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21/06/2015

Quasimodo / The Hunchback of Notre Dame - 1939

Des milliers de films que l'on peut voir dans une vie d'homme, seuls quelques uns restent présents dans notre mémoire, comme des oeuvres mythiques et inoubliables. Incontestablement, "Quasimodo" de William Dieterle est de ceux là. Le film est évidement tiré du roman de Victor Hugo, "le bossu de Notre Dame". C'est un remake d'une version de 1923, tourné avec Lon Chainey dans le rôle titre. Cette nouvelle version, nous raconte donc une 'histoire qui se situe à la fin du Moyen-Age. Dans cette histoire, on retrouve les personnages du roman de Hugo : Quasimodo, le sonneur bossu des cloches de Notre Dame, Esméralda la belle bohémienne, aimée de tous, mais trop aimé par un homme trop frustré et dévot (Frollo), qui perd son âme à vouloir la posséder. La RKO a fait un énorme dans cette production énorme qui a coûté en 1939, 1,8 millions de dollars de l'époque. Et comme vous le savez, à cette époque, il n'y avait pas d'effets spéciaux. La recréation du bossu par les maquilleurs est donc magnifique. Et on imagine sans peine, la corvée quotidienne pour Charles Laughton et le maquilleur. Ainsi, on se rend compte que tout est parfait, et on a l'impression de voir réellement un monstre bossu. Mais ce qui est le plus bluffant, ce sont sans nulle doute, les décors somptueux, et la recréation du Paris du Moyen-Age, sur les 15 hectares du ranch de la RKO, dans  la San Fernando Valley par le célèbre décorateur Van Nest Polglase. Ainsi, on retrouve Paris de cette époque, avec ses rues sombres et au milieu Notre-Dame. Comment ont ils pu recréer cette ville sans aucun effet numérique ? Cela reste pour moi un mystère. Mais le résultat à l'écran est, en tous les cas, inoubliable. La distribution est quant à elle de très haut niveau avec dans un de ses premiers films, Maureen O'Hara qui crève littéralement l'écran du haut de sa beauté et de ses 19 ans. On doit citer évidemment Charles Laughton inoubliable bossu, mais aussi Edmond O'Brien plutôt pas mal ici, mais aussi Thomas Mitchell et Harry Davenport. Ces deux derniers se sont retrouvés la même année pour "Autant en Emporte le Vent".

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Mais "Quasimodo" n'est pas seulement marquant par ses décors, ses 3500 figurants, ses costumes ou son casting de rêve. Il est aussi marquant par une incroyable photographie et une musique bénie des Dieux d'Alfred Newman. Le film laisse donc un souvenir impérissable. Et on peut être sûr qu'il aurait raflé une pluie d'Oscars, si un des plus grands films de l'histoire du cinéma n'était pas sorti cette même année 1939 : "Autant en Emporte le vent". Je vous invite donc très fortement à vous procurer la superbe édition que la Warner a sorti en Bluray en Coffret ou en version individuel. En effet, la restauration de l'image et du son, au profit de cette édition est réellement somptueuse. Et on redécouvre le film quasiment comme si il avait été tourné hier. Vous bénéficierez enfin de quelques bonus sous-titrés en français. Vous pourrez ainsi profiter d'un des plus beaux films de l'histoire du cinéma et vous mettre vous aussi à crier : "Sanctuary !" "Sanctuary !"

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Ci-dessus : Maureen O'Hara (Copie écran DVD)

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Ci-dessus : Maureen O'Hara (copie d'écran issue du Bluray Warner)

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Ci-dessus : Maureen O'Hara (copie d'écran issue du Bluray Warner)

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Ci-dessus : Maureen O'Hara

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Ci-dessus : Maureen O'Hara

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Ci-dessus : Frollo (copie d'écran issue du Bluray Warner)

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Ci-dessus: Thomas Mitchell (Copie d'écran issue du Bluray Warner)

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Ci-dessus : Charles Laughton & Maureen O'Hara

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Ci-dessus : Charles Laughton & Maureen O'Hara

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Ci-dessus : Maureen O'Hara

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Ci-dessus : "Que ne suis je de pierre moi aussi !"

