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17/06/2015

Pour toi j'ai tué / Criss Cross - 1949

"Criss Cross" ou en français "pour toi j'ai tué", nous rappelle tout de suite un autre film noir, de Robert Siodmak avec Burt Lancaster, que les plus cinéphiles connaissent déjà sans doute : "les tueurs" (1946). Lancaster reprend comme dans "les tueurs", un personnage marqué par un destin auquel il ne peut échapper. La distribution est étincelante avec Yvonne De Carlo, Dan Duryea et Stephen Mc Nally. On se rappelle de Dan Duryea pour ses rôles dans d'autres films noirs, en particulier ceux de Fritz Lang, comme "la femme au portrait" ou "la rue rouge" ou pour ses multiples rôles de méchants dans d'innombrables westerns. Pour Yvonne de Carlo, je pense que les habitués de ce blog et les amateurs de western, connaissent parfaitement sa filmographie. On peut citer "les dix commandements" (1956), "le barrage de Burlington" (1948) là aussi avec Dan Duryea, "l'esclave libre" (1957) avec Clark Gable, ou encore "les démons de la liberté" (1947) avec Burt lancaster.

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Le film reprend, quelques uns des stéréotypes du film noir : femme fatale, situation impossible, figure du gangsterisme etc. Mais le film de Siodmak se distingue de son prédécesseur, par une photographie plus discrète. Enfin, l'intrigue est marquée par la relation amoureuse entre Burt Lancaster et Yvonne De Carlo, qui est un point essentiel du scénario. L'avantage est que cela ajoute un petit côté mélodramatique à l'ensemble. L'inconvénient est que cela enlève évidemment un peu de force au film. Une foi n'est pas coutume, je n'ai pas été totalement convaincu de l'interprétation de Dan Dureya, sauf dans quelques scènes majeures en particulier la dernière scène, où on aurait pas su mieux faire, où il arrive parfaitement à faire passer les différentes émotions de son personnage, en quelques secondes très marquantes. Au profit du film, on peut noter la superbe musique d'un Miklos Rozsa très inspiré et le premier rôle de Tony Curtis, absent au générique, il est vrai cantonné à de la figuration. On pourra reproché à l'ensemble quelques ellipses scénaristiques, assez mal venues. Pour le reste, ce n'est que du bon.

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Ci-dessus : Yvonne De Carlo & Burt Lancaster

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Ci-dessus : Yvonne De Carlo & Dan Duryea

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Ci-dessus : Yvonne De Carlo & Burt Lancaster

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Ci-dessus : Burt Lancaster & Stephen Mc Nally

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Ci-dessus : Yvonne De Carlo & Burt Lancaster

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Ci-dessus : Burt Lancaster

 Présentation de Bertrand Tavernier :

 

Titre original avec la musique de Miklós Rózsa :

 

Extrait :

Disponible en DVD zone 1 VO sous-titrée français. Attention le film n'est pas compatible sur une PS3. Pour une compatibilité totale, voir l'édition Zone 2 de Carlotta de 2007.

Note : 7,5 / 10

06/05/2015

Le temps d'aimer et le temps de mourir / A Time to Love and a Time to Die - 1958

"Le temps d'aimer et le temps de mourir" est sans doute l'un des plus personnels de Douglas Sirk. En effet, Douglas Sirk était d'origine allemande, de son vrai nom Hans Detlef Sierck, et né à Hambourg le 26 avril 1897. Il devait quitter l'Allemagne en 1937, abandonner son fils membre du parti nazi, et rejoindre les USA, pour entamer après bien des métiers, une carrière de réalisateur. Son fils Klaus Detlef devait quant à lui, mourir sur le front russe au printemps 1944. Tiré du célèbre roman éponyne d'Erich Maria Remarque, auteur, mais aussi acteur dans cette production, Sirk nous donne sa vision de l'Allemagne du 3ème Reich, mais semble aussi nous donner une vision intimiste des derniers jours de son fils. On raconte qu'il passa une année à chercher des informations sur son fils pour comprendre ce qui lui était arrivé. Le film nous décrit donc, le retour d'un soldat allemand du front russe pour une permission, et sa découverte de l'Allemagne nazie en guerre, et en proie aux bombardements. Le héros découvre sa maison d'enfance réduite à un tas de décombres, et part à la recherche de ses parents. Sur ce scénario simple, Douglas Sirk nous donne donc un drame puissant, décrivant peut être pour la première fois dans le cinéma hollywoodien, les nazis comme des êtres humains comme les autres. Et c'est peut être le plus terrifiant de cette oeuvre. Ainsi, l'Allemagne nazie nous renvoie une image de nous même et de notre propre humanité, capable du meilleur comme du pire. Au delà, d'une description d'une Allemagne qui se meurt, le réalisateur aborde le thème de l'amour, ainsi que du caractère éphémère du bonheur, qui ne dure jamais bien longtemps. Sirk ne décrit pas le régime nazi, comme le régime responsable des pires horreurs de l'humanité, mais bien comme un régime qui nie l'individualité de l'être humain. La société est omniprésente, jusque dans l'intimité des relations amoureuses. Par cela, par cette possession de l'âme, et du corps des individus, le nazisme dénie tout libre choix, toute réflexion propre. L'homme n'est plus qu'un rouage du système. Celui qui s'en éloigne signe alors sa propre mort. Inoubliable drame, sublimé par la musique de Miklós Rózsa, "le temps d'aimer et le temps de mourir" est peut être le film le plus intime de Sirk sur son rapport filial, et qui pose question en résonance sur notre propre humanité. L'enfer c'est les autres, disait Sartre, c'est une réalité pour Sirk.

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Ci-dessus : Liselotte Pulver & John Gavin

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Ci-dessus : Erich Maria Remarque & John Gavin

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Ci-dessus : Liselotte Pulver

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Extrait de la musique de Miklós Rózsa :

 

Difficilement disponible en DVD, donc remerciements chaleureux à Arte pour la récente diffusion de ce chef-d'oeuvre, en espérant une prochaine sortie Bluray prévue en 2015 ou 2016.

Note : 8 / 10

13/02/2015

La vie passionnée de Vincent Van Gogh / Lust for Life - 1956

Il y a des films qui marquent plus que d'autres. "La vie passionnée de Vincent Van Gogh" est de ceux là. Ainsi, Vincente Minnelli est ici très inspiré. Mais il est aussi aidé par deux monstres d'Hollywood : Kirk Douglas et Anthony Quinn. Kirk Douglas arrive à transfigurer son personnage, pour épouser littéralement la personnalité tourmentée de Van Gogh. De son côté Anthony Quinn est un formidable Gauguin, et recevra d'ailleurs l'Oscar du meilleur second rôle masculin pour son interprétation. Le film est tourné pour une partie sur les lieux mêmes de la vie de Van Gogh. Ainsi, la première partie, est tournée dans la région de Mons-Borinage, en Belgique. La musique tourmentée de Miklós Rózsa joue également un grand rôle, et épouse parfaitement le portrait du peintre, en magnifiant les tourments de l'artiste. Le film s'inscrit parfaitement dans une partie de l'oeuvre de Minnelli, qui nous montre l'inadaptation à la vie de certains de ses personnages. Ainsi, déjà dans "Madame Bovary" (1949), Minnelli nous montrait déjà un personnage de femme incapable de se satisfaire de sa vie de femme de médecin de campagne, obligée de vivre de rêves, et de dépenses folles. Jennifer Jones y était extraordinaire. Dans "lame de fond" (1946), on retrouvait aussi un anti-héros étrange (Robert Taylor), schizophrène qui détestait son frère. Dans une moindre mesure, on peut se demander si "les ensorcelés" (1952), ou "quinze jours ailleurs" (1962), ne traduisent pas aussi une inadaptation des personnages au monde qui les entoure.

