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16/01/2015

Disparition de Rod Taylor le 7 janvier 2015

Je dois bien vous avouer que les récents événements de l'actualité française ne m'ont pas donné envie d'écrire sur le cinéma. Je n'avais pas beaucoup la tête à cela. Pourtant, j'apprenais le 7 janvier, avec stupeur au milieu des tirs de kalashnikov et des prises d'otages, la mort de l'acteur Rod Taylor. Peut être, vous vous ne souvenez pas de Rod Taylor, cher lecteur. Mais moi je me souviens l'avoir découvert adolescent, lors du passage à la dernière séance, de "la machine à explorer le temps" (1960), le 2 janvier 1990. Puis plus tard, je me rappelle l'avoir vu, dans "les oiseaux" (1963) d'Alfred Hitchcok, puis dans "le dernier train du Katenga" (1968), et surtout dans le fabuleux film de John Cardiff, tellement rempli de l'esprit de John Ford, "le jeune Cassidy" (1965). Mais Rod Taylor, on se rappelle aussi pour ses comédies avec par exemple Doris Day, dans "la blonde défie le FBI" (1966). Enfin, les plus cinéphiles d'entre nous, avaient sans doute remarqué sa présence dans "Inglourious basterds" de Tarantino, en 2009. Avec Rod Taylor, c'est donc définitivement, un héros de mon enfance qui s'en est allé à 84 ans, avec la plus belle des morts, une crise cardiaque. 

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Ci-dessus : Rod Taylor, avec Yvette Mimieux

 

28/12/2012

Le dernier train du Katenga / Dark of the sun ou the mercenaries -1968

"Le dernier train du Katenga" est un film tourné par Jack Cardiff. On se rappelle que Jack Cardiff a été le directeur de la photographie de "l'odyssée de l'Africa Queen" de John Huston et a collaboré avec de très nombreux réalisateurs (Michael Powell, Alfred Hitchcock, Albert Lewin, Joseph Mankiewicz, King Vidor). Il avait déjà tourné avec Rod Taylor en 1964 le fabuleux, "Young Cassidy" avec l'aide de John Ford. Et oui, "le dernier train du Katenga" est encore un film avec Rod Taylor et Yvette Mimieux. Le film raconte l'aventure de mercenaires dans un Congo Belge soulevé par la révolte Simba, après la période de décolonisation. Le gouvernement en place décide d'envoyer un commando de mercenaires pour aller chercher 50 millions de diamants et tous les civils qu'ils trouveront, dans une localité isolée et menacée par des forces tribales en révolte.

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Le film est un peu l'ancêtre tous les futurs films de commandos en Afrique : "des oies sauvages" en passant par "les larmes du soleil" ou "Blood Diamond" pour la violence. En plus de Rod Taylor, et Yvette Mimieux, le casting comprend Jim Brown. Le fim comprend beaucoup d'actions est un étonnant duel à la tronçoneuse. La violence est exacerbée et presque continuellement présente. On sait que ce film était très apprécié par Tarantino et ce n'est pas étonnant. Par contre, il circule des rumeurs comme quoi le film aurait été coupé et expurgé de scènes trop violentes. Pour ma part, je n'en sais rien. On assiste quand même à des viols de religieuses et à une sodomie de quelques secondes d'un jeune lieutenant. Alors si il est vrai on a parfois l'impression en voyant ce film de lire un vieux numéro en BD d'Attack, on est néanmoins devant un honnête spectacle qui ne tombe jamais dans une caricature à la Chuck Norris.

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Enfin Cardiff ne tombe jamais dans le piège du racisme car le héros du film finit lui aussi par tomber dans une violence extrème et sauvage. La morale du film est peut être là. La violence sauvage est peut être une caractéristique de chaque être humain (blanc ou noir) soumis à la violence extrème. Il est très difficile alors de la surmonter. Je finirais en disant quelques mots de la très particulière musique de Jacques Loussier dont vous pourrez retrouver quelques extraits en bas de cette note.

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"Le dernier train du Katenga" est donc très intéressant car il diffuse une sacrée dose d'adrénaline mais aussi par l'intérêt que lui ont porté de nombreux réalisateurs, il mérite tout notre attention.

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Extraits de la musique :


 

Disponible sur le site de Warner France à 12,90 €

 

NOTE : 7 / 10

25/12/2012

La Machine à explorer le temps / Time Machine - 1960

Pour le jour de Noël, je vous parlerais d'un film qui a profondément marqué mon enfance et mon adolescence télévisuelle : "La machine à explorer le temps", inspiré du roman de H.G Wells. C'est avec ce film que j'ai découvert Rod Taylor qui était assez célèbre dans les années 60, on se rappelle surtout de lui pour son rôle dans le film d'Hitchcock, "les oiseaux", mais aussi dans son rôle de mercenaire dans "le dernier train du Katanga". Moi je l'ai beaucoup apprécié dans "le jeune Cassidy". Dans "Time Machine" on le retrouve dans un rôle de jeune inventeur anglais à la recherche d'une machine à remonter le temps en 1899. Le reste de la distribution comprend Yvette Mimieux, et Alan Young qui sera présent dans la nouvelle version de l'oeuvre datant de 2002.

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La réalisation de George Pal, fait merveille pour rendre l'intérieur de la maison anglaise de notre inventeur. Et je me rappelle encore le discours sur l'exploration de la 4ème dimension par notre héros, devant un auditoir de savants et d'amis très dubitatifs.