 

Extrait de la musique d'Alfred Newman :

 

Montage vidéo :

Disponible en DVD & surtout dans une superbe édition Bluray zone Free, en VO sous-titrée français, totalement restaurée qui fait honneur à l'oeuvre originale. Disponible sur Amazon Espagne pour moins de 10 € (autant dire que c'est cadeau).

Note : 9,5 / 10

21/12/2014

Quatre étranges cavaliers / Silver Lode - 1954

"Quatre étranges cavaliers" est loin d'être un western de série B, que l'on pourrait voir d'un oeil distrait. En effet, même si on suppose que les moyens financiers ont été très limités, et que le tournage a duré une quinzaine de jours, et que le film était terminé en trois semaines, il n'en reste pas moins que l'ensemble bénéficie de grandes qualités. On peut tout d'abord parler du scénario très intelligent. En effet, dans "quatre étranges cavaliers", un homme (John Payne) qui allait se marier, est arrêté par un Marshall (Dan Duryea), dont l'honnêteté semble laisser à désirer. De cette histoire de la scénariste Karen DeWolf au démarrage simple, Allan Dwan nous laisse voir un film qui dénonce une communauté qui se retourne contre un homme seul, mais aussi une dénonciation du Maccarthysme présent entre 1953 et 1954, à travers l'arrivée du fameux sénateur Maccarthy à la sous-commission d'enquête permanente du Sénat américain. Les plus observateurs, remarqueront d'ailleurs que dans ce western, le nom du marshall joué par Dan Duryea est McCarthy, et que le sénateur éponyme avait attaqué le général Marshall dans un discours en 1952, ce dernier étant partisan d'une guerre limitée en Corée. Vous l'avez compris, "quatre étranges cavaliers" tient tout autant du western, que d'une critique sociale et politique de l'Amérique du début des années cinquante.

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On peut rapprocher le film, de "Furie" (1936) de Fritz Lang, où un homme emprisonné subissait l'attaque d'une population prête à le lyncher, mais aussi du "train sifflera trois fois" (1952), de Fred Zinnemann. On peut noter dans les "Quatre étranges cavaliers", la prestation exceptionnelle de Dan Duryea. La fiancée du héros, se fait presque voler la vedette par l'entraineuse du saloon, Dolores Moran, qui a les meilleurs répliques. Cela peut s'expliquer par le fait, qu'elle est l'épouse à ce moment là du producteur du film, Benedict Bogeaus. Au crédit du film, il faut aussi dire un mot de la belle photographie de John Alton qui a travaillé sur tous les films d'Allan Dwan, et quelques clins d'oeil, sur le 4 juillet, fête nationale des USA, ou sur la "liberty bell" (cloche de la liberté), qui sont l'un et l'autre des appels à ne pas condamner sans preuves. Dans une époque, comme la nôtre, où l'on a tendance à condamner via média interposé, et où les communautés tendent à s'affronter, "quatre étranges cavaliers" est un film indispensable, un beau western, mais aussi un grand film.

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Disponible chez Sidonis & Calysta dans un coffret western, spécial Allan Dwan, VF et VO sous-titrée

 Note : 7,5 / 10

22/01/2014

L'invraisemblable Vérité / Beyond a reasonable doubt - 1956

"L'invraisemblable Vérité" est le dernier film américain de Fritz Lang. Le film ne se distingue pas par une mise en scène particulièrement fouillée comme dans d'autres films de Lang. André Bazin, parle d'ailleurs de "vide barométrique de la mise en scène". Je n'irai pas jusque là, mais on sent que Lang est allé un peu au bout de son destin hollywoodien ou de son inspiration en Amérique. C'est le producteur, Bert E. Friedlob, qui lui avait proposé ce scénario tout de suite après le tournage de "la cinquième victime". Le film est aujourd'hui surtout, fascinant pour le modernisme de son propos, qui nous raconte l'histoire d'un journaliste qui se fait passer pour le coupable du meurtre d'une jeune femme, afin de prouver la dérisoire incertitude de la justice et donc l'injustice de la peine de mort. Lang qui n'a pas eu la main mise sur le scénario semble être allé au bout de son inspiration. Ainsi sa réalisation semble dénuée de tout l'expressionnisme sublime qui l'ont rendu célèbre dans nombreux de ses films, et même dans des films noirs américains, comme "la femme au portrait" (1944) ou "la rue rouge" (1945).