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Porté par la réalisation sérieuse de Minnelli, par l'interprétation exceptionnelle et passionnée de Kirk Douglas, et par une musique bouleversante de Miklós Rózsa, "la vie passionnée de Vincent Van Gogh" est un chef-d'oeuvre du cinéma hollywoodien, archétype du film de peintre, qui nous parle de la vie avant de nous parler de peinture. Mais peut être aussi, "la vie passionnée de Vincent Van Gogh", laisse transparaître la mélancolie d'un Minnelli qui sent que son Hollywood est en train de disparaître. On ne saurait dire ce que Minnelli a mis de ses propres angoisses dans ce film. Le film n'en reste pas moins, comme une grande réussite du cinéma hollywoodien, dont le lyrisme mortifère a rarement été égalé depuis.

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Disponible en Bluray chez Amazon.es à 7,50 € et chez Amazon.fr à 25,90 €, l'édition française comportant un livret sur l'exposition "Van Gogh au Borinage - Naissance d'un artiste" (68 pages).

Note : 8,5 / 10

01/02/2015

L'orchidée blanche / The Other Love - 1947

"L'orchidée blanche" est une adaptation d'une nouvelle d'Erich Maria Remarque. Et c'est un bien étrange film, qui se veut être un mélodrame, mais qui est tourné comme un film noir, avec beaucoup de codes du film noir. Là le héros, est une héroïne, Barbara Stanwyck qui ne va pas lutter, contre un cartel du crime, mais contre un adversaire encore plus redoutable : la mort symbolisée par une orchidée blanche. Stanwyck, joue le rôle d'une grande pianiste classique, qui se retrouve dans une clinique pour personnes atteintes de la tuberculose ou d'insuffisance respiratoire. Elle tombe rapidement amoureux de son médecin, joué par David Niven. Mais qui est il vraiment ? La distinguée clinique ne cache t'elle pas de sombres desseins ? Si le film nous parle de maladies pulmonaires, il semble pour lui même, se complaire dans une espèce de schizophrénie permanente. Ainsi, on ne sait pas bien jusqu'aux 15 dernières minutes, si il s'agit d'un film noir ou d'un mélodrame. Et le risque à trop vouloir se démarquer d'un genre, s'est de se retrouver au milieu de nulle part. Pourtant le film a aussi des qualités. Tout d'abord le casting est intéressant, Barbara Stanwyck est une actrice qui sait jouer et rendre crédible ses émotions. David Niven est ambigüe comme il faut, et Richard Conte a le charme qu'il convient. Il faut aussi noter la présence de Gilbert Roland en croupier vicieux.

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La réalisation est d'André De Toth, et on apprend sur les bonus et commentaires de Bertrand Tavernier, que c'est John Ford qui avait convaincu les patrons du studio indépendant, "Entreprise productions" de prendre De Toth en lieu et place de lui même. Le plus marquant est peut être aussi, la magnifique photographie de Victor Milner, qui sait nous ménager quelques moments sublimes, ou des scènes tellement proches du film noir avec des ombres particulièrement inquiétantes. A celà, il faut ajouter la belle musique de Miklós Rózsa et quelques extraits de jazz. Vous l'avez donc compris, "'orchidée blanche" a beaucoup de qualités formelles qui se perdent dans le scénario abscons de Ladislas Fodor et Harry Brown. André De Toth, racontera quant à lui, dans ses mémoires, l'influence réellement néfaste du producteur, David Lewis, pourtant ancien collaborateur de Thalberg à la MGM, qui lui aurait fait changer et rater la fin de son film. Quoiqu'il en soit, "l'orchidée blanche" est un film oublié même des cinéphiles, au ton drôlement étrange et inclassable. A noter enfin, qu'un film au scénario proche sera tourné, en 1977, avec Al Pacino, "Bobby Deerfield".

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck & David Niven

Disponible en DVD Zone 2 VO sous-titrée chez Sidonis

Note : 5 / 10

11/10/2014

Les tueurs / The killers - 1946

"Les tueurs" s'inscrit dans l'ensemble de films noirs qui a pris la suite du film de gangsters, dont le cycle se termina avec l'entrée en guerre des USA. Le renouveau du film policier américain et l'apparition du genre film noir, est donc liée à l'apparition d'un nouveau genre, le film noir. Les premiers films de ce nouveau genre, sont "high Sierra" (1941) avec Humphrey Bogart, mais aussi "le faucon maltais", la même année. Mais c'est évidemment "Assurance sur la mort" (1946) de Billy Wilder, après l'immédiate après guerre qui consacrera le genre définitivement. D'autres films auront moins de retentissement mais reste également, comme de bons films noirs. On peut citer pêle-mêle, "pris au piège" (1945), dont le scénario qui suivait l'enquête de cet ancien GI bouleversé par la perte de sa femme, dénoncé par un traître pendant la seconde guerre mondiale, avait tout d'une enquête policière. "La mort n'était pas au rendez-vous" (1946) avec Humphrey Bogart, est aussi un film noir de valeur. Donc le genre est en 1946, à son apogée. Pour "les tueurs", Robert Siodmak utilise tous les codes du genre, et se sert du contraste noir & blanc avec un grand succès, sans les systématiser à chaque scène. Il faut dire à ce propos qu'il a bénéficié de l'excellentissime photographie d'Elwood Bredell. Le scénario est quant à lui, adapté d'une nouvelle d'Ernest Hemingway, et est composé de 11 flashbacks qui font penser à la structure de "Citizen Kane" d'Orson Welles, qui était lui composé de 5 flashbacks. On sait aujourd'hui que John Huston en a écrit les trois quarts et que comme John Huston avait un contrat avec la Warner, on nota au générique uniquement le nom de Anthony Veiller. Seule la première dizaine de minutes est proche de la nouvelle d'Hemingway, le reste est largement réécrit par les scénaristes et donc par Huston.

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Le film a une très bonne distribution avec en tête d'affiche, Burt Lancaster et Ava Gardner, mais il faut citer aussi Edmond O'Brien, pas si mal en inspecteur d'une compagnie d'assurance. Il faut noter que c'est le premier film de Burt Lancaster. Et pour son premier film, il est excellent. Le film reprend tous les codes du film noir, avec bien évidemment la femme fatale en la personne d'Ava Gardner. Le héros se détourne d'ailleurs de la femme qui aurait été pour lui, la meilleure épouse, jouée ici par Virginia Christine aveuglée par une autre femme qui ne peut lui apporter que la mort et la solitude. "Les tueurs" restent la description de vies gâchées par le crime, mais dont le moteur reste le plus souvent l'amour, désespéré, et au final tragique. Cela reste donc comme une oeuvre majeure de Robert Siodmak, du film noir, et tout simplement un très grand film, à la violence assez inhabituelle pour 1946.

