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04/12/2013

L’extravagant Mr Deeds / Mr Deeds goes to town – 1936

Une nouvelle critique d'Olivier, qui cete fois-ci évoque, "l'extravagant Mr Deeds" avec Gary Cooper. La bande-annonce a rafraichi ma mémoire. A ce sujet, je devrais revoir ce film, car je ne me souviens que de bribes. Mais laissons la parole à Olivier !

Frank Capra a le don de réaliser des films qui font du bien. Les mots "the end" nous surprennent avec le sourire aux lèvres alors même que le propos du film peut être sérieux, voir grave. C’est le cas avec L’Extravagant Mr Deeds comme pour La vie est belle en 1946 déjà chroniqué sur ce blog par Stéphane. Mr Deeds, à la vie tranquille dans une petite ville, hérite d’une fortune d’un oncle qu’il ne connaissait pas. L’avocat new-yorkais du défunt n’aura cesse tout le long du film de faire signer à l’héritier les pleins pouvoirs pour la gestion de l’héritage. A cela s’ajoute l’intervention d’une journaliste qui piègera Mr Deeds pour mieux le ridiculiser et rendre ses articles plus sensationnels. Seulement le candide se révélera plus audacieux qu’aucun ne l’aurait cru. Ainsi posée, la situation initiale sert à la comédie et nous, spectateurs de 2013, avons vu de grandes quantités de films, sur ce ressort comique où l’idiot présumé finit par retourner la situation, pour nous prouver que « tel est pris qui croyait prendre ». Seulement ici, Franck Capra dépasse cette simple idée pour enrichir son film d’une réalité sociale où les décisions de quelques nantis font basculer les vies de nombreux gens. Il s’amuse au passage des journalistes, des écrivains condescendants et se moque de la justice quand elle fait appel à des experts.

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C’est tout le talent de Capra d’alterner sérieux et amusement et si le spectateur sourit, il attend surtout le dénouement qui vient avec un procès. Au centre il y a Gary Cooper qui porte le film avec son élégance naturelle qui lui permet d’éviter la caricature et de donner à son personnage une impression d’honnêteté et d’intelligence. On peut aussi remarquer le grand nombre de fois que Mr Deeds se fait habiller et déshabiller dans le film. Il y a les vêtements qu’on lui donne et ceux qu’il choisit comme il y a le regard que l’on porte sur lui et sa personnalité qui finira par s’affirmer.
Film optimiste, il a l’étonnante qualité de sonner juste encore aujourd’hui en traitant du chômage. Frank Capra recevra l’Oscar du meilleur réalisateur pour L’extravagant Mr Deeds en 1937. Il tournera deux autres films avec Jean Arthur et un autre avec Gary Cooper, L’homme de la rue en 1941.

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Bande-annonce en français :

La Note d'Olivier  : 7 / 10

11/09/2013

Hard to handle - 1933

"Hard to handle" est définitivement une comédie, même si le début du film, ne laisse rien présager de tel. Ainsi, le film commence avec un concours de danse dont le seul objectif est de donner le prix de 1000 $ au couple capable de rester le dernier debout à danser. Après cette introduction un peu confuse, qui devait rappeler des mauvais souvenirs au spectateur de la grande dépression, qui ne connaissait que trop bien ce genre de concours, le film prend de l'ampleur, et c'est assez impressionnant de voir Cagney devoir fuir une foule déchainée bien décidée à le lyncher. La mise en scène de Mervyn Leroy est donc, il faut bien le dire, assez impressionnante et la bande-annonce jointe à cet article en donne un petit extrait. Ensuite, le film ne sera que comédie et nous permet de découvrir James Cagney en publicitaire sans scrupules. Pour lui tout est bon, pour atteindre son objectif de réussite et de conquête de sa belle. Mais la route est longue et il commencera de très bas. C'est d'ailleurs assez étonnant de voir que la plupart des comédies et des mélodrames de cette période sont souvent des remèdes ou des conseils à l'initiative contre la crise économique.

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"Hard to handle" est donc un film assez revigorant surtout que Cagney n'est pas seul. En plus de son vieux compère Allen Jenkins qui jouait avec Cagney dans par exemple "le bataillon des sans-amours", on retrouve la belle Mary Brian ancienne vedette de la Paramount et qui joue donc ici dans un film de la Warner, car sans contrat avec un studio. Mary Brian n'était pas n'importe qui. En effet, elle a commencé dans le cinéma muet et devait tourner plus de 80 films, dont plus de 40 pour la seule Paramount. Elle avait commencé à tourner dans "Peter Pan"(1924). Son statut "freelance" ne devait pas être très enviable, car en général les vedettes de l'époque avaient un contrat d'exclusivité avec un studio, qui leur permettaient d'être payées, qu'elles jouent ou non. Etant obligée de tourner pour vivre, elle tourne donc 8 films pour la seule année 1933 ! On note aussi la présence de Claire Dodd. Enfin, j'ai découvert avec amusement le personnage de la belle mère joué par l'incroyable Ruth Donnelly, actrice avec un humour et des réparties à toute épreuve, et qui nous donne un personnage de belle mère détestable au possible.

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Ci-dessus : Ruth Donnelly, James Cagney, et Mary Brian

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Ci-dessus :  James Cagney, et Mary Brian

"Hard to handle" est donc un film sans énormément de prétention, mais rythmé et au final très sympathique, qui m'a fait passer une bonne soirée à rire et sourire devant les aventures d'un James Cagney aux abois, mais qui va déborder d'inventivité et d'énergie pour vendre des pamplemousses qu'il avait écrasés quelques années plus tôt à la figure Mae Clarke dans "Public Enemy" (1931). Pour le pamplemousse, et Cagney la boucle était enfin bouclée.

La bande-annonce :

Film disponible sur le site de la Warner en France, en DVD zone 2, sous-titré.

Note : 7 / 10