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25/05/2013

Le Roi du Tabac / Bright Leaf - 1950

"Le Roi du Tabac" est un film assez rare (jamais sorti en DVD en France), mais qui passe de temps en temps su TCM. J'ai ainsi retrouvé dernièrement un enregistrement en version française datant de 2004. Le film ne possédait pas une image de très bonne qualité, mais était très regardable et très intéressant. "Le Roi du Tabac" est le deuxième film avec à l'affiche Gary Cooper et Patricia Neal. On se souvient que ce couple d'acteurs avaient déjà été réunis un an plus tôt dans l'adaptation à l'écran du superbe roman d'Ayn Rand ("le rebelle"). Mais la distribution est aussi complétée par Lauren Bacall et par Jack Carson. Jack Carson avait quant à lui joué dans le même film que Patricia Neal dans "It's a great feeling" (1949). "Le Roi du Tabac" raconte l'ascension d'un  homme désargenté (Gary Cooper) qui revient dans la ville de son enfance. Il y découvre que sa maison ne lui appartient plus, mais appartient au plus grand industriel du Tabac (joué par Donald Crisp). Mais ce dernier a une magnifique fille (Patricia Neal) qui a connu Brant Royle (Gary Cooper) quand il était enfant. Le seul but de Royle sera alors de conquérir son père tout en réduisant économiquement et moralement le père de la jeune fille au silence. Donald Crisp était abonné au rôle de père. Et on se souvient surtout pour l'interprétation magistrale qu'il donne dans le film de John Ford, "Qu'elle était verte ma vallée" (1941) qui lui valut un Oscar totalement mérité. On ne se souvient plus aujourd'hui que Crisp était un acteur légendaire, né en Grande-Bretagne, et ayant connu pratiquement la naissance du cinéma, et qu'il avait eu une carrière de réalisateur.

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Je pense qu'il est inutile de présenter le réalisateur, Michael Curtiz, qui a tourné pour la Warner de très nombreux films. Le film est beaucoup moins littéraire et lyrique que "le rebelle"(1949). Mais j'ai adoré sa construction et cette lutte entre Crisp et Cooper qui ne se termine que par la reprise de la lutte par la fille de Crisp jusqu'à l'affrontement et l'effondrement final; "Le Roi du tabac" est un drame psychologique autant qu'une tragédie humaine. Il n'en représente pas moins un très bon divertissement. Je ne comprends pas d'ailleurs pourquoi il a eu de mauvaises critiques. On a critiqué le faux accent du Sud de Patricia Neal. Mais pour ma part, je n'ai pas pu en juger, ne possédant que la version française. Enfin, j'ai trouvé Patricia Neal très convaincante dans sa prestation totalement changée par rapport au "Rebelle". On peut rajouter au crédit du film, la très belle musique de Victor Young. En résumé, un très bon film, qui mériterait une belle édition DVD ou Bluray pour qu'on le redécouvre enfin avec une image correcte.

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Ci-dessus : Lauren Bacall et Gary Cooper

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Ci-dessus : Gary Cooper et Patricia Neal

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Ci-dessus : Cooper et Neal pendant une pause

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Ci-dessus : Gary Cooper avec à gauche Jack Carson

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Ci-dessus : Gary Cooper avec à gauche Jack Carson

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Ci-dessus : Donald Crisp de dos

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Diaporama :


Extrait :


Film indiponible en DVD et Bluray en France à ce jour.

Note : 8 / 10

18/05/2013

Le Rebelle / The Fountainhead - 1949

"Le Rebelle" est un film sorti en 1949 et tourné par King Vidor. On retrouve dans les principaux rôles : Gary Cooper, Patricia Neal, et Raymond Massey.  Le film est tiré du roman à succès d'Ayn Rand (The Fountainhead) paru en 1938. Barbara Stanwyck était convaincue de la réussite d'une adaptation du roman à l'écran et décida Jack Warner à en acquérir les droits dès 1943. Stanwyck devait proposer Humphrey Bogart pour le rôle principal de l'architecte Roark. Mais Jack Warner refusa, et cela encouragea peut être Bogart à fonder sa propre société de production en 1948. De son côté King Vidor refusa d'engager Stanwyck sur le tournage. En effet, il la jugeait trop âgée pour le rôle de Dominique Francon. Le rôle de Dominique Francon, aurait pu être interprêté par Lauren Baccal , Ida Lupino, Jennifer Jones, Gene Tierney. Veronica Lake,  Joan Crawford toutes pressenties. Joan Crawford devait même organiser un diner pour tenter de convaincre l'auteur Ayn Rand. On pensa également à Greta Garbo, mais elle refusa et finalement Patricia Neal obtint le rôle après un entretien de 15 minutes avec King Vidor. Pour le rôle de l'architecte on pensa après Humphrey Bogart, à Alan Ladd, mais aussi à Clark Gable, la presse de l'époque faisant courir le bruit que Gable voulait absolulement jouer dans ce film. Enfin, on contacta Gary Cooper, mais son agent lui dit de refuser le rôle qui semblait trop éloigné de l'image que le public avait de lui. Mais l'épouse de Cooper devait arriver à convaincre ce dernier, et il accepta. Raymond Massey devait être le puissant directeur du journal et Robert Douglas le critique d'art du même journal, vaniteux et obsédé par le pouvoir. Raymond Massey on se souvient aujourd'hui de lui surtout de lui pour son rôle de John Brown dans "la piste de Santa-Fé" (1940) ou dans "Sabotage à Berlin" (1942) avec Errol Flynn et Robert Douglas on se rappelle de lui pour ses rôles de méchants que ce soit dans "Ivanhoé" (1952) ou dans "le prisonnier de Zenda" (1952).

