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06/06/2014

Le Traître du Texas / Horizons West - 1952

"Le traître du Texas" est un film de Budd Boetticher. Ce dernier est surtout connu en France grâce à Patrick Brion et à Bertrand Tavernier. Et il est vrai que Budd Boetticher a fait quelques westerns avec Randolph Scott qui méritent parfois de s'y attarder. Malheureusement, ce n'est absolument pas le cas pour ce "Traître du Texas" qui multiplie les poncifs. Ainsi, cette histoire de commandant sudiste ruiné, et qui veut faire fortune après la guerre de sécession, semble avoir été vu et et revu. Pourtant le casting était intéressant, avec en tête Robert Ryan et Rock Hudson, et la belle Julie Adams.  Malheureusement, le scénario a été abandonné à lui même. Et si Robert Ryan joue un anti-héros parfait, il n'a aucun contre poids en face de lui. Et tous les autres acteurs, semblent n'être que des figurants ou au mieux des faire-valoir, sans aucune caractérisation psychologique de leur personnage. Seul peut être John McIntire (dans le rôle du père), et Raymond Burr apportent quelque consistance à un ensemble très faible. 

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En plus, de nous proposer des personnages qui ne servent quasiment à rien dans l'avancée de l'histoire, on a droit aussi à un scénario convenu, et à une réalisation sans aucun génie. Les extérieurs semblent avoir été vus et revus cent fois, dans des dizaines d'autres westerns. Il y a une scène pas trop mal filmée, lorsque Ryan est prisonnier dans une cave. On peut également retenir le travail sur le Technicolor et les merveilleuses toilettes de Julie Adams. Mais cela fait au final vraiment bien peu. Et j'avoue m'être ennuyé ferme devant un werstern de 77 minutes, dont on connaît la fin à la 45ème minute. Le "traître du Texas" est totalement dispensable, et pas loin d'être une purge. On y trouve des excellents commentaires sur pas mal de sites. C'est à se demander si ces critiques ont vu le même film que moi. Heureusement je n'avais payé ce film que 6,90 € ! Plus généralement, au vu de l'hétérogénéité qualitative, de ce corpus de westerns de l'Universal, on peut bien se demander pourquoi l'éditeur "Sidonis & Calysta" s'acharne à sortir ses films entre 14,90 et 16,99 €, prix totalement en décalage avec un marché Bluray qui sort des nouveautés classiques dans des promotions à 10 €.

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Ci-dessus : Julie Adams et Robert Ryan

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Ci-dessus : Julie Adams et ses toilettes féminines (presque seul intérêt du film)

 Film disponible chez Sidonis & Calystta en DVD zone 2 (VF et VO sous-titrée)

Note : 3,5 / 10

25/03/2014

La piste fatale / Inferno - 1953

"La piste fatale" est un thriller de Roy Ward Baker. Le premier travail de Roy Ward Baker dans les films était comme garçon de plateau, à la Gainsborough Studios à Londres, en Angleterre, mais dans les trois ans, il a travaillé comme assistant réalisateur. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a travaillé dans l'Unité Kinematograph armée sous Eric Ambler, un écrivain et producteur de films, qui, après la guerre, a donné à Baker sa première occasion de réaliser un film, "l'homme d'octobre" (1947). Baker  s'est ensuite rendu à Hollywood en 1952 et est resté pendant sept ans, de retour en Grande-Bretagne en 1958, il a dirigé un de ses meilleurs films, "Atlantique, latitude 41 °" (1958) qui raconte le drame du Titanic. Pendant les années 1960 et 1970, Baker a dirigé un certain nombre de films d'horreur Hammer et Amicus. Il a également dirigé à la télévision britannique, notamment au cours de la dernière partie de sa carrière. Le casting est composé de la belle Rhonda Fleming (ici la femme d'un richissime homme d'affaires), de Robert Ryan qui joue donc l'homme d'affaires, abandonné par sa femme, William Lundigan joue l'amant de Rhonda Fleming. Dans les seconds rôles, on peut citer Henry Hull que l'on a vu dans "le brigand bien-aimé" (1939) et dans "le retour de Frank James" (1940). Rhonda Fleming on l'a vu dans de très nombreux films des années 50 parmi lesquels on peut citer : "Règlement de compte à ok Corral" (1957), ou encore "la cinquième victime" (1956) de Fritz Lang

