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29/11/2013

Marie-Antoinette - 1938

Olivier, déjà très présent dans les commentaires, nous fait aujourd'hui, l'honneur d'écrire un article sur Hollywood Classic. Olivier est donc le rédacteur du jour. Son article est très bienvenue, car j'ai idée de commenter prochainement, un film post-révolution française, et j'ai en ce moment beaucoup de travail en dehors de ce blog.

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Inspiré par la biographie de Stefan Zweig, le Marie-Antoinette de Van Dick s’attache à montrer une Marie-Antoinette, Dauphine puis Reine de France, avec une approche psychologique et faisant face tant bien que mal à l’indifférence et à l'impuissance temporaire du Dauphin, aux contraintes de la cour de Versailles puis aux remous politiques du pays. Tout entier centré sur elle, le film raconte l’évolution de Marie-Antoinette depuis son arrivée à 14 ans jusqu’à sa mort à près de 38 ans. Le film de 2h30 est ambitieux et dispose de gros moyens visibles à l’écran. Norma Shearer, grande star de la MGM, modifie son jeu tout le long du film pour coller à l’âge du personnage et aux événements. Elle livre une composition pleine d’énergie et aussi touchante qui lui vaudra une nomination méritée aux Oscars de 1939.  La mise en scène est spectaculaire avec un déploiement de décors somptueux et de costumes extravagants, même jusqu’à l’écoeurement. Le film alterne avec des scènes plus intimistes qui permettent de marquer les changements dans les relations de Marie-Antoinette avec les personnages masculins, Louis XV, Louis XVI et ses frères, son cousin et Axel de Fersen, son ami de cœur. Contrairement à Marie-Antoinette, leurs caractères sont mal dégrossis, vire à la caricature particulièrement pour Louis XVI ce qui est bien dommage. Tyrone Power qui joue le suédois Axel de Fersen fait preuve d’une forte présence à l’écran malgré ses 23 ans avec un jeu sobre qui contraste avec les français maniérés de la cour.

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Ci-dessus : Norma Shearer


Pour peu que l’on soit attaché à la réalité historique, le film est altéré par des erreurs : ainsi la Dauphine rencontre son futur mari à Versailles et non à Compiègne, elle est accueillie par les frères du dauphin adultes alors qu’ils avaient 14 et 12 ans, des personnages essentiels manquent comme la sœur du roi, le premier dauphin, la gouvernante des enfants meurent sous les coups des révolutionnaires ou encore Fersen retrouve Marie-Antoinette à la prison de la Conciergerie ce qui est pure fiction. Tout aussi regrettable, l’étiquette n’existe plus ainsi Marie-Antoinette et Fersen s’embrassent en public et les dialogues sont bien trop modernes tandis que les  décors ne ressemblent pas au Château de Versailles et le style des costumes et des coiffures ne suivent pas la mode sur les 23 années que couvre le film. Une gageure que même des films plus récents n’ont pas réussie non plus.

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Ci-dessus : Joseph Schildkraut, Robert Morley et Norma Shearer


Un mot sur la musique puisque Stéphane a l’habitude d’attirer ses lecteurs dessus !! Signée Herbert Stothart, elle fait l’objet d’un prologue de près de 3 minutes puis d’un entracte où l’on reconnait « La marseillaise » ou « Ca ira, ça ira ». La bande originale fut nominée aux Oscars. Le film se voit comme un beau spectacle porté par le talent de Norma Shearer et des personnages hauts en couleur. Depuis Stefan Zweig de nouvelles biographies de Marie-Antoinette corrigeront cette vision mélodramatique de l’histoire mais pour faire vibrer les cœurs, le but est atteint.

Rédacteur du jour : Olivier

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Ci-dessus : Norma Shearer

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Ci-dessus : Tyrone Power et Norma Shearer

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Note de Stéphane : J'ajouterai que la scène la plus poignante est la séparation de Marie-Antoinette de son fils qu'elle sait qu'elle ne reverra plus.

