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03/12/2013

La porte du diable / Devil's Doorway - 1950

On ne ressort pas indemne à la vision de ce splendide western, "la porte du diable". C'est le premier western d'Anthony Mann. En effet, Mann venait de signer à la MGM, après avoir tourné une série de films noirs à succès à la RKO. Après, "le livre noir" (1949) pour Walter Wanger Productions, "Incident de frontière", "La Rue de la mort" et "les furies", pour la MGM, Mann devait s'attaquer à son premier western : "la porte du diable". Inutile de dire, que pour un premier essai, dans ce genre si particulier, Mann réussit un coup de maître. Le film bénéficiait d'un très bon scénario de Guy Trosper, qui nous montrait un Robert Taylor en indien, qui retrouvait le domaine de son enfance, au retour de la guerre de sécession. Mais malheureusement, le gouvernement ne reconnaissait pas ses droits, sur ses propres terres et voulait l'exproprier pour le partager à des colons. L'affrontement devait alors inévitable. La MGM, plutôt connue à l'époque, pour ses somptueux films d'aventures et ses comédies musicales, attaque ici l'histoire des USA, et touche au drame social indien, comme rarement dans l'histoire du cinéma américain. Par son ton, "la porte du diable" détonne, et dérange. L'indien est ramené enfin, à sa simple humanité et à sa volonté de continuer à vivre sur la terre de ses ancêtres. Et surtout, Robert Taylor personnifie admirablement le personnage, lui donnant une famille, une vie, dont les westerns jusque là ne se souciaient guère. La composition de Taylor fait beaucoup pour la valeur artistique de l'ensemble.

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Mann sait également personnifier le méchant de l'histoire en la personne de Louis Calhern. Louis Calhern cela reste évidemment Jules César dans la production avec Marlon Brando de 1953. Enfin, Paula Raymond n'est pas en reste et arrive à donner une belle émotion à son personnage, témoin du drame indien. Mais le film ne serait pas une telle réussite, sans la formidable réalisation de Mann, qui arrive à nous trouver des plans improbables, souvent pris de dessous, des ombres sur les visages, des gros plans, qui veulent insister sur le malaise que l'oeuvre doit dégager. Cela commence d'ailleurs presque dès le premier plan avec la présence sombre et noir de Calhern accoudé au bar, et attendant Robert Taylor, comme un rapace.

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Ci-dessus : Robert Taylor & Paula Raymond

La MGM savait que le film serait très difficile à sortir en 1950 et attendit la sortie de "la flèche brisée", la même année par la 20th Century Fox. Devant l'énorme succès de ce dernier, Louis B Mayer se décida à sortir "la porte du diable". Malheureusement, le film n'obtint pas un grand succès. Car là où "la flèche brisée" renvoyait blancs et indiens, dos à dos en refusant de prendre parti, "la porte du diable" prenait clairement parti pour les indiens. Le public américain n'était pas prêt pour un tel film. Aujourd'hui on redécouvre avec délectation ce film, dans un superbe coffret édité par Wild Side. On regrettera malgré tout, qu'un film d'une telle importance, n'ait pas eu les faveurs d'une restauration complète et d'un nouveau master immaculé en Bluray. Mais quoiqu'il en soit, chers lecteurs, il ne faut absolument pas rater, un des plus beaux films de Robert Taylor, que Jacques Tourneur avait refusé de tourner, ne croyant pas à cette histoire d'un Robert Taylor en indien. Rétrospectivement, on peut considérer qu'il s'est lourdement trompé.

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Note : 9 / 10

27/08/2013

Le prisonnier de Zenda / The prisoner of Zenda - 1952

A l'occasion d'un voyage en TGV, j'ai revu dernièrement "le prisonnier de Zenda" dans sa version de 1952. "Le prisonnier de Zenda" a connu plusieurs versions. La première date de 1937, produite par Selznick International Pictures, elle avait pour acteurs : Ronald Colman, Madeleine Carroll, Douglas Fairbanks, mais aussi David Niven, et Raymond Massey. Dans la version de 1952, on a repris l'histoire et même les dialogues de la version de 1937, mais les acteurs ne sont plus les mêmes. Ainsi on retrouve Stewart Granger qui joue donc deux rôles : le roi et le voyageur anglais. Il partage l'affiche avec Deborah Kerr, mais aussi avec un James Mason qui tente de lui voler la vedette, et qui joue ici, un admirable traitre. Thorpe s'inspire énormément de la version de 1937 et filme de nouveau des scènes de la version précédente, un peu de la même façon. Ainsi, la scène de bal, rappelle énormément la version de 1937.