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La fin du film, d'une profonde noirceur semble être le parallèle de l'esprit d'un réalisateur, lassé par la société américaine qu'il avait dénoncé quelques mois auparavant dans "la cinquième victime". Il finira d'ailleurs par la traiter de "panier de crabes". On ne s'en doutait peut être pas à l'époque, mais le départ de Fritz Lang était peut être aussi imperceptiblement, le début de la fin artistique du grand Hollywood. Quoiqu'il en soit, le scénario de "l'invraisemblable vérité" devait être de nouveau tournée en 2006 et sortir sous le même titre américain que le film de Lang : "Beyond a reasonable doubt". Le titre français est "présumé coupable" et le procureur prend une place qu'il n'a pas dans le film de Lang. En effet, c'est Michael Douglas qui reprend le rôle. Quant au journaliste joué par Dana Andrews, Jesse Metcalfe n'apporte pas beaucoup d'étoffe à son personnage. Et je ne parlerai pas de l'actrice féminine qui reste à des années lumières de Joan Fontaine. Cette nouvelle version, reste néanmoins un bon divertissement, qui n'arrive pas évidemment à concurrencer l'original qui reste lui comme un classique du film noir, même si on a connu Lang beaucoup plus inspiré.

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Ci-dessus : Sidney Blackmer et Dana Andrews

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Ci-dessus : Barbara Nichols et Dana Andrews

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Ci-dessus : Dana Andrews et Joan Fontaine

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ci-dessus : Joan Fontaine et Fritz Lang

Note : 7,5 / 10

11/01/2014

Amanda / Carefree - 1938

J'ai découvert Fred Astaire à l'adolescence. J'avais vu "Top Hat" (1935) et "Swing Time" (1936), ou encore "Shall we dance", mais jamais "Amanda". C'est aujourd'hui chose faite. J'avoue que tout jeune j'avais été bluffé par l'harmonie et la grâce du duo, et aussi par la classe de Fred Astaire. Chacun de ces deux films étaient pour moi de petite merveille, qui rendait le monde plus beau et le spectateur. J'ai appris bien plus tard que Ginger Rogers avait fait d'autres films avec Fred Astaire et que même elle devait avoir une seconde carrière d'artiste de comédie non musicale. Un jour peut être que le couple Fred Astaire / Ginger Rogers a autant fait pour la comédie musicale hollywoodienne. que John Ford pour le western. C'est d'autant plus vrai que lorsqu'on interrogea Stanley Donen sur ce qui avait été son inspiration, sur ce qui lui avait donné envie de se lancer dans le cinéma, il répondit lors de son passage à Paris : Fred Astaire ! En effet, c'est avec ces comédies musicales que l'enfant Stanley Donen découvrit la grâce et la beauté et avec Gene Kelly 15 ans plus tard, il réalisait en tant que réalisateur, son rêve d'enfant dans de nombreuses comédies musicales dont la plus célèbre évidemment : "chantons sous la pluie" (1952).