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Le film est plutôt bon, même si Baker n'est pas Hitchcock ou Hathaway. De plus, le scénario de Francis M. Cockrell semble un peu bancal. On ne sait pas bien comment Robert Ryan s'est retrouvé seul en pleine montagne. On ne sait rien de la rencontre entre Rhonda Flemming et son amant, rien des circonstances exactes ou de ce qui a précédé la décision. Finalement toute l'extrème et fine intellectualité d'un scénario écrit par Hitchock et sa femme n'apparaît pas ici. Tout est donc concentré sur l'action, ce qui donne au film un caractère très moderne nous faisant penser à des films beaucoup plus récents comme "127 heures" avec James Franco de Danny Boyle. On passe donc un bon moment devant un film classique au scénario très moderne, qui s'attarde malheureusement quand même assez peu sur la psychologie des personnages, au profit de l'action et surtout de la survie en plein désert. A noter enfin une qualité d'image pas extraordinaire, mais tout à fait correct pour un film de cette époque sur l'édition "Hollywood Legends".

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Ci-dessus : Robert Ryan

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Ci-dessus : Robert Ryan

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Ci-dessus : Rhonda Fleming

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Ci-dessus : Rhonda Fleming et William Lundigan

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La bande-annonce :

 Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée uniquement dans une promotion à 20 € les 3 films à la Fnac pour les adhérents !

 

Note : 7 / 10

28/12/2013

La femme sur la plage / The Woman on the Beach - 1947

"Pour la Femme sur la Plage, il y avait un roman, publié et vaguement lu, et c’est ce qui a décidé la RKO à me confier la réalisation d’une pauvre intrigue. J’ai accepté, je ne sais pas pourquoi, sans doute pour payer mes taxes, et ça a ajouté quelques kilomètres de plus à la ponte annuelle de notre bonne ville (…) Je viens de passer quatre mois d’abrutissement absolu à monter et à redémonter mon dernier film." C'est en ces termes peu élogieux pour son propre travail que Renoir parlait de "la femme sur la plage". Aujourd'hui 66 ans après sa création doit on être aussi dur que Renoir sur son film ? Qu'en est il vraiment ? Les critiques ont elles eu raison de renier ce dernier film de Renoir ? Hollywood classic a vu aussi ce film et vous donnera son opinion. Le film tourne autour du trio, Joan Bennett, Robert Ryan et Charles Bickford. Charles Bickford c'est évidemment le propriétaire violent de "duel au soleil" avec Gregory Peck.

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Tout d'abord, je pense qu'il faut prendre le film tel qu'il est sans le comparer à d'autres films de la période américaine de Renoir : "L’étang tragique", "Vivre Libre", "L’homme du sud", "Le journal d’une femme de chambre". Ceci étant dit, ces films n'étaient pas exempts de défauts. Ainsi, "Vivre Libre" censé se passer en France occupée, laissait apparaître des enseignes de magasins en anglais. Ce n'était pour le moins, pas très crédible. Pour "la femme sur la plage" le premier vrai défaut est qu'on ne sait pas bien si c'est un film noir ou un mélodrame. Le film ne semble pas vouloir choisir et jusqu'à la fin, on ne se demande si c'est un mélodrame que l'on regarde ou un film noir. Enfin le scénario n'est pas très clair. En effet, un garde de côté (Robert Ryan) traumatisé par un naufrage, se prend d'affection pour une jeune femme marié (Joan Bennett) à un aveugle violent et possessif (Charles Bickford). Ce que l'on peut reprocher au film, c'est évidemment d'être finalement assez superfitiel dans sa caractérisation des personnages. On sent bien que Renoir n'a pas osé ou a été gêné en voulant mettre à l'écran une forme de relation sadomasochiste, où le mari a perdu un oeil de la faute de sa femme, et où suite à cela, la femme est devenue l'esclave ménagère de l'homme, et on suppose sexuel également.

