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12/09/2015

Ma vie commence en Malaisie / A town like Alice - 1956

L'actualité nous rattrape parfois qu'on le veuille ou non. Ainsi, "ma vie commence en Malaisie", adapté du roman de Nevil Shute, m'a fait réfléchir sur le problème actuel des réfugiés de guerre. Je ne vais pas ouvrir ici, le débat. Mais il est vrai que le scénario de ce film, semble faire écho dans la conscience de chacun. Ainsi, le film nous amène dès son commencement, dans un long flashback qui renvoie le personnage principal (joué par Virginia McKenna), en Malaisie au moment de l'arrivée de l'armée japonaise. Elle va se retrouver rapidement dans un groupe de femmes et d'enfants, séparés de leurs hommes et sous la coupe des autorités japonaises. Une longue errance va alors commencer pour le groupe ponctuée par des rencontres avec par exemple un australien (joué par Peter Finch). On se demande bien ce qu'il pourrait y avoir de plus terrible que voir ainsi, ces femmes et ces enfants abandonnés aux ordres inhumains, sans eau ni nourriture. On est bien obligé alors, de penser aux sorts des malheureux qui fuient la Syrie ou l'Irak pour rejoindre des terres plus accueillantes. Qui sommes nous pour leur refuser le simple droit de vivre ? Le mal est daesh, mais l'Europe et l'Occident ne sont pas les seuls responsables, car un problème humain concerne toute l'Humanité et en tout premier lieu, les pays de même culture, de même religion, les plus proches et les plus riches de la région. Pour en revenir au film, on sait que Jack Lee s'est intéressé au film dès qu'il a lu le script et qu'il avait les larmes aux yeux après l'avoir lu. On peut dire que le résultat de cet émotion du réalisateur, est particulièrement réussi à l'écran. On croirait par moment, voir du John Ford, non seulement par sa réalisation, que par le ton de l'oeuvre, qui nous amène souvent dans une intimité des personnages, où chaque petites choses de la vie sont un évènement, un cadeau, pour ceux qui en sont privés. La photographie de Geoffrey Unsworth, est aussi très réussie et sait mettre en avant des yeux, des visages, des silhouettes. On est clairement devant un film 5 étoiles, sans aucun doute un des plus grands du cinéma britannique de l'après-guerre. Le caractère inédit de l'oeuvre en France est d'autant plus étonnant. On peut regretter que la belle musique de Matyas Seiber, ne soit pas plus présente tout au long du film, car si elle prend parfois le ton crépusculaire d'une marche funèbre Wagnérienne, ce n'est que dans le but de ressusciter notre humanité enfouie au plus profond de nous, et reprendre le ton badin de ces musiques qui ont parcouru tant de films de Ford. "Ma vie commence en Malaisie" n'est pas seulement un très grand film britannique, c'est tout simplement, un des plus grands films de l'histoire du cinéma que l'éditeur Elephant Films, vient de sortir de l'oubli, pour notre plus grand bonheur. "Ma vie commence en Malaisie", est à inscrire en lettres d'or dans le grand livre des chefs-d'oeuvre du 7ème art, mais aussi faire parti de l'éducation, de tous les écoliers français.

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Ci-dessus de dos : Virginia McKenna

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Ci-dessus : Peter Finch & Virginia McKenna

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Ci-dessus : Virginia McKenna

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Ci-dessus : Peter Finch & Virginia McKenna

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Extrait de la musique de Matyas Seiber :

 Disponible en Bluray & DVD chez Elephant Films

 

 

Note : 9,5 / 10

19/03/2014

L'armure noire / The warriors - 1955

"L'armure noire" est connue sous plusieurs titres. En France, ce film est connu nous le nom de "l'armure noire", en Belgique sous le nom du "Prince noir", au Royaume-Uni sous le nom de "The dark avenger" et aux USA sous le titre de "The warriors". A la lecture vous savez donc déjà qu'une armure noire, va jouer un rôle important dans le film, que cela concerne des guerriers, et un prince noir qui veut se venger. C'est effectivement un peu tout ça, et c'est aussi une page de la guerre de cent ans qui déchira la France au 13ème et 14ème siècle et qui oppose le prince noir Edward d'Angleterre aux barons français. Le film est un peu agaçant car il prend un parti pro-anglais, et les Français apparaissent au mieux comme des empêcheurs de tourner en rond, au pire comme des félons. Le film a pour principal avantage de nous faire découvrir Errol Flynn dans son ultime film moyenâgeux. Errol Flynn partage l'affiche non pas avec Joanne Dru, dont le rôle n'est pas bien marquant, mais avec Peter Finch qui joue le leader des barons français. Celle qui fut modèle photo et qui sera l'épouse du chanteur Dick Haymes et de John Ireland et a tourné une série de westerns qui vont marquer les esprits, "la rivière rouge"en 1948  avec John Wayne, qu'elle retrouvera dans "la charge héroïque" (1949). Joanne Dru tournera pour les plus grands réalisateurs (John Ford, Howard Hawks, Robert Aldrich). On se rappelle d'elle dans "le convoi des braves" (1950).  Elle sera ainsi, à l'affiche dans pas moins de 11 westerns. Aujourd'hui on a tendance à oublier quel acteur était Peter Finch, et les plus cinéphiles d'entre nous se souviendront sans doute de son incroyable prestation dans "Network" (1977) au côté de William Holden, qui devait lui permettre de rafler un Oscar et un Golden Globe du meilleur acteur. Mais avant cela, Finch a bien eu une carrière et "l'armure noire" en est la preuve. Enfin on retrouve la belle actrice française : Yvonne Furneaux qui avait transfiguré de sa présence "le vagabond des mers" avec le même Errol Flynn tourné cette fois-ci avec la Warner, deux ans plus tôt.