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"Amanda" intervient dans la carrière de Fred Astaire, après "demoiselle en détresse" (1937) qui avait été tourné avec Joan Fontaine. Le film était très faible que ce soit au niveau du scénario ou des scènes de danse. En effet, Joan Fontaine n'a jamais été une danseuse. Elle semblait donc totalement perdu face à Fred Astaire et la comparaison avec Ginger Rogers était terriblement destructrice pour Joan Fontaine. Après cet échec, les producteurs de la RKO se décidait à reformer le couple légendaire, dans "Amanda". Malheureusement si la comédie est sympathique, on atteint pas les sommets des précédents et pour cause: les seconds rôles habituels de Fred ne sont plus présents.  ni Edward Edward Everett Horton, ni Erik Rhodes, ni Eric Blore. On retrouve malgré tout, deux bons seconds rôles en la personne de Ralph Bellamy, et Jack Carson. L'un et l'autre feront une belle carrière hollywoodienne.

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Ci-dessus : Jack Carson, Ralph Bellamy et Fred Astaire

Si la magie opère donc moins dans la partie comédie, elle reste extraordinaire dans les scènes de danse que l'on aurait aimé encore plus nombreuses. La musique est d'Irving Berlin et est évidemment encore une fois merveilleuse. On peut se lasser de l'aspect comédie de ces films, et affirmer qu'on est loin du meilleur film du duo. Mais jamais la beauté et l'harmonie du couple Rogers / Astaire, ne pourra nous laisser de marbre. Indéniablement ces deux grands artistes auront marqué l'histoire du cinéma et des générations de spectateurs. Ginger Rogers et Fred Astaire tourneront un dernier film pour la RKO, "la grande farandole" (1939), avant de se retrouver à la MGM, 10 ans plus tard dans "entrons dans le danse" (1949).

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Extrait d'un des plus beaux numéros du film :

Film disponible aux Editions Montparnasse en VO sous-titrée (à noter que le film possède quelques saccades assez mal venues).

Note : 6 / 10

22/09/2013

La femme aux maléfices / Born to be bad - 1950

"La femme aux maléfices" est aussi connu en France, sous le titre de "la séductrice". Le film a été réalisé par Nicholas Ray, et a été produit par Howard Hughes (le célèbre milliardaire), qui venait de racheter la RKO en 1948. Hughes voulait absolument faire tourner cette adaptation littéraire du roman d'Ann Parish au titre évocateur : All Kneeling ("Tous à genoux"). C'est Hughes qui va imposer Joan Fontaine, à la place de Barbara Bel Geddes. Lorsqu'on voit le résultat à l'écran, on peut dire que le choix a été judicieux, même si on ne peut pas préjuger du résultat d'une version avec Barbara Bel Geddes. Mais Hughes sera peu satisfait du travail de Nicholas Ray sur le film et décidera de s'investir lui même, modifiant le montage et insérant des dialogues. Ainsi, le personnage du milliardaire, pilote d'avion, lui fait directement référence et finalement Zachary Scott, joue Howard Hughes. C'est d'ailleurs assez troublant.

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Cette main-mise de Hughes sur le film, laissera un goût amer à Nicholas Ray, qui dira plus tard, en interview, qu'il n'a aucun plaisir à évoquer ce film. Mais est ce la seule raison ? Peut être doit on chercher également du côté de la vie privée de Ray, qui avait épousé Gloria Grahame la même année, pour un mariage malheureux. Ce film lui rappelait peut être une période difficile de sa vie ? Quoiqu'il en soit "la femme aux maléfices" bénéficie de nombreuses qualités, avec un casting alléchant composé donc de Joan Fontaine, Robert Ryan, Zachary Scott, Joan Leslie, et Mel Ferrer. Mais surtout, le film est illuminé par le jeu de Joan Fontaine qui sait jouer la femme vénale, calculatrice et même perverse avec passion. Ray nous décrit donc un univers où l'égoïsme et le chacun pour soi est roi. Et le personnage de Christabel incarné par Joan Fontaine, manipule chaque interprète, jusqu'au dénouement final. Le film est très troublant et aurait très bien pu être un film pré-code. En effet, il évoque autant les relations hors mariages, que l'adultère, mais aussi la sexualité féminine. Et on a toujours l'impression que Joan Fontaine, a une petite jouissance à chaque tour qu'elle joue à son entourage. C'est assez étrange comme impression.