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Ci-dessus : Joan Bennett, Charles Bickford et Robert Ryan

Voilà ce qu'en disait François Truffaut : Ce que j'aime dans "la femme sur la plage", c'est qu'on y regarde deux films en même temps. Dans le dialogue, on ne parle jamais d'amour, les personnages échangent des propos courtois, polis. L'essentiel n'est donc pas dans le dialogue qu'ils prononcent mais dans les regards qu'ils échangent, et qui expriment des choses troubles, secrètes et pourtant très précises. Le cinéma n'est jamais autant lui-même que lorsqu'il parvient, en utilisant le dialogue comme une musique de contrepoint, à nous faire entrer dans les pensées des personnages. C'est sous cet angle que je vous invite à regarder les trois prodigieux acteurs de "la femme sur la plage", Joan Bennett, Robert Ryan, Charles Bickford, regardez-les comme des animaux, comme des bêtes farouches qui déambulent dans la jungle crépusculaire de la sexualité refoulée." Ainsi, même si Truffaut se plaignait de la non caractérisation des dialogues. Certains dialogues ne prêtent pas à confusion et laisse comprendre une servilité totale de la femme pour son mari aveugle. Hanns Eisler, compositeur aujourd'hui oublié, nous gratifie ici d'une intéressante musique, qui mérite notre attention.

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Ci-dessus : Joan Bennett et Robert Ryan

"La femme sur la plage" n'est donc pas du tout un mauvais film. C'est même un film plutôt surprenant, qui évoque à mots couverts, des thèmes que l'on osait pas évoquer en 1947. L'adultère n'est plus ici, un crime, mais une libération. L'héroïne semble aimer et détester tout à la fois son mari, dans un jeu pervers assez malsain, dont la valeur de ses peintures reste un des noeuds de l'attachement qu'elle a encore pour son mari. Il y a une grande modernité dans tout ça, qui semble avoir désarçonné son auteur lui même, ainsi que le public de l'époque. "La femme sur la plage" n'en reste pas moins un très bon film, qui mérite d'être tiré de l'oubli. On regrettera seulement un scénario, qui finalement ne va pas au fond des choses, et qui reste assez superficiel.

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Ci-dessus : Joan Bennett

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Ci-dessus : Nan Leslie

Disponible aux éditions Montparnasse (DVD zone 2 VO sous-titrée)

Note : 6,5 / 10

22/09/2013

La femme aux maléfices / Born to be bad - 1950

"La femme aux maléfices" est aussi connu en France, sous le titre de "la séductrice". Le film a été réalisé par Nicholas Ray, et a été produit par Howard Hughes (le célèbre milliardaire), qui venait de racheter la RKO en 1948. Hughes voulait absolument faire tourner cette adaptation littéraire du roman d'Ann Parish au titre évocateur : All Kneeling ("Tous à genoux"). C'est Hughes qui va imposer Joan Fontaine, à la place de Barbara Bel Geddes. Lorsqu'on voit le résultat à l'écran, on peut dire que le choix a été judicieux, même si on ne peut pas préjuger du résultat d'une version avec Barbara Bel Geddes. Mais Hughes sera peu satisfait du travail de Nicholas Ray sur le film et décidera de s'investir lui même, modifiant le montage et insérant des dialogues. Ainsi, le personnage du milliardaire, pilote d'avion, lui fait directement référence et finalement Zachary Scott, joue Howard Hughes. C'est d'ailleurs assez troublant.

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Cette main-mise de Hughes sur le film, laissera un goût amer à Nicholas Ray, qui dira plus tard, en interview, qu'il n'a aucun plaisir à évoquer ce film. Mais est ce la seule raison ? Peut être doit on chercher également du côté de la vie privée de Ray, qui avait épousé Gloria Grahame la même année, pour un mariage malheureux. Ce film lui rappelait peut être une période difficile de sa vie ? Quoiqu'il en soit "la femme aux maléfices" bénéficie de nombreuses qualités, avec un casting alléchant composé donc de Joan Fontaine, Robert Ryan, Zachary Scott, Joan Leslie, et Mel Ferrer. Mais surtout, le film est illuminé par le jeu de Joan Fontaine qui sait jouer la femme vénale, calculatrice et même perverse avec passion. Ray nous décrit donc un univers où l'égoïsme et le chacun pour soi est roi. Et le personnage de Christabel incarné par Joan Fontaine, manipule chaque interprète, jusqu'au dénouement final. Le film est très troublant et aurait très bien pu être un film pré-code. En effet, il évoque autant les relations hors mariages, que l'adultère, mais aussi la sexualité féminine. Et on a toujours l'impression que Joan Fontaine, a une petite jouissance à chaque tour qu'elle joue à son entourage. C'est assez étrange comme impression.