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Ci-dessus : Burt Lancaster & Ava Gardner

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Ci-dessus : Virginia Christine, Burt Lancaster & Ava Gardner

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Ci-dessus à droite : Burt Lancaster & Vince Barnett

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Ci-dessus : Ava Gardner

Disponible en DVD et en Bluray zone B en VF et VO sous-titrée chez Carlotta

Note : 8 / 10

13/04/2014

Othello / A double life - 1947

"Othello" ou dans son titre américain "a double life" est particulitèrement troublant. En effet, cette oeuvre de Georges Cukor est assez déroutante et nous entraine finalement dans les troubles psychiatriques que peut entrainer le métier d'acteur. Cukor avait déjà visité la folie ou tout au moins un mauvais discernement du réel, dans "hantise" (1944) avec Charles Boyer et Ingrid Bergman. Ici, Cukor va prendre la pièce de Shakespeare, "Othello" pour montrer le dédoublement de la personnalité d'un acteur (joué par Ronald Colman) qui devient petit à petit obsédé par son rôle, et devient fou. Le génie de Cukor est de montrer les deux univers du théâtre et de la vie de l'acteur, se mêlant, petit à petit pour ne faire qu'un. La pièce devient alors le creuset de destruction de l'univers de l'acteur et sa propre destruction.

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Le scénario est original, mais il manque malheureusement de crédibilité. Et on a peine à croire qu'un grand acteur de théâtre ne soit plus capable de faire la différence entre sa vie théâtrale et sa vie privée. Enfin, le scénario n'évite malheureusement pas les redites, et les lourdeurs. Par contre Cukor arrive de temps en temps à faire preuve de génie dans sa réalisation. Ainsi, lorsque Ronald Colman raconte le montage de la pièce, jusqu'à la première, cette séquence reste très moderne et nous fait passer de différents lieux et espaces temps en quelques secondes, donnant un caractère particulièrement novateur à l'oeuvre. Malheureusement ce type de séquences reste une exception et l'oeuvre souffre de séquences scénaristiques finalement assez répétitives. Par contre, la musique de  Miklos Rozsa reste comme d'habitude excellente et relève le niveau d'ensemble, d'un film qui ne laisse pas indifférent. On retiendra également, la superbe interprétation de Ronald Colman qui lui vaudra un Oscar, et la très bonne composition de Shelley Winters, en serveuse un peu paumée.

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Ci-dessus : Signe Hasso et Ronald Colman

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Ci-dessus : Shelley Winters et Ronald Colman. On peut noter sur cette image, le rapport de domination entre elle et lui, qui va s'inverser à mesure que Colman va identifier sa vie à celle d'Othello.

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Ci-dessus : Le rapport commence à s'inverser. Si Colman est assis. Il semble satisfait de ce qu'il regarde et Shelley Winters semble vouloir le séduire.

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Ci-dessus : Les deux protagonistes sont assis. Le regard est irrémédiablement attiré par les mains de Colman qui vont être le dénouement final de la relation entre les deux personnages.

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Ci-dessus : Rolnad Colman et Signe Hasso

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Extrait de la musique de Miklós Rózsa :

Film disponible en DVD Zone 2 chez Wild Side en VO sous-titrée (à noter une belle qualité d'image du Master).

Note : 7 / 10

02/04/2014

Le secret derrière la porte / The secret beyond the door - 1948

"Quand on est dur comme le Technicolor, on ne peut rien dire", c'est par ces mots que Fritz Lang expliquait à Jean-Luc Godard, sa vision du cinéma en 1967. Et c'est par ces mots de Fritz Lang que j'aimerai commencer cet article. En effet, dans cette simple phrase, Lang dit tout de son amour du cinéma noir & blanc, des jeux de lumières, des jeux d'ombres, et si pour Freud, le rêve était la voie royale de l'inconscient, on peut dire sans se tromper, que le noir & blanc était le pinceau de Fritz Lang, non pas seulement réalisateur de cinéma, mais aussi artiste génial, qui faisait du noir & blanc, sa propre usine à rêves. "Le secret derrière la porte" fait parti du tryptique réalisé par Lang avec pour héroïne Joan Bennett. Je ne vais pas revenir ici, sur la carrière de Joan Bennett et sa difficile montée vers l'immortalité cinématographique que lui donnera Lang. Mais il est suffisant de dire que "le secret derrière la porte" est le quatrième et dernier film de cette collaboration, commencée par "chasse à l'homme" (1941), puis continué par "la femme au portrait" (1944) et "la rue rouge" (1945). Lang donnera naissance à des films exceptionnels.

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 Lang a été le révélateur, de Joan Bennett et il a su comme aucun autre réalisateur, révéler le talent de cette formidable actrice, pour la graver à jamais au Panthéon de la cinématographie mondiale. Alors, avec un tel duo artistique et une telle ambition à quoi peut on s'attendre pour ce film ? Evidemment, c'est un chef-d'oeuvre. Tout d'abord et si il est encore besoin de le dire, la forme est totalement, et définitivement parfaite. Lang s'attache à donner une âme à son image, à faire de l'image elle-même, le reflet de l'inconscient ou de la conscience de chaque personnage. Le spectateur est donc abasourdi devant un film, qui si il ne dit pas tout, suggère avec un goût et une intelligence rare. Certaines critiques ont reproché à Lang de marcher sur les traces d'Hitchcock. Cela n'a pas de sens, car Lang avait son propre style. Le casting comprenant donc Joan Bennett et Michael Redgrave fonctionne à merveilles. Alors que peut on réellement reprocher à ce film ? Peut être, il faut bien le dire, que la fin n'est pas la hauteur du reste de l'oeuvre. La fin semble terminée peut être trop rapidement ou remplie de raccourcis, et méritait sans doute une recherche scénaristique plus poussée.

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Ci-dessus : Joan Bennett

Néanmoins, dans la longue histoire de l'art, combien pourrait-on citer d'oeuvres à la conception imparfaite, mais indéniablement restée comme des monuments artistiques. C'est bien encore le cas ici. Et ce serait n'avoir rien compris au cinéma de Lang, et à l'art en général, que de ne pas acclamer et proclamer que "le secret derrière la porte" est définitivement une perle de l'art occidental, et du cinéma mondial en particulier. Il se passera peut être encore des dizaines d'années avant que le monde rende encore sa vraie place à Fritz Lang. Mais un jour, on rendra justice à son oeuvre et notre vieux monde injuste, se rendra compte que Fritz Lang est au cinéma, ce que Ludwig Van Beethoven est à la musique, et que l'un et l'autre, ont non seulement changés notre conception de l'art, mais aussi notre conception de la réalité et de l'Humanité, devenant des sortes de Prométhée, possédant le feu divin de la création.

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Ci-dessus : Michael Redgrave et Joan Bennett

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Disponible en Bluray Zone 2 en VO sous-titrée chez Carlotta (à noter dans les bonus, un superbe reportage sur Joan Bennett de 10 mn, tiré d'un article de positif de Christian Viviani).