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Ci-dessus : Joan Fontaine

Sur la photo ci-dessus, vous pouvez voir le travail sur les ombres, du directeur de la photographie, qui est encore ici Nicholas Musuraca, un des meilleus directeur de la photographie de la RKO. Musuruca, comme à son habitude, donne une vie aux ombres, pour par exemple ici, nous faire comprendre que Christabel, a deux personnalités, ou deux visages, l'un angélique, l'autre diabolique. Musraca, cache aussi parfois les visages, comme pour montrer que les protagonistes, avancent masqués. Mais, il faut dire aussi un mot sur la très belle musique de Friedrich Hollaender, qui accompagne parfaitement l'image.

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Ci-dessus : Joan Fontaine

Alors que peut on reprocher à "la femme aux maléfices" ? Pas grand chose finalement. Le film s'approche des meilleurs comédies dramatiques, réalisées par d'autres studios. Malheureusment le "Happy End" affaiblit considérablement le film et évite une chute plus atroce du personnage féminin. Donc on a un peu l'impression de s'arrêter en chemin. Mai peut être était ce la volonté des scénaristes et de Hughes, de ne pas condamner totalement certaines femmes, d'ailleurs, on montre bien à la fin que "son prix" augmente, à travers une vente de tableau. "La femme aux maléfices" reste donc une oeuvre intéressante qui manque de peu le statut de chef-d'oeuvre, mais qui de part ses qualités, vous donnera toujours l'impression de voir du cinéma et non pas de la mauvaise télévision, comme il a été dit, très justement par une critique.

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Ci-dessus : Robert Ryan et Joan Fontaine

Film disponible en DVD zone 2, aux éditions Montparnasse, VO sous-titré.

 

La bande-annonce :

 

Note : 7,5 / 10

01/09/2013

L'autre / In name only - 1939

"L'autre" est le troisième film du duo Cary Grant / Carole Lombard, après "Sinners in the Sun" (1932) et "l'aigle et le vautour" (1933) déjà commenté sur ce blog. "L'autre a beaucoup de qualités avec d'abord une belle distribution qui comprend en plus de Cary Grant et Carole Lombard, Kay Francis, Helen Vinson et Charles Coburn. Kay Francis nous l'avons vu joué dans "voyage sans retour" (1932) ou dans "Jewell Robbery" (1932), tous les deux avec William Powell. Helen Vinson c'est bien entendu la tentatrice par excellence. Elle jouera d'ailleurs toujours un peu ce même rôle que ce soit dans "Jewell Robbery" où elle donnait déjà la réplique à Kay Francis, qu'ici dans "l'autre" ou bien dans "Torrid Zone" (1940). Enfin Charles Coburn, c'est l'adorable vieux monsieur débonnaire et dépensier des "hommes préfèrent les blondes" (1953) ou le sadique médecin de "Kings Row" (1942).

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Vous l'aurez donc compris "l'autre" bénéficie d'une très intéressante distribution, que l'on pourrait qualifier de premier choix. Mais ce n'est pas tout. Le scénario est assez intelligent et arrive à montrer la destruction des sentiments sur un  homme en l'occurrence ici Cary Grant. Le côté un peu amusant des comédies de Cary Grant est utilisé ici de façon mélodramatique, afin de mettre en avant ses fragilités et ses erreurs d'être humain. Le film est donc assez crédibbe et Grant campe finalement bien ce personnage un peu dramatique. La réalisation de John Crownwell n'a par contre rien de tonitruant. La musique de Roy webb est ici un peu passe partout sans beaucoup de pièces vraiment au dessus du lot.

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Ci-dessus Cary Grant et Carole Lombard

Il n'en reste pas moins que globalement le charme opère encore une fois et qu'on se surprend à souhaiter une fin heureuse au couple Grant / Lombard. C'est peut être ce que l'on peut reprocher, c'est de ne pas finir le film et de laisser le spectateur devant une interrogation : a t'on vu un drame ou est ce un mélodrame ? Pour ma part, je ne sais pas.