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La première partie étant tellement parfaite, la deuxième partie du film est peut être un peu plus faible, et on a un peu plus de mal à croire à ce monde de 802 701 après Jésus Christ. Mais c'est tellement fascinant de voir notre héros, demander à nos descendants : "Où sont les livres ?" Alors on lui montre une armoire et lorsque il prend un livre, le livre tombe en poussière dans ses mains. Si je me fais peu d'illusion sur ce que nous deviendrons toi et moi cher lecteur dans 800 000 ans, je me demande bien ce qu'il restera de notre civilisation et de ce que nous aimons. Le film répond, qu'il n'en restera rien. En effet, l'Humanité ce sera auto-détruite. Quand on voit les menaces qui pèsent sur notre monde, le film reste donc très actuel, même si il a été tourné en pleine guerre froide. Alors c'est vrai que la réalisation des catastrophes naturels ne dépasse jamais les limites d'une production de l'époque au budget limité, mais cela ne gène guère le message plein d'humanisme de l'oeuvre qui fait autant réfléchir que rêver. A tout cela il faut bien entendu parler de la fabuleuse et mystérieuse musique symphonique de Russell Garcia.

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Ci-dessus : Yvette Mimieux et Rod Taylor


Je ne saurais donc trop vous conseiller de voir "la machine à explorer le temps", qui vaut mieux que sa réputation de série B. Ce film est fait avec des rêves d'enfants et une vision terrifiante de l'avenir, ce qui en fait une incroyable alchimie cinématographique, tout à la fois vintage et fascinante.


Extrait de la musique :


 

Extraits :

 

NOTE : 7,5 / 10

14/10/2012

Le jeune Cassidy / Young Cassidy - 1965

"Le jeune Cassidy" fait parti de ces films politiques aux thèmes sociaux ouvertement abordés. Ils laissent de ce fait, une longue et durable impression. Le film s'inspire de la vie de l'écrivain irlandais Johnny Cassidy. Sa vie en 1911, dans un Dublin rongé par la misère et subissant l'occupation britannique, est décrite dans les moindres détails. Sans argent il sera contraint de faire le terrassier pour gagner sa vie et subvenir aux besoins de sa mère et de ses frères et soeurs. Mais rapidement il comprendra que c'est par la culture qu'il pourra évoluter et il se mettra à écrire sur ce qu'il voit de l'Irlande. On retrouve John Ford à la réalisation et Jack Cardiff. Ford étant tombé malade, celui n'a pu réaliser que 20 minutes et a donc été remplacé par Cardiff. Le rôle principal de John Cassidy est tenu par l'admirable Rod Taylor. Quelle pitié que tout le monde ait oublié aujourd'hui un acteur d'un tel talent ! Rod Taylor est ici inoubliable. Julie Christie joue un second rôle mais apparaît dans une scène mémorable de sensualité.

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L'injustice sociale apparaît dès le début du film avec l'homme riche qui passe en calèche et qui le regarde de haut et d'un air méprisant. Mais la haine n'est jamais présente. La lutte sociale n'est évoquée que positivement, avec humour, ou dans le cadre de la révolution irlandaise. On retrouve dans le rôle de la mère de l'écrivain la très grande actrice Flora Robson, qu'on a pu voir dans de nombreux films hollywoodiens comme par exemple dans "l'aigle des mers" avec Errol Flynn. Elle est bien évidemment dans ce film en fin de carrière.

Ci-dessous Flora Robson et Rod Taylor :

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Je trouve ce long métrage vraiment formidable car il parle de la misère, de la nécessité pour l'Homme de subvenir à ses besoins, mais qu'au dessus de cela il y a la recherche de la beauté, et le besoin de se cultiver, et l'idée que se nourrir n'est finalement pas suffisant même pour des miséreux ! Ford et Cardiff montrent qu'il peut y avoir également une dignité, une intelligence, et une volonté de s'en sortir chez les pauvres. Les rapports entre eux sont simples et sans arrières pensées et fondés sur la conscience que l'autre pourrait être soi même. Ainsi même la sexualité évoquée ici presque explicitement n'est montrée que de manière positive avec humour et est ici synonyme de bonheur. Et étrangement c'est parce qu'il trompera sans en avoir conscience la confiance des siens par son travail d'écrivain, qu'il pourra évoluer et changer de classe sociale.

ci-dessous Rod Taylor et Maggie Smith :

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Bref, on se prend à aimer ce John Cassidy, généreux, bon, anti-arriviste, gros travailleur manuel, écrivain infatiguable, voleur, et ivrogne à ses heures. En effet, il y a en lui, un peu de tout ce qu'il y a de bon et de misérable en l'Homme. Et ce sont bien ses espoirs, sa tristesse, ses bonheurs et ses malheurs qui le rendent si proche de chacun d'entre nous et tellement attachant. Enfin le film évoque à travers le théâtre, ce qu'il est important de dire et ce que le cinéma a finalement aujourd'hui abandonné depuis longtemps, en un mot : l'art.

 

Ci-dessous Rod Taylor et Julie Christie

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Ce film est malheureusement indisponible en DVD ou bluray en France et seulement visible sur TCM  ou sinon via la collection Warner Archives aux USA donc sans VF ni sous titres. La qualité d'image est moyenne et mériterait bien une restauration.

 

Note : 8,5 / 10