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24/01/2015

Le passé se venge / The crooked way - 1949

"Le passé se venge", est un film noir avec John Payne, Sonny Tufts, Ellen Drew, Rhys Williams, et Percy Helton tourné par Robert Florey. Florey a eu une importante carrière. Je me permets de citer un article de Wikipédia très complet à son sujet : Orphelin très jeune, Robert Florey est élevé en Suisse. À son retour à Paris, en 1920, il collabore notamment à plusieurs magazines de cinéma, dont Cinémagazine et La Cinématographie française. Alors qu’il est à Nice pour interviewer Louis Feuillade, celui-ci l’engage comme assistant et comme acteur sur "L'Orpheline". Avec sa longue silhouette dégingandée et son éternel sourire, il apparaît dans vingt-cinq courts métrages de Feuillade. Parti en 1921 à Hollywood comme envoyé spécial de Cinémagazine, il s’y installe et devient tour à tour gagman pour la Fox, directeur de la publicité pour le couple Douglas Fairbanks-Mary Pickford, ami intime et chargé de relations publiques de Rudolph Valentino et interviewer de toutes les grandes stars hollywoodiennes. Ses rencontres lui fourniront la matière de nombreux articles qui deviendront ensuite des livres tels que "Deux ans dans les studios américains" (1924).En 1927, après avoir été l’assistant de King Vidor et de Josef von Sternberg à la MGM, Florey réalise ses premiers courts métrages dont le côté poétique et même surréaliste surprend comme dans "Vie et mort de 9413 figurant d’Hollywood" (1928) sur un figurant rêvant d’être une vedette mais qui ne sera qu’un matricule à Hollywood et au ciel. Engagé ensuite par Paramount Pictures, il est envoyé aux Studios de Long Island pour réaliser les premiers essais parlants et chantants des stars de la compagnie. Dans la foulée, il met en scène "Night Club", premier long métrage parlant de la Paramount, puis reçoit la « mission impossible » de diriger les Marx Brothers dans leur premier film "Noix de coco" (1929). Ces fantaisistes iconoclastes apprécieront ce jeune réalisateur français de tout juste vingt-neuf ans, curieux, inventif, et à l’humour malicieux. Fin 1929, Robert retrouve la France pour tourner notamment "L’amour chante" avec Florelle et Fernand Gravey. Puis c’est "Le Blanc et le Noir" avec Raimu, adaptée d’une pièce de Sacha Guitry qui n’aurait pas été montrable aux États-Unis aux lois encore ségrégationnistes. Revenu à Hollywood et désireux de mettre en scène un film d’horreur, Robert Florey travaille à l’adaptation de "Frankenstein" de Mary Shelley qu’il devait réaliser mais la réalisation est finalement confiée à James Whale. À titre de consolation, Universal Pictures demande à Florey d’adapter à l’écran une nouvelle d'Edgar Allan Poe, "Double assassinat dans la rue Morgue", avec Béla Lugosi. Avec l’aide du chef opérateur Karl Freund il a élaboré des décors représentant le Paris du XIXe siècle s’inspirant des films expressionnistes allemands. Pour beaucoup d’historiens du cinéma, comme William K. Everson, les meilleures réussites de Florey sont les films à petit budget qu’il a tournés pour Paramount Pictures à la fin des années 1930, comme "Hollywood Boulevard" (1936), "L'Homme qui terrorisait New York" (1937), et "Dangerous to Know" (1938). Ces films sont remarquables par leur rythme rapide, leur ton cynique et l’usage d’éclairage et d’angles de caméra semi-expressionnistes. À noter aussi trois films arec Anna May Wong, dont le thriller "La Fille de Shangaï" (Daughter of Shanghai). Jusqu’en 1950, Robert Florey inscrit à sa filmographie particulièrement variée près de soixante titres, parmi lesquels on peut encore citer la comédie douce-amère "Ex-Lady" (1932) avec Bette Davis, deux classiques de l’horreur avec Peter Lorre : "The Face Behind the Mask" (1941) et "La Bête aux cinq doigts" (1946), . et même un Tarzan, Tarzan et les sirènes (1948). Il fait des comédies musicales, des films « exotiques » comme "Le Chant du désert" (1943) avec Victor Francen et Marcel Dalio, ou "La Légion étrangère" (1948) avec Vincent Price servant en Indochine. En 1946, Florey participe de façon très active à l’écriture, à la préparation et au tournage de "Monsieur Verdoux", de Charlie Chaplin. À partir des années 1950, Robert Florey se tourne vers la télévision. On lui attribue trois cents mises en scène. Il filme notamment le Loretta Young Show, L’Histoire de Doreen Maney (1960) du feuilleton Les Incorruptibles avec Robert Stack. Il fait un dernier épisode de "Au-delà du réel" en 1963. Puis il se consacre à l’écriture de ses souvenirs : "La Lanterne magique" (1966) et "Hollywood année zéro" (1972). Injustement oublié dans son pays natal, le trop modeste Robert Florey, véritable aventurier français du cinéma, décède des suites d’un cancer dans sa soixante-dix neuvième année, le 16 mai 1979, à Santa Monica, tout près de son cher Hollywood.