 

Pour aller plus loin :

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=435013

Note : 8,5 / 10

09/02/2014

L'espion Noir / The Spy in black - 1939

Il y a beaucoup de choses à dire sur "l'espion noir" tiré de la nouvelle de J Storer Clouston. On peut déjà dire que c'est le premier film de la longue collaboraiton entre Michael Powell et Emeric Pressburger. C'est le producteur Alexander Korda, qui demande à Emeric Pressburger de réécrire quelques scènes du scénario, que les deux hommes vont transformer radicalement, en faisant de ce dernier, un huis-clos oppressant entre Conrad Veidt et Valerie Hobson. On peut supposer que le film tombait assez bien dans un contexte international pré-deuxième guerre mondial. D'ailleurs, le film est terminé en 1938, mais la sortie en est retardé par les producteurs jusqu'en août 1939, presque à la veille du déclenchement du deuxième conflit mondial. Le film raconte l'histoire d'un commandant de U-Boat dont la mission consiste à infiltrer la côte anglaise afin d'y récupérer des renseignements, permettant aux sous-marins allemands, de couler une partie de la flotte britannique. Le succès immense de "l'espion noir" sorti des deux côtés de l'Atlantique, et aux USA sous le titre "U-Boat 29", permettait à Powell et Pressburger de continuer leur collaboration, tout d'abord avec "espionne à bord" (1940) avec la même distribution (Conrad Veidt et Valerie Hobson), mais aussi avec "49e Parallèle" (1942). a partir de là, la collaboration entre Michael et Emeric Pressburger ne devait quasiment plus s'interrompre. Ainsi, il devait tourner ensemble jusqu'en 1957, à travers la société "The Archers Films Production", quelques chef-d'oeuvres du cinéma mondial. On peut citer par exemple : "Colonel Blimp" (1943), "Le Narcisse noir" (1947), Les Chaussons rouges (1948) ou "Les Contes d'Hoffmann" (1951).

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Pour revenir à "l'espion noir", il faut bien dire que la distribution est excellente. Ainsi, on ne voit pas qui aurait pu joué aussi bien que Conrad Veidt, cet espion allemand, commandant de U-Boat. Pour le public d'aujourd'hui un peu cinéphile, Conrad Veidt reste évidemment l'officier nazi du "Casablanca" (1942) de Michael Curtiz. Mais il a été bien plus qu'un officier allemand ou nazi. Il a eu une  immense première carrière allemande. Et comme beaucoup il se décida à fuir l'Allemagne en 1933 pour continuer sa carrière en Angleterre puis en Amérique. On se rappelle par exemple de son rôle de Jaffar dans "le voleur de Bagdad" (1940). Ici, dans 'l'espion noir", il est parfait dans son rôle d'officier de marine allemand, lui donnant une présence quasi animal. On a parfois l'impression de voir un loup aux aguets.  Tous les autres acteurs sont plutôt bons dans leur jeu. On notera la présence de Sebastian Shaw, qui reste pour le public français comme "Dark Vador" dans "le retour du Jedi" (1983).

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Ci-dessus : Valerie Hobson et Conrad Veidt

Le film est donc un très bon film anglais d'espionnage, qui rappelle bien souvent Hitchcock de part la façon dont il est filmé, aussi bien que par la construction scénaristique. Néanmoins, Hitchcock jouait beaucoup plus avec la caméra pour trouver des angles parfois assez improbables. Ici, c'est un peu moins le cas. Néanmoins, la scène dans les escaliers entre Valerie Hobson et Conrad Veidt est admirablement bien filmée. Je retiens donc que "l'espion noir" est un très bon film avec un retournement de situation très intelligent. A voir et à revoir. On a devant nous, du grand cinéma anglais. On ne peut que remercier Elephant Films de ressortir ce genre de film. Et à la vision de films de cette qualité, on ne peut que se rappeler la phrase de François Truffaut qui disait : 'le cinéma anglais n'existe pas". En tous les cas, avec "l'espion noir" on a un bien bel exemple de cette existence.

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Ci-dessus : Valerie Hobson et Conrad Veidt

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Ci-dessus : Valerie Hobson et Sebastian Shaw

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Michael Powell et Emeric Pressburger

Note : 7,5  / 10

21/12/2013

Le chevalier sans armure / Knight without armor - 1937

"Le chevalier sans armure" est une production d'Alexandre Korda, et fait donc parti de la salve de films sortis par Elephant Films en novembre. On peut tout d'abord remercier cet éditeur pour deux choses. Tout d'abord, il faut le remercier de rappeler à notre mémoire cinéphilique, ce cinéma anglais un peu oublié, et pour les très intéressants commentaires de Jean-Pierre Dionnet. Et c'est un peu aussi grâce à ces commentaires présents dans les bonus du film, que je vais pouvoir enrichir cette note. Donc "le chevalier sans armure", production d'Alexandre Korda, est tiré du roman de James Hilton. On sait que James Hilton a été très souvent adapté au cinéma pour différents romans. Le film est réalisé par le réalisateur belge Jacques Feyder, qui fit tant pour le cinéma français. On retrouve des maîtres que ce soit à la photographie, comme premier opérateur, ou à la musique. Ainsi à la photographie, on a Harry Stradling Sr, qui se distinguera en particulier par son très beau travail sur "My Fair Lady" (1962) avec Audrey Hepburn et Rex Harrisson. Ainsi, on retrouve une des scènes de "My Fair Lady" avec la fameuse course de chevaux en 1913, à Ascot. Comme premier opérateur, on retrouve un certain Jack Cardiff, qui travaillera sur de très nombreux films de John Ford et qui finira seul, "le jeune Cassidy" (1964), commencé par Ford. Et à la musique, il y a un certain Miklos Rozsa, dont c'est la première composition. On en reparlera plus tard. Avec une telle équipe, il était difficile de ne pas faire un chef-d'oeuvre du cinéma. Et c'est bien le cas.

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Dans le casting, on retrouve donc en tête, Marlene Dietrich et Robert Donat. dans le rôle du héros. Robert Donat, devait jouer un héros un peu perdu, du fait qu'il a le rôle d'un anglais exilé, dans les neiges de la Russie. Et il s'en sort très bien, car Donat était dans la vraie vie, un homme fragile, sujet à des crises d'asthme, dont la dernière devait d'ailleurs l'emporter à l'âge de 53 ans. Quant à Dietrich, elle ressort de sa période "Josef von Sternberg", qui sera peut être son plus grand réalisateur. Après Marlene, Sternberg perdra malheureusement petit à petit son cinéma. La période visitée par "le chevalier sans armure" est la révolution russe, et on pense évidemment au "Docteur Jivago" (1962) de David Lean lorsqu'on voit ce film. Alors évidemment, "le chevalier sans armure" n'atteint pas les sommets de l'oeuvre de Lean, mais il y a une telle réunion de nombreux talents que ce soit sur l'écran ou dans l'équipe technique, que l'on ait sans aucun doute, en face d'un chef d'oeuvre. On pourra néanmoins reprocher à l'écriture scénaristique de sauter par exemple une scène essentielle, comme l'évasion par Marlene de sa prison.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich et Robert Donat

Le visage de Marlene est admirablement filmé par des jeux de lumière incessants. Et cela donne un côté fascinant et extraordinaire au film. On peut lui reprocher un jeu parfois légèrement surfait. Mais ce n'est à rien à côté des qualités d'un film, qui nous montre la disparition de la Russie du Tsar et l'arrivée du communisme. Le film navigue donc entre romantisme, tragédie, horreur de la révolution, et onirisme.  Il y a beaucoup de scènes marquantes. Mais l'une d'elle est, la reconquête d'une ville Rouge, par les Blancs (partisans du Tsar). Un diner est alors donné en l'honneur de Marlene. Et là c'est l'ancienne Russie qui de nouveau existe, et qui réapparaît, réunion de fantômes que le souffle de l'histoire balaiera en un clin d'oeil, tout cela avec pour fond musical la première composition de Miklos Rozsa, qui a des accents lyriques que l'on retrouvera plus tard dans le reste de son oeuvre. Mais la musique a aussi, ici des accents russes, que le sujet lui impose. Voilà. Vous savez presque tout, sur "le chevalier sans armure", un magnifique mélodrame, qui n'attend que d'être découvert par vous, cinéphiles de notre temps. Il le mérite amplement.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich et Robert Donat