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Ci-dessus : Joan Fontaine

Sur la photo ci-dessus, vous pouvez voir le travail sur les ombres, du directeur de la photographie, qui est encore ici Nicholas Musuraca, un des meilleus directeur de la photographie de la RKO. Musuruca, comme à son habitude, donne une vie aux ombres, pour par exemple ici, nous faire comprendre que Christabel, a deux personnalités, ou deux visages, l'un angélique, l'autre diabolique. Musraca, cache aussi parfois les visages, comme pour montrer que les protagonistes, avancent masqués. Mais, il faut dire aussi un mot sur la très belle musique de Friedrich Hollaender, qui accompagne parfaitement l'image.

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Ci-dessus : Joan Fontaine

Alors que peut on reprocher à "la femme aux maléfices" ? Pas grand chose finalement. Le film s'approche des meilleurs comédies dramatiques, réalisées par d'autres studios. Malheureusment le "Happy End" affaiblit considérablement le film et évite une chute plus atroce du personnage féminin. Donc on a un peu l'impression de s'arrêter en chemin. Mai peut être était ce la volonté des scénaristes et de Hughes, de ne pas condamner totalement certaines femmes, d'ailleurs, on montre bien à la fin que "son prix" augmente, à travers une vente de tableau. "La femme aux maléfices" reste donc une oeuvre intéressante qui manque de peu le statut de chef-d'oeuvre, mais qui de part ses qualités, vous donnera toujours l'impression de voir du cinéma et non pas de la mauvaise télévision, comme il a été dit, très justement par une critique.

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Ci-dessus : Robert Ryan et Joan Fontaine

Film disponible en DVD zone 2, aux éditions Montparnasse, VO sous-titré.

 

La bande-annonce :

 

Note : 7,5 / 10

25/06/2013

Le démon s’éveille la nuit / Clash by Night - 1952

Concernant "le démon s'éveille la nuit", je dénoncerai tout d'abord l'affreuse copie qui nous est proposé par l'éditeur Zylo. Cette version n'est pas loin d'être calamiteuse. En effet, le premier tiers du film est particulièrement griffé, rayé, et presque trouble. Les deux autres tiers seront un peu meilleur, mais finalement la première partie laissera une mauvaise impression d'ensemble générale. Enfin plus grave, le film est proposé uniquement en version française. Alors, c'est vrai qu'on ne peut être que déçu devant cette pauvre édition. Concernant le film en lui même, il faut rapprocher "le démon s'éveille la nuit" d'un autre film de Lang, tourné cette fois-ci deux ans plus tard : "Désirs Humains". L'un et l'autre nous parle du même sujet : L'adultère.

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Comme "désirs humains", "le démon s'éveille la nuit" est inspiré d'une oeuvre littéraire. Ici il s'agit d'une pièce de Clifford Odets. Il en modifie le contenu supprimant l'aspect social de l'oeuvre et changeant la fin. Concernant la scène d'introduction qui présente un village de pêcheur, le producteur pose cette question à Lang : "En tant qu’Européen, pensez-vous pouvoir filmer un village de pêcheurs ? ". Lang lui répondra que l’on peut apprendre beaucoup de choses, sauf à être cinéaste... On l’est ou on ne l’est pas. Le film présente un beau casting avec Barbara Stanwyck, Robert Ryan, Marilyn Monroe (dans un des ses premiers rôles) et Paul Douglas. Le ciel et les nuages sont présents dans le titre, ensuite il y a des plans sur les vagues se fracassant sur les récifs. Tout cela nous rappelle le début de "Mortal Storm" (1944), et Lang arrive à nous donner le sentiment que les désirs et passions humaines sont presque plus forts que la nature elle même.