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Ci-dessus : Carole Lombard et Cary Grant

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Ci-dessus : Cary Grant, Carole Lombard et Kay Francis

Disponible en DVD zone 2 aux éditions Montparnasse ou sur le satellite en ce moment sur TCM mais avec un logo.

Extrait et clip vidéo :

Note : 7,5 / 10

31/08/2013

Le médaillon / The Locket - 1946

Autant vous le dire tout de suite, "le médaillon" de John Brahm est un pur chef-d'oeuvre du cinéma hollywoodien. Et c'est tout de même assez incroyable que la présentation de Serge Bromberg, sur le DVD, en introduction du film, ne mentionne d'ailleurs pas ce point. En effet, si le "médaillon" est un chef-d'oeuvre et un film marquant de la longue carrière de Robert Mitchum, qui tournera 3 films en 1946, il le doit aussi au fabuleux talent du réalisateur John Brahm, qui magnifie les images en noir & blanc, faisant successivement passer le spectateur de l'extase à l'agonie, de l'être au néant, et cela souvent en quelques instants.

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Mais quelle est l'histoire du "médaillon" ? L'histoire est en fait celle d'une voleuse compulsive où se mêle conscience et inconscience, traumatisme de l'enfance, maladie mentale, crime, et amour. L'intelligence du scénario est prodigieuse, faite de "flashbacks" successifs. Très bien construits ces flashbacks, nous permettent de rentrer dans l'histoire, mais aussi dans l'âme de l'adorable voleuse qui est ici interprétée par Laraine Day. Pour cette dernière, "le médaillon" est évidemment le rôle de sa vie. Elle forme un magnifique couple avec Mitchum, l'aimant et le détruisant tout à la fois. Ce qui frappe c'est que l'imposant physique de Mitchum ne peut rien pour échapper à la destruction mentale qui le frappe, l'amour n'étant jamais ici libération, mais destruction systématique de l'autre.

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Ci-dessus : Laraine Day et Robert Mitchum

Il est d'ailleurs curieux de noter que le film s'inscrit parfaitement dans la carrière de Mitchum. En effet, il avait tourné la même année le très beau "lame de fond" avec Robert Taylor et Katherine Hepburn, film déjà très psychologique et qui explorait les relations conflictuelles entre frères, et la maladie mentale qui pouvait toucher l'un des deux. Pour paraphraser François Mauriac, le spectateur va donc démêler ici l'écheveau des passions, et des crimes, dont l'explication et les causes se trouvent cachées dans la période enfouie de l'enfance.

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Ci-dessus : Laraine Day et Gene Raymond

Mais ce film ne serait qu'un bon film, si il n'allait pas atteindre un espèce de paroxysme ou d'apothéose cinématographique, dans un extraordinaire final, qui se termine en course vers l'abîme et en chute incroyablement bien filmée et encore développée par la musique passionnelle de Roy Webb, qui mélange musique de l'enfance et musique du mariage. Je vous ferai ici grâce de toutes les pistes et symbolismes qui irriguent le film du début à la fin, et qui en font un sommet de l'art cinématographique. En effet, ce serait vous gâcher le plaisir de découvrir par vous mêmes, ce fabuleux film. Mais si "le médaillon" en forme de coeur, ou le tableau avec ce visage de femme, sans regard sont autant de symbolismes et de symptômes, ils sont aussi les éléments constitutifs d'un film inscrit en lettres d'or au panthéon, du cinéma hollywoodien. On ne peut donc que féliciter les Editions Montparnasse de la sortie d'un tel film, mais il aurait sans aucun doute méritait une sortie et une restauration Bluray. Quoiqu'il en soit, cher lecteur, vous n'aurez jamais mieux dépensé 9,90 € dans un DVD. "Le médaillon" est un film que tout cinéphile doit voir et revoir et surtout aimer. Un conseil : Ruez-vous dessus !