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Ci-dessus : Marlene Dietrich

 

La musique du film:

Disponible chez Elephant Films en DVD zone 2 sous-titrée

 

Note : 7,5  / 10

20/12/2013

Lydia - 1941

Avec "Lydia" on rentre dans la catégorie du grand mélodrame comme a tellement bien sur en réaliser Julien Duvivier. Ainsi "Lydia" est un remake d'un film déjà de Duvivier, "un carnet de bal" (1937), réalisé en France. Avec Lydia, on est bien entendu dans du cinéma américain, mais encore dans une production d'Alexandre Korda. Le film a un principal défaut, ce sont ces nombreux flashbacks, qui ralentissent l'action et qui nous ramène à chaque fois à la situation peu romantique, d'une héroïne âgée, qui réunit les amours de sa vie. Une femme a t'elle jamais pu le faire ? Les 40 premières minutes sont donc assez difficiles avec différentes versions de la salle de bal, qui est racontée donc deux fois. Si les deux versions, nous démontrent que l'être humain, a tendance a enjoliver le passé, la démonstration n'est pas cinématographiquement évidente. Mais après cette première partie laborieuse, le film va soudain petit à petit s'élever et atteindre un lyrisme rarement vu dans le cinéma. Alors c'est vrai que le jeu d'Edna May Oliver dont c'est le dernier film est peut être légèrement surjoué. Ainsi, sa dernière crise cardiaque dans le film, est presque risible. Mais on dira que cette faute de goût est peu de chose, par rapport à l'ensemble. On notera la présence de Joseph Cotten qui venait de tourner "Citizen Kane" ou qui sera évidemment le mari de Marilyn dans "Niagara" (1953). 'Alan Marshal, et George Reeves complète le casting. Georges Reeves c'est un des deux jumeaux que l'on voit au début "d'autant en emporte le vent" (1939). Son histoire est brièvement évoquée dans "Hollywoodland" (2006) avec Ben Affleck. Georges Reeves, jouera Superman dans les années 50 pour la télévision et déçu par son rôle et une carrière qu'il voyait terminée, il devait se suicider.

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La photographie est d'un certain Lee Garmes, et elle est magnifique Il y a tout le long du film, un travail admirable sur les reflets, les noirs et la lumière. Lee Garmes travailla sur de très nombreux films et bien qu'il ne soit pas au générique, il devait travailler sur la photographie de "Gone with the wind" (1939). Excusez du peu.  On remarque enfin comme sur "Le divorce de lady X" la musique d'un certain Miklos Rozsa, qui est ici très inspiré et qui nous donne à entendre, une musique très romantique et très lyrique, qui comprend entre autre, un scherzo pour piano et orchestre. En somme, ce "Lydia" aurait pu atteindre les sommets du mélodrame sans ces flashbacks sans intérêt qui alourdissent malheureusement le film et en font perdre presque le fil. L'oeuvre est néanmoins admirable dans sa réalisation, dans sa photographie, et dans le jeu de ses acteurs et donc tout à fait digne d'être vue et revue. Et à la fin devant cette vie passée sous nos yeux, le vertige nous prend et nous emporte. Ainsi, on a peut être jamais aussi bien étudié le coeur et l'âme d'une femme que dans "Lydia", hymne à l'éternel féminin, beau et fascinant comme une rose, qui vit, qui aime et qui se meurt.

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Ci-dessus : Merle Oberon

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Ci-dessus : Merle Oberon

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Ci-dessus : Merle Oberon, Joseph Cotten, et Edna May Oliver

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Ci-dessus : Merle Oberon et George Reeves

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Ci-dessus : Joseph Cotten, Alan Marshal, et Merle Oberon

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Ci-dessus : Merle Oberon et Alan Marshal

Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée, chez Elephant Films qui décidément nous gâte.

 

Extrait de la musique :

 

 

Note : 7 / 10

18/12/2013

le divorce de Lady X / The divorce of Lady X - 1938

Qui ne connaît pas Alexandre Korda ? Alexandre Korda c'est l'homme qui a voulu concurrencer et dépasser Hollywood. Il est d'origine hongroise naturalisé britannique. En 1919 lorsqu'il quitte la Hongrie, il a déjà réalisé 25 films. Il est un des premiers producteurs à utiliser la couleur dans ses films : "La Vie privée d'Henry VIII" (1932), "Rembrandt" (1936), mais aussi dans ce film, "le divorce de Lady X" (1938). "Le divorce de Lady X" est un film anglais réalisé par Tim Whelan. Le film est une comédie romantique, mais dont l'accent est porté plutôt sur la comédie. Le sujet est proche d'une pièce de Guitry, mais avec un certain humour et une certaine distinction. La couleur est très belle et on sent qu'un travail important a été effectué pour donner un ton pastel au film. Ainsi, le bal costumé du début du film permet de voir la magnificence des costumes en couleur.

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Le scénario est plutôt bon, quoique très classique. On a une distribution très intéressante avec en particulier Laurence Olivier, dont un de ses rares rôles comiques. En effet, pour ma part, j'étais plus habitué à le voir dans des reproduction cinématographiques, des oeuvres de Shakespeare : "Henry V" (1944), "Hamlet" (1948), "Richard III" (1955), ou encore "Othello" (1965). Elle a ici pour partenaire, Merle Oberon, ici jeune actrice de 27 ans. Je ne reviendrais pas sur les histoires familiales des origines cachées de Merle Oberon, qui ne regardent qu'elle. Après tout, si elle n'a jamais voulu les dévoiler. Pourquoi devrions nous tenter de le faire ? Il suffira de dire que Merle Oberon était une métisse et que donc à une époque qui pratiquait plutôt la ségrégation, elle préféra cacher ses origines. On remarque aussi l'immense acteur britannique Ralph Richardson, qui est parfait en cocu à l'élégance extrême.

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Ci-dessus : Merle Oberon

Alors que manque t'il ? Et bien il manque ce grain de folie qui caractérise tellement bien la comédie française ou la grande comédie classique américaine. Le flegme britannique est là et si on rit parfois, on sourit le plus souvent. Le spectacle est donc plaisant et très beau, mais il n'arrive pas au niveau des comédies incroyablement drôles et tellement bien réalisées d'un certain ... Ernst Lubitsch.

