Lubitsch qui, pour ses films parlants, était jusqu’alors toujours parti d’une pièce ou d’une opérette, la plupart du temps européenne. Il
écrit le scénario avec l’ancien dramaturge Edwin Justus Mayer, qui ajoute probablement une noiceure certaine à l'oeuvre. Le personnage de Tura est écrit dès le départ en pensant à Jack Benny. En revanche, le rôle de Maria est attribué dans un premier temps à Miriam Hopkins, qui avait été la vedette de trois films de Lubitsch. Des tensions, se font jour et Hopkins demande à ce que son rôle soit étoffé. Lubitsch refuse et Myriam Hopkins quitte le projet. Carole Lombard reprend alors le rôle mais exige d'avoir en échange la première place au générique. En plein tournage devait avoir lieu l'attaque de Pearl-Harbor qui devait faire échos à une scène du film où les acteurs se retrouvaient autour de la  radio apprenant l'entrée en guerre de la Pologne. Carole Lombard devait dire plus tard, « C’est la seule fois où tout commença bien, continua bien et se termina bien. » Cela devait être pourtant une sortie tragique. En effet, le le 16 janvier 1942, Carole Lombard disparaissait dans un accident d'avion pour cause de Black-Out. La production décida de supprimer une scène du film, où Lombard disait : "mais que peut il bien arriver dans un avion ?" La United-Artist sort finalement le film, le 6 mars 1942 et le dédie à Carole Lombard.

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Ci-dessus : Carole Lombard, Jack Benny, et Charles Halton

Mais quel est le sujet de 'To be or not to be" me direz-vous ? Au delà de la comédie satirique sur le nazisme, au delà du film d'espionnage, au delà de l'histoire de cette troupe de comédiens polonais qui décident de faire de la guerre un théâtre pour se sauver la peau dans un monde devenu fou, "To be or not to be" est bien le film du choix et la filiation à Shaskespeare ne fait guère de doute. Le film renvoie cette question au spectateur et l'invite à prendre parti pour le bien ou le mal. Le film est typiquement une oeuvre à tiroirs multiples, où l'univers du théâtre rejoint celui du cinéma, où les apparences sont le plus souvent trompeuses et où les nazis sont tournés en ridicule. Autant, comédie loufoque, que film d'espionnage, Lubitsch va au bout de thèmes à peine entrevus dans "sérénade à trois" (1933) et il développe là, ses idées sur l'adultère et le triangle amoureux improbable, pour faire de "To be or not to be" une des plus belles comédies américaines de tous les temps aux situations et aux dialogues savoureux. Ce "Jeux Dangereux", est un classique du cinéma, drôle, dramatique, sombre, qui fait du nazi non pas un monstre, mais un homme comme tout le monde. Miroir d'une Humanité malade, "To be or not to be" dépasse le ton de la comédie pure pour atteindre les sommets du genre.

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Film disponible en DVD et Bluray (privilégier l'édition Studio Canal en Bluray pour la qualité de l'image).

Article écrit avec l'aide des sources du CNC :

http://site-image.eu/?page=film&id=392&partie=dec...

Pour aller plus loin :

To Be or Not to Be de Ernst Lubitch.pdf

Note : 9,5 / 10