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02/08/2015

Scènes de ménage - 1954

Je vous propose de reparler un peu de cinéma français. Aujourd'hui, je vous propose un film très plaisant, "scènes de ménage" d'André Berthomieu. Le film a l'ambition de faire rire, et il y arrive pleinement. L'action se passant au début du siècle précédent, à Paris. Ainsi, on reste admiratif devant les costumes, le ton du film, la musique d'époque, et un peu avant, par ces premières images d'archives qui nous laissent voir un Paris oublié et disparu, mais qui n'a pas forcément tellement changé dans certains de ses quartiers historiques (la Concorde, l'Arc de Triomphe). Malheureusement après, cette entrée en matière plutôt convaincante, le film se divise en 3 sketchs qui sont autant de huis-clos filmés de façon relativement théâtrales, avec très peu de mouvement de caméra ou de scènes extérieures. Alors c'est vrai que cela peut s'expliquer par le fait que ce film est tiré de trois pièces de Georges Courteline : « La Peur des coups », « La Paix chez soi », « Les Boulingrin ». Ceci dit, lorsqu'on a franchi le pas, on rit, on sourit et surtout on savoure les dialogues de George Courteline, et de Marcel Achard pour les ajouts. En effet, tout cela est brillamment écrit, et parfaitement interprété par une pléïade d'acteurs français de grands talents. Ainsi, on peut citer, Louis de Funès, Marthe Mercadier, Sophie Desmarets, Bernard Blier, François Périer, Jean Richard, ou encore Marie Daems. Cela me donne l'occasion de rappeler à votre souvenir Marthe Mercadier, dont, sa fille Véronique a annoncé publiquement qu'elle était atteinte depuis un an de la maladie d'Alzheimer. Dans le magazine France Dimanche (avril 2014), Marthe Mercadier déclarait ne vivre que d'une retraite de 420 euros par mois, n'ayant pas cotisé aux caisses de retraites. Émus, les forains parisiens lui avaient offert une roulotte car elle avait été expulsée de son logement avec la fin de la trêve hivernale. Vous me rejoindrez probablement pour dire que tout cela est bien triste, pour une femme de 86 ans, qui a fait rire des générations de spectateurs. Quoiqu'il en soit, que cela ne vous gâche pas le plaisir de découvrir ce petit bijou de comédie à la française, intelligente, soignée, chic et folle, comme on en fait malheureusement plus, aujourd'hui. Le dernier sketch fou avec Louis De Funes, vaut à lui seul la vision du film. Ce n'est pas du très grand cinéma, mais du bon sans aucun doute.

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Ci-dessus : Marthe Mercadier se bat avec Louis De Funes

Disponible en DVD zone 2 chez Gaumont

Note : 7,5 / 10

17/08/2014

Les compagnes de la nuit - 1953

"Les compagnes de la nuit" est un film français, noir & blanc de Ralph Habib. Ralph Habib n'a pas une immense filmographie, mais elle mérite d'être redécouverte. Avant "les compagnes de la nuit", il avait tourné aussi avec Françoise Arnoul en 1952, 'la Forêt de l'adieu". Ici, "les compagnes de la nuit" nous décrit l'univers de la prostitution dans la France des années 50. Comme le prévient le carton, avant le début du film, le réalisateur et le scénariste, Jacques Constant, ne tombent jamais dans une sentimentalité exacerbée comme dans certains grands films hollywoodiens, comme "la valse dans l'ombre" (1940), que j'aime beaucoup. Là, n'est pas la force des "compagnes de la nuit". Ici, la force du film, c'est le réalisme de l'histoire de ces femmes aux vies brisées, et à la sexualité exploitée. Le casting est très bon. On retrouve Raymond Pellegrin en souteneur, Françoise Arnoul en fille mère, qui se prostitue consciente de ce qu'elle fait et qui le fait pour subvenir aux besoins de son jeune enfant. On retrouve aussi dans les seconds rôles, Noël Roquevert, éternel second rôle du cinéma français de cette période, mais aussi Louis de Funes, qui fait de la figuration, ou encore Nicole Maurey, et Marthe Mercadier. On pourra reprocher le peu de charisme du héros, joué par Pierre Cressoy, massif, mais assez transparent.

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Le scénario est bon. Les dialogues font souvent mouches. On ne s'ennuie pas. La réalisation n'est pas extraordinaire, mais tout à fait correct, et laisse entrevoir, un sein, là une jambe, ou encore une Françoise Arnoul qui met ses bas : des images qui auraient été censurées dans le cinéma américain de cette époque. Au départ, on peut s'interroger sur le peu d'expression de l'héroïne jouée par Françoise Arnoul. Mais il est vrai que sa situation dans le film devait lui enlever tout sentiment. Elle devenait ainsi en tant que prostituée, comme étrangère à elle même. Ralph Habib ne révolutionne donc pas le cinéma, mais nous donne ici, un film sérieux, qui fait frémir, et nous fait prendre fait et cause pour ces filles exploitées pour l'argent. La présence de Marthe Mercadier, au destin incertain, nous rappelle aussi au souvenir de cette immense actrice, devenue indigente, atteinte d'Alzheimer et menacée jusqu'à dernièrement d'expulsion avec sa fille. On se souviendra que dans cette situation désespérée, des inutiles pauvres cloches, comme Jean-Pierre Castaldi, continuèrent de tirer sur l'ambulance et de reprocher à la pauvre femme d'être finalement devenue ce qu'elle est. Le monde du spectacle n'est pas un monde très sympathique. Mais ça on le savait déjà.