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Ci-dessus : Laurence Olivier et Merle Oberon

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Ci-dessus : Laurence Olivier et Merle Oberon

Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée, chez Elephant Films

Note : 6,5 / 10

08/09/2013

Assurance sur la mort / Double Indemnity - 1944

 "Assurance sur la mort" ou en anglais "double indemnity" est un film de Billy Wilder adapté du roman éponyme de James M Cain. Ce film reste peut être comme le plus célèbre "film noir" classique. Je pense qu'il n'est pas nécessaire de présenter Billy Wilder, qui est un des plus célèbres réalisateurs de la période faste d'Hollywood. Wilder était évidemment un génie touche à tout, qui brilla autant dans les comédies comme "Sept ans de réflexion" (1955),  "certains l'aiment chaud" (1959), "la garçonnière" (1960), mais aussi dans les films noirs comme donc "Assurance sur la mort" (1944), pour atteindre un espèce de sommet cinématographique avec "Boulevard du Crépuscule" (1950). D'ailleurs,l n'y a rien d'étonnant que les cahiers du cinéma ait choisi pour leur première couverture de mettre à l'affiche "Boulevard du Crépuscule". On a donc comme réalisateur, un petit génie et un casting très alléchant avec Fred MacMurray, Barbara Stanwyck et Edward G Robinson. On ajoute que le scénario a été rédigé par Wilder et Raymond Chandler, l'écrivain mondialement célèbre et reconnu dans l'écriture de romans policiers dans les années 40. La collaboration entre Chandler et Wilder sur le film, fut fructueuse, mais aussi difficile. En effet, Wilder avait commencé sa carrière comme scénariste et ne s'en laissait pas compter. On sait d'ailleurs que Wilder se mit à la réalisation car il était frustré de voir son travail de scénariste par des réalisateurs qu'il n'estimait pas. Ainsi, il me semble que par "la porte d'or" scénarisé par Wilder est totalement déséquilibré dans sa construction, et montre à l'écran, le résultat de la défaite de Wilder pour modifier un scénario que le réalisateur a rendu bancal. Ici sur "Assurance sur la mort", Wilder a aimé le travail de Chandler sur le film, mais il reconnaît dans ses Entretiens avec Michel Ciment que cette collaboration fut assez difficile. Dans ses lettres, Raymond Chandler écrit : «Ce travail avec Billy Wilder a été atroce et aura sans doute abrégé ma vie».

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 Pour revenir à "Assurance sur la mort", on a donc un casting 4 étoiles, un génie à la réalisation, et un autre génie à l'écriture. Le film était donc parti sous les meilleurs auspices. A cela on rajoute un autre très grand artiste : Miklós Rózsa, pour la musique. Que demander de plus ? Et le résultat à l'écran est particulièrement réussi. Le film respecte tous les codes du film noir, mais avec quelques particularités. Ainsi, il y a tout le long la voix du personnage principal qui finalement raconte l'histoire dans des "flashbacks" successifs. Cela aurait pu alourdir le film, mais il n'en est rien. Cela donne un côté un peu littéraire et presque intellectuel à un film qui ne l'est pas.

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Ci-dessus : Fred McMurray et Barbara Stanwyck

On sent que Wilder a voulu enlever tout côté glamour au film et donner à Stanwyck une image qui va au delà de la femme fatale. En effet, il en fait un être quasiment maléfique, que le héros suivra les yeux fermés jusqu'à l'ultime fin où il ne la suivra plus, mais où peut être il aurait du le faire. On ne le saura jamais. Wilder et Chandler excelle à donner d'ailleurs de multiples fausses pistes au spectateur. Ainsi, je me suis demandé quand Edward G Robinson a su qui était réellement le meurtrier. Son jeu est parfait, car on a toujours l'impression qu'il a un coup d'avance et qu'il sait. Cela donne un ton très particulier à l'ensemble de l'oeuvre. Wilder a décidé également de changer un peu le roman original, autant pour des raisons cinématographiques, que pour des raisons de censure. Ainsi, on ajouta des éléments de suspens.

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Cj-dessus : Barbara Stanwyck et Fred McMurray

George Raft avait été pressenti, mais il refusa de jouer un meurtrier. Enfin Wilder transforma Barbara Stanwyck, faisant d'elle une blonde vénéneuse. Mais dans "Assurance sur la mort" ce n'est pas seulement un bon casting, un bon compositeur, et un bon réalisateur, c'est aussi une consécration de l'esthétique du film noir. Ainsi Wilder comme sur d'autres films bénéficient d'une superbe photographie en la personne de John F Seitz, qui sera 7 fois nominés aux Oscars de la meilleure photographie. Ainsi, sans vouloir trop pousser cette étude, regardez l'image ci-dessous. Ne peut on penser que Fred McMurray cache derrière la porte un lourd secret ? la porte n'est elle pas ici le symbole d'un secret que l'autre personne que l'on ne voit pas ici sur la photo, ne doit absolument pas savoir ? Et dans la photo ci-dessous, on remarque l'étrangeté d'une situation exceptionnelle dans un supermarché quelconque de l'époque. Il y a donc une opposition entre ce lieu public commun et la situation que vivent les deux protagonistes.

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Je ne peux finir sans dire un mot sur la très belle musique de Miklos Rosza, qui ici évoque sans aucun doute possible, l'inexorable destin, et peut être la peine qui attend les futurs assassins, et la lutte désespérée de l'Homme pour échapper à cette peine. Le film atteint alors son sommet lors de la scène proche du "Hollywood Bowl" où Rosza a l'idée prodigieuse de réunir sa musique à la musique de Beethoven (la 7ème symphonie je suppose). Cette scène est sans aucun doute le sommet musical du film et un des tournants du scénario. Vous l'aurez compris, "Assurance sur la mort" est un chef-d'oeuvre du film noir. On notera enfin que Wilder n'était pas satisfait de la fin et tourna donc une fin alternative, enfin MacMurray devait jouer en 1960 dans un autre film de Wilder : "la garçonnière" (1960). Une version de "Assurance sur la mort" a été sortie en Bluray chez Kino, sans sous-titres ni version française. On ne peut donc qu'espérer que les éditeurs en France, se décident à faire un effort pour sortir ce film en Bluray dans nos contrées. Il le mérite largement,

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Ci-dessus : Fred McMurray et Edward G Robinson

Film disponible en DVD zone 2 chez Carlotta.

La musique de Miklos Rozsa :

 

Reportage présentant le film :

Note : 9 / 10

04/05/2013

Les démons de la liberté / Brute Force - 1947

"Les démons de la liberté" est un film de Jules Dassin tourné en 1947, avec comme star principale, Burt Lancaster. Hume Cronyn trouve là quant à lui peut être un des ses meilleurs rôles. Habitué aux seconds rôles, Hum Cronyn a joué dans "le facteur sonne toujours 2 fois" (1946) où il a interprêté un avocat toujours à la limite de la légalité. On retrouve également Hum Cronyn, dans "la septième croix" (1944) avec Spencer Tracy, il faisait le citoyen allemand qui était molesté par le régime nazi. Le film nous raconte l'histoire de la naissance d'une évasion d'un pénitencier d'état qui va mal tourner et finir en explosion généralisée. Cette idée d'évasion va naître de l'enfermement, la promiscuité, mais aussi de l'opposition entre le surveillant en chef joué par Cronyn et les détenus. Le personnage joué par Burt Lancaster ou même par Hume Cronyn n'apparaissent pas au début du film comme des personnages principaux. Et Dassin nous montre ici avec un talent inimaginable que l'antipathie des deux personnages va évoluer pour déboucher finalement en une lutte à mort.