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Maintenant que je vous ai parlé de la création de ce film, et de la mise en place de son casting, j'évoquerai tout d'abord la forme, puis les thèmes que le film aborde. La forme est absolument magnifique, bien évidemment littéraire, mais aussi lyrique. En premier lieu, ce qui surprend le plus, c'est peut être l'incroyable sensualité de l'oeuvre, qui montre une femme superbe (Patricia Neal) avec des désirs charnels, pour les hommes, faisant son choix parmi les ouvriers d'une carrière, botte et cravache au poing. Pour l'époque il fallait oser. Enfin Vidor, n'a jamais peut être aussi bien caractérisée la passion féminine mais aussi le désir féminin que dans ce film. L'incapacité du personnage de Dominique Francon (Patricia Neal) à faire de Gary Cooper son objet sexuel, et son esclave exaspère sa frustration qui aboutit à une violence dont la cause ne peut être ici que la sexualité insatisfaite. Cooper se décide alors à prendre les devants, à lui répondre et à lui rendre la violence sexuelle qu'aucun homme n'a osé lui donner, faisant passer la scène traditionnelle de glamour hollywoodienne, à une scène où la violence de l'érotisme intellectuel qui en émane, interpelle le spectateur.

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Ci-dessus : Patricia Neal et Gary Cooper

Mais avant d'être l'histoire d'une femme, Dominique Francon lassée et dégoûtée de la vie, qui fait des hommes et des choses ses esclaves pour mieux les rejeter par peur de s'y attacher, "le rebelle" est l'histoire d'un homme, de la carrière et de la vie privée d'un architecte (Howard Roark) joué par Gary Cooper. Le film aborde de nombreux thèmes, et on peut considérer chaque personnage comme un thème à lui tout seul. Si nous avons déjà vu le personnage féminin de Dominique Francon, le personnage de Gary Cooper est, quant à lui, le représentant de l'absolu nécessité de suivre son chemin contre ce que la société nous ordonne de faire, contre l'opinion générale, contre la norme, et finalement contre tout ce qui peut entraver l'Homme dans sa marche vers sa destinée, l'esprit de l'Homme devant être son seul guide. Ainsi, le film va nous faire parcourir de la plus belle des manières, la destinée de cet architecte, absolument et résolument insoumi.

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Comme je l'ai déjà dit et comme vous l'avez compris, le film est magnifiquement écrit, quoique parfois trop bavard, et magnifiquement réalisé. Il n'y a quasiment rien à rejeter de ce pur joyau du film hollywoodien, à la musique envoûtante d'un Max Steiner très inspiré pour l'occasion. Certains ont pu voir dans le personnage de cet architecte, un sur-homme. Il n'en est rien. Cet homme nous indique le chemin que nous devrions tous suivre. En effet, après tout, quoi de plus lourd et de plus léger tout à la fois, que de croire en ses idées ? Quelle plus lourde responsabilité que de ne rien marchander ? Par sa forme profondément lyrique voir quasiment poétique, et par son sujet, ce film touche au sublime et à l'incroyable difficulté d'être simplement un Homme dans tous les sens du terme. "Le rebelle", est donc autant une leçon de vie, qu'un chef d'oeuvre absolu. A noter que Gary Cooper devait retrouver Patricia Neal l'année suivante dans "le Roi du tabac", mais cette fois-ci sous la direction de Michael Curtiz.

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La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

Disponible en DVD zone 2

Citations de l'auteur Ayn Rand dont le roman a inspiré le film : « Ma philosophie conçoit essentiellement l'Homme comme un être héroïque dont l'éthique de vie est la poursuite de son propre bonheur, la réalisation de soi son activité la plus noble, et la Raison son seul absolu. »

Note : 9 / 10