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16/05/2016

Crime Passionnel / Fallen Angel - 1945

On parcourt sa vidéothèque et parfois on retrouve parfois, des films aujourd'hui malheureusement invisibles dans le commerce. Je dois avouer que j'ai été quelque peu désarçonné par "crime passionnel" d'Otto Preminger. En effet, le film bénéficiait d'un formidable casting avec Dana Andrews, Linda Darnell et Alice Faye. De plus avec un Otto Preminger à la réalisation et Joseph LaShelle à la photographie, on pouvait s'attendre à un très grand film noir. Or si "Crime Passionnel" est un bon film noir, il est très loin d'être un grand film noir. Ainsi, le scénario multiplie peut être un peu trop les ellipses. De plus, si la femme fatale semble bien présente en la personne de Linda Darnell. On ne sait qui est bien la victime pendant plus de la moitié du métrage. Et c'est dans le dernier tiers du film, que l'action se met finalement en place, pour un dénouement loin d'être évident, laissant planer un doute sur la suite de la relation du couple Dana Andrews / Alice Faye. Ce refus d'un "Happy-end" ou d'une fin dramatique, laisse planer un doute sur le ton de l'ensemble du film.  Mais le film a évidemment de très nombreuses qualités. On peut tout d'abord, comme je l'ai dit le casting, la photographie de Joseph Lashelle, la réalisaiton de Preminger, le sex-appeal de Linda Darnell. Il n'en reste pas moins que je suis resté un peu sur ma faim. On aurait aimé plus d'interactions entre Dana Andrews et Linda Darnell ou alors sans doute une intrigue policière menée différemment et plus tôt dans le film. "Fallen Angel" reste malgré tout un très bon film, mais qui reste loin derrière le chef-d'oeuvre absolu de Preminger : "Laura" (1944) avec Gene Tierney, et là aussi Dana Andrews.

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Ci-dessus : Linda Darnell (dans Crime Passionnel)

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Ci-dessus : Dana Andrews & Linda Darnell

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Ci-dessus : Dana Andrews & Linda Darnell

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Film sans version française ni sous-titrage en DVD et non sorti en Bluray

Note : 7 / 10

20/03/2015

Arènes sanglantes / Blood and Sand - 1941

"Arènes sanglantes" est un film en Technicolor, de Rouben Mamoulian  avec Tyrone Power, Linda Darnell et Rita Hayworth, dans les rôles principaux. Il est tiré d'un roman de Vicente Blasco-Ibanez publié en 1908, et c'est également un remake d’un mélodrame avec Rudolph Valentino sorti en 1922. Ce film a marqué profondément ma famille, car mon père s'en est inspiré pour peindre un tableau de torero. De plus les origines espagnoles d'une partie de ma famille, se réveillent un peu, devant un film qui célèbre du début à la fin la culture espagnole. On peut tout de suite dire, que l'on a déjà vu le trio Tyrone Power, Linda Darnell, Rouben Mamoulian. En effet, le trio avait déjà tourné, "le signe de zorro", l'année précédente. Ici, on a donc droit à un récit qui tourne autour de la vie d'un jeune torero, joué par Tyrone Power. Le récit commence dès son enfance misérable, et on voit l'enfant rêver devant une affiche de son père. Rouben Mamoulian arrive en quelques images à nous transporter de la chambre de l'enfant à un café, où les chants, les jeux, et les rires éclairent l'image. On peut noter en passant le superbe travail de Mamoulian et des deux directeurs de la photographie : Ernest Palmer, et Ray Rennahan. Rouben Mamoulian raconte à ce sujet : "Je me suis inspiré de la peinture espagnole, et en particulier de Sorolla, du Greco et de Velasquez, pour réaliser Arènes sanglantes. Ainsi, pour obtenir l’effet désiré alors que je filmais un crucifix, je le fis recouvrir de spray bleu, gris et vert. Afin que le fond restât dans l’ombre, j’utilisais également un spray qui eut pour effet d’obscurcir les zones que des raisons techniques nous obligeaient à maintenir éclairées."