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Ci-dessus : Noël Roquevert

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Ci-dessus : Nicole Maurey

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Ci-dessus : Françoise Arnoul

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Ci-dessus : Raymond Pellegrin et Pierre Cressoy

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Disponible en DVD Zone 2 chez René Chateau

Note : 6,5 / 10

27/11/2013

Des pissenlits par la racine - 1964

"Des pissenlits par la racine" est la première collaboration entre Mireille Darc et Georges Lautner. Cette collaboration débouchera sur 13 films, dont "des pissenlits par la racine". Ce film a été tourné par Lautner après "les tontons flingueurs" (1963). Il bénéficie d'un budget moindre par rapport aux "tontons", mais il regroupe tout de même de grands noms du cinéma français de l'époque :  Mireille Darc, Maurice Biraud, Francis Blanche, Michel Serrault, Louis de Funes, et Darry Cowl, Il faut tout de suite, dire un mot sur l'affiche ci-dessous, qui met en avant De Funes, alors que celui-ci a un rôle tout à fait mineur dans le film. Le film commence par quelques vues sur le Paris de 1964. On peut d'ailleurs se demander si en 50 ans, Paris a beaucoup changé. Mais c'est une autre histoire. Puis, l'intrigue commence dans un café, et met en avant un Maurice Biraud (petit truand récemment sorti de prison). Et c'est dans ce café, que l'intrigue va commencer à se mettre en place, et où Lautner et Audiard posent les personnages.

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Ici, comme souvent chez Audiard et Lautner, il nous est décrit le Paris  des petits truands et des escrocs. Et l'intérêt, comme dans "les tontons flingueurs" est de nous montrer les rapports entre le milieu et l'honnête homme, joué par un Michel Serrault, pas si innocent que ça, finalement. D'un sujet au départ sérieux, Lautner et Audiard, nous élèvent vers des sommets de comédie rarement atteints. Rivalité amoureuse, situations improbables, voir impossibles, font de ce film, un classique de la comédie policière française. Les connaisseurs remarqueront que Louis De Funes reprendra un rôle un peu similaire dans "Jo" (1971), cette fois-ci sous la direction de Jean Girault, et qu'Yves Robert développera le thème de la vamp ou de la femme fatale, dans "le grand blond avec une chaussure noire" (1972). Un petit mot sur la partition musicale de Gerorges Delerue, qui nous gratifie d'une sorte de petit concerto. Je n'aurai donc pour ma part, aucun mépris, pour des films comme celui-ci, qui reste comme un classique de la comédie française, des années 60.

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Ci-dessus : Maurice Biraud, Mireille Darc, Louis de Funes

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Ci-dessus : Maurice Biraud, et Mireille Darc

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Ci-dessus : Mireille Darc et Maurice Biraud

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Ci-dessus : Michel Serrault et Mireille Darc

 

Extrait :

 

Intermède musical dans le film :

Note : 7,5 / 10

26/12/2012

Antoine et Antoinette - 1947

Quelques mots sur "Antoine et Antoinette" de Jacques Becker. Ce film n'est pas le plus célèbre de la filmographie de Becker. Mais il a beaucoup de qualités. Les premières quarantaine de minutes du film ne raconte pas grand chose sinon la vie simple d'un couple ouvrier en 1947. Le couple a peu d'argent, mais beaucoup de rêves. Leur vie est simple, sans télévision, et on bricole une vieille radio pour avoir un peu de musique. L'irruption d'un billet de loterie gagnant va donner du mouvement et de l'action au film qui en manquait jusque là. Le génie de Becker est de lier les 2 parties si différentes du film sans que le spectateur y remarque quelque chose.

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Ce film est intéressant car il permet de regarder dans le rétroviseur et voir ce que nous sommes devenus. Il n'est pas sûr que nous soyons plus heureux aujourd'hui avec tout le confort moderne, internet, la télévision, le homecinéma, etc. Le film de Becker peut se résumer en cette phrase : l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. C'est sur cette simple idée que Becker a construit son film. On trouvera peut être une couleur communiste, avec le bourgeois (le patron d'un petit magasin joué par Noël Roquevert) qui semble exploiter sexuellement une employée, et qui veut séduire à tout prix la femme de l'ouvrier ou les employées de grands magasins sous la botte du patron. Mais on ne s'y attarde pas. On regarde une France de 1947, qui semble insouciante et confiante dans le lendemain avec pourtant pas grand chose en poche et beaucoup d'heures de travail. On voit des emplois industriels en France, et des gens qui se parlent dans une société qui semble plus humaine. Quant au film il reste beaucoup moins noir et dramatique que les derniers films de l'oeuvre de Jacques Becker. On a là un Becker optimiste et finalement quand on y réfléchit, ce n'est pas rien.

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Ci-dessus : Roger Pigaut et Claire Mafféi (à noter que cette scène d'un couple dormant dans un même lit était inimaginable à Hollywood en 1947).

 

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Ci-dessus, affiche de cinéma à la sortie du film :


NOTE : 6,5 / 10