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05/07/2014

Les invités de 8 heures / Dinner at eight - 1933

Après le succès de "Grand Hotel", un an plus tôt, David O. Selznick se décidait de repartir pour une aventure similaire, avec un casting assez proche de celui de "Grand Hotel". Ainsi on retrouvait Lional Barrymore, John Barrymore, et Wallace Beery, déjà vu dans le précédent film. A la réalisation on retrouve non pas Edmund Goulding, mais bien George Cukor. Et il faut bien dire que la réalisation de Cukor est assez peu inspirée, plate et relativement statique et les travelings et gros plans de Goulding manquent cette fois-ci cruellement. Le casting est relevé par la présence de Madge Evans, vue par exemple dans "Mayor of Hell" (1933), mais surtout par Jean Harlow. Le film n'évoque les problèmes économiques et sociaux que de manière très indirecte. On s'intéresse plutôt ici à la faible morale de la société américaine. Ainsi, on retrouve un médecin coureur de jupons, et une femme mariée insatisfaite passant le plus clair de son temps au lit (Jean Harlow). On peut aussi supposer que le rôle totalement ingrat de la femme de chambre du mettre bien à mal cet emploi, après une vision de ce film par les spectateurs qui en employaient une, même si il faudra attendre le début de la guerre pour que la riche société américaine commence à se passe de son personnel de maison. Le film passe donc en revu le destin de ses 8 invités, destin heureux ou malheureux, tous ne parviendront pas à assister à ce dîner.

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Ce film choral est donc assez agréable à regarder, mais n'atteint jamais les sommets de son prédécesseur, que ce soit au niveau de la réalisation ou même des situations et des dialogues. On retiendra de l'ensemble, surtout les scènes avec Jean Harlow dont certaines répliques sont quasiment mythiques. Ainsi, sa violente explication avec son mari (ici Wallace Beery) est inoubliable. Mais c'est bien la dernière de Jean Harlow qui laisse au spectateur le sourire. En effet quand Jean Harlow explique qu'elle a lu un livre, son interlocutrice la regarde d'un air interloqué, puis quand Jean continue et explique qu'elle a appris que dans ce livre les machines vont remplacer les activités humaines, et quand son interlocutrice lui répond que "de ce côté là, elle ne doit se faire aucun souci", on explose de rire. Jean Harlow remplit parfaitement son rôle de magnifique garce, mangeuse d'hommes, pour notre plus grand plaisir.

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Ci-dessus : Jean Harlow et Wallace Beery

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Ci-dessus : John Barrymore

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Ci-dessus : Madge Evans & John Barrymore

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Ci-dessus : Jean Harlow & Wallace Beery

Disponible en DVD Zone 2 en version original sous-titrée

Note : 7 / 10

08/06/2014

Les marins de l'Orgueilleux / Down to the sea in ships - 1949

"Les marins de l'Orgueilleux" est un beau film d'aventure qui s'appuie sur un casting intéressant avec en tête le duo : Lionel Barrymore et Richard Widmark, mais aussi avec un petit garçon surdoué, le jeune Dean Stockwell, qui avait débuté 4 ans plutôt dans "la vallée du jugement" (1945), avec Gregory Peck dans le rôle titre, mais aussi déjà Lionel Barrymore. Le trio s'en sort ici à merveilles, dans ce film de baleinier à la fin du 19ème siècle. On peut dire sans se tromper s'en sort à merveilles, d'un sujet pas évident à filmer. Même si parfois les sentiments ou les clins d'oeil entre les trois protagonistes semblent un peu téléguidés. Il n'en reste pas moins que le jeu de Lionel Barrymore en vieux marin irascible, est extraordinaire et force le respect. Dean Stockwell c'est évidemment Al de la série "Code Quantum". Hathaway arrive à nous faire passer un bon moment, sans trop montrer la réalité de l'horreur sanglante de la pèche à la baleine, que n'aurait pas pu supporter le public de l'époque. Ainsi, parfois certaines scènes semblent un peu fabriquées. Mais globalement c'est pas mal du tout, et cela nous montre aussi une époque et une pêche que l'on aimerait aujourd'hui révolue dans tous les océans. La meilleure scène du film est au début, lorsque le proviseur donne une bonne note à l'enfant, refusant de le voir séparer de la vie aventureuse avec son grand-père, et considérant que la vie ne s'apprend pas uniquement sur les bancs d'une école. Une belle leçon de vie, qui nous rappelle "Capitaines courageux" (1937) avec Spencer Tracy, Freddie Bartholomew dans le rôle de l'enfant et toujours Lionel Barrymore dans le rôle du capitaine. A noter que Lionel Barrymore s'éteindra 5 ans après la sortie du film, "les marins de l'Orgueilleux".

