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17/12/2012

Jeux de mains / Hands Across the Table - 1935

"Hands Across the Table" a été tourné par Mitchell Leisen à la Paramount. Ce film est le premier de toute une série de films tournés par le duo Carole Lombard/ Fred Mac Murray : "The Princess Comes Across" (1936),  "Swing High, Swing Low "(1937), et "True Confession "(1937). Dans "Hands Across the Table", il n'est question que de l'amour qui rend aveugle.  Le film commence par une courte scène de la vie quotidienne dans le métro la matin où on retrouve Carole Lombard et sa collègue de bureau s'extirper à grande peine d'un métro bondé. Cette scène rappelle vaguement une scène d'un ancien film de Gloria Swanson : "Manhandled". Mais la scène était beaucoup plus longue et construite dans "Manhandled". Là il n'est question que d'un rapide clin d'oeil à la follie du métro. Enfin nos 2 femmes arrivent à leur travail, un institut de beauté qu'elles utilisent comme pièce à garçons si possibles riches et beaux évidemment.

 

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Carole Lombard (Regi Allen) va se lier d'amitié avec Ralph Bellamy (Allen Macklyn), puis vouloir séduire toujours via l'entremise de son emploi de manucure le jeune et richissime Fred Mac Murray. Malheureusement, ce dernier se trouvera être un espèce de gigolo sans le sou. Mais finalement si individualistes l'un et l'autre, arriveront ils à se parler, et surtout à savoir qu'ils peuvent s'aimer ? Le film parcourt le coeur humain et l'incompréhensible impossibilité de communiquer à l'autre ses sentiments tellement propre à l'Homme. Mais sait on exprimer ce que l'on ressent si miraculeusement on ressent quelque chose pour l'autre ? Les thèmes du film sont donc beaucoup plus intéressants que la simple comédie initialement proposée. Malheureusement le film ne fait que survoler tous ces thèmes et ne bascule jamais dans le mélodrame, mais reste une comédie légère avec quelques moments sérieux. On ressort donc un peu désabusé devant le jeu d'un Fred Mac Murray qui peine ici parfois quelque peu à convaincre. Mais pour le jeune acteur qu'il était, on ressent déjà beaucoup de talents dans de nombreuses scènes. Les scènes de comédie au restaurant ou devant le téléphone avec l'appel venant des Bermudes sont très bonnes. Cette dernière restant très marquante, le réalisateur continua de tourner car les 2 acteurs continuaient de rire de bon coeur, la prise finie. Mais c'est bien en pince sans rire réprobateur que Mac Murray atteind le summum de son art, dans lequel il prospérera une bonne partie de sa carrière.

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En résumé, une comédie légère et facile qui survole son sujet et ne laisse pas un souvenir indélébile, mais dont la vision distrait et laisse entrevoir dans de rares moments la face sombre de l'autre film qu'elle aurait pu être.

 

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Extrait de la fameuse scène du télépone (Partie 5 à 5mn 23)

 

 

Disponible sur le coffret DVD Carole Lombard Zone 1 avec sous titrage français (image acceptable pour un film de 1935)


NOTE : 6,5 / 10

24/11/2012

Par la porte d'or / Hold Back the Dawn - 1941

J'aurais aimé dire beaucoup de bien de "Par la porte d'or", mais malheureusement ce ne sera pas le cas. "Par la porte d'or" raconte l'histoire d'un immigré roumain, bloqué à la frontière entre le Mexique et les USA. Il se met donc en tête de séduire une américaine (De Havilland) pour se marier avec elle et passer la frontière. Le film bénéficie tout d'abord un excellent casting avec Charles Boyer, Olivia De Havilland et Paulette Godard. Charles Boyer est convainquant dans son rôle d'éternel escroc candidat à l'immigration. Paulette Godart en comparsse de notre escroc est aussi très crédible. Malheureusement il me semble que l'interprétation d'Olivia de Havilland qui aurait du être plus en nuances, se perd finalement dans les méandres d'un scénario introuvable. Ainsi, on voit une scène assez hallucinante où on frappe à sa porte et où elle va à l'endroit opposé avant de se raviser. On a perdu Olivia en cours de route.

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Mais au delà de l'interprétation d'Olivia de Havilland c'est bien le scénario bancal qui coule le film. Comment une femme jeune et responsable peut elle tomber dans les griffes d'un homme qui ne l'aime pas, et surtout aussi facilement ? Pourquoi avoir gardé tous ces seconds rôles qui ne servent à rien, et ne font pas avancer le récit et ennuie finalement le spectateur ? Pourquoi le début d'une vraie romance entre Boyer et Havilland doit elle apparaître uniquement à la fin du film ? Oui le principal problème de "Par la porte d'or", c'est bien le scénario. Et j'aurais tendance à dire que ce n'est pas par la grande porte que passe le spectateur, et que celui ci aura bien du mal à ne pas vouloir chercher la porte de sortie avant la fin. Aujourd'hui on sait que les rapports entre le scénariste Billy Wilder et Mitchell Leisen le réalisateur furent assez mauvais. Ainsi, Mitchell Leisen et Boyer remanièrent le script à leur convenance au grand désespoir de Wilder. Ainsi Boyer refusa de tourner la scène d'introduction où il devait raconter son histoire à un cafard. Billy Wilder se fit ensuite interdire l'accès du plateau par Leisen. Et Leisen finit par dire de Wilder : « Il vient d’Europe centrale et il est têtu comme une mule quand on touche à son texte ». Wilder se vengea en raccourcissant le texte de Charles Boyer. Bref, vous l'aurez compris le tournage ne se fit pas dans les meilleurs conditions. Et malheureusement tout cela se ressent à l'écran et on voit bien que le film est totalement déséquilibré et finit là où d'autres commencent. Suite à ces difficultés, Wilder décida d'ailleurs l'années suivante de passer à la réalisation pour ne plus subir le "diktat" de gens comme Leisen. A noter, que de façon exceptionnelle, le film réserve une scène, où on voit De Havilland courir nue sur la plage au loin (est-ce vraiment elle ?).

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Ci-dessus Charles Boyer et Paulette Godard :

De son côté, à l'époque le film fut très bien perçu par la critique, et reçu 6 nominations aux Oscar, mais n'en remporta aucun. Olivia de Havilland fut nominé comme meilleure actrice (ce qui me semble un comble) mais c'est sa soeur (Joan Fontaine) qui le gagna. Elle devait en remporter un 2 ans plus tard pour "À chacun son destin" avec pour réalisateur encore Leisen. Aujourd'hui le film est encore à mon sens très surestimé. Néanmoins, il réserve quelques bonnes scènes entre de grands acteurs. Mais est ce bien suffisant pour faire un film réussi ? Pour ma part, je ne le crois pas. Surtout que l'âge d'or d'Hollywood a réservé bien d'autres chef-d'oeuvre à la valeur plus sûre.

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Ci-dessus Charles Boyer et Olivia de Havilland :

 

NOTE : 4,5 / 10