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Ci-dessus : Laraine Day

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Ci-dessus : Robert Mitchum

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Laraine Day et Robert Mitchum

Film disponible en DVD zone 2 aux Editions Montparnasse

 

La fabuleuse musique de Roy Webb :

Note : 9,5 / 10

20/07/2013

Deadline at Dawn - 1946

"Deadline at dawn" n'a jamais été sorti en France. Et c'est un tort, car c'est un très bon film policier. Il est inspiré du roman de William Irish, et a été produit par la RKO. Il faut noter que le film est le premier et seul film du réalisateur, Harold Clurman qui était un metteur en scène de théâtre. Il bénéficie d'un très bon casting avec Susan Hayward, Paul Lukas, et Bill Williams, mais aussi Lola Lane. Paul Lukas on se rappelle de lui pour son interprétation dans "Watch on the Rhine" (1943) avec Bette Davis, ou dans "Saboteur sans gloire" (1944) avec Errol Flynn ou dans "Angoisse" (1944) avec Hedy Lamar, mais aussi pour son rôle du professeur dans "20 000 lieues sous les mers" (1954). Ici c'est assez étrange car on retrouve Paul Lukas en chauffeur de taxi à la vie un peu ratée et sans sa traditionnelle moustache.

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Le film commence assez étrangement avec un homme qui frappe à une porte, on voit alors le visage d'une femme endormie avec une mouche qui se pose sur ce visage. J'ai du m'y reprendre à deux fois pour être bien sûr qu'il n'y avait pas un insecte sur mon écran de vidéoprojection ! J'ai compris que le réalisateur voulait mettre en avant le caractère assez vulgaire de la jeune femme. L'homme vient voir cette ancienne petite amie, pour récupérer son argent, mais elle n'a plus cet argent qui lui a été volée par un marin. On ne comprend pas bien, car au départ on pense à un flashback vu que la caméra s'arrête sur l'homme et l'image se troube. Mais on remonte juste dans le temps et on revient à l'histoire de ce marin qui est supposé avoir l'argent. A partir de là, l'histoire commence réellement. Et c'est assez enthousiasmant il faut bien le dire. Susan Hayward est très agréable à regarder, mais en dehors de ça, le scénario est parfaitement monté avec de nombreux retournements, mais également une belle photographie et une réalisation intéressante. "Deadline at dawn" est donc un petit film noir, tout à fait recommandable où le duo Hayward / Williamd du début du film rencontre une multitude de personnages et finalement crée une petite communauté (représentation miniature de la population de New-York) où l'intérêt de chacun est de découvrir la vérité avant l'aube.

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Ci-dessus : Susan Hayward

Extrait :

 Disponible en Zone 1 dans la collection "Films noirs" éditée par la Warner (coffret vol 5)

 

Note : 7 / 10

02/03/2013

La joyeuse divorcée / The gay divorcee - 1934

On peut dire sans se tromper que si Fred Astaire n'était pas venu à Hollywood en 1933, une grande partie de l'histoire du cinéma américain en aurait été changée. Pourtant en 1933 Fred Astaire n'était pas un nouveau venu dans le milieu du show business et avait déjà derrière lui une importante carrière de danseur à Broadway mais aussi à Londres. Et la comédie musicale n'était pas elle non plus à ses débuts. Elle était née avec les premiers films parlant, et avait ensuite bénéficié de l'aide d'un bon génie en la personne de Busby Berkeley. "La joyeuse divorcée" est une reprise de la dernière comédie musicale du même nom  jouée sur scène 248 fois par Fred Astaire avant son arrivée à Hollywood en 1933. Fred Astaire formait un couple sur scène avec sa soeur Adèle jusqu'à ce que celle-ci se décide de se retirer définitivement pour se marier. Fred Astaire se retrouvait donc au démarrage d'une grande aventure hollywoodienne sans partenaire féminin attitrée. Mais cela ne devait pas durer très longtemps. En effet, sur "Carioca" (1933) Fred et Gingers n'obtenaient pas un grand rôle mais ils devaient voler la vedette aux star du film et taper dans l'oeil des producteurs de la RKO. Concernant Ginger Rogers elle n'était pas une inconnue pour Fred Astaire, en effet elle avait joué avec lui au début de 1930 à Broadway dans la comédie musicale "Girl Crazy". Par contre, la carrière cinématographique de Ginger Rogers avait été jusque là assez chaotique. Et si elle avait obtenu un succès important avec la Warner sur "42ème Rue" ou sur "Chercheuses d'or 1933", les rôles confiés à Ginger Rogers n'étaient que des seconds rôles, parfois proche de la figuration. "La joyeuse divorcée" devait donc donner réellement sa chance au couple de prendre son envol cinématographique et de montrer au monde les talents de danseuse de Ginger Rogers et Fred Astaire. Et donc ironiquement, c'est sur une histoire de divorce que le couple le plus célèbre de l'histoire de la comédie musicale devait réellement naître et se souder.