 

Extrait de la musique du film :

 

Montage vidéo sur le film :

 

La note d'Olivier : 6 / 10

La note de Stéphane : 7 / 10

15/09/2013

La divorcée / The divorcee - 1930

"La divorcée" est un film de Robert Z Leonard avec Norma Shearer, Chester Morris, Robert  Montgomery, et Conrad Nagel. Robert Z Leonard a une oeuvre variée, et a été nominée aux Oscars deux fois dans la catégorie du meilleur film, une première fois pour "la divorcée" et une deuxième fois pour "The Great Ziegfeld" (1936). Ce dernier film devait d'ailleurs gagner l'Oscar du meilleur film. On doit aussi à Robert Z Leonard, "the bribe" (1949) avec Robert Taylor, récemment sorti en France en DVD. Si je vous parle de nomination, c'est que "la divorcée" doit être très bon, et en réalité, il l'est. Les personnages sont formidablement bien décrits. Et on sent bien que les scénaristes ont fait un effort pour étudier la psychologie même du couple amoureux, mais aussi la psychologie masculine et féminine qui mène au divorce.

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Le film est tiré d'un roman d'Ursula Parrott. Irving Thalberg (célèbre producteur de la MGM) devait en acheter les droits en 1929. Le premier choix de Thalberg était de donner le rôle à Joan Crawford.  Thalberg était aussi le mari de Norma Shearer. Et cette dernière arriva à convaincre son mari de lui donner le rôle, après une séance où elle lui prouva qu'elle avait assez de sex-appeal pour jouer un tel rôle. Les deux autres vedettes masculines sont Robert Montgomery dont "la divorcée" est un de ses premiers films, enfin Chester Morris partage la vedette avec Norma Shearer. On verra Chester Morris dans de nombreuses productions comme "The Red-headed woman" (1932) ou "Blondie Johnson" (1933) avec Joan Blondell. Je mettrai peut être une réserve sur l'interprétation de Conrad Nagel, qui me semble trop maquillé pour être réellement crédible dans son rôle d'ami sincère de notre héroïne.

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Ci-dessus : Norma Shearer

Sous un format très classique, Leonard nous offre un remarquable mélodrame, qui démêle les affres et les erreurs d'un couple qui s'aime. Ainsi, le film en devient presque un conseil aux jeunes mariés et s'approche d'une réalité de la psychologie masculine et féminine. On peut supposer que c'est cela qui en fit un énorme succès à l'époque, et lui permit d'arriver jusqu'à la prestigieuse académie des Oscars. A n'en pas douter, ce réalisme psychologique, les longs silences et le jeu des acteurs (en tête Norma Shearer) sont la grande force du film.

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Ci-dessus : Chester Morris et Norma Shearer

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Ci-dessus : Conrad Nagel et Norma Shearer à la remise des Oscars


Extrait :


Note : 7,5 / 10

29/07/2013

Souvenez vous de ... Norma Shearer !

Qui se souvient aujourd'hui de Norma Shearer ? Elle a pourtant joué avec les plus grands : Clark Gable ou Tyrone Power entre autres. Enfin, elle était dans les années 20 et 30 la grande star de la MGM avec Garbo. Si on se souvient encore de Greta Garbo et de sa non moins fameuse réplique "leave me alone", on a un peu oublié Norma Sheaer, actrice canadienne, qui débuta avec le muet, mais continua sa carrière malgré le passage au cinéma parlant. Ainsi, si on se souvient d'elle comme une fabuleuse "Marie-Antoinette" (1938) ou dans "les âmes libres" (1931) ou encore dans "vies privées", ou dans "the divorcee", sa filmographie est à redécouvrir. Souvenez-vous de cette grande actrice, Norma Shearer qui n'était pas que la femme du célèbre producteur Irving Thalberg ! Hollywood Classic reparlera forcément de Norma dans de prochaines critiques.