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Mais cette oeuvre n'est pas qu'un simple remake. Elle se distingue tout d'abord par un fabuleux Technicolor, par une autre interprétation, avec en premier lieu, la star des films d'aventure des années 50, en la personne de Stewart Granger, mais aussi par une belle musique d'Alfred Newman. De plus, malgré la ressemblance avec le film précédent, Thorpe parvient à donner une identité propre à son film, jusqu'à éclipser la version de 1937. Le "prionnier de Zenda" reste donc dans toutes les mémoires, comme l'archétype du film d'aventure des années 50, avec sa dose de glamour, d'action, et de félons. On ne s'ennuie, pas une seconde et on retrouve son âme d'enfant devant un film remarquable, que l'on peut ranger à côté de "Scaramouche", "Ivanhoé" ou "les chevaliers de la table ronde". Pour toutes ces raisons, et parce que je crois que la fonction du cinéma est d'abord de faire rêver, je mettrai une très bonne note à ce "prisonnier de Zenda". Ainsi ceux qui critiquent ce cinéma, devrait se poser ces simples questions : Dans cent ans, que restera t'il de beaucoup de productions d'aujourd'hui ? Combien iront rejoindre les poubelles de l'art cinématographique ? Vous connaissez ma réponse. "Le prisonnier de Zenda" restera quant à lui un fabuleux classique, pour tout cinéphile éclairé.

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Ci-dessus : Deborah Kerr et Stewart Granger

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Ci-dessus : Jane Greer et James Mason

 

La bande-annonce :

 

La musique :

 

Note : 9 / 10

04/07/2013

20 000 ans sous les verrous / 20 000 years in Sing Sing - 1932

"20 000 ans sous les verrous" est le type même de film tourné par la Warner, dans le but de dénoncer l'univers carcéral. Ainsi, il fait parti de ces films sociaux qui avaient pour vocation de dénoncer les travers de la société américaine et donc ici l'univers de la prison. Le succès de "20 000 ans sous les verrous" devait permettre la sortie d'autres films de ce type comme "Over the wall" (1938) ou "le châtiment" (1939) et "Insible Stripes" tous les deux avec Bogart. Le casting est intéressant avec Spencer Tracy et Bette Davis. En regardant le film, on se dit que le rôle était construit pour James Cagney, mais celui-ci renégociait à l'époque son contrat avec la Warner, il laissa donc passer le film au profit de Tracy. Ici on découvre une Bette Davis très jeune et très belle. On retrouve dans les seconds rôles en particulier Louis Calhern, que l'on reverra dans "Quand la ville dort" (1950), "les Enchaînés" (1946), ou encore dans sûrement son plus grand rôle, "Jules César" (1953) et enfin dans "Graine de violence" (1955). "20 000 ans sous les verrous" raconte la vie carcéral de Tommy Connors (joué par Spencer Tracy). Le scénariste a l'intelligence de ne pas expliquer pourquoi Connors va en prison. Ainsi, le spectateur se concentre sur les conditions de détention et pas sur le pourquoi du comment le personnage de Spencer Tracy est arrivé ici.

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Michael Curtiz met tout son talent au service du film, avec beaucoup de très beaux plans. Il joue ainsi sur les ombres pour donner une 3ème dimension au personnage et au film. Mais comment sur tous les oeuvres de Curtiz, les relations furent très tendues entre les acteurs et le réalisateur hongrois. Ainsi, Louis Calhern raconte dans ses mémoires que Bette Davis n'hésitait pas à cracher sur Curtiz pendant le tournage, si celui-ci se montrait trop dur avec elle. On ne peut donc que constater que derrière la perfection de ce qui était montré à l'écran, il y avait parfois des tensions très fortes, et un toujours bien souvent chaotique. Quoiqu'il en soit, "20 000 ans sous les verrous" est un beau film, qui dénonce autant les erreurs judiciaires, que la stupidité de l'univers carcéral, capable d'envoyer un innocent à la mort. Mais finalement on peut se demander, si ce n'est pas aussi la dénonciation d'une barbarie à visage humain. En effet, la justice étant oeuvre humaine, ne peut donc se faire sans erreur. La mort ne devrait donc pas être la sanction suprême de possibles erreurs de jugement. Mais si de tout ça, le film ne dit rien. Néanmoins, on peut suppoeer que son but était de faire cheminer une réflexion dans la conscience du spectateur.

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Ci-dessus : Bette Davis et Spencer Tracy

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Disponible en DVD zone 2 sur le site de l'éditeur (Warner) ou magasins spécialisés

 

Note : 7 / 10