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck et Robert Ryan

Chaque personnage représente une qualité ou un défaut. Barbara Stanwyck représente ici la femme insatisfaite à la recherche du grand frisson et ne supportant pas la monotonie de sa vie. Robert Ryan est la brute épaisse, et Paul Douglas est l'homme normal dans tout l'ennui de sa normalité. Et si le film touche c'est bien dans cette histoire d'un couple qui se déchire. Lang utilise très intelligement une nuisette et un parfum pour faire comprendre aux spectateurs qu'il y a eu une relation sexuelle entre les deux amants. L'intelligence du réalisateur est prodigieuse. Et on ne peut qu'applaudir des deux mains, ce cinéma qui suggère plus qu'il ne montre et qui n'évite par pour autant l'émotion.

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Ci-dessus : Keith Andes et Marilyn Monroe

Note : 7 / 10 (si il en existe une version restaurée)

17/05/2013

Le coup de l'escalier / Odds against tomorrow - 1959

"le coup de l'escalier" ou dans son titre américian "Odds against tomorrow" est un film de Robert Wise de 1959. Robert Wise est un réalisateur qui s'est essayé dans presque tous les genres (films catastrophe, histoires d'amour, drames, westerns, films policiers, comédies musicales, films fantastiques et films de science-fiction). Et "le coup de l'escalier" est autant un film au goût crépusculaire, que le dernier film noir de Robert Wise. Le film est une production indépendante de Robert Wise et Harry Belafonte.

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Robert Wise bénéficie d'un scénario en or, qui va réunir dans une espèce de rencontres assez improbables : Robert Ryan, Henry Belafonte et Ed Begley. Ed Begley joue un ancien policier Dave Burke viré de la police de façon injuste. Il décide de réaliser un hold-up qu'il considère comme très facile. Mais pour cela il a besoin de Earle Slater (joué par Robert Ryan), un ancien vétéran de la seconde guerre mondiale, brute épaisse, raciste et amère. Mais il veut aussi acquérir les services d'un jeune père de famille noir obsédé par le jeu, Johnny Ingram (joué par Harry Belafonte). Le film noir est assez classique, même si on comprend que plus tard que c'est bien Johnny Ingram qui est l'homme plongée dans les problèmes et que c'est lui qui devra trouver une solution. Le scénario est intéressant et moderne car il y a finalement 3 histoires en une seule. Et on suit la vie de ces 3 hommes, avant le hold-up et on essaye de comprendre ce qui va les amener à faire le coup. Les seconds rôle féminins sont intéressants, ainsi on retrouve Shelley Winters et la troublante Gloria Grahame.

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Ci-dessus : Robert Ryan et Ed Begley

Robert Wise est donc à la réalisation et nous sert un film manifiquement filmé avec un montage très différent de ce que l'on voit habituellement dans un film des années 50. On peut appeler ça "la transition, coup de poing". En effet, il n'y a pas le traditionnel fondu enchaîné que l'on voit dans la plupart des films des années 50. Le film passe ainsi d'une scène à une autre, ce qui amène une grande modernité à l'ensemble tout en donnant au film une certaine vigueur, encore visible aujourd'hui. Enfin, Wise a l'intelligence de filmer toute la partie de l'attente, le jour de l'hold-up. Cette partie est en général coupée dans la plupart des films policiers actuels. Mais là, Wise prend le temps de la filmer, nous montrant le jour qui se couche, symbole d'un dernier jour peut être et du passage vers une nouvelle vie pour nos protagonistes. Rétrospectivement on peut se demander si Wise avait à cette époque le sentiment que ce film allait être, son dernier film noir et que comme les flaques d'eau qu'ils filment au début et à la fin, tout cela allait finalement disparaître, symbole d'un temps qui passe. J'ai pensé aussi à "un tramway nommé désir" en voyant ces bords de trottoir et ces flaques d'eau. Quoiqu'il en soit, "le coup de l'escalier", dont le dénouement rappelle celui d'un célèbre film de James Cagney, est un très beau film noir, que l'on aurait tort d'ignorer. Ce film était d'ailleur le préféré de Jean-Pierre qui l'avait vu 120 fois. A noter que Wise devait tourner un autre film deux ans plus tard, où la lutte entre les communautés était encore plus évidente : West Side Story.