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Ci-dessus : le jeune Dean Stockwell et Richard Widmark

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Ci-dessus : Lionel Barrymore

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Ci-dessus : le Trio réuni

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Ci-dessus : Gene Lockhart, Dean Stockwell et Lionel Barrymore

Film, disponible en DVD Zone 2 sous-titrée français uniquement

Note : 7 / 10

10/07/2013

Âmes libres / A Free Soul - 1931

Aujourd'hui je vais vous parler de "Âmes libres" formidable fim de Clarence Brown, de 1931, produit par la MGM. Le film a de multiples qualités, à commencer par un casting impressionnant, avec Clark Gable, Norma Shearer, Lionel Barrymore, et Leslie Howard. Je pense qu'il est inutile de préciser ici que j'ai la plus haute estime pour ces 4 acteurs qui magnifient littéralement la réalistion de Brown. Lionel Barrymore joue ici un célèbre avocat, la plupart du temps ivre, quand il ne plaide pas. Norma Shearer, joue sa fille, Leslie Howard, joue le fiancé, et Gable l'amant de la jeune femme. Vous l'aurez compris le jeu à quatre, va être le lot du scénario du film et quel scénario ! Ici nous n'avons pas droit seulement, aux bas fonds de l'Amérique, aux bars clandestins, aux salles de jeux secrètes, aux luttes entre bandes rivales et aux meurtres, mais aussi à la vie amoureuse d'un de ses tenanciers de bars clandestins, qui plus est chef de bandes.

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Aujourd'hui on peut considérer le jeu de Norma Shearer (épouse du producteur de la MGM  Irving Thalberg jusqu'à la mort de ce dernier en 1937), un peu trop empreint parfois de la marque de sa première partie de carrière dans le cinéma muet, avec de temps en temps, quelques expressions un peu trop appuyées. Elle n'en reste pas moins une fabuleuse actrice, terriblement sensuelle, avec des robes mettant parfaitement en valeur sa beauté. Il n'y a pas ici seulement de la tension sexuelle entre elle et Gable, mais bien une sensualité exacerbée, comme on verra rarement ensuite dans le cinéma américain. Mais la liberté du propos choque aussi. Ici on évoque le futur enlèvement d'une femme contre ton gré, pour satisfaire le plaisir d'un homme, et si l'inquiétude des protagonistes pour la vertue de la jeune femme semble aujourd'hui dépassée, elle ne reste pas moins comme le reflet d'une époque, où en France comme ailleurs de célèbres assassins, cachaient leurs crimes derrière la réputation d'une femme de renom, refusant ainsi de la compromettre en disant qu'il se trouvait avec elle la nuit du crime. Après tout, c'était une manière élégante d'envisager la guillotine et cela permettait de réunir pour l'accusé, une foule d'admiratrices avant le sacrifice final. Il y a un peut de tout ça ici. Mais il y a aussi et surtout la consécration de la sexualité féminine. Les femmes ne sont plus des objets sexuels, mais bien des êtres, avec leur propre sexualité. Ainsi, Norma Shearer  vient au départ de sa propre volonté, chercher de l'amour, mais aussi du sexe. Et le film évoque donc des relations hors mariage, propos qui sera totalement passé sous silence après juin 1934, et la mise en place du code de censure. Ainsi, la question sexuelle sera noyée sous une tonne de glamour, et on mettra en bobines un autre cinéma.

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Ci-dessus : Clark Gable et Norma Shearer

Ce "Free soul" est donc un formidable film qui n'a pas beaucoup vieilli, si ce n'est parfois par un jeu un peu trop appuyé de Norma Shearer, ou une utilisation très faible de la musique, marque des premiers films des années 30. Mais pour le reste, on est devant un chef-d'oeuvre de subversion, tenue par des acteurs particulièrement inspirés. Clark Gable impose une présence animale et Leslie Howard reprend ce personnage qu'il affectionne et qu'il rejouera dans "Autant en emporte le vent" (1939). Gable et Howard se retrouveront d'ailleurs sur ce même film. Quant à Lionel Barrymore il est extraordinaire et termine le film par une plaidoirie qui devait rester dans les annales du cinéma. Il recevra d'ailleurs un Oscar du meilleur acteur pour son interprétation. Je ne peux donc que vous conseiller ardemment de redécouvrir ce chef-d'oeuvre oublié mais impossible à ignorer, qui vous transportera d'émotions, et dont la seule leçon est peut être une expression d'une liberté sexuelle féminine dont l'écho résonne encore aujourd'hui. "A free soul" est tout simplement un chef-d'oeuvre du cinéma américain.