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Pour revenir à "l'armure noire", le film possède de grandes qualités  : superbes costumes, bonne musique, décors réalistes dignes de grands classiques. La lutte entre Peter Finch et Errol Flynn est plutôt intéressante, mais pourtant il manque quelque chose pour enlever l'adhésion pleine et entière. Il y a comme un manque. C'est peut être cette magie que Thorpe était arrivé à insuffler à son "Ivanhoé" (1952) ou au "chevalier de la table ronde" (1953), magie aussi présente dans "les aventures de Robin des Bois" (1938). La romance laisse aussi la part belle à la guerre. Et il faut le reconnaître, Flynn a bien vieilli et n'est plus ici que l'ombre de l'homme qu'il était en 1938. Enfin, n'est pas Richard Thorpe qui veut, et la production d'Henry Levin en est la preuve flagrante. On passe donc un bon moment devant "l'armure noire", mais teinté d'une douce nostalgie, car on ne peut s'empêcher de penser que c'est un des ultimes films du grand Errol Flynn.

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Ci-dessus : Peter Finch

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Ci-dessus : Joanne Dru

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Ci-dessus : Errol Flynn

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Ci-dessus : Errol Flynn et Yvonne Furneaux

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Ci-dessus : Errol Flynn et Joanne Dru

Enfin disponible en DVD dans l'offre Adhérent de la Fnac à 6,99 € (3 films pour 20 €) dans la collection Hollywood Legends de la Twentieth Century Fox. Disponible uniquement en VO sous-titrée.

 

Note : 6,5 / 10

24/02/2013

La piste des éléphants / Elephant walk - 1954

"La piste des éléphants" est un film de William Dieterle produit par la Paramount et tiré du roman de Robert Standish. Le film devait mettre à l'écran le couple Laurence Olivier et Vivien Leigh. Mais Olivier était déjà sur un autre projet "The Beggar's Opera" (l'opéra des gueux) et donc Peter Finch fut choisi. Quant à Vivien Leigh, elle commença donc à tourner à Ceyland. Mais sa maladie mentale devait se déclencher sur le tournage et on se décidait à la remplacer par Elizabeth Taylor. Cette dernière était alors au top de son succès, ayant déjà tournée par exemple, "Ivanhoé" en 1952, ou "Quo Vadis" en 1951. Elle devait tourner "le Beau Brummel" avec Stewart Granger la même année ou "Géant" 2 ans plus tard. Le casting devait être complété par Dana Andrews qui est l'inoubliable inspecteur du "Laura" de Preminger. Le film est uniquement tenu par ces 3 stars et par l'omniprésence d'un homme décédé.

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Le scénario est particulièrement intéressant car il offre une intrigue assez envoutante. En effet, une jeune femme (Elizabeth Taylor) va partir à Ceyland, se décider à vivre dans l'immense demeure de son mari. Mais cette immense maison a été construite sur la piste qui mène les éléphants à la rivière. Cette maison construite par le père de l'homme qu'elle aime, devient rapidement un lourd fardeau pour elle. Pire, elle ne comprend pas la lutte de son mari contre la nature, toujours plus oppressante et amenant successivement la sécheresse, le choléra, et enfin une terrible charge d'un immense troupeau d'éléphants. Ainsi, le scénario est implacable et on sait dès le début du film que cette maison est maudite et qu'elle sera le lieu d'un immense drame.

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Il faut bien le dire, Elizabeth Taylor est divine, non seulement par sa beauté, mais aussi et surtout par son talent d'artiste accomplie. Cette femme joue tellement bien qu'elle n'a pas besoin de parler pour que le public instantanément sache ce qu'elle ressent. Elle sait passer l'ensemble de ces émotions au spectateur uniquement par les expressions de son visage. C'est assez impressionnant. Il faut bien le reconnaître.

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Ci-dessus : Peter Finch

Peter Finch et Dana Andrews s'en tirent plutôt bien même si ils n'arrivent pas à concurrencer l'incroyable magnétisme de Taylor. Le film aborde des thèmes qui m'ont particulièrement intéressé : la défense de son foyer, la loyauté envers un père mort etc. Je ne vais pas vous raconter ma vie. Mais je vous dirai que j'ai trouvé un certain réconfort dans ce film, ayant aussi vécu un deuil. Je pense que la leçon du film est que le plus important reste la vie, quelque soit notre amour ou notre relation avec un être cher disparu : l'eau et la vie pour les éléphants, mais aussi la vie pour le couple Taylor/Finch, loin de la maison du père et de sa présence invisible dans les actions de chaque habitant. C'est une formidable leçon et donc un très beau film où l'immense drame finale devient finalement source d'une vie nouvelle, plus belle, mais ailleurs que sur la piste des éléphants. Si on rajoute la formidable musique symphonique de Franz Waxman à tout ça, "la piste des éléphants" est un film à découvrir en urgence, qui vaut beaucoup mieux que son titre le laisse supposer au premier abord, et qui brille de tout l'éclat d'une immense star alors à son zénith.

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La bande-annonce :

 

Note : 7,5  / 10