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Dassin et le scénariste Richard Brooks ont ici en plus l'intelligence prodigieuse d'insérer des flashbacks successifs. Ainsi, ces flashbacks au lieu de compliquer l'histoire ou de la ralentir vont expliquer très souvent quelle est l'histoire des prisonniers. De plus ils sont introduits de la plus intelligente des manières, par la discussion le soir entre prisonniers. Et de quoi peuvent bien parler les prisonniers le soir ? Ils parlent des femmes qu'ils ont connu. Ainsi, Dassin introduit des personnages féminins dans un film de prison, genre (comme dans le film de guerreà où il y en a généralement assez peu. Cela nous permet donc d'apprécier Ann Blyth, Ella Raines, mais aussi Yvonne de Carlo et Anita Colby. Le film n'est donc jamais linéaire ou ennuyeux. Ces flashbacks donnent également une respiration et une structure à l'oeuvre et caractérisent les prisonniers et n'en font plus des inconnus pour le spectateur. Ses flashbacks donnent enfin, une humanité à chaque détenu, les montrant n'ont comme des prisonniers, mais comme des êtres humains capables d'aimer ou de bonté si on leur donne leur chance. On pourrait aussi parler longuement de l'extrème sophistication de ces flashbacks à l'extrème inverse des scènes dans l'égout.

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Le personnage du gardien chef joué par Cronyn est le plus intéressant. En effet, symbole de la violence et de la perversité, il devient à la fin du film, symbole de la barbarie nazie. Et là on peut dire que Brooks et Dassin clouent le spectateur en disant que le nazisme il n'était pas seulement en Allemagne, mais aussi dans les prisons américaines. Le nazisme devient donc sociétale et non pas la seule tarre du peuple allemand. On pourrait dire qu'il devient une espèce de perversité de l'Homme. Ainsi, plusieurs indices sont donnés aux spectateurs pour que celui-ci arrive à cette conclusion. On voit Cronyn écouter du Wagner avant de se mettre à frapper un prisonnier. Son discours glorifie les plus forts contre les plus faibles. Enfin, un ancien soldat explique les tactiques utilisées contre les nazis pendant la guerre. A ce moment du film, on comprend que le film fait l'effet d'une bombe. Et si l'impitoyable cruauté sociale des détenus est mise en avant. Elle n'atteint jamais là, la perversité carcérale mise en place par les gardiens.

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Dassin arrive avec ses flashbacks et avec sa dénonciation de la cruauté universelle et institutionalisée de la détention à faire du spectateur une conscience des détenus et à finalement nous faire prendre fait et cause pour eux. L'intelligence scénaristique est prodigieuse et on voit quand même la différence avec des séries récentes comme par exemple "Prison Break" à la qualité inégale. Là l'oeuvre de Dassin est parfaite, sans apérités ou défauts quelconques et magnifiée par la musique ample et généreuse de Miklos Rozsa. "Les démons de la liberté" est donc une oeuvre majeure de Dassin du même niveau que "les forbans de la nuit" qu'il tournera 3 ans plus tard. Enfin, ce film a son utilité car il réveille notre conscience, en nous faisant réfléchir sur le régime pénitencier américain où on peut emprisonner sans juger ou maintenir à l'isolement pendant 41 ans un être humain sans preuves suffisantes. Un film indispensable.

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Ci-dessus : Whit Bissell et Ella Raines

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Ci-dessus : Hume Cronyn dans ses oeuvres ...

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Ci-dessus : Burt Lancaster et les flashbacks féminins des "démons de la liberté".


Bande-annonce :

 

Extraits de la musique :


Film disponible chez Universal en DVD Zone 2

Note : 9,5 / 10

11/04/2013

Souvenez vous de ... Miklós Rózsa !

Miklós Rózsa, compositeur d'origine hongroise, qui devait se spécialiser dans la musique de films grand spectacle laisse une oeuvre immense et belle à la postérité. Grand parmis les grands, il a magnifié tous les films dont il a composé la musique que ce soit lors de ses premières compositions en Angleterre ou à partir de 1940 à Hollywood. Bel exemple de l'apport de l'Europe à Holllywood, le cinéma aurait été plus petit et plus triste sans lui. Je peux dire sans me tromper, que sa musique m'accompagne tous les jours et rend ma vie plus belle. Hollywood Classic au génie éternellement reconnaissant lui rend hommage.

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Extraits :

 

 

Filmographie :