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Ci-dessus : Lionel Barrymore et Norma Shearer

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Ci-dessus : Leslie Howard et Norma Shearer

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Disponible en Zone 1  (allzone) dans le coffret "Forbidden Hollywood" volume 2 ou en Zone 2 sur le site de la Warner en France.

 

Extrait :

 

http://www.youtube.com/embed/Z32AJBC2wOM

Note : 8,5 / 10

09/04/2013

La vie est belle / It's a Wonderful Life - 1946

Par quel bout prendre "la vie est belle" de Frank Capra ? Voilà la première question qui me vient à l'esprit alors que je rédige cette note. Est-ce un film niais comme aime à le rappeler les cyniques de tous bords ou est-ce le chef-d'oeuvre encensé par la critique et le public depuis des décennies ? Cette note essaiera d'y répondre avec le coeur, car si on lit avec les yeux et si on écoute avec nos oreilles c'est bien avec le coeur qu'i faut voir ce film sous peine de ne rien y comprendre. Le film est tiré d'une histoire, "The Greatest Gift", écrite en novembre 1939 par Philip Van Doren Stern. L'auteur n'arrivant pas à faire publier son histoire se décida à la joindre à ses cartes de Noël et l'envoya à 200 proches. L'histoire attira finalement l'attention d'un producteur de la RKO David Hempstead. Ce dernier le présenta à l'agent de Cary Grant et finalement en avril 1944, la RKO en acheta les droits pour 10 000 dollars. Après trois écritures de script qui ne satisfaisaient personne au studio, Cary Grant n'attendit pas la fin du projet et se mit à tourner un autre conte de Noël "the Bishop's wife" (1947). Finalement, Charles Koerner de la RKO fit lire l'histoire à Capra qui la trouva merveilleuse. La RKO anxieuse de ne jamais pouvoir mettre le film en images, décida de vendre les droits sur ce film et les trois scripts à la société de production de Capra, "Liberty Films". Capra prit alors les choses en main, et retravailla le script avec une pléiade de scénarites : Frances Goodrich,  Albert Hackett, Jo Swerling, Michael Wilson, et enfin Dorothy Parker. Mais le script devait encore subir des révisions, et même durant le tournage. Mais ce n'était pas forcément un problème à Hollywood. On se rappelle que le script de "Casablanca" devait subir le même sort, avec le succès que l'on sait.

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Le film devait être tourné aux studios RKO et au ranch de la RKO à Encino qui avait déjà une ville construite qui avait servie pour un film de 1931 "Cimarron". La ville faisait 1,6 hectares et possédait sa grande rue, et 75 bâtiments et magasins. Capra pour le besoin du film devait faire construire une banque mais aussi faire planter 20 chênes. Capra devait ensuite supprimer plusieurs parties musicales composées par Tiomkin au grand désespoir de ce dernier. Sur cette ville construire pour le cinéma, il faut savoir qu'en 1954 l'ensemble  devait être rasé et ne devait rester que la piscine où danse James Stewart dans le film, et la maison Martini. Le tournage quant à lui devait commencer le 15 avril, 1946 et se terminer le 27 juillet 1946. Le film devait se classer 26ème au box-office de 1947 sur 400 films sortis cette année là. Devant ce succès mitigé il devait accuser une perte de 525 000 $. Néanmoins, le film devait passer des générations de spectateurs pour rester dans la mémoire collectivie du public jusqu'à aujourd'hui et devenir un film mythique. Mais qu'est ce qui fait de "la vie est belle", un film mythique aujourd'hui ?

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Ci-dessus : James Stewart

Le succès de "la vie est belle" qui fait de ce film, une légende du cinéma hollwyoodien, ce n'est pas seulement le talent de réalisateur de Capra, ou l'incroyable beauté et le glamour de Donna Reed qui paraît n'avoir jamais été aussi belle et désirable ou l'enthousiasme de James Stewart, ou encore l'incroyable capacité de Lionel Barrymore à jouer un ancien ouvrier aux idées presque anarchiste l'année précédente dans "la vallée du jugement" et cette fois-ci tout le contraire, dans son interprétation d'un banquier rapace. Ce qui fait le succès encore aujourd'hui de "la vie est belle" et qui en fait un film mémorable pour le public, ce sont bien les thèmes que ce film aborde, thèmes qui sont toujours d'une brûlante actualité. En effet, qui peut nier que le sacrifice pour les siens et pour lea autres, la famille, l'appât du gain, ou l'erreur qui détruit toute une vie de travail, et simplement la valeur inestimable de la vie d'un être humain, ne sont pas encore aujourd'hui des thèmes encore actuels en cette période de crise ?

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Ci-dessus : Donna Reed et James Stewart

D'ailleurs la popularité dont le film bénéficie chez nous le rapproche plus d'un certain esprit prêt à croire dans la communauté et dans la solidarité, plutôt que dans la réussite personnelle et dans un appât du gain qui détruit tout, mais aussi dans l'intervention de forces invisibles qui éloignent ainsi le film des mensongères accusations dont il fit l'objet dans'une note du FBI qui faisait de ce film, un film aux idées communistes.

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Ci-dessus : Lionel Barrymore (frère de John Barrymore) et Thomas Mitchell

"La ville est belle" est donc sans aucun doute le plus grand film de Capra encore meilleur que "Mr Smith au sénat" (1939) et il bouleverse autant qu'il peut émouvoir. On ne saurait donc rejoindre les cyniques et bouder son plaisir. "La ville est belle" reste une formidable leçon cinématographique mais aussi morale, sur une vie plus forte et plus précieuse que l'argent et que la finance. Alors oui c'est un conte de Noêl, mais franchement qu'est ce que ça fait du bien !

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Extrait :


 

Film disponible en DVD (zone 2) et Bluray multi-zones.

 

Note : 9 / 10

12/01/2013

Grand Hotel - 1932

Dans le cadre de sa sortie en Bluray (Freezone), je vous parlerai aujourd'hui de "Grand Hotel". "Grand Hotel" (1932) est un film de la MGM tourné par Edmund Goulding. C'est le célèbre producteur Irving Thalberg qui devait rendre possible l'adaptation cinématographique de la nouvelle de Vicki Baum (Menschen im Hotel) en rachetant les droits en la faisant adapter pour le théâtre par William A. Drake. Après un vrai succès de 459 représentations, Thalberg décida de porter la pièce à l'écran, en demandant à Drake et à Béla Balázs de l'adapter pour en faire un film.

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Le film devait bénéficier également des talents de décorateur de Cedric Gibbons, qui allait faire construire de somptueux décors pour le film, et en particulier pour les scènes dans le grand hall à l'entrée de l'hotel. "Grand Hotel peut être considéré comme le premier film "choral" car il rassemblait toute une pléäide d'acteurs, avec des intrigues différentes mais qui parfois se croisaient. Et la force de "Grand Hotel" est bien là, et c'est bien pour ça que ce film, comme aucun autre, a traversé des générations de cinéphiles pour arriver jusqu'à nous, dans une étonnante modernité. Ainsi on retrouve à la distribution, l'immense et énigmatique Greta Garbo, John Barrymore, Lionel Barrymore (frère du précédent), Joan Crawford, Lewis Stone, et Wallace Beery.

 

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Ci-dessus : Greta Garbo et John Barrymore

Le scénario n'a pas de lignes directrices ou plutôt il en a plusieurs. Ainsi on retrouve un grand industriel, Preysing (Wallace Beery) venu négocier une fusion indispensable à la survie de sa société, sa secrétaire aux moeurs libérés (Joan Crawford), un baron mais l'est il vraiment ? (John Barrymore), un employé de la société de Preysing qui se croit en mauvaise santé et prêt de la mort (Lionel Barrymore), un docteur (Lewis Stone) et bien sûr Greta Garbo qui joue à merveille la danseuse russe de ballet déprimée par sa solitaire fin de carrière en chute libre. Dans cette micro-société du Grand Hotel, les destins vont se croiser et s'entre-croiser jusqu'au drame final. Mais est ce vraiment un drame ? Ne voulant pas révéler l'intrigue pour ceux qui n'ont pas vu le film, je vous dirai juste qu'un personnage disparaît. Et la mort est particulièrement bien traité. On y voit que la vie continue comme si de rien était. On y voit aussi la lâcheté de ceux qui savent et qui ne disent rien par peur de la réaction de l'autre.

 

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Ci-dessus : Joan Crawford et John Barrymore

Enfin, le film finit sur une conclusion en forme d'hymne à la vie et sur peut être la plus belle déclaration d'amour vue au cinéma. En effet,  Kringelein vieux, malade, reprend goût à la vie en offrant n'ont pas sa beauté, son charme, sa classe ou la santé qu'il n'a pas, mais tout son argent à la femme de ses rêves, juste pour que cette femme soit sa compagne le peu de temps qu'il lui reste à vivre. Le film touche alors les sommets de l'art en devenant une espèce de parabole sur le destin de l'Homme. Sommes-nous ici pour produire jusqu'à notre mort ? Ou avons nous droit chacun à une part de bonheur, peut être aimer, et ceci même pour le plus petit d'entre nous ? Plus important que tout, le film nous dit : ce qui nous constitue en qu'être humain ce n'est pas notre travail, mais bien ceux qui nous aimons et ce que nous faisons. C'est bien ce message humaniste qui a touché des générations, et des générations de spectateurs et qui fait de ce film un éternel chef-d'oeuvre du cinéma hollywoodien.

 

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Ci-dessus : Edmund Goulding, Wallace Beery et Joan Crawford sur le tournage

Le docteur Otternschlag (Lewis Stone) finit par dire pour clôturer le film : "Grand Hotel, jamais rien ne se passe". Et c'est bien entendu, un clin d'oeil ironique au spectateur qui a vu la vie du Grand Hotel défiler sous ses yeux. Mais c'est aussi, une phrase d'une réalité surprenante qui nous fait revenir à l'infini de la vie, à la mort et à la naissance, à ceux qui partent et à ceux qui rejoignent la vie. Eternelle manège de la vie dont la métaphore est le Grand Hotel qui accueille chaque jour de nouveau client. Vous l'aurez compris, c'est un film totalement indispensable.

 

Reportage de la Première du film à Hollywood en 1932 :

 

 

A noter que le film possède une piste française (VF) et des sous-titres. Les sous-titres sont également bien présents sur les bonus.

 

NOTE : 9 / 10

22/12/2012

La Vallée du jugement / Valley of decision - 1945

"La vallée du jugement" est film avec Gregory Peck tourné en 1945 par la MGM. Le réalisateur Tay Garnett est derrière la caméra.  Le sujet décrit la vie d'une famille d'industriels de l'acier vers 1880 aux USA, avec leurs espoirs, leurs difficultés et les relations qu'ils entretiennent avec leurs ouvriers. Bien évidemment, on ne peut regarder ce film sans penser à "Quelle était verte ma vallée" tourné par John Ford 4 ans plus tôt pour la Twentieth Century Fox.  En plus de Gregory Peck on retrouve dans les rôles principaux Greer Garson et Donald Crisp. Et comme d'habitude Donald Crisp a le rôle du père de famille, mais contrairement à "Quelle était verte ma vallée", il a ici le rôle du patron détesté par une bonne partie des ouvriers. La distribution est aussi complétée par Marsha Hunt (Constance), Lionel Barrymore (l'ouvrier blessé en chaise roulante) et Preston Foster (délégué syndical). Preston Foster on l'a vu joué dans le film précédemment commenté, "Love before Breakfast".

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Le point fort du film, vous l'aurez compris, c'est donc bien sa distribution. On a des acteurs et actrices de grands talents que ce soit pour les premiers comme pour les seconds rôles. Peck est convaincant en jeune héritier de l'industrie de l'acier, comme Greer Garson en amoureuse transie. Mais ce sont bien les seconds rôles qui retiennent l'attention. Crisp je l'ai déjà dit maîtrise parfaitement son rôle. Mais surtout Lionel Barrymore est excellent et crève l'écran en ouvrier handicapé aigri et détestant à mort le patron. Enfin, Preston Foster fait penser par moment à George Marchais dans son rôle de délégué syndical. Quand on sait qu'il interprêtait un dirigeant d'une grande entreprise dans "Love before Breakfast", on mesure l'étendue du talent de tous ces acteurs.  On retiendra également dans cette distribution, le premier rôle de Dean Stockwell, ici enfant, que les amateurs de séries auront plus tard l'habitude de voir jouer dans "Code Quantum".

