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06/05/2015

Le temps d'aimer et le temps de mourir / A Time to Love and a Time to Die - 1958

"Le temps d'aimer et le temps de mourir" est sans doute l'un des plus personnels de Douglas Sirk. En effet, Douglas Sirk était d'origine allemande, de son vrai nom Hans Detlef Sierck, et né à Hambourg le 26 avril 1897. Il devait quitter l'Allemagne en 1937, abandonner son fils membre du parti nazi, et rejoindre les USA, pour entamer après bien des métiers, une carrière de réalisateur. Son fils Klaus Detlef devait quant à lui, mourir sur le front russe au printemps 1944. Tiré du célèbre roman éponyne d'Erich Maria Remarque, auteur, mais aussi acteur dans cette production, Sirk nous donne sa vision de l'Allemagne du 3ème Reich, mais semble aussi nous donner une vision intimiste des derniers jours de son fils. On raconte qu'il passa une année à chercher des informations sur son fils pour comprendre ce qui lui était arrivé. Le film nous décrit donc, le retour d'un soldat allemand du front russe pour une permission, et sa découverte de l'Allemagne nazie en guerre, et en proie aux bombardements. Le héros découvre sa maison d'enfance réduite à un tas de décombres, et part à la recherche de ses parents. Sur ce scénario simple, Douglas Sirk nous donne donc un drame puissant, décrivant peut être pour la première fois dans le cinéma hollywoodien, les nazis comme des êtres humains comme les autres. Et c'est peut être le plus terrifiant de cette oeuvre. Ainsi, l'Allemagne nazie nous renvoie une image de nous même et de notre propre humanité, capable du meilleur comme du pire. Au delà, d'une description d'une Allemagne qui se meurt, le réalisateur aborde le thème de l'amour, ainsi que du caractère éphémère du bonheur, qui ne dure jamais bien longtemps. Sirk ne décrit pas le régime nazi, comme le régime responsable des pires horreurs de l'humanité, mais bien comme un régime qui nie l'individualité de l'être humain. La société est omniprésente, jusque dans l'intimité des relations amoureuses. Par cela, par cette possession de l'âme, et du corps des individus, le nazisme dénie tout libre choix, toute réflexion propre. L'homme n'est plus qu'un rouage du système. Celui qui s'en éloigne signe alors sa propre mort. Inoubliable drame, sublimé par la musique de Miklós Rózsa, "le temps d'aimer et le temps de mourir" est peut être le film le plus intime de Sirk sur son rapport filial, et qui pose question en résonance sur notre propre humanité. L'enfer c'est les autres, disait Sartre, c'est une réalité pour Sirk.

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Ci-dessus : Liselotte Pulver & John Gavin

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Ci-dessus : Erich Maria Remarque & John Gavin

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Ci-dessus : Liselotte Pulver

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Extrait de la musique de Miklós Rózsa :

 

Difficilement disponible en DVD, donc remerciements chaleureux à Arte pour la récente diffusion de ce chef-d'oeuvre, en espérant une prochaine sortie Bluray prévue en 2015 ou 2016.

Note : 8 / 10

18/07/2014

Le joueur - 1958

Pour changer un peu, je vous propose, un peu de cinéma de ce cinéma français disparu et "Le joueur". C'est le 3ème film de Claude Autant-Lara avec Gérard Philipe. En effet, l'acteur a déjà tourné 2 fois pour Claude Autant-Lara, tout d'abord en 1947 pour "le diable au corps" avec Michel Simon, puis dans le très beau "Rouge et le noir" (1954) avec Danielle Darieux, film inspiré du roman de Stendhal. Dans "le joueur" Autant-Lara retranscrit à l'écran le célèbre roman de c. Mais comme, Autant-Lara l'avouera plus tard, il a voulu faire du Stendhal en adaptant du Dostoievski. Les premières vingt minutes sont un peu traumatisantes. En effet, on y voit le banc et l'arrière banc du cinéma français de l'époque essayaient de singer les Russes. Ainsi, Bernard Blier et Françoise Rosay sont des russes. Il ne faut pas trop chercher de côté là. Mais surtout ce qui choque ce sont les décors, qui font très cartons-pâtes. Puis avec l'arrivée de la grande tante (Françoise Rosay) le film s'améliore. Quoiqu'il faut noter dans cette première partie, une relation sado-masochiste assez audacieuse, et troublante même pour l'époque entre Gérard Philipe et Liselotte Pulver.

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La deuxième partie du film est la meilleure, car elle détruit totalement la première partie poussive par les résultats du jeu. Et les différents protagonistes vont à la rencontre de leur destin dans un épilogue, ou une 3ème partie assez différente du roman original de Dostoievski. Le jeu devient en effet ici une dénonciation des moeurs de la grande bourgeoisie, mais aussi le révélateur et surtout l'ascenseur social pour le domestique qui ne pouvait espérer tant. On ressort donc enfiévré de ce "joueur" et il donne énormément envie de redécouvrir "le rouge et le noir" du même Autant-Lara, avec le même Gérard Philipe. Et après l'avoir vu, on ne comprend pas bien pourquoi la jeune critique de l'époque, Truffaut en tête décidèrent de tirer à boulets rouges sur l'acteur, en le qualifiant "d'acteur indirigeable, terreur des metteurs en scène et dont le timbre de voix est une infirmité". On ne saurait être plus en désaccord avec Truffaut sur ce point, même si parfois Gérard Philipe en fait un peu trop. Mais ce n'est pas le cas ici.

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Ci-dessus : Gérard Philipe

Film disponible en Bluray zone B, au prix de 9,90 €

 

Note : 7 / 10