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23/10/2013

La cinquième colonne / Saboteur - 1942

Il est intéressant de noter comment les oeuvres mineures d'Hitchcock sont devenus avec le temps des classiques du cinéma. Il en va ainsi de ce film, "la cinquième colonne" (1942). Ce film représente rien de moins que la contribution d'Hitchcock à l'effort de guerre. Ainsi, beaucoup de réalisateurs vont contribuer par leur film à remonter le moral des civils aux USA et des militaires en permission. On peut ainsi citer Walsh avec "Sabotage à Berlin" (1942), "Saboteur sang gloire" (1944), et "Aventures en Birmanie" (1945) ou encore "l'ange des ténèbres" de Lloyd Bacon. En 1942, Hitchcock était employé par la RKO mais il été prêté par cette dernière à Selznick International Pictures. L'idée du scénario revenait originellement à ce dernier. Mais les rapports se dégradèrent rapidement entre Hitchcock et Selznick. En effet, Hitchcock n'aimait pas que Selznick touche de l'argent sur son prêt de la RKO. Finalement, Selznick à bout, se décida à refiler le scénario et le réalisateur à l'Universal, qui sauta sur l'occasion.

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Malgré un casting plutôt sympathique comprenant Robert Cummings, Priscilla Lane, Norman Lloyd, et Otto Kruger, Hitchcock raconta plus tard dans les entretiens qu'il eut avec François Truffaut, qu'il ne fut pas du tout satisfait du scénario. En effet, il trouvait que Cummings n'était pas une grande vedette. Il considérait Priscilla Lane, comme très vulgaire et Otto Kruger, comme un méchant de seconde zone. Pourtant à l'écran le résultat est magique. Hitchcock multiplie en effet les scènes exceptionnels et ce dès le titre qui est progressivement envahi par une fumée noire, symbole de cette cinquième colonne qui ronge l'Amérique. Puis on voit une usine brûlée, et un homme prendre en flammes. Mais ce n'est pas fini et on peut multiplier les exemples, que ce soit la scène dans la cabane, où Hitchcock arrive à donner une présence quasi-humaine à un berger allemand, ou dans la scène du cinéma où il arrive à tourner des effets terriblement glaçants. On peut d'ailleurs se demander si on oserait tourner cette scène aujourd'hui, vu qu'une scène de fusillade a été auto-censurée dans "Gangster Squad" (2012).

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Ci-dessus : Robert Cummings et Priscilla Lane

Pourtant le scénario n'a rien de particulièrement original. Ainsi, Hitchcock utilisera plusieurs fois ce type de scénario comme dans "les 39 marches" (1935) ou dans "la mort au trousse" (1959). Il le reconnaîtra d'ailleurs. Quoiqu'il en soit, on retire beaucoup de plaisirs à voir ce "Saboteur" qui arrive à surpasser son statut de simple film de propagande pour nous offrir un vrai 'Hitchcock, parsemé de scènes assez exceptionnelles.

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Ci-dessus : Robert Cummings et Priscilla Lane

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Ci-dessus : Robert Cummings et Priscilla Lane pendant une pause

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La fameuse scène du cinéma :

 

Note : 8,5 / 10

11/06/2013

Adieu ma jolie / Murder, My Sweet - 1944

"Adieu ma jolie" ou connu aussi sous le titre français "Adieu ma belle" ou en Amérique sous le titre de "Murder, My Sweet" fait parti des films noirs de Dick Powell. Ainsi, après une longue carrière dans la comédie musicale avec des succès comme "42ème rue" (1933), "Foot light parade" (1935), la série des "chercheuses d'or" et bien d'autres, il commença une seconde carrière comme acteur de films noirs. Et "Adieu ma jolie" est le premier film du genre pour Dick Powell, que l'on retrouvera ensuite dans d'autres films de ce type. Ainsi on peut citer, "cornered" (1945), "Johnny O'Clock" (1947) ou encore "the tall target' (1951). Le film est réalisé par Edward Dmytryk, touche à tout d'Hollywood, qui réalisa des films noirs, comme "Mirage" (1965), mais aussi des westerns ou des films de guerre.

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"Adieu ma jolie" est la première adaptation au cinéma du roman "Farewell, My Lovely" (1940), inspiré des nouvelles "The Man Who Liked Dogs" (1936), "Try The Girl" (1937) et "Mandarin's Jade" (1937). Mais c'est aussi la première adaptation à l'écran d'un roman de Raymond Chandler. Le roman a été publié en français sous le titre "Adieu ma jolie" (Farewell, My Lovely) dans une traduction de Geneviève de Genevraye. Son auteur Raymond Chandler, est un écrivain américain de romans policiers. Son influence sur la littérature policière moderne a été forte, en particulier par son style, qui a été largement imité. Le détective privé de Los Angeles Philip Marlowe est un personnage récurrent de son oeuvre et a été ainsi nommé en l'honneur du dramaturge élisabéthain Christopher Marlowe. Le film en lui même est un vrai film noir, complexe à suivre, et à l'intrigue sinueuse. Mais finalement à la fin du film, le spectateur découvre une vérité assez innatendue. Le film regroupe tous les aspects du film noir : gangsters, femmes fatales, et toute une galérie d'êtres pervers et déviants. Malgré tout, l'intrigue du film reste lisible et n'est pas aussi énigmatique que celle du "grand sommeil" (1946), et le film réserve quelques scènes surprenantes comme celles où le héros hallucine sous l'effet de drogues. Mais surtout c'est bien l'ambiance et les rues sombres que Dymtryk sait mettre en valeur comme peut être personne, et c'est bien là tout l'incroyable charme encore actuel de "Murder my sweet".

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Ci-dessus : Miles Mander, Anne Shirley et Dick Powell

Le roman "Farewell, My Lovely" aura de nouveau les faveurs du cinéma en 1975, avec Robert Mitchum dans le rôle du détective. Vous pouvez d'ailleurs retrouver une critique de ce film sur le site de mon ami Raphael : Adieu ma jolie -1975. Enfin, on notera qu'Edward Dymtryk retrouvera l'année suivante Dick Powell dans "Cornered".

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Ci-dessus : Dick Powell et Anne Shirley

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Ci-dessus : Mike Mazurki et Dick Powell

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Ci-dessus : Dick Powell et Anne Shirley

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Ci-dessus : Claire Trevor et Dick Powell

 

Petit bonus en anglais :

 

Note : 7,5 / 10