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Ci-dessus : Donald Crisp et Gregory Peck

Non ce qui plombe un peu le film, c'est finalement la comparaison avec son prédecesseur, "Quelle était verte ma vallée". En effet, la force d'un film est d'arriver à nouer une intrigue intéressante pour arriver à maintenir l'attention du spectateur du début à la fin du métrage. Ici, le film y arrive que partiellement ou à de rares moments. On a du mal à se passionner pour cette famille très riche et qui pour la plupart de ses membres ne s'intéresse que peu à son industrie. Le film arrivera à nouer une intrigue avec la romance entre Marie (Greer Garson) fille d'ouvrier et Gregory Peck (le fils du patron). Puis il y aura la grève, qui donnera son lot d'actions et de rebondissements. Mais finalement les passages les plus intéressants sont traités trop rapidement, et autant la vie simple des ouvriers attirait l'attention dans "Quelle était verte ma vallée", autant ici la vie très lisse d'une riche famille sans énormément d'ambitions ne passionne guère. Enfin la réalisation très académique de Tay Garnett n'attire pas l'oeil comme celle de John Ford c'est si bien le faire. Ainsi les luttes sociales finies, la conclusion du film se bornera à trouver une solution à la conservation à tout prix du patrimoine industriel, ou pour faire simple du capital. Pour y arriver il faudra aussi la part de Marie (la fille d'ouvrier) et la bonne volonté de Constance (la jeune mariée pas trop avide). Voilà toute la morale du film. On pourra donc trouver la leçon comme de peu d'importance et attendre une sortie Bluray du chef-d'oeuvre de John Ford : "Quelle était verte ma vallée" pour espérer un meilleur spectacle.

 

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Extrait :

 

Disponible en Zone 2 dans les Trésors Warner sur le site de l'éditeur.

 

NOTE : 6 / 10

30/10/2012

Key Largo - 1948

"Key Largo" tourné par John Huston raconte l'histoire d'un soldat démobilisé, Frank (Humphrey Bogart) qui vient présenter ses condoléances à la famille d'un de ses camarades de guerre, tué au combat. Il rencontre donc sa soeur (Lauren Bacall) et son père (Lionel Barrymore). Ce dernier a un hotel qui se révèle être occupé par des gangsters menés par Edward G. Robinson. Le scénario posé le huis-clos va se révéler total et l'affrontement titanesque entre un Bogart rusé comme un renard et un Edward G. Robinson au mieux de sa forme.

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Comme dans "Johnny Roi des gangsters", l'organisation criminelle n'est pas là non plus florissante.  Robinson (Johnny Rocco) et sa bande doivent se faire passer pour des touristes, et fuient la police. Les références de Robinson aux temps passés sont constantes. Ainsi, il explique qu'il avait l'habitude de faire valser les politiciens selon ses désirs. Mais ces temps sont révolus. Il n'est qu'un paria en fuite. C'est d'ailleurs à Key Largo, qui est un peu le bout de l'Amérique et la route vers une futur sortie, qu'il se décide à aller. D'ailleurs tout le long du film l'idée de partir sur un yacht revient sans cesse. De son côté Bogart, représente le bien, l'honnête soldat qui a défendu le monde contre le nazisme pendant que les Rocco restaient au pays faire des affaires louches et profiter du système. La famille prise en otage, l'affrontement ne va pas être tant physique que psychologique. Et le soldat va trouver en face de Rocco un adversaire aussi coriace que les soldats qu'il a combattu.

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Ci-dessus Humphrey Bogart et Edward G. Robinson :

Alors bien entendu, certains pourront trouver ce film, trop simpliste ou trop binaire. Mais il y a réellement quelque chose de magique dans ce film. Il y a l'affrontement de 2 monstres sacrés Bogart et Robinson qui ont fait tant et tant de films de gangsters et qui reprennent une nouvelle fois le costume, avec en plus Laurent Bacall et Lionel Barrymore. Et si il fallait encore en ajouter il faut savoir que Claire Trevor qui joue la compagne de Robinson dans le film recevra un oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation.

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Ci-dessus Bacall et Bogart sur le tournage de Key Largo :

Enfin je ne peux finir cette note sans dire quelques mots sur la musique de Max Steiner qui est tout simplement magistrale. J'ai bien peur de me répéter. Mais se rendra t'on compte un jour de l'apport de Max Steiner au cinéma hollywoodien ? Il faut juste savoir que cet homme a composé la musique symphonique de quelques 300 films !! Les hommes passent mais la beauté laissée par eux restera pour l'éternité. Ainsi, "Key Largo" restera à jamais comme un de ces phares lumineux qui indiquent le chemin dans la plus dure des tempêtes et dans la plus noire des nuits. Je vous recommande donc très fortement de voir ce film. J'ai du le voir 5 fois ! La qualité d'image sur les différentes éditions est tout à fait correcte, même si on préférerait le voir en Bluray encore restauré évidemment.


Extrait de la musique de Key Largo :


 

Note : 9 / 10