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De cette histoire, où se mêle amour et tauromachie, le réalisateur arrive à tirer un film splendide, qui fait la part belle à la fière culture espagnole, mais qui sait dénoncer l'horreur de la corrida et du traitement que l'on réserve aux animaux, comme aux hommes. Ce film qui nous parle de la grandeur et de la misère du torero, nous parle aussi de nous. Car chaque être humain, s'élève pour ensuite retomber, parfois comme ici à cause d'une femme. On reste donc réellement ébloui devant ces couleurs magnifiques, cette recherche constante et ininterrompue de la perfection, mais aussi de tons colorés tellement parfaits, dans leurs agencements qui ravissent l'oeil. On est donc pas surpris d'apprendre qu'Ernest Palmer devait rafler l'Oscar de la meilleur photographie pour ce film. Mais la musique d'Alfred Newman, n'est pas non plus en reste, et s'inspire de nombreux thèmes espagnols, pour nous donner au final, un film d'une très grande qualité, que l'on oublie pas et qu'on veut revoir. Car lorsqu'on regarde un tel film, plus d'une fois, on a envie de se lever et de crier à plein poumon : Viva Espana !

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Ci-dessus : Tyrone Power

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Ci-dessus : Linda Darnell

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Ci-dessus : Rita Hayworth & Tyrone Power

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Ci-dessus : Rita Hayworth

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Ci-dessus : Linda Darnell

Disponible en Bluray sur Amazon.es (Espagne) avec une VF et VO sous-titrée anglais, autour de 9,50 €

Note : 8,5 / 10

21/02/2014

Les rebelles de Fort Thorn / Two Flags West - 1950

"Les rebelles de Fort Thorn" aborde un thème quasiment jamais abordé au cinéma : la participation aux guerres indiennes de rebelles tirés des prisons nordistes en pleine guerre de sécession. En effet, Abraham Lincoln, avait promulgué une amnistie pour les prisonniers confédérés acceptant de s'engager sous le drapeau de l'union pour combattre les indiens de l'Ouest. Sur cet arrière fond historique, le  Frank Nugent écrivait une histoire, qui n'intéressait pas les patrons de la MGM, mais bien ceux de la Fox. La distribution comprenait Joseph Cotten, Linda Darnell, Jeff Chandler, et Cornel Wilde. Joseph Cotten c'était évidemment l'acteur de "Citizen Kane" (1941), mais aussi de "Lydia" (1941) formidable mélodrame de Julien Duvivier , ou de "La Splendeur des Amberson" (1942) d'Orson Welles, ou encore de "l'ombre d'un doute" (1943) d'Aldred Hitchcock. Mais il a joué également dans de très nombreux autres films célèbres et dans un western "Duel au soleil" (1946) avec Gregory Peck. Joseph Cotten paraît presque trop grand pour ce rôle de colonel sudiste. Quant à Linda Darnell, c'est un peu la Lana Turner brune de la Fox. Elle a joué plusieurs fois avec Tyrone Power dans par exemple "le signe de Zorro" (1940) de Rouben Mamoulian. C'est une immense actrice et elle a tourné pour John Ford dans un western, "la poursuite infernale" (1946) et elle a déjà tourné avec Cornel Wilde dans "quadrille d'amour" (1946) ou dans "Ambre" (1947). On retrouve aussi toute une pléïade de seconds rôles intéressants, comme Noah Beery Jr, que j'ai vu dernièrement dans "A feu et à sang" (1952).

 

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 Robert Wise arrive à faire prendre la mayonnaise et à se servir parfaitement de ce casting prestigieux. Mr Patrick Brion nous fait remarquer, dans le bonus du DVD Sidonis, que tous les personnages ont des problèmes. Et c'est vrai. Ainsi le Major nordiste (Jeff Chandler) a perdu son frère, et il est rempli de haine contre les sudistes et le monde entier. Linda Darnell (belle soeur du colonel et veuve de son frère) ne supporte plus cette ambiance lourde au fort Thorn et veut s'éloigne du Major. Et Joseph Cotten ne sait pas trop ce qu'il fait dans l'armée nordiste et rêve de repartir vers le Sud. Le génie du scénariste Casey Robinson est de donner un grade plus important à Joseph Cotten par rapport à son supérieur nordiste, mais aussi de laisser supposer que Linda Darnell a une relation avec le Major (Jeff Chandler). En effet, comment peut on interpréter les propos du commandant à table, qui dit : "elle n'est pas ma femme, mais c'est comme si elle l'était". Ou encore lorsque Linda Darnell demande au Major, à ce que l'on ajoute dorénavant, un verrou à la porte de sa chambre. Il est évident que la censure ne pouvait montrer une relation entre une femme et le frère de son ex-mari défunt. Wise et le scénariste ont donc rusé pour nous suggérer ce qu'ils ne pouvaient montrer. Le film navigue entre action, horreur et haine est reste encore aujourd'hui un formidable classique qui a toute sa place dans la collection Sidonis, westerns de légende. A ne pas manquer.

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Ci-dessus : Jeff Chandler de dos, Joseph Cotten et Cornel Wilde

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Ci-dessus : Cornel Wilde et Joseph Cotten

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Ci-dessus : Joseph Cotten et Linda Darnell

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Ci-dessus : Joseph Cotten et Linda Darnell

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Ci-dessus : Cornel Wilde et Linda Darnell

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La bande-annonce :

Disponible en DVD Zone 2 VO sous-titrée, chez Sidonis & Calysta

 

Note : 7,5 / 10

12/10/2013

Chaînes conjugales / A Letter to Three Wives - 1949

"Chaînes conjugales" est un film de Joseph L. Mankiewicz, adapté par ce dernier et par Vera Caspary de l'histoire "A Letter to Three Wives" de John Klempner parue dans le Hearst's International Cosmopolitain. La Fox en avait acquis les droits et le producteur Sol C. Siegel, décida de travailler sur son adaptation cinématographique. Le scénario subit des modifications importantes. En effet, on décida de limiter le nombre d'héroïnes à 4 et à ne pas reprendre les 5 personnages du roman. Enfin le personnage d'Addie Ross n'apparaît jamais, mais est quasiment présent ou dans la voix de la narratrice ou dans les conversations des personnages. En effet, Addie Ross est la rivale supposée, des 3 femmes mariées. La distribution est excellente comportant entre autre : Jeanne Crain, Linda Darnell, Ann Sothern, Kirk Douglas et Paul Douglas.

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Le film va donc être une critique amère de la bonne société américaine, et plus particulièrement du couple américain, incapable de trouver un bonheur pourtant à portée de mains. L'oeuvre de Mankiewicz, est particulièrement intéressante, car il arrive à dépasser le ton provincial voir américain du sujet. La psychologie féminine est parfaitement étudiée, ainsi que la psychologie féminine. A ce titre, on noter que de nombreuses critiques, ont remarqué que le film s'inscrivait parfaitement dans des séries plus modernes comme "desperate housewives". Le génie de Mankiewicz est de ne jamais montrer le personnage d'Addie Ross, mais aussi de rentrer dans l'esprit de ces trois femmes qui doutent de retrouver leur mari, en rentrant à la maison. En effet, elles ont reçue une lettre assez perverse, d'Addie, leur expliquant qu'elle est partie avec un de leur mari. Alors, Mankiewicz nous fait entrer dans leur esprit à chacune, par un jeu entre la musique et les bruits environnants. On arrive alors à une espèce de recherche musicale assez troublante, qui représente une espèce d'expérimentation sonore entre les premières notes du 2ème concerto pour piano de Brahms, idée que l'on retrouvera développée 20 ans plus tard d'une autre manière, dans certains titres des Beatles. Le réalisateur et le compositeur semblent s'aventurer alors sur les chemins nouveaux de l'avenir, sans que l'un et l'autre en soit réellement conscient. Brahms sera d'ailleurs présent, une nouvelle fois dans le film, à travers le disque envoyé par Addie Ross à Kirk Douglas pour son anniversaire.

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Ci-dessus : Ann Sothern, Linda Darnell, et Jeanne Crain

Le réalisateur a donc tout loisir d'explorer la psychologie féminine et la relation homme/femme, pour mener l'enquête et savoir quel est l'homme qui a quitté son foyer. Le suspens est préservé jusqu'au bout, jusqu'à un incroyable retournement de situation. Le film se termine d'ailleurs sur un message plutôt positif. Pour finir, il faut savoir que Linda Darnell et Mankiewicz allait entamer une liaison de 6 ans. J'ai donc apprécié ce film, même si je pense que Mankiewicz aurait du concentrer parfois ses dialogues et son film. Le film n'en reste pas moins, comme une oeuvre majeure de ce réalisateur. Et nous avons enfin l'occasion de la redécouvrir en Bluray Multizones. Ne passez pas à côté d'une oeuvre qui n'a rien perdu de sa modernité.

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Ci-dessus : Linda Darnell, Kirk Douglas, et Paul Douglas

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Ci-dessus : Ann Sothern et Kirk douglas

Disponible en DVD ou Bluray multizones (VO sous-titrée)

 

La bande-annonce :

Note : 7,5 /10

18/09/2013

L'Odyssée des Mormons / Brigham Young - 1940

Etrange film que cette "Odyssée des Mormons" ! En effet, même pour un fan de western, le sujet est assez étrange voir incompréhensible pour un public français. Ainsi, le suivi du périple de cette secte à travers l'Amérique est assez peu attrayant. Pourtant tout était prêt pour que ce soit réussi. On a d'abord une superbe distribution avec Tyrone Power, Linda Darnell, dont c'est le quatrième film et le deuxième avec Tyrone Power. Mais il y a aussi dans les seconds rôles, Vincent Price dont un inhabituel rôle de gentil, alors qu'on a plus l'habitude de le voir dans des rôles de méchants. Ainsi, on se rappelle de lui, en Cardinal de Richelieu dans "les 3 mousquetaires" (1948) de George Sidney. On peut citer également dans la distribution, John Carradine, Brian Donlevy ou Mary Astor, mais surtout Dean Jagger, omniprésent. Et on le verra plus tard, c'est bien cette omniprésence de Dean Jagger le problème. Mais, le film bénéficie aussi d'un très bon réalisateur, en la personne de Henry Hathaway, et d'une production par Darryl F Zanuck lui même.

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Malgré tout ça, le résultat est peu concluant. Pourtant cela commence assez bien, avec une entrée en matière qui dénonçait l'intolérance et la violence. Ensuite, on retrouve de nombreux moments de tensions, dans cette quette des Mormons vers la terre promise. Mais malheureusement le film bénéficie, d'une part de relativement peu de plans intéressants. On a bien la scène des chariots que Hathaway n'aimait pas filmer et ne voulait pas filmer et qui donc est filmée d'une manière différente, à ce que l'on voit d'habitude dans les scènes de convois vers l'Ouest. Pour cette raison, Hathaway avait plusieurs fois demandé à Zanuck de ne pas lui attribuer ce film. Dans les autres plans intéressants, on a une scène particulièrement bien filmée, avec Power et Linda Darnell filmée dans deux lits différents opposés. Les plans sont tout de même assez beaux. Enfin la scène finale avec les sauterelles est quasiment horrifique, avec ces énormes insectes qui prennent tout l'écran, mais particulièrement novatrice dans sa réalisation. Le tournage de cette scène est mythique, car Hathaway désespérait de trouver des insectes pour cette scène. En effet, comment trouver des millions de sauterelles du jour au lendemain ? Alors qu'il pensait que le film était perdu, il apprend dans le journal qu'une région des USA était en train d'être dévastée par des sauterelles. Il se décidait donc à faire partir l'équipe dès le lendemain matin pour tourner la scène.

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Ci-dessus : Linda Darnell et Tyrone Power

Mais en dehors de ces quelques scènes, tout le film tourne autour de la survie de cette communauté religieuse et surtout autour de son chef et pasteur Brigham Young joué par Dean Jagger. La conséquence est que Tyrone Power et Linda Darnell ont clairement des seconds rôles finalement assez peu valorisants  et qu'ils sont des "faire-valoir" de Dean Jagger. J'ai personnellement trouvé cela, totalement insupportable. Et je crois que le public de l'époque a du aussi se sentir, trompé. Bref, sans être un mauvais film, "l'odyssée des Mormons" reste malgré tout, assez en dessous des autres films de Linda Darnell et de Tyrone Power, qui semblent parfois se demander ce qu'ils font là. L'action et la réalisation font néanmoins passer la pilule, mais ne rendent pas l'oeuvre inoubliable. Loin de là.

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Ci-dessus : Tyrone Power et Linda Darnell

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Ci-dessus : Vincent Price

Disponible chez Sidonis en DVD zone 2 VF et VO sous titré

Note : 5 / 10

16/09/2013

Souvenez-vous de ... Linda Darnell !

Linda Darnell n'est pas restée aussi célèbre que Lana Turner, pourtant sa filmographie mériterait d'être redécouverte. Et la France commence à le faire. Ainsi, il est sorti en Bluray l'année dernière, "Ambre", le film qui a fait plus que tout autre, de Linda Darnell une vraie star. Ce mois-ci est sorti 'l'aveu" (1944), dans les mois qui viennent, on devrait voir en Bluray "le signe de Zorro" (1940). Les éditeurs français commencent donc petit à petit à redécouvrir la filmographie de cette actrice, d'une beauté incomparable. Né en 1923, Linda n'a que 14 ans quand elle est remarquée par le patron de la Fox, Darryl F Zanuck. La fox triche alors sur son âge pour lui faire signer son premier contrat à l'âge de 16 ans. Elle tourne son premier grand film avec Tyrone Power "le signe de Zorro" (1940). On la remarque ensuite, dans de nombreux films et tourne sous la direction des plus grands, et avec les plus grands acteurs et actrices de son temps. Enfin, en 1947, elle tourne "Ambre", un sommet dans sa carrière. Les années 50 ne devaient pas être sous le signe du même succès pour Linda. Ainsi, en 1951 la Fox ne renouvelait pas son contrat. Malgré tout, la RKO lui redonnait du travail pour quelques films, dont "barbe noire le pirate" (1952). Il n'en reste pas moins que Linda ne devait jamais retrouver le succès de ses précédentes productions. Après deux films italiens réalisés par son compagnon du moment, Giuseppe Amato en 1955, et une pause avec le cinéma, elle devait se remettre à tourner pour le cinéma en 1964. Malheureusement, prématurément épuisée par les divorces, les scandales, et l'alcool, elle ne devait jamais voir son dernier film (les éperons noirs), car elle mourait dans un incendie, déclenché par une cigarette mal éteinte, alors qu'elle regardait à la télévision un de ses premiers films : "Star Dust" (1939). Le corps brûlé à 90%, Linda s'éteignait à l'hôpital 33 heures plus tard, à l'âge de 41 ans. Une femme s'en était allée, mais son nom continue de briller dans le coeur de tous les cinéphiles. Je laisserai le mot de la fin au réalisateur, Douglas Sirk qui l'a bien connue : "Linda Darnell était une jolie fille et une actrice charmante à l’époque de L’Aveu, elle était encore très jeune, à peine vingt ans. Elle sortait avec Howard Hughes, mais dès qu’il l’a laissé tomber, elle s’est mise à boire. Quand elle a joué dans un autre de mes films (The Lady Pays Off, en 1951), elle était devenue une autre personne. C’est l’un des cas les plus tristes de l’histoire d’Hollywood, qui était une sorte de capitale de la saoulographie. Vous savez que Linda Darnell est morte tragiquement ; elle avait une véritable phobie du feu, et c’est comme cela qu’elle est morte – morte dans un incendie à quarante ans."

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Filmographie :

  • 1939 : Hôtel pour femmes (Hotel for women) de Gregory Ratoff avec Ann Sothern
  • 1939 : Dîner d'affