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06/02/2013

Les misérables - 1958

La version des "misérables" tournée par Jean-Paul Le Chanois est une version qui fait date et peut être la plus belle adaptation de l'oeuvre de Victor Hugo. Le film a été tourné entre le 1er avril et fin octobre 1957 pour une sortie français en 1958. Le film colle particulièrement bien au roman car ici on a pas hésité à utiliser le merveilleux texte d'Hugo à de nombreuses reprises. Ainsi, autant que de donner de la cohérence au récit, l'utilisation du texte nous permet de nous faire rentrer dans l'oeuvre comme rarement une version nous l'a permis. Ainsi on retrouve bien cette fois-ci tous les personnages ou en tous les cas, les principaux de l'oeuvre, mais aussi les différentes inter-actions entre chacun. La conséquence de ce respect à l'oeuvre originale est une augmentation de la durée du film à plus de 4 heures et donc à un découpage en deux époques et à finalement à une durée globale de 3 heures.

 

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Mais la durée, ne peut être un reproche car tout y est. On rentre dans l'âme des personnages d'Hugo mais aussi dans la vie de la France en 1815. On ressent la défaite de Napoléon dans son coeur comme si on y était. On a la poussière de Waterloo dans la bouche. Mais aussi on sent la desespérance de la jeunesse de l'époque qui rêvait de gloire et qui se retrouve clouée sur un lit de misère. A ce moment là on ne peut s'empêcher de penser à Musset et à ses "confessions d'un enfant du siècle" que je ne peux m'empêcher de citer : "Un sentiment de malaise inexprimable commença donc à fermenter dans tous les cœurs jeunes. Condamnés au repos par les souverains du monde, livrés aux cuistres de toute espèce, à l’oisiveté et à l’ennui, les jeunes gens voyaient se retirer d’eux les vagues écumantes contre lesquelles ils avaient préparé leur bras. Tous ces gladiateurs frottés d’huile se sentaient au fond de l’âme une misère insupportable. Les plus riches se firent libertins ; ceux d’une fortune médiocre prirent un état et se résignèrent soit à la robe, soit à l’épée ; les plus pauvres se jetèrent dans l’enthousiasme à froid, dans les grands mots, dans l’affreuse mer de l’action sans but."

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Ainsi, dans le film, on sent d'ailleurs poindre déjà un conflit de générations entre les adultes âgés et partisan de la restauration et les jeunes voyant déjà briller la légende d'orée de Napoléon. L'insurrection républicaine de juin 1832 est aussi amenée de la plus belle des manières et nous montre des révolutionnaires, mourant sur les barricades le drapeau tricolore à la main pour la liberté. Et oui c'était ça la France d'avant ! On l'a oublié aujourd'hui. On mourait les armes à la main à cette époque, pour la liberté de penser à des lendemains radieux. Le film montre d'ailleurs l'acharnement du combat de rue qui finit par un dernier massacre des survivants qui finissent fusillés. Comme si la liberté ne méritait pas de concession, de demi-mesure, ou même simplement de réddition.

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Ci-dessus : Serge Reggiani dans le rôle d'Enjolras et Jimmy Urbain en Gavroche.

Mais au delà du très bon scénario de Le Chanois et Barjavel, le casting est aussi très bon, on retrouve donc des monstres sacrés du cinéma français : Jean Gabin, Bourvil, Danièle Delorme, Bernard Blier ou donc Serge Reggiani. Bourvil surprend dans un rôle sérieux et dramatique, loin de ses rôles habituels de comique. Le film devait bénéficier de l'aide de studio Est Allemands de la DEFA ce qui lui donna une ampleur plus importante pour le tournage des scènes sur la bataille de Waterloo ou pour les scènes de l'insurrection républicaine. Je finirais en citant la belle musique de Georges Van Parys mais aussi le travail de décorateur de Serge Piménoff qui devait parfaitement reconstituer le quartier du Marais et du Faubourg Saint-Antoine.

