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28/09/2013

L'Homme des vallées perdues / Shane - 1953

Il y a quelques films touchés par la Grâce. "l'homme des vallées perdues" est clairement de ceux-ci. Pourtant, le scénario est très simple, vu et revu. En effet, l'histoire d'un gros éleveur de bétail, qui se refuse à partager les terres avec des fermiers sédentaires a été comptée de nombreuses fois, dans de très nombreux westerns. Mais là, le film aborde un thème nouveau, celui du héros solitaire, justicier dont personne ne sait d'où il vient, ni qui il peut bien être. Ainsi, sa probable identité n'est que donnée à la fin. En attendant, le film va nous proposer une relecture psychologique du western, mais aussi une lutte pour sa terre, contre ceux qui veulent se l'approprier, magnifié dans un environnement naturel somptueusement filmé et mis en valeur. On peut aussi voir, à travers le scénario adapté du roman de Jack Schaefer, une certaine définition du courage, et de la valeur de l'action individuelle, d'un homme pour une communauté.

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Mais ce qui fait de "l'homme des vallées perdues", un film légendaire ce n'est pas tant les rapports ambigües entre le héros et la femme de son ami et patron, ou dans le rôle de second père qu'il joue auprès du fils de la maison. Ce qui fait de "Shane", une véritable légende du western, c'est la noblesse qu'il découle du personnage d'Alan Ladd, mais aussi de la véritable noblesse que la réalisation arriver à dégager de ces pauvres fermiers, dont le travail, le courage et la volonté arrivent à forcer, contre toute attente, l'admiration du spectateur. Cette noblesse est magnifiée par la musique de Victor Young, qui signe ici une de ses plus belles partitions, et qui font assurément de "Shane" un western unique.

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Ci-dessus : Van Heflin, Alan Ladd et le jeune Brandon de Wilde

De plus, le réalisateur George Stevens, nous fait bénéficier d'une vision très réaliste de la violence. Ainsi, pour 1953, le film est très violent. Et les différentes bagarres, et duels au pistolet ne sont pas des combats à la papa, comme on pouvait en voir dans d'autres westerns des années 50. Ici le sang coule, la violence est brutale, les coups font mal. George Stevens avait eu une expérience de la guerre. On se rappelle évidemment de sa réalisation de films documentaires pendant la deuxième guerre mondiale. Ainsi, il était revenu avec une expérience de la guerre, qui lui faisait refuser une non description réaliste de la violence. Ainsi, les combats au pistolet sont rendus réalistes par un système censé projeter en arrière, l'acteur touché, pour recréer l'impact d'une balle sur un corps,.

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Ci-dessus : Alan Ladd

"Shane" se retrouve donc au carrefour du western, irrigué par un esprit et une inspiration très fordienne, de la noblesse des petites gens que l'on retrouve dans tant de films de Ford. Mais le film est parcouru aussi par une réalisation très moderne, qui préfigure la violence de la fin des années 60 et un certain Clint Eastwood, qui reprendra le thème du justicier solitaire dans "Pale Rider" On a donc avec "l'homme des vallées perdues", un film digne des meilleurs John Ford. Le film portait par une incroyable grâce et une noblesse à tout épreuve, est à n'en pas douter mythique. Si il y a un western à posséder, c'est peut être bien celui-là. Quand le cinéma atteint à un tel niveau de perfection, on ne peut que rester béat d'admiration devant le résultat. Et quand un film arrive à nous arracher des larmes, comme les adieux du petit garçon à son héros, c'est qu'il a réussi à toucher au but. "Shane" ? c'est peut être le plus beau western du monde.

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Ci-dessus : Jack Palance

 

Extrait de la musique de Victor Young :

 

Bande-annonce :

http://www.youtube.com/watch?v=UbuFb3jKgRM

 

Disponible en DVD et Bluray VF et VO sous-titrée

Note : 10 / 10

27/09/2013

L'enfer de la corruption / Force of Evil - 1948

"l'enfer de la corruption" est un film d'Abraham Polonsky qui est passé la semaine derrière au cinéma de minuit. Il est adapté d'une nouvelle d'Ira Wolfert. Abraham Polonsky avait fait une première carrière de scénariste avant de se mettre à la réalisation. L'année précédente il avait d'ailleurs participé à l'écriture du scénario de "Body and soul", film de boxe, qui avait eu un grand succès et qui lui avait donné une grande notoriété à Hollywood, lui permettant d'obtenir des fonds pour réaliser son premier film, "l'enfer de la corruption".

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Abraham Polonsky va donc passer à la réalisation pour ce film, mais gardera aussi un oeil, sur l'écriture des dialogues et du scénario. Cela ressent et on trouve donc dans ce film de très beaux dialogues, que ce soit au début l'affrontement entre les deux frères Morse, joués par John Garfield, et Thomas Gomez, mais aussi dans le monologue de fin de ce dernier. La réalisation n'est pas en reste et Polonsky rend l'image parfois très attirante avec très souvent, une recherche esthétique parfaite. On peut s'en rendre compte sur les images ci-dessous. Malgré tout cela, et le travail réussi d'un génie de l'écriture et de la réalisation, "l'enfer de la corruption" peine à attirer. En effet, son sujet, dans les bas fonds du jeu clandestin n'est pas très glamour. Mais surtout, le film est parcouru d'une tension et d'une espèce de claustrophobie constante, symbolisée par le personnage du malade mental qui refuse de se laisser enfermer dans un fourgon de police. Enfin Polonsky utilise tous les clichés du film noir, sans jamais vouloir s'en séparer. Le film en devient alors presque caricatural. Enfin, la complexité du scénario peut dérouter.

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Ci-dessus : John Garfield dans "l'enfer de la corruption"

Néanmoins, Polonsky réussit là un pur exercice de style, où le genre film noir tourne en roue libre, dans une parfaite esthétique, comme rarement vu ailleurs. Il mérite donc amplement d'être redécouvert à sa juste valeur. Pour finir, on se souviendra que comme John Garfield, Polonsky devait être inquiéter pour ses sympathies supposées avec les communistes et donc faire partie de la fameuse liste noire, du cinéma américain.

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Disponible en DVD zone 2

Extrait de la musique :

 

Note : 7 / 10