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Ci-dessus : Robert Ryan et Shelley Winters

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Ci-dessus : Robert Ryan et Gloria Grahame

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Ci-dessus : Gloria Grahame

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Ci-dessus : Harry Belafonte

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Disponible en DVD Zone 2

Note : 8 / 10

19/12/2012

Le Roi des Rois / King of Kings - 1961

A quelques jours de Noël, quoi de plus normal que de parler, du "Roi des Rois", péplum de 1961, remake d'un film de Cecil B. Demile de 1927. Cette version tournée par Nicholas Ray a été beaucoup critiqué. Certains ont dit que ce n'était pas une oeuvre majeure dans la filmographie de Ray ou que le film était trop impersonnel. Pour ma part, je ne retiendrais aucune de ces critiques. Je trouve le film grandiose du début à la fin. Et il s'inscrit bien dans les films grands spectacles des années 60.

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Et même si j'exclue ma culture chrétienne de cette critique, je dois avouer que le film est assez fascinant à regarder, car il bénéficie d'une extraordinaire restauration Bluray qui donne l'impression d'avoir littéralement le Christ dans son Homecinéma. On a à l'écran un peu de la beauté de l'histoire originelle et donc de l'esprit des Evangiles, mais surtout on retrouve la beauté du spectacle tel qu'il devait être en 1961. On retrouve Jeffrey Hunter dans le rôle titre. Jeffrey Hunter on l'a vu dans le rôle du jeune métisse dans "la prisonnière du désert" avec John Wayne ou dans "le brigand bien-aimé" et il avait déjà le rôle de Jésus dans "Ben-Hur", mais on ne voyait jamais son visage. Ici il porte littéralement le film et semble habité.

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Ci-dessus Brigid Bazlen :

Mais chacun joue parfaitement son rôle, et si je devais citer quelques noms de l'immense distribution présente sur ce film, j'évoquerai Brigid Bazlen, assez troublante par sa perversion drapée du voile de l'innocence.  Et c'est peut être le très américain Robert Ryan qui paraît le moins crédible en Saint Jean le Baptiste. Mais au delà de l'histoire sainte racontée parfaitement, c'est bien les thèmes et la réalisation qui font ressortir le film d'une production courante ou de second ordre. Ainsi, les scénaristes ont fait opposer 2 prophètes : Jésus le prophète de l'amour et de la paix et Barabas le chef des rebelles juifs luttant pour l'indépendance de la Judée. Le film se décompose donc entre scènes de la vie du Christ, miracles et guerre contre les Romains. Le plus beau, c'est que le rêve de Judas de voir le prophète de la paix et le prophète de la guerre se réunir pour vaincre les Romains est un des moments clés du film. Le film inscrit donc le message biblique dans l'actualité d'un monde humain en proie à la haine, au doute, à la vengeance. Le spectateur s'interroge alors et peut se demander si les passions humaines ont réellement changées depuis 2000 ans ? De plus la réalisation de Ray fait merveille surtout dans les scènes de combats (en particulier dans le fort de Jérusalem). A cela, il faut ajouter la formidable musique de Miklos Rózsa, compositeur qui a tant fait pour la musique des films d'aventures hollywoodiens que ce soit dans "Ivanhoé", "les chevaliers de la table ronde" ou "le Cid"

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Ci-dessus Jeffrey Hunter dans le "Roi des Rois"

On révise donc avec ce film, l'histoire biblique par des chemins détournés mais avec un plaisir non dissimulé et si on est croyant à coup sûr on pleure. Le film se termine d'ailleurs sur un message de paix et de tolérance. Et personne ne peut nier que notre monde en a aujourd'hui encore bien besoin et ce quelque soit notre culture ou notre croyance. Il faut bien ajouter que le Bluray et le Homecinéma amènent quasiment physiquement le Christ dans votre salon. Que peut on rêver de mieux pour Noel ? Loué soit Warner pour avoir restauré ce film avec une telle qualité d'image.

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Pour toutes ces raisons, et enfin car ce film est une explication positive d'une partie de l'Humanité, il mérite d'être vu par tous.

 

Extraits de la très belle musique de Miklós Rózsa :

 

 

 

La bande-annonce :

 

NOTE : 8,5 / 10