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Pour revenir à notre film, "le passé se venge", John Payne partage donc l'affiche avec Ellen Drew et Sonny Tufts. John Payne on l'a vu dans quelques westerns, comme dans ceux tournés sous la direction, d'Allan Dwan, "quatre étranges cavaliers" (1954), ou "le bagarreur du Tennessee" (1955). Mais John Payne on l'a également vu dans de nombreux films noirs souvent notables, comme "Kansas City Confidential" (1952) ou "le quatrième homme" (1954). Dans "le passé se venge",  Le scénario est particulièrement intéressant, car il nous met dans la peau d'un ancien GI démobilisé et devenu amnésique. Le spectateur ne sait donc pas ce qu'il va se passer la scène suivante et les rebondissements sont multiples et surtout inattendus. Ce type de scénario marche toujours au cinéma, et on se rappelle du succès récent de la franchise "Jason Bourne". Malgré tout, après un début intéressant, on remarque une certaine complexité scénaristique, la multiplication des personnages, et une construction pas toujours en rapport avec la qualité formelle de l'ensemble. Ainsi, on peut noter au crédit du film, la photographie exceptionnelle de John Alton, qui joue du clair-obscur avec maestria. Et c'est vrai, que quand le noir & blanc est si beau, on a tendance à tout pardonner. Je finirai par remercier Sidonis & Calysta d'avoir sortis de l'oubli un film d'une telle qualité. Bravo à eux ! On ne peut que souhaiter qu'ils continuent sur cette voie.

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Ci-dessus : John Payne

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Ci-dessus : John Payne et Ellen Drew

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Ci-dessus : Ellen Drew

Extraits :

 Disponible chez Sidonis & Calysta en DVD zone 2 en VO sous-titrée français

Note : 7,5 / 10

14/07/2013

Lightning strikes twice - 1951

"Lightning strikes twice" est un film de King Vidor sorti en 1951 avec Richard Todd et Ruth Roman. Il faut toute de suite signaler que le film ne bénéficia ni de bonnes critiques à sa sortie au USA, ni d'un succès public. En France il ne devait jamais sortir. Pourtant le film a beaucoup de qualités, ainsi si on veut rester sérieux on a quand même derrière la caméra un des maîtres du cinéma de cette époque : King Vidor. King Vidor c'est quand même le réalisateur de "la foule" (1927), "le champion" (1931), "le grand passage" (1940) avec Spencer Tracy, "duel au soleil" (1946) avec Gregory Peck ou "le rebelle" (1949) avec Gary Cooper. On ne peut pas dire qu'il a beaucoup tourné comparativement à d'autres réalisateurs, aujourd'hui totalement oubliés. Mais ces films sont restés dans la mémoire du public. Ainsi, si "Lightning strikes twice" a des défauts, c'est un film qui possède beaucoup de qualités, de par déjà la mise en scène recherchée de King Vidor. Au niveau des qualités on retiendra aussi la présence et le sex-appeal de la belle Ruth Roman. Enfin, la musique de Max Steiner fait en sorte d'élever l'ensemble.

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Néanmoins, le film a des défauts. En premier lieu, il faut tout de même dire que Vidor n'était pas un spécialiste du film noir, et les grands espaces américains donnent un caractère particulier à ce film noir. Et l'idée d'une nature dangereuse et inhospitalière est malgré tout bien exploitée. Mais le scénario oublie les fondamentaux du film noir en libérant d'une exécution prochaine le héros joué par Richard Todd. Le héros n'étant plus dans la crainte d'un châtiment prochain, la tension retombe. Et pire, le beau Richard Todd est assez peu crédible en tueur de femmes. Ainsi on remarquera que Bogart, était lui par contre très crédible, dans ce rôle, dans "La Seconde Madame Carrol" (1947). Et on peut parfois se demander si Richard Todd, héros de guerre, se croit au fond de lui capable d'interprêter cet individu qui doit par son attitude rendre fou de peur sa femme. Si on ajoute que la romance et le glamour prennent le pas sur l'intrigue, on comprendra que le film n'ait pas à l'époque rencontré son public. Néanmoins, on passe un bon moment en tant que spectateur d'aujourd'hui sans préjugé, à tenter de comprendre qui est le meurtrier. Enfin, la qualité de la production, de la réalisation, et la beauté et le jeu de Ruth Roman, font oublier quelques inconséquences du scénario ou une interprétation très moyenne de Richard Todd. Je conclus donc sur un avis globalement positif, avec les réserves mentionnées plus haut. Ainsi, j'ai vu bien pire en terme de film noir récemment. J'en reparlerai une prochaine fois. Et je reviendrais dès demain sur la carrière de la belle Ruth Roman.

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Ci-dessus : Ruth Roman

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Ci-dessus : Ruth Roman et Richard Todd

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Ci-dessus : Ruth Roman et Richard Todd

 

Extrait :

Film disponible en DVD Zone 2 sur le site de la Warner (France) ou boutiques spécialisées.

Note : 7 / 10