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10/09/2013

Nid d'espions / The Fallen Sparrow - 1943

Pour aujourd'hui j'évoquerai avec vous, encore un film noir, et pas n'importe lequel. En effet, il s'agit d'une production RKO, "Nid d'espions" avec John Garfield et Maureen O'Hara. John Garfield c'est bien évidemment l'inoubliable interprète du "facteur sonne toujours deux fois" (1946) ou encore de "Menaces dans la nuit" (1951). On peut d'ailleurs dire que ses films  les plus célèbres restent des films noirs. Il devait disparaître prématurément d'une crise cardiaque en 1952, peut être suite aux soucis que lui causa la commission anti-communiste, dirigée par le sénateur Mc Carthy. Mais le film n'a pas seulement pour vedettes John Garfield et Maureen O'Hara, on retrouve aussi d'autres vedettes féminines comme Patricia Morison, qui devait partager sa carrière entre le cinéma, la télévision, le théâtre et Broadway. Aujourd'hui Patricia Morison a 99 ans ! Mais il faut aussi citer la jolie Martha O'Driscoll beaucoup moins sophistiquée que nos deux autres héroïnes. Walter Slezak est quant à lui presque caricatural dans son rôle de tortionnaire sadique.

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Si le réalisateur, Richard Wallace, n'a pas laissé une marque indélébile sur le cinéma hollywoodien, il en reste néanmoins un honnête artisan, ici particulièrement bien inspiré. Mais peut être a t'il eu la chance de bénéficier de l'apport de Nicholas Musuraca comme directeur de la photographie. Or à n'en pas douter, le travail de Nicholas Musuraca sur "nid d'espions" est exceptionnel. On peut d'ailleurs reprendre les mots du critique et historien Eric Schaefer pour qualifier le travail de Musuraca : « Le nom de Nicholas Musuraca reste injustement obscur parmi les directeurs de la photographie de l'âge d'or d'Hollywood. Dans ses premières années à la RKO dans les années 1940, Musuraca collabora aussi bien à des séries A qu'à des séries B, à des films de prestige qu'à des films de genre sans ambition. Pour cette raison, et parce qu'une grande partie des films qu'il a tournés n'ont atteint que récemment le statut de classique ou de tournant du cinéma, il demeure un maître négligé. De même que celui de Gregg Toland sur Citizen Kane (1941), le travail de Musuraca pour Stranger on the Third Floor (1940) définit les conventions visuelles du film noir et codifie l'aspect des films RKO pour les années 1940. La photographie de Musuraca commence et disparaît dans l'ombre, très influencée par l'expressionnisme allemand, et peut être considérée comme un des facteurs majeurs dans la résurrection de ce style à Hollywood dans les années 1940. Le ton dominant de son image est le noir, un choix stylistique qui se prête bien au film noir et aux films d'horreurs mélancoliques produits par Val Lewton. Mais même dans les limites du système des studios, Musuraca réussit à transposer son style à d'autres genres. Le western Blood on the Moon (1948) et le drame familial nostalgique de George Stevens Tendresse (1948) sont tous deux empreints des ombres que Musuraca avait apportées au film d'horreur dans La Féline (1942) et au film noir dans Le Médaillon (1946). À travers les conventions de genres variés et les exigences différentes de nombreux réalisateurs, Musuraca réussit à maintenir une esthétique personnelle uniforme." On a donc sur ce film, en plus d'un bon casting, un directeur de la photographie qui a déjà fait merveille dans le passé et qui fera de nouveaux des étincelles trois ans plus tard, sur le tournage du "médaillon". Dans "nid d'espions" Musaraca travaille les ombres, les reflets et le noir pour en faire l'esthétique du film. On peut en voir quelques exemples dans les images ci-dessous :

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Ci-dessus : John Garfield (poursuivi par son double et ses angoisses)

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Ci-dessus : John Garfield avec son ombre et une ombre féminine amie ou ennemie ?

Le travail de Musuraca mérite donc tous les éloges, mais il faut aussi féliciter Richard Wallace, qui par des plans astucieux, augmentent encore la tension dans un final à rebondissements. Mais alors quels sont les défauts de ce "nid d'espions" ?  Il faut peut être aller les chercher du côté d'un scénario inutilement complexe par moment, alors que l'on connaît les coupables depuis le début. L'attention du spectateur reste pourtant en éveil, tout le long du film, car on veut savoir comment tout cela va finir et savoir ce qu'il s'est passé et si Garfield va s'en sortir. "Nid d'espions" reste donc un film parfait sur la forme mais qui aurait peut être mérité un meilleur scénario. Il n'en reste pas moins qu'il revisite avec succès le genre.

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Ci-dessus : Patricia Morison

Disponible en DVD zone 2 aux éditions Montparnasse en VO et VF, dans une qualité d'image très correcte même en vidéoprojection

Note : 8 / 10

14/11/2012

Man of the World - 1931

"Man of the World" est un film de Richard Wallace resté célèbre pour avoir tourné "Simbad le Marin" en 1949 avec Douglas Fairbanks Junior. "Man of the World" met à l'affiche William Powell, et Carole Lombard. On pourrait dire que Carole Lombard partage la vedette avec William Powell, mais il n'en est rien. Powell est seul à tenir le film sur ses épaules. Carole Lombard joue une jeune riche écervelée, amoureuse d'un espèce d'escroc, pseudo journaliste et gigolo tout à la fois. Donc sans vouloir dévoiler tout le scénario du film pour ceux qui ne l'ont pas vu, le film va tourner autour de la relation amoureuse naissante entre Powell et Lombard, et les affaires douteuses du pseudo-journaliste Powell.  On ne s'ennuie nullement les dialogues sont bons, le scénario est structuré et la présence de Powell fait le reste.

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Ceci dit le film souffre de 2 défauts, le film qui devait censer représenter Paris, ne laisse voir rien de la beauté de la capitale française. Tant est si bien qu'une scène sur un pont parisien semble avoir été tourné sur une passerelle où on ferait traverser des vaches. Les scènes en extérieurs ne sont donc pas particulièrement réussies (voir ci-dessous). De plus la non exploitation du talent de Carole Lombard agace.

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Néanmoins on passe un bon moment avec un film sérieux de William Powell, où celui-ci joue le drame plus que la comédie. C'est assez inhabituel pour susciter l'intérêt du cinéphile. Mais il ne faudra pas chercher beaucoup plus dans un film assez terrorisant dans sa conclusion, où le destin de l'Homme semble être tracé sans aucune possibilité de rédemption même dans l'amour sincère. Y a t'il finalement quelque chose de plus terrorisant ? Je conseille donc  fortement la vision de ce film. Si il n'a pas pour vocation de changer l'histoire du cinéma,  il permet quand même à tout à chacun d'actioner la machine à remonter le temps cinématographique qui nous transporte cette fois-ci en 1931. On y redécouvre ainsi avec plaisir la mode féminine et aussi masculine.

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Pour conclure, je vous dirais que Carole Lombard et William Powell devait se marier la même année pour un mariage qui ne dura que 2 ans et se retrouver sur le tournage de Ladies'man en 1931 également.

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Ci-dessus William Powell, et Carole Lombard. (on devine déjà le regard magnétique de Carole Lombard).

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Ci-dessus Wynne Gibson


A noter enfin que le film est disponible aux USA en DVD dans un super coffret Carole Lombard comprenant 6 films pour seulement 11,5 $ (hors taxes douanières)


NOTE : 7,5 / 10