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 Le film en lui même reprend plusieurs interprètes de la version de Broadway avec donc en premier (vous l'avez compris), Fred Astaire, mais aussi Erik Rhodes et Eric Blore. Erik Rhodes joue Tonetti un italien vantar et précieux, Eric Blore un serveur stupide et pédant. La distribution est complétée par Edward Everett Horton qui sera très souvent présent dans les films de Fred et Ginger. Il introduira dans chacun, une touche de dignité maïs aussi d'humour. Enfin, on retrouve également Alice Brady, que l'on peut revoir dans "Chercheuses d'or de 1935" précédemment commenté sur ce blog. Le film en lui même est particulièrement intéressant à plus d'un titre. En effet, outre de nous montrer à l'écran le merveilleux couple Rogers/Astaire, il nous permet de voir une nouvelle forme de comédie musicale. Ainsi, si les numéros avec des chorus de girls sont toujours bien présents. Ils ne sont plus la raison d'être du film. Là c'est bien le couple qui est mis en avant. Alors bien sûr il y a des grands numéros comme celui du continental qui dure presque 17 minutes, mais là encore on met le couple Ginger Roger/Fred Astaire sur le devant de la scène. Si le film a donc bien subi l'influence du style de Berkeley il a aussi son propre style avec un style ArtDeco tout en blanc, et représente une évolution de la forme de la comédie musicale qui se recentre sur un couple de danseurs et sur des numéros qui apparaissent tout le long du film et non plus seulement à la fin comme avant chez Busby Berkeley. Le film retrouve alors une certaine cohésion et une très forte modernité.

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Ginger Rogers et Fred Astaire dans "la joyeuse divorcée" :

 

Le film lui même raconte l'histoire d'une jeune femme qui veut divorcer d'un mari toujours absent. Elle se décide donc à aller voir un avocat qui lui proposera de mettre en place un flagrant délit d'adultère pour se faire il engage un italien joué par Erik Rhodes. Les quiproquos se multiplieront alors jusqu'au dénouement final. La comédie est excellente et on rit beaucoup devant cet italien qui oublie la phrase "mot de passe" et qui aborde toutes les blondes de l'hotel en disant n'importe quoi. Mais c'est bien évidemment les numéros musicaux qui sont la pière angulaire du film et en particulier le fameux numéro "Night & Day" chanson écrite par Cole Porter et qui commence par quelques mots presque non chantés. Et lorsqu'on voit Ginger et Fred danser dans ce numéro on se rend compte que c'est bien cela la vraie classe et qu'il y a eu une époque bien avant notre naissance où les princes et les princesses existaient vraiment à l'écran. C'est ce que je me disais déjà quand j'avais 14 ans et que je les regardais danser sur le cinéma Super 8 de mon père dans les années 80. Aujourd'hui rien a changé, le temps s'enfuit, les modes passent, mais Ginger et Fred restent éternellement jeunes et comme une image absolue de la beauté et de la grâce pour tous ceux qui savent les aimer.

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Fred Astaire, Ginger Roger et Erik Rhodes (le fameux Tonetti !!!)

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Extrait de Night and Day :

 

Film disponible en dvd zone 2 (éditions Montparnasse).

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Note : 7,5 / 10