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Ci-dessus : Bourvil et Jean Gabin

Le réalisateur Jean-Paul Le Chanois devait dire plus tard : "Je considère ce film sur la générosité humaine comme un achèvement de ma carrière". On peut sans peine le croire.  D'ailleurs le public de l'époque ne devait pas s'y tromper et faire un triomphe à ses "Misérables" avec plus de 9 millions d'entrées.

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Ci-dessus : Danièle Delorme

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Ci-dessus  : Béatrice Alta Riba (Cosette) et Gianni Esposito (Marius)

 

Note : 9 / 10

09/11/2012

Casque d'or - 1952

Je suis fier de vous présenter aujourd'hui "casque d'or" dans le cadre de sa récente sortie Bluray. Ce film a été tourné il y a 60 ans et reste encore aujourd'hui une pure merveille ! L'histoire qui raconte la vie d'un couple malheureux à la belle époque est particulièrement touchante. Mais cela n'est rien car il faut ajouter l'extraordinaire génie du réalisateur Jacques Becker. Dire qu'il a été bon sur "Casque d'or" serait lui faire insulte. Il n'a pas seulement été bon, il a été extraordinaire. Chaque plan nous fait entrer en plein dans la belle époque sans aucune espèce de doute. Donc grâce au génie de Becker on se ballade littéralement sur la Seine, on va aux guinguettes, on danse avec les acteurs. Mais pas seulement, car on a également tout l'argot de l'époque avec les "Ta gueule !", "Je l'emmerde" etc. Mais le génie de Becker c'est qu'en plus d'être foncièrement réaliste, il magnifie le noir et blanc et ainsi le film doit aussi beaucoup à la photographie de Robert Lefebvre.


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Il y a quelques semaines j'avais fait une note sur "Montparnasse 19" où je parlais déjà du génie de Becker. Mais là, on a avec "Casque d'or" non seulement un très grand film français, mais également un chef d'oeuvre cinématographique absolu. Les Avengers, les Batman et Spiderman peuvent bien déferler par vague sur les écrans français d'aujourd'hui, jamais ils ne pourront retirer une miette au génie féérique de Becker dans "Casque d'or". Car ce dernier a également magnifié chaque acteur et a fait de chacun un personnage à part entière. Ainsi, Simone Signoret et Serge Reggiani en têtes, savent faire passer leurs émotions comme personne. Et le moindre second rôle est aussi au niveau.

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Ci-dessus, la fameuse scène du bal :

Mon maître spirituel, Mr Patrick Brion disait avec la plus grande intelligence : "Quand j'entends dire que l'on va voir un « vieux film », cela m'agace ! Dit-on que l'on va voir de « vieux tableaux » quand on visite le Louvre ou Orsay ? Il est regrettable que le cinéma ne soit pas - ou si peu - enseigné à l'école, alors que les jeunes forment un public particulièrement réceptif et curieux. Le cinéma peut toucher tout le monde, si l'on se donne la peine de montrer aux gens les meilleurs films." Et cela est bien vrai Mr Brion, les films comme ce "Casque d'or", ont traversé les générations et les époques et continueront de les traverser, car la beauté pur et absolu d'un tel chef-d'oeuvre peut toucher chacun d'entre nous. Pour ma part, je suis particulièrement heureux de voir ce type de film ressortir en Bluray et qu'une nouvelle génération (la mienne) et les suivantes puissent les découvrir ou les redécouvrir et bénéficier de la meilleure image pour voir un film impérissable comme celui-ci. Car n'en doutez jamais si "Casque d'or" parle des gens qui vivaient en France en 1900, ils parlent aussi de vous, et de ce que nos aînés nous ont laissé en héritage. Ami qui lit cette note, je te l'assure, vois "Casque d'or", ce film est beau et triste comme un premier amour, magnifique et tragique comme la vie. Et c'est bien pour cela qu'il nous ressemble tellement.

 

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Ci-dessus : Serge Reggiani et Simone Signoret

 

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 Ci-dessus, un génie du cinéma, Mr Jacques Becker :

 

La bande-annonce :

 

NOTE : 9 / 10