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10/07/2013

Âmes libres / A Free Soul - 1931

Aujourd'hui je vais vous parler de "Âmes libres" formidable fim de Clarence Brown, de 1931, produit par la MGM. Le film a de multiples qualités, à commencer par un casting impressionnant, avec Clark Gable, Norma Shearer, Lionel Barrymore, et Leslie Howard. Je pense qu'il est inutile de préciser ici que j'ai la plus haute estime pour ces 4 acteurs qui magnifient littéralement la réalistion de Brown. Lionel Barrymore joue ici un célèbre avocat, la plupart du temps ivre, quand il ne plaide pas. Norma Shearer, joue sa fille, Leslie Howard, joue le fiancé, et Gable l'amant de la jeune femme. Vous l'aurez compris le jeu à quatre, va être le lot du scénario du film et quel scénario ! Ici nous n'avons pas droit seulement, aux bas fonds de l'Amérique, aux bars clandestins, aux salles de jeux secrètes, aux luttes entre bandes rivales et aux meurtres, mais aussi à la vie amoureuse d'un de ses tenanciers de bars clandestins, qui plus est chef de bandes.

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Aujourd'hui on peut considérer le jeu de Norma Shearer (épouse du producteur de la MGM  Irving Thalberg jusqu'à la mort de ce dernier en 1937), un peu trop empreint parfois de la marque de sa première partie de carrière dans le cinéma muet, avec de temps en temps, quelques expressions un peu trop appuyées. Elle n'en reste pas moins une fabuleuse actrice, terriblement sensuelle, avec des robes mettant parfaitement en valeur sa beauté. Il n'y a pas ici seulement de la tension sexuelle entre elle et Gable, mais bien une sensualité exacerbée, comme on verra rarement ensuite dans le cinéma américain. Mais la liberté du propos choque aussi. Ici on évoque le futur enlèvement d'une femme contre ton gré, pour satisfaire le plaisir d'un homme, et si l'inquiétude des protagonistes pour la vertue de la jeune femme semble aujourd'hui dépassée, elle ne reste pas moins comme le reflet d'une époque, où en France comme ailleurs de célèbres assassins, cachaient leurs crimes derrière la réputation d'une femme de renom, refusant ainsi de la compromettre en disant qu'il se trouvait avec elle la nuit du crime. Après tout, c'était une manière élégante d'envisager la guillotine et cela permettait de réunir pour l'accusé, une foule d'admiratrices avant le sacrifice final. Il y a un peut de tout ça ici. Mais il y a aussi et surtout la consécration de la sexualité féminine. Les femmes ne sont plus des objets sexuels, mais bien des êtres, avec leur propre sexualité. Ainsi, Norma Shearer  vient au départ de sa propre volonté, chercher de l'amour, mais aussi du sexe. Et le film évoque donc des relations hors mariage, propos qui sera totalement passé sous silence après juin 1934, et la mise en place du code de censure. Ainsi, la question sexuelle sera noyée sous une tonne de glamour, et on mettra en bobines un autre cinéma.

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Ci-dessus : Clark Gable et Norma Shearer

Ce "Free soul" est donc un formidable film qui n'a pas beaucoup vieilli, si ce n'est parfois par un jeu un peu trop appuyé de Norma Shearer, ou une utilisation très faible de la musique, marque des premiers films des années 30. Mais pour le reste, on est devant un chef-d'oeuvre de subversion, tenue par des acteurs particulièrement inspirés. Clark Gable impose une présence animale et Leslie Howard reprend ce personnage qu'il affectionne et qu'il rejouera dans "Autant en emporte le vent" (1939). Gable et Howard se retrouveront d'ailleurs sur ce même film. Quant à Lionel Barrymore il est extraordinaire et termine le film par une plaidoirie qui devait rester dans les annales du cinéma. Il recevra d'ailleurs un Oscar du meilleur acteur pour son interprétation. Je ne peux donc que vous conseiller ardemment de redécouvrir ce chef-d'oeuvre oublié mais impossible à ignorer, qui vous transportera d'émotions, et dont la seule leçon est peut être une expression d'une liberté sexuelle féminine dont l'écho résonne encore aujourd'hui. "A free soul" est tout simplement un chef-d'oeuvre du cinéma américain.

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Ci-dessus : Lionel Barrymore et Norma Shearer

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Ci-dessus : Leslie Howard et Norma Shearer

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Disponible en Zone 1  (allzone) dans le coffret "Forbidden Hollywood" volume 2 ou en Zone 2 sur le site de la Warner en France.

 

Extrait :

 

http://www.youtube.com/embed/Z32AJBC2wOM

Note : 8,5 / 10