  • 1918 : ...um eine Stunde Glück
  • 1937 : Le Chevalier sans armure (Knight without armour) de Jacques Feyder
  • 1937 : The Green Cockatoo
  • 1937 : Thunder in the City
  • 1937 : The Squeaker
  • 1938 : Le Divorce de Lady X (The Divorce of Lady X) de Tim Whelan
  • 1938 : Alerte aux Indes (The Drum) (musique additionnelle) de Zoltan Korda
  • 1939 : Les Quatre Plumes blanches (The Four Feathers) de Zoltan Korda
  • 1939 : L'Espion noir (The Spy in Black)
  • 1940 : On the Night of the Fire
  • 1940 : L'aventure est commencée (Ten Days in Paris)
  • 1940 : Le Voleur de Bagdad (The Thief of Bagdad) de Ludwig Berger, Michael Powell et Tim Whelan
  • 1941 : Lady Hamilton (That Hamilton Woman) d'Alexander Korda
  • 1941 : New Wine
  • 1941 : Lydia de Julien Duvivier
  • 1941 : Crépuscule (Sundown) d'Henry Hathaway
  • 1942 : Jeux dangereux (To Be or Not to Be) d'Ernst Lubitsh - (non crédité)
  • 1942 : Le Livre de la jungle (Jungle Book) de Zoltan Korda
  • 1942 : Jacaré de Charles E. Ford
  • 1943 : Les Cinq Secrets du désert (Five Graves to Cairo) de Billy Wilder
  • 1943 : Les Anges de miséricorde (So Proudly We Hail!) de Mark Sandrich
  • 1943 : Sahara de Zoltan Korda
  • 1943 : La Loi du far-west (The Woman of the Town)
  • 1944 : The Hour Before the Dawn
  • 1944 : Assurance sur la mort (Double Indemnity) de Billy Wilder
  • 1944 : Espions sur la Tamise (Ministry of Fear) de Fritz Lang
  • 1944 : Dark Waters d'André de Toth
  • 1945 : La Chanson du souvenir (A Song to Remember) de Charles Vidor
  • 1945 : The Man in Half Moon Street
  • 1945 : Du sang dans le soleil (Blood on the Sun) de Frank Lloyd
  • 1945 : Deanna mêne l'enquête (Lady on a Train)
  • 1945 : La Maison du docteur Edwardes (Spellbound) d'Alfred Hitchcock
  • 1945 : Le Poison (The Lost Weekend) de Billy Wilder
  • 1946 : Because of Him
  • 1946 : L'Emprise du crime (The Strange Love of Martha Ivers) de Lewis Milestone
  • 1946 : Les Tueurs (The Killers) de Robert Siodmak
  • 1947 : Schéhérazade (Song of Scheherazade) de Walter Reisch
  • 1947 : The Red House
  • 1947 : Time Out of Mind
  • 1947 : L'Affaire Macomber (The Macomber Affair) de Zoltan Korda
  • 1947 : L'Orchidée blanche (The Other Love) d'André de Toth
  • 1947 : Les Démons de la liberté (Brute Force) de Jules Dassin
  • 1947 : Desert Fury
  • 1947 : Othello (film, 1947) (A Double Life) de George Cukor
  • 1948 : Le Secret derrière la porte (Secret Beyond the Door…) de Fritz Lang
  • 1948 : A Woman's Vengeance
  • 1948 : La Cité sans voiles (The Naked City) de Jules Dassin
  • 1948 : Les Amants traqués (Kiss the Blood Off My Hands) de Norman Foster
  • 1948 : Tragique Décision (Command Decision) de Sam Wood
  • 1949 : Pour toi j'ai tué (Criss Cross) de Robert Siodmak
  • 1949 : L'Île au complot (The Bribe) de Robert Z. Leonard
  • 1949 : Madame Bovary de Vincente Minnelli
  • 1949 : Le Danube rouge (The Red Danube) de George Sidney
  • 1949 : Madame porte la culotte (Adam's Rib) de George Cukor
  • 1949 : Ville haute, ville basse (East Side, West Side) de Mervyn LeRoy
  • 1950 : Quand la ville dort (The Asphalt Jungle) de John Huston
  • 1950 : Cas de conscience (Crisis) de Richard Brooks
  • 1950 : L'Histoire des Miniver (The Miniver story) de H.C. Potter
  • 1951 : Quo Vadis de Mervyn LeRoy
  • 1952 : Desperate Search
  • 1952 : Ivanhoé (Ivanhoe) de Richard Thorpe
  • 1952 : Capitaine sans loi (Plymouth Adventure) de Clarence Brown
  • 1953 : Les Chevaliers de la table ronde (Knights of the Round Table) de Richard Thorpe
  • 1953 : Histoire de trois amours (The Story of Three Loves) de Gottfried Reinhardt et Vincente Minnelli
  • 1953 : La Reine vierge (Young Bess) de George Sidney
  • 1953 : Jules César (Julius Caesar) de Joseph L. Mankiewicz
  • 1953 : La Perle noire (All the Brothers Were Valiant) de Richard Thorpe
  • 1954 : Men of the Fighting Lady
  • 1954 : Seagulls Over Sorrento
  • 1954 : La Vallée des Rois (Valley of the Kings) de Robert Pirosh
  • 1954 : L'Émeraude tragique (Green Fire) d'Andrew Marton
  • 1955 : Les Contrebandiers de Moonfleet (Moonfleet) de Fritz Lang
  • 1955 : The King's Thief de Robert Z. Leonard
  • 1956 : Diane de Poitiers (Diane) de David Miller
  • 1956 : La Loi de la prairie (Tribute to a Bad Man) de Robert Wise
  • 1956 : La Croisée des destins (Bhowani Junction) de George Cukor
  • 1956 : La Vie passionnée de Vincent van Gogh (Lust for Life) de Vincente Minnelli
  • 1956 : Miami Expose
  • 1957 : Le Carnaval des dieux (Something of Value) de Richard Brooks
  • 1957 : The Seventh Sin de Ronald Neame
  • 1957 : Contrebande au Caire (Tip on a Dead Jockey), de Richard Thorpe
  • 1958 : Le Temps d'aimer et le Temps de mourir (A Time to Love and a Time to Die) de Douglas Sirk
  • 1959 : Le Monde, la Chair et le Diable (The World, the Flesh and the Devil) de Ranald MacDougall
  • 1959 : Ben-Hur de William Wyler
  • 1961 : Le Roi des rois (King of Kings) de Nicholas Ray
  • 1961 : Le Cid (El Cid) d'Anthony Mann
  • 1962 : Sodome et Gomorrhe (Sodom and Gomorrah) de Robert Aldrich et Sergio Leone
  • 1963 : Hôtel International The V.I.P.s ou International Hotel d'Anthony Asquith
  • 1968 : La Guerre des cerveaux (The Power) de Byron Haskin
  • 1968 : Les Bérets verts (The Green Berets) de John Wayne
  • 1970 : La Vie privée de Sherlock Holmes (The Private Life of Sherlock Holmes) de Billy Wilder
  • 1974 : Le Voyage fantastique de Sinbad (The Golden Voyage of Sinbad) de Gordon Hessler
  • 1977 : Providence d'Alain Resnais
  • 1977 : The Private Files of J. Edgar Hoover de Larry Cohen
  • 1978 : Fedora de Billy Wilder
  • 1979 : Meurtres en cascade (Last Embrace) de Jonathan Demme
  • 1979 : C'était demain (Time After Time) de Nicholas Meyer
  • 1981 : L'Arme à l'œil (Eye of the Needle) de Richard Marquand
  • 1982 : Les cadavres ne portent pas de costard (Dead Men Don't Wear Plaid) de Carl Reiner


31/03/2013

L'île au complot / The Bribe - 1949

"L'île au complot" ou dans son titre américain "The Bribe" est un film de Robert Z Leonard produit en 1949 par la MGM. Je me permets de vous le présenter car il vient de sortir en France en DVD dans la collection Warner "films criminels". Cette note bénéficie donc grandement du livret fourni avec chaque film et qui présente tous les films de la collection. Il faut donc remercier chaudement la Warner pour cette très intéressante initiative. Robert Z Leonard n'était pas connu jusqu'alors pour avoir tourné des films noirs, mais plutôt pour la réalisation de "Ziegfield Girl" (1941) une comédie musicale, ou "Pride and Prejudice" (1940). La scénariste est Marguerite Roberts. Rien ne prédestinait une femme à écrire le scénario d'un film noir et pourtant fille de Shériff, elle devait commencer comme secrétaire à la Fox avant d'obtenir un contrat de scénariste à la MGM. Le scénario est donc intéressant et bien construit. A noter que la carrière de Marguerite Roberts sera interrompue en 1951, car elle figurera sur la tristement célèbre "liste noire" qui recensait tous les supposés communistes officiant à Hollywood. Suite à cette affaire on refusera de lui donner du travail et son nom sera retiré du générique d'Ivahnoé qui restera son ultime scénario avant un long passage à vide.

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'L'île du complot" est le premier film du couple Robert Taylor/Ava Gardner. Il suivra ensuite "Vaquero" et "les chevaliers de la table ronde". A ce sujet, je tiens à souligner l'ignoble édition existante de "Vaquero" dont les couleurs sont passées et la définition plus qu'incertaine. Dans "The Bribe" c'est par contre du tout bon au niveau de la qualité de l'image. Après des premières images qui laissent craindre le pire, on a un master bien défini qui si il n'est pas exempt de défauts, reste tout à fait correct et magnifie le jeu de lumières sur le visage d'Ava Gardner. Amants à l'écran, Robert Taylor et Ava Gardner le seront aussi à la ville. En plus du couple Taylor/Gardner, on retrouve le méchant de service en la personne de Vincent Price mais aussi Charles Laughton.

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 Ci-dessus : Ava Gardner, John Hodiak et Robert Taylor

La scène finale est d'ailleurs fabuleusement bien réalisée. Et pour cause, elle sera réalisée par vincente minnelli avec l'aide du chef opérateur Joseph Ruttenberg. On a donc encore ici l'exemple de la coopération qu'il existait entre réalisateurs à cette époque à Hollywood et de la saine émulation qui pouvait en découler. A cela il faut bien entendu ajouter la belle musique originale de Miklós Rózsa qui devait composer plusieurs musiques de films de Robert Taylor avec entre autre : "les chevaliers de la table ronde" , "Quo Vadis","Ivanhoé" et "la vallée des Rois". "The Bribe" est donc une belle surprise de la Warner pour le marché du dvd français. On espère une sortie un jour de "Guet-apens" (Conspirator) toujours avec Robert Taylor et de cette même année 1949.

 

Fim disponible en DVD Zone 2 sur le site de la Warner.

Galerie de photos :

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Ci-dessus : Robert Taylor et Ava Gardner

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Ci-dessus : Charles Laughton et Robert Taylor

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Note : 7 /10