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20/05/2016

Les Demoiselles Harvey / The Harvey Girls - 1946

"Le Demoiselles Harvey" nous raconte l'histoire d'un groupe de serveuses, d'une chaîne de restaurants où la bonne nourriture, et les bonnes manières avaient pour but de civiliser l'Ouest sauvage, et apporter la civilisation là où elle n'existait pas encore. Aujourd'hui, à notre époque, où l'inversion des valeurs et l'ensauvagement sont monnaie courante, ce scénario prête quelque peu à sourire. De plus, mélanger l'univers du western avec l'univers de la comédie musicale, c'est comme un peu mélanger la Choucroute et le chocolat. On est donc un peu désarçonné par le premier tiers du film. Puis finalement, on s'y habitue. Les chansons sont plutôt sympathiques, et il y a quand même un certain George Sidney à la réalisation et Arthur Freed à la production. Et ce sont deux grands maîtres de la comédie musicale sauce MGM. Le casting autour de Judy Garland, regroupe John Hodiak, Preston Foster, Angela Lansbury, Preston Foster, et une certaine Cyd Charisse qui crève déjà l'écran, malgré son rôle minuscule. Le film comprends quelques numéros épatants et un numéro de valse assez extraordinaire, qui fait chavirer le spectateur. On peut noter également un travail incroyable sur la photographie, par des ombres portés, et un travail dingue sur le Technicolor, avec un soin infini aux costumes, parsèment ainsi l'écran de petites touches colorées, pour faire de chaque scène un tableau incroyable où la couleur est reine. Oui, à un tel niveau de perfection, le scénario hyper-classique et rétro, est tellement sublimé qu'il est impossible de mal noter le film. "The Harvey Girls" est à voir et à revoir, ne serait-ce que pour sa pure forme, incroyablement parfaite.

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Ci-dessus : Angela Lansbury (noter le Technicolor sublimé)

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Ci-dessus : John Hodiak

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Ci-dessus : Angela Landsbury & John Hodiak

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Ci-dessus : Judy Garland & Ray Bolger

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Ci-dessus : Les Harvey Girls au complet (noter Cyd Charisse au premier rang à droite)

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Ci-dessus : Judy Garland & John Hodiak

Extrait de la fameuse scène du bal :

Disponible en DVD chez Warner en VO sous-titrée français

 

Note : 8 / 10

17/04/2015

Prisonniers du passé / Random Harvest - 1942

Aujourd'hui le mélodrame est passé de mode, comme beaucoup d'autres genres. On peut ainsi citer, la comédie musicale ou le western. Plus personne ou presque ne fait de western aujourd'hui et encore moins de mélodrame. La disparition du mélodrame, vient des changements de mode, mais aussi d'état d'esprit du spectateur et plus particulièrement de la spectatrice. En effet, le mélodrame, était un genre réservé ou dédié aux femmes qui se rendaient au cinéma. Aujourd'hui l'émancipation féminine est totale, et les femmes ne veulent donc plus se voir, comme les objets amoureux des hommes; ou alors des objets sexuels, comme en témoigne parmi le public féminin la réussite d'ouvrage érotique comme "50 nuances de Grey" d'E L James. Mais la spectatrice ne veut plus se voir, amoureuse d'un seul homme. La révolution sexuelle est passée par là. J'avoue que je le déplore. Car ces films, en plus de mettre en avant, la fidélité et un courage féminin sans limite à affronter la vie, alors que l'homme avait abandonné le domicile, ces films étaient souvent formidablement réalisés, photographiés et joués par de grands acteurs et actrices. Il en va ainsi de "Prisonniers du passé" (production MGM), qui est tout simplement un des plus beaux films qu'il m'ait été donné de voir. J'ai souri, pleuré,  et les plus de deux heures de cette oeuvre sont passées comme un songe. Pourtant, on se demande bien où va aller cette histoire de ce soldat amnésique, perdu dans un hôpital militaire en Angleterre. De cette voie sans issue, les scénaristes (Claudine West, George Froeschel, Arthur Wimperis) vont créer une oeuvre magnifique au limite de la pensée humaine, au niveau des plus belles fables de l'Humanité.

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La réalisation de Mervyn LeRoy et la photographie de Joseph Ruttenberg font merveille. Mais que dire des acteurs, sinon que Greer Garson semble n'avoir jamais été aussi belle et émouvante. Et Ronald Colman interprète là, sans doute son meilleur film. Il est simplement extraordinaire. La moindre de ses expressions, sont plus fortes qu'un discours. Et parfois il arrive à communiquer avec son visage et ses yeux, avec les autres acteurs, d'une manière presque mystique. Avec tant de qualités, il est presque superflu de dire que ce film est littéralement touché par la grâce. Il nous dit que nous ne sommes pas que des êtres de chair et de sang, mais qu'il y a bien un esprit, une âme en nous. Et que sans cette âme, sans cet esprit, sans cette mémoire, l'Homme n'est plus l'Homme. Au final, leçon de cinéma, "Prisonniers du passé" est aussi une superbe leçon de vie, qui nous amène au dessus des plus hauts sommets de la pensée humaine, à la fin de notre humanité, là où commence le royaume de Dieu. Et ce ne sont pas quelques facilités scénaristiques qui refuseront à cette oeuvre, d'être un pur chef-d'oeuvre cinématographique. Le film bien que nommé 7 fois aux Oscars de 1942, n'en obtiendra qu'un seul et Greer Garson, obtiendra quand même un Oscar cette même année, mais cette fois-ci pour "Mrs Miniver". Cette note me permet aussi de rappeler le souvenir de Susan Peters à la carrière brisée. En effet, "le 1er janvier 1945, Susan Peters subit un terrible accident de chasse. La balle se loge dans sa moelle épinière et la laisse paralysée des membres inférieurs, l'obligeant à se déplacer en fauteuil roulant. En 1948, le couple se sépare. Son handicap rend les castings plus rares. Elle souffre de dépression. Sa santé se dégrade avec une maladie des reins, une pneumonie et une anorexie nerveuse. Elle en meurt le 23 octobre 1952."

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Ci-dessus : Ronald Colman

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Ci-dessus : Greer Garson & Ronald Colman

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Ci-dessus : Ronald Colman au centre

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Ci-dessus : Greer Garson & Ronald Colman

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Ci-dessus : Ronald Colman & Susan Peters

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Ci-dessus : Mervyn LeRoy au travail

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Ci-dessus : Susan Peters

Vidéo hommage :

 Disponible en DVD zone 2 en VF et VO sous-titrée français (chez Warner Bros)

Note : 9,5 / 10

26/01/2015

La Dynastie des Forsyte / That Forsyte Woman - 1949

"La dynastie des Forsyte" est un film en Technicolor produit par la MGM et réalisé par Compton Bennett. Ce dernier n'a pas une filmographie impressionnante, mais on se souvient tout de même de lui pour "le septième voile" (1945) avec James Mason et pour "les mines du roi Salomon" (1950). Le film est intéressant car il est l'adaptation de la première nouvelle de "la dynastie des Forsyste" de l'écrivain John Galsworthy. En plus, il nous permet de voir Errol Flynn dans un film posé et à la réalisation assez théâtrale, totalement en opposition avec ses prestations dans "Capitaine Blood" (1935), "l'aigle des mers" (1942) ou encore "les aventures de Robin des bois" (1938). En effet, "la dynastie des Forsyte" n'est pas un film d'aventures, mais bien un mélodrame. Le personnage de Flynn est d'ailleurs assez opposé à ses personnages habituels. Là il joue un homme riche, et beau, mais repoussé par la femme qu'il aime, car incapable de la laisser respirer. Flynn est superbement tragique dans son rôle, et détruit quelque peu son mythe de séducteur irrésistible, mais gagne si il en était encore besoin ses galons d'acteur. Néanmoins, malgré un travail extraordinaire de la MGM sur les costumes, le casting 4 étoiles, qui regroupent quand même Errol Flynn, Janet Leigh, Greer Garson, Walter Pidgeon (le savant fou de Planète interdite) et Robert Young, le film paraît parfois un peu guindé voir raide, et on sent de temps en temps, un manque de respiration. La musique de Bronislau Kaper aide malgré tout à donner de l'ampleur à l'ensemble. En résumé, l'appréciation est plutôt positive pour qui aime, les mélodrames, les adaptations littéraires et un Errol Flynn dans autre chose que des rôles d'aventuriers. A découvrir, ne serait-ce aussi parce que c'est un des 8 films du formidable duo Greer Garson / Walter Pidgeon.

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Ci-dessus : Greer Garson, Errol Flynn, Robert Young et Janet Leigh

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Ci-dessus : Errol Flynn (Jaloux ?)

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Ci-dessus : Greer Garson

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Ci-dessus : Greer Garson & Errol Flynn

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Ci-dessus : Greer Garson & Walter Pidgeon

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Ci-dessus : Janet Leigh & Robert Young

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Ci-dessus : Greer Garson & Janet Leigh

Film non disponible en France, uniquement disponible dans la collection Warner Archives en zone 1, sans sous-titres français

Note : 7 / 10

23/01/2015

Jour de terreur / Cause for Alarm ! - 1951

"Jour de terreur" est un film de Tay Garnett, resté célèbre pour avoir tourné "le facteur sonne toujours deux fois" avec Lana Turner, et John Garfield. Mais certains cinéphiles se souviennent peut être de "la maison des 7 pêchés" (1940) ou encore du très beau mélodrame, "voyage sans retour" (1932) avec William Powell et Kay Francis. "Jour de terreur" a été tourné en seulement en 11 jours et dans des décors quotidiens. Le travail sur la photographie est donc assez faible, voir presque inexistant. Ceci dit, on sent que les acteurs, jouent avec naturel. Et le scénario est assez intéressant pour ne pas ennuyer le spectateur. En effet, le film raconte comment un ancien soldat devenu cardiaque et paranoïaque va soupçonner sa propre femme de vouloir le tuer, pour partir avec son médecin et amant. Sur cette mise en place originale, les scénaristes développent un scénario cauchemardesque pour la pauvre Loretta Young, et qui va passer une sacré mauvaise journée. Alors c'est vrai qu'à notre époque, où le cinéma se permet tous les excès, le film semble un peu convenu. Malgré tout, il ménage son suspens jusqu'au bout, porté par une Loretta Young très inspirée et sexy pour la circonstance. On appréciera également le jeu de Barry Sullivan. Maintenant, la faible photographie, et le scénario peut être un peu trop linéaire, ne rendent pas l'ensemble inoubliable. Un bon film noir, sans plus.

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Ci-dessus : Barry Sullivan

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Ci-dessus : Loretta Young

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Ci-dessus : Loretta Young & Barry Sullivan

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Ci-dessus : Barry Sullivan, Loretta Young & Bruce Cowling

Disponible en DVD Zone 2, chez Wild Side VO sous-titrée

Note : 6 / 10

30/12/2014

Les sacrifiés / They were expendable - 1945

"Les sacrifiés" est le type même des films inclassables de John Ford. On sait que Ford n'aimait pas particulièrement ce film. Ainsi, il devait dire dans une interview à Lindsay Anderson (réalisateur également), "qu'il n'en avait jamais eu rien à foutre de ce film et qu'il n'avait jamais vu un mètre de ce foutu film". Pour comprendre cette mauvaise opinion de Ford sur son propre travail, il faut savoir que Ford était alors sur le front Pacifique et avait perdu 13 hommes de son unité quand la MGM, lui donna à faire ce film de commande. De plus, Ford devait se blesser à la jambe sur le tournage et en abandonner la fin au profit de l'acteur Robert Montgomery à l'affiche avec John Wayne. Enfin, Ford ne devait pas non plus maîtriser le montage, qui semblait ne pas lui convenir. Ainsi, le film faisait 2H10, et Ford, aurait voulu le raccourcir à 1H40, et garder des scènes que la MGM avait enlevées. On se retrouve donc avec un film assez impersonnel, tourné comme un documentaire, avec très peu de musique (Ford n'en voulait pas). Pourtant devant la consternation, de son interlocuteur, Ford se décidait à revoir son film et écrivait quelques temps plus tard, à Lindsay Anderson : "Pour les Sacrifiés, vous aviez raison". Mais nous public de 2014, que pouvons nous retenir "des Sacrifiés" ?

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Comme je l'ai dit au début de cet article, "les sacrifiés" me semble le film, le plus impersonnel de Ford. Ford y met peu de ses situations cocasses, drôles et humaines qui ont fait la réputation de ses films. Alors, il y a bien la romance impossible entre Wayne et Donna Reed, ou le vieux charpentier qui refuse de partir, attendant avec son seul fusil l'arrivée des Japonais, dans une lutte qu'il ne peut se résoudre à refuser. Et si on rajoute la visite au blessé, c'est à peu près tout. Il n'y a pas une vraie analyse de la vie de la garnison, comme dans "la charge héroïque". Le film ressemble donc à un documentaire, et c'est ce qui en fait toute sa force et aussi sa faiblesse. Rien est glamour dans "les sacrifiés". Comme je l'ai dit la musique est presque absente. Alors ? Alors, le génie de Ford est de n'avoir jamais montré un seul soldat japonais. On voit bien des croiseurs, des tirs, des avions etc, mais le soldat ou l'armée japonaise dans son ensemble, est comme une force invisible qui broie tout, et ceux malgré les victoires successives du groupe de Wayne, qui remporte des succès mais toujours en reculant. Ford nous donne donc un film non exempt de longueurs, et parfois éloigné de son style original mais épuré du traditionnel glamour hollywoodien. On reste donc malgré tout, assez hypnotisé par cette errance militaire, au jour le jour, aux confins du Pacifique.

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Ci-dessus : Robert Montgomery

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Ci-dessus : John Wayne

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Ci-dessus : Donna Reed

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Ci-dessus : John Wayne, Donna Reed, & Robert Montgomery

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Ci-dessus : War Bond, Robert Montgomery & John Wayne

Disponible en DVD zone 2 sous-titrage en français chez Warner

 Note : 7 / 10

08/07/2014

Coup de feu dans la Sierra / Ride the high country - 1962

"Coup de feu dans la Sierra" a été tourné en 26 jours, et encore une fois, la durée d'un tournage n'a rien à voir avec la qualité d'un film, car nous sommes ici devant un pur chef-d'oeuvre du western. "Coup de feu dans la Sierra ou dans son titre original "Ride the high country" est le 2ème film de Sam Peckinpah, qui était plutôt connu jusque là pour être un réalisateur de séries TV. Son premier film avait été "New Mexico" (1961), mais dont le tournage avec Maureen O'Hara et le frière de cette dernière, alors producteur, avait été exécrable. Ce film devait être ensuite charcuté au montage. Dans "Coup de feu dans la Sierra", Peckinpah ne rencontre pas ce type de difficultés et explique comment il a pu tourner ce film dans un entretien qu'il donne dans la revue Cinéma 69 N°141 : "C’est le succès de mes séries TV qui a fait que la Metro m’a proposé ce film. Randolph Scott et Joel McCrea étaient déjà engagés (le second grâce au premier qui voulait absolument l’avoir pour partenaire). Cette fois j’ai pu écrire le scénario à ma guise car l’histoire était tout à fait conventionnelle, sans authenticité aucune, et je l’ai tirée vers quelque chose de plus baroque tout en apportant ces éléments réalistes dont j’avais eu connaissance dans ma jeunesse soit par les récits qui m’avaient été faits, soit par l’observation directe ; c’est ainsi que le camp de mineurs a été reconstitué à partir de choses vues. J’ai également rendu le dialogue plus nerveux, développé certaines scènes, interverti les rôles de Scott et McCrea et surtout, je crois, approfondi ce thème de la vieillesse qui me hante véritablement. Mais mon nom ne figure pas au générique pour ce travail sur le scénario. Les deux interprètes ont été d’une grande coopération, entrant de plain-pied dans l’histoire telle que je la voulais, étant parfaitement conscients et acceptant de démystifier l’Ouest, à corriger l’image fausse qu’en donnait souvent le cinéma.C’est, en quelques mots, un film sur le rachat et la solitude. La solitude de ces deux légendaires officiers de paix oubliés par le pays qu’ils avaient pacifié et qui grandissait désormais sans eux"

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"Coups de feu dans la Sierra" est touchant à de multiples égards. Tout d'abord, car c'est le dernier film de Randolph Scott et un des ultimes de Joel McCrea. Lorsqu'on s'intéresse comme moi, un peu au western, on ne peut qu'être touché par cette réunion de deux héros de la légende de l'Ouest. Le film nous montre, un pays qui a évolué et qui n'a pas attendu nos 2 héros vieillissants, pour avancer. Ainsi, le film s'ouvre avec une course gagnée par un chameau, des policiers en uniforme qui ont remplacé les traditionnels Shérifs et une voiture à essence. Joel McCrea lit son contrat avec des lunettes et se cache pour que personne ne voit qu'il porte des lunettes. Ron Starr, qui incarne la nouvelle génération de cowboys ne semble pas à la hauteur. Et devant une meute de bandits, sans foi ni loi, le spectateur peut se demander comment tout cela va finir. "Coups de feu dans la Sierra" évoque la jeunesse, aussi bien que les souvenirs du passé, et la symbiose entre Randolph Scott et Joel McCrea est exceptionnelle, rehaussée encore par la très belle composition musicale de George Bassman. La solitude, l'amitié, et la vieillesse de vies exceptionnellement ratées au service des autres, parlent à chacun. Et si le film interroge sur la fin de l'Ouest traditionnel et sur le renouveau du western, il semble être un crépuscule cinématographique et sociétal, préfigurant l'abandon d'un genre et les mutations de la fin des années 60. En cela, ce film est un inoubliable souvenir, dernier chef-d'oeuvre d'un genre disparu, dont les décors seront recyclés en parc d'attraction pour touristes, dernier avatar des rêves de notre enfance.

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Ci-dessus : Randolph Scott et Joel McCrea

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Ci-dessus : un bus de touristes visite les décors abandonnés de l'Universal dans les années 70.

 

Extrait de la belle musique de George Bassman :

 

 

 

Film, disponible en DVD Zone 2 VF et VO sous-titrée

Note : 8,5 / 10

12/01/2014

Franc Jeu / Honky Tonk - 1941

"Franc Jeu" est un film de Jack Conway. Ce dernier avait réalisé 3 autres films avec Clark Gable : "The Easiest Way" (1930), "Saratoga" (1937),  "La Fièvre du pétrole" (1940). En 1948, il devait encore réaliser "Marchand d'illusions". Convway devait donc tourner en tout 5 films avec Gable. Le film a pour qualité principale, son formidable casting qui réunit en plus de Clark Gable, la magnifique Lana Turner, mais aussi Frank Morgan, que l'on a vu jouer dans "Le Grand Ziegfeld " (1936) avec William Powell, ou encore dans "la tempête qui tue" (1940). Dans les seconds rôles on note la présence de Claire Trevor, qui joue la rivale de Lana Turner, mais aussi Albert Dekker dans le rôle du méchant de service. Le film a pour scénariste une femme, Marguerite Roberts. Et on sent bien que le film est irrigué de cette touche féminine, qui donne un goût assez étrange à l'ensemble. Ainsi, on passe des rixes de saloon, au boudoir de Lana Turner en quelques minutes. Le film bénéficie de dialogues plutôt savoureux, et explicites pour l'époque, mais assez atténués afin de permettre une validation du film par la commission de censure. 

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La magie opère donc entre le couple Gable / Turner. Elle opérait tellement bien que la femme de Clark Gable venait très souvent sur le plateau pendant les scènes intimes entre son mari et Lana Turner. Elle savait que Gable n'avait jamais caché sa préférence pour les blondes. Cette situation rendait Lana Turner particulièrement mal à l'aise et à chaque fois, elle s'enfermait dans sa loge, se décidant à sortir que lorsque Carole Lombard avait quitté le plateau. Lana Turner nia toujours une relation extra-conjugale de Clark Gable. Pourtant les mauvaises langues racontent que le tragique accident d'avion de Carole Lombard, avait un rapport avec cette liaison. On ne le saura jamais. Et comme dans "le massacre de fort Apache", la légende dépasse largement la vérité d'un western assez étrange qui a pour principal intérêt de nous montrer pour la première fois à l'écran l'incroyable chimie amoureuse du couple Lana Turner / Clark Gable. Pour le reste, on a vu dans cette catégorie de western un peu psychologique beaucoup mieux, avec en particulier "la rivière d'argent" (1948) avec Errol Flynn et Ann Sheridan, qui nous montre là aussi l'ascension d'un aventurier, mais de manière peut être plus sérieuse. Ainsi, on peut considérer que "la rivière d'argent" étudiera en profondeur des thèmes que "franc jeu" ne fait ici qu'effleurer. Dommage le casting était pourtant très prometteur.

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Ci-dessus : Clark Gable et Lana Turner

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Ci-dessus : Frank Morgan, Lana Turner, et Clark Gable

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Ci-dessus : Clark Gable et Albert Dekker

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Ci-dessus : Clark Gable et Lana Turner

Film disponible sur la boutique en ligne de la Warner, dans les trésors Warner en DVD VO sous-titrée.

Note : 6 / 10

21/09/2013

Le fils du désert / 3 godfathers - 1948

Je pense qu'il est inutile de présenter John Ford au lecteur de ce blog. C'est bien entendu l'homme aux multiples chef-d'oeuvre. Et "le fils du désert" est à n'en pas douter l'un de ses plus grands films. John Ford a été quasiment à l'origine du genre western, en participant à l'aventure du western dès la période du muet. Mais il a été aussi un des premiers réalisateurs, à redonner au genre, ses lettres de noblesse, avec "la chevauchée fantastique" (1939). En effet, le western était cantonné bien souvent à la fin des années 30, dans des séries B sans saveur. Depuis 1946, John Ford est revenu au western en tournant tout d'abord "le poursuite infernale", puis "le massacre de fort apache" (1948). "Le fils du désert" est donc dans cette lignée, et le fruit de la collaboration entre John Wayne et John Ford qui atteindra son paroxysme avec "la prisonnière du désert" (1956). Le film mentionne dans son titre la présence de Harry Carey Jr, fils de Harry Carey. Harry Carey était présent dans la première version, car "le fils du désert" est un remake de "Marked men" tourné par John Ford en 1919, Donc "le fils du désert" rend hommage à Harry Carey père. Mais "le fils du désert" n'est pas le premier film de Harry Carey Jr. En effet, on se rappelle de lui, car il avait déjà un petit rôle, dans "la rivière rouge" de Hawks. Mais la grande star du film après John Wayne et l'autre "godfather" Pedro Armendáriz, c'est bien évidemment une nature immense et hostile.

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L'histoire est assez classique et reprend celle de "marked men" (1919). Malgré tout, Ford arrive à fasciner le spectateur, par une simple histoire de voleurs de banque, qui deviennent les parrains d'un nourrisson perdu dans le désert. Les scènes d'actions sont parfaitement filmées par Ford et rappellent certaines de ses meilleurs, comme dans "la chevauchée fantastique" (1939) ou dans "la poursuite infernale" (1946). Enfin, les plans d'exceptions sont multiples et comme à son habitude Ford fait de la caméra sa palette, et il devient le peintre d'images en mouvement, nous donnant parfois l'impression de traverser une galerie d'art. Ford aborde également différents thèmes, comme le passage de témoin entre l'adulte et l'enfant, comme cette vie qui doit continuer, comme la responsabilité que nous avons envers les plus faibles d'entre nous. Mais surtout il fait du "fils du désert" une immense parabole biblique. Comment ne pas penser à Jésus traversant le désert, et aux épreuves physiques et morales que la traversée fait endurer à chaque protagoniste. Ces épreuves, sont autant d'étapes vers le pardon et la transfiguration des personnages, qui se libèrent un à un de leur peau de gangsters, pour devenir des hommes meilleurs en paix avec eux mêmes, Dieu et les Hommes.

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Ci-dessus : On peut voir un plan typiquement fordien, même si plus souvent les personnages sont de dos, donnant alors l'image, un effet saisissant qui rappelle les tableaux de caspar friedrich.

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Ci-dessus : John Wayne, Harry Carey Jr, et Pedro Armendáriz

John Ford nous fait donc encore une fois, un cinéma du bon sentiment, qui passe très bien, et qui semble touché ici par la grâce, dans un espèce de miracle cinématographique renouvelé à chaque plan. Quand plus tard, on demandera à Orson Welles, quel est le réalisateur qui l'a le plus inspiré, ce dernier répondra : "les grands maîtres, John Ford, John Ford, John Ford." On ne pourrait dire mieux.

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Ci-dessus : John Wayne

Film disponible en DVD zone 2 (trouvé neuf dans une brocante à 2,5 €)

 

 La bande-annonce :

 

Note : 9,5 / 10

15/09/2013

La divorcée / The divorcee - 1930

"La divorcée" est un film de Robert Z Leonard avec Norma Shearer, Chester Morris, Robert  Montgomery, et Conrad Nagel. Robert Z Leonard a une oeuvre variée, et a été nominée aux Oscars deux fois dans la catégorie du meilleur film, une première fois pour "la divorcée" et une deuxième fois pour "The Great Ziegfeld" (1936). Ce dernier film devait d'ailleurs gagner l'Oscar du meilleur film. On doit aussi à Robert Z Leonard, "the bribe" (1949) avec Robert Taylor, récemment sorti en France en DVD. Si je vous parle de nomination, c'est que "la divorcée" doit être très bon, et en réalité, il l'est. Les personnages sont formidablement bien décrits. Et on sent bien que les scénaristes ont fait un effort pour étudier la psychologie même du couple amoureux, mais aussi la psychologie masculine et féminine qui mène au divorce.

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Le film est tiré d'un roman d'Ursula Parrott. Irving Thalberg (célèbre producteur de la MGM) devait en acheter les droits en 1929. Le premier choix de Thalberg était de donner le rôle à Joan Crawford.  Thalberg était aussi le mari de Norma Shearer. Et cette dernière arriva à convaincre son mari de lui donner le rôle, après une séance où elle lui prouva qu'elle avait assez de sex-appeal pour jouer un tel rôle. Les deux autres vedettes masculines sont Robert Montgomery dont "la divorcée" est un de ses premiers films, enfin Chester Morris partage la vedette avec Norma Shearer. On verra Chester Morris dans de nombreuses productions comme "The Red-headed woman" (1932) ou "Blondie Johnson" (1933) avec Joan Blondell. Je mettrai peut être une réserve sur l'interprétation de Conrad Nagel, qui me semble trop maquillé pour être réellement crédible dans son rôle d'ami sincère de notre héroïne.

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Ci-dessus : Norma Shearer

Sous un format très classique, Leonard nous offre un remarquable mélodrame, qui démêle les affres et les erreurs d'un couple qui s'aime. Ainsi, le film en devient presque un conseil aux jeunes mariés et s'approche d'une réalité de la psychologie masculine et féminine. On peut supposer que c'est cela qui en fit un énorme succès à l'époque, et lui permit d'arriver jusqu'à la prestigieuse académie des Oscars. A n'en pas douter, ce réalisme psychologique, les longs silences et le jeu des acteurs (en tête Norma Shearer) sont la grande force du film.

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Ci-dessus : Chester Morris et Norma Shearer

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Ci-dessus : Conrad Nagel et Norma Shearer à la remise des Oscars


Extrait :


Note : 7,5 / 10

17/08/2013

Fascination / Possesseded - 1931

"Fascination" est le 3ème film du duo Gable/ Crawford après "Dance, Fools, Dance" (1931) et "Laughing Sinners" tourné la même année. J'avoue n'avoir pas vu les deux premiers, mais celui m'a fait un effet un peu bizarre. Ainsi, contrairement à ce que pense certains forumeurs de DVDC Classik, j'ai trouvé la de Clarence Brown un peu plate. Malgré tout on retrouve quelques effets de caméra au tout début du film, où est filmée une sortie d'usine. Mais aussi dans la scène la plus célèbre où les yeux de Joan Crawford sortent de l'obscurité et sont éclairés par la lumière, permettant ainsi au spectateur de deviner sa présence, mais aussi et surtout ses émotions, concernant une discussion qui la concerne et qui se déroule dans la pièce d'à côté.

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Mis à part cette scène et la scène du discours politique de Gable, j'ai été assez supris par une réalisation qui m'a semblé parfois comme un peu irréel. Ainsi, la scène où Joan Crawford se trouve devant un train et voit défiler les voyageurs, semble un peu sorti de nulle part. En effet, les voyageurs ne semblent pas la voir. Mais peut être y a t'il la volonté du réalisateur de montrer qu'elle n'est rien à ce moment du film. Ainsi, la scène suivante où elle partage un verre de champagne avec un homme du monde totalement ivre, montre bien que la seule personne qui peut la remarquer est quelqu'un qui a un état de conscience déformé par l'alcool.

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Mais pour moi ce film, reste un peu déformé par ces jeux de mise en scène un peu thêatraux. Enfin, le film nous montre dans son scénario une morale un peu dépassé aujourd'hui, mais qui montre parfaitement la difficulté de l'Amérique de 1931 à dépasser sa morale puritaine. Ainsi, la femme non mariée se retrouvait à cette époque sans statut, et pire, elle devenait la source de tous les chuchotements et de tous les scandales personnels ou politiques. Heureusement le film arrivera à dépasser cela et à faire triompher l'amour. Mais franchement, on a vu Clarence Brown plus inspiré. Ainsi, pour moi ce film, n'arrive pas à supplanter en terme de réalisation, ni "Grand Hotel" d'Edmund Goulding sorti l'année suivante, ni même "Conquest" du même Clarence Brown sorti en 1937. "Fascination" retient donc surtout l'attention pour le couple Gable / Crawford, et par l'évocation de la sexualité qu'il en ressort. Pour le reste, il ne m'a pas semblé un être un chef-d'oeuvre du cinéma.

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Disponible en DVD zone 2 sur le site de la Warner en France ou magasins spécialisés

 

Extrait :

 

Note : 7 / 10

07/08/2013

Traquenard / Party Girl - 1958

Ce soir, retour au cinéma des années 50 avec un de mes films préférés, "Traquenard" avec Robert Taylor, formidable acteur devant l'Eternel que le marché du DVD français a totalement oublié malheureusement. Le film est édité dans la collection "légendes d'Hollywood" de la Warner et franchement c'est un plaisir de le redécouvrir. Robert Taylor partage la vedette avec la merveilleuse Cyd Charisse. Cette dernière nous gratifie de plusieurs numéros de danse, assez sulfureux pour l'époque. Et je crois que le film nous donne en terme d'érotisme le maximum de ce que le cinéma américain autorisait à cette époque. C'est à l'évidence pas grand chose, en terme d'érotisme, pour nous spectateurs d'aujourd'hui, mais c'est néamoins très suggestif et intellectuel.

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Le film est librement inspiré de la vie de Dixie Davis (1905-1970), avocat du gangster Dutch Schultz, qui devint un informateur et épousa une danseuse de cabaret. Vous l'aurez compris, Taylor joue l'avocat et Cyd Charisse la danseuse. Le chef des gangsters est joué par Lee J Cobb, très bon dans son rôle. Le film navigue avec plus ou moins de succès entre la comédie musicale et les numéros de charme de Cyd Charisse, et le film noir digne d'un bon Bogart. Le mélange aurait pu être désastreux, mais ce n'est absolument pas le cas. Ainsi, Cyd Charisse ajoute une tension sexuelle, qui exacerbe encore plus la tension nerveuse et la violence des protagonistes. Dans les seconds rôles on notera la présence de John Ireland qui fait là encore un rôle de méchant. Enfin on se rappelera que "Traquenard" est un des derniers films que l'on peut qualifier d'auteur de Nicolas Ray avant son passage dans les super-productions.

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Ci-dessus : Robert Taylor

Je vous conseille donc très fortement de voir "Traquenard", film terriblement noir, mais illuminé par les derniers feux de la comédie musicale et par le glamour inimitable de la MGM des années 50. Fascinant.

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Ci-dessus : Cyd Charisse

Disponible en DVD zone 2 chez Warner France, Amazon ou magasins spécialisés

 

Image : belle qualité d'image DVD même en projection

 

Bande-annonce :

Note : 8 / 10

17/07/2013

Quinze jours ailleurs / Two weeks in another Town - 1962

Je suis désolé, mais il ne sera pas question de votre prochaine destination pour les vacances, ni du choix du maillot de bain ou de la crème à bronzer. Mais il sera encore une fois question de cinéma et d'un génie du cinéma, Vicente Minnelli. "Quinze jours ailleurs" n'est pas la suite des "ensorcelés" (1952), mais c'est bien la deuxième partie de la description du cinéma américain par Minnelli. Autant dans "les ensorcelés", la critique était acide contre les producteurs, autant ici c'est l'existence même du cinéma hollywoodien qui est remis en cause. Kirk Douglas n'est plus le producteur machiavélique capable de tout tourner, mais bien un acteur au bout du rouleau brisé par son métier et par la vie. "Quinze jours ailleurs" a été tourné dix ans plus tard et un siècle ce serait passé, ce serait pareil. Le producteur n'est plus cette personne omnipotente que l'on a vu dans "les ensorcelés", mais bien un petit homme qui veut juste gagner de l'argent avec un film et qui se fiche éperdumment de la qualité artistique de l'oeuvre finale. On voit bien le mauvais tournant que prend à cette époque le cinéma, et dans lequel il est encore englué. La référence aux "ensorcelés" est réelle. Ainsi, on voit quelques scènes des ensorcelés dans le film. Minnelli sait qu'il a fait une oeuvre qui marquera l'histoire du cinéma.

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Et si "les ensorcelés" nous racontait de quoi était fait les rêves projetés sur l'écran d'une salle de cinéma. Ici c'est bien d'un changement d'une époque dont il est question. Minnelli ne distingue pas réellement ce que deviendra le cinéma, mais il sent bien que ses films passeront à la postérité, car on ne filmera plus comme lui et que son cinéma et son temps sont passés. Kirk Douglas est montré d'ailleurs avec une cicatrice sur le visage, comme pour montrer que le héros est blessé physiquement et mentalement par la folie et que si cet héros représente ce cinéma américain, qui ne s'en relèvera pas (en tous les cas pas dans la forme que l'on a connu jusqu'ici). Ainsi, Kirk Douglas ne trouve aucun réconfort, ni dans son ami réalisateur, qui le voit finalement comme un nouveau concurrent, venu pour lui voler son film, ni dans son amourette de passage qui ne sait pas se décider à quitter son petit ami pour lui, ni en sa femme qui passe d'un homme à un autre. L'oeuvre est marqué du sceau du septicisme. Le relais ne semble pas devoir se prendre entre un Hollywood qui se meurt (en la personne du réalisateur joué par Edgar G Robinson) et le nouvel Hollywood joué par Kirk Douglas. Le temps semble être passé. La nouvelle vie qui se promet pour Kirk Douglas à la fin du film, est incertaine, et si les personnages des "ensorcelés" se retrouvaient tous autour du téléphone, attendant avec impatience un nouveau projet, là il n'en est rien. Le doute planne, quant à la pérénnité du cinéma. On sait aujourd'hui que le cinéma américain a survécu, mais il s'est transformé en un autre cinéma, et a transformé notre rapport à l'image. Minnelli ne pouvait pas savoir ce que le cinéma américain allait devenir, mais il a décrit sa mutation et la longue agonie du cinéma qu'il a connu, comme personne n'aurait pu le faire. Aujourd'hui, on peut regretter comme moi que le cinéma se soit transformé en parc d'attractions pour adulescents. Heureusement le DVD permet de redécouvrir des films tel que "quinze jours ailleurs". Du très grand cinéma, magnifié par la musique de David Raksin qui avait composé entre autre, la musique de "Laura" (1944). Il y a beaucoup de Minnelli dans "Quinze jours ailleurs", mais on pense aussi à Billy Wilder et à son "Boulevard du Crépuscule". "Les ensorcelés", "Quinze jours ailleurs", "Boulevard du Crépuscule", trois sommets qui sont maintenant impossibles à atteindre.

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Ci-dessus : Kirk Douglas et Cyd Charisse

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Ci-dessus : Daliah Lavi et Kirk Douglas

 

La musique de David Raskin :

 http://www.youtube.com/watch?v=8FbmpoPbDMg

Extrait :

 

Disponible en DVD chez Wild Side (Fnac ou magasins spécialisés).

Note : 9 / 10

10/07/2013

Âmes libres / A Free Soul - 1931

Aujourd'hui je vais vous parler de "Âmes libres" formidable fim de Clarence Brown, de 1931, produit par la MGM. Le film a de multiples qualités, à commencer par un casting impressionnant, avec Clark Gable, Norma Shearer, Lionel Barrymore, et Leslie Howard. Je pense qu'il est inutile de préciser ici que j'ai la plus haute estime pour ces 4 acteurs qui magnifient littéralement la réalistion de Brown. Lionel Barrymore joue ici un célèbre avocat, la plupart du temps ivre, quand il ne plaide pas. Norma Shearer, joue sa fille, Leslie Howard, joue le fiancé, et Gable l'amant de la jeune femme. Vous l'aurez compris le jeu à quatre, va être le lot du scénario du film et quel scénario ! Ici nous n'avons pas droit seulement, aux bas fonds de l'Amérique, aux bars clandestins, aux salles de jeux secrètes, aux luttes entre bandes rivales et aux meurtres, mais aussi à la vie amoureuse d'un de ses tenanciers de bars clandestins, qui plus est chef de bandes.

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Aujourd'hui on peut considérer le jeu de Norma Shearer (épouse du producteur de la MGM  Irving Thalberg jusqu'à la mort de ce dernier en 1937), un peu trop empreint parfois de la marque de sa première partie de carrière dans le cinéma muet, avec de temps en temps, quelques expressions un peu trop appuyées. Elle n'en reste pas moins une fabuleuse actrice, terriblement sensuelle, avec des robes mettant parfaitement en valeur sa beauté. Il n'y a pas ici seulement de la tension sexuelle entre elle et Gable, mais bien une sensualité exacerbée, comme on verra rarement ensuite dans le cinéma américain. Mais la liberté du propos choque aussi. Ici on évoque le futur enlèvement d'une femme contre ton gré, pour satisfaire le plaisir d'un homme, et si l'inquiétude des protagonistes pour la vertue de la jeune femme semble aujourd'hui dépassée, elle ne reste pas moins comme le reflet d'une époque, où en France comme ailleurs de célèbres assassins, cachaient leurs crimes derrière la réputation d'une femme de renom, refusant ainsi de la compromettre en disant qu'il se trouvait avec elle la nuit du crime. Après tout, c'était une manière élégante d'envisager la guillotine et cela permettait de réunir pour l'accusé, une foule d'admiratrices avant le sacrifice final. Il y a un peut de tout ça ici. Mais il y a aussi et surtout la consécration de la sexualité féminine. Les femmes ne sont plus des objets sexuels, mais bien des êtres, avec leur propre sexualité. Ainsi, Norma Shearer  vient au départ de sa propre volonté, chercher de l'amour, mais aussi du sexe. Et le film évoque donc des relations hors mariage, propos qui sera totalement passé sous silence après juin 1934, et la mise en place du code de censure. Ainsi, la question sexuelle sera noyée sous une tonne de glamour, et on mettra en bobines un autre cinéma.

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Ci-dessus : Clark Gable et Norma Shearer

Ce "Free soul" est donc un formidable film qui n'a pas beaucoup vieilli, si ce n'est parfois par un jeu un peu trop appuyé de Norma Shearer, ou une utilisation très faible de la musique, marque des premiers films des années 30. Mais pour le reste, on est devant un chef-d'oeuvre de subversion, tenue par des acteurs particulièrement inspirés. Clark Gable impose une présence animale et Leslie Howard reprend ce personnage qu'il affectionne et qu'il rejouera dans "Autant en emporte le vent" (1939). Gable et Howard se retrouveront d'ailleurs sur ce même film. Quant à Lionel Barrymore il est extraordinaire et termine le film par une plaidoirie qui devait rester dans les annales du cinéma. Il recevra d'ailleurs un Oscar du meilleur acteur pour son interprétation. Je ne peux donc que vous conseiller ardemment de redécouvrir ce chef-d'oeuvre oublié mais impossible à ignorer, qui vous transportera d'émotions, et dont la seule leçon est peut être une expression d'une liberté sexuelle féminine dont l'écho résonne encore aujourd'hui. "A free soul" est tout simplement un chef-d'oeuvre du cinéma américain.

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Ci-dessus : Lionel Barrymore et Norma Shearer

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Ci-dessus : Leslie Howard et Norma Shearer

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Disponible en Zone 1  (allzone) dans le coffret "Forbidden Hollywood" volume 2 ou en Zone 2 sur le site de la Warner en France.

 

Extrait :

 

http://www.youtube.com/embed/Z32AJBC2wOM

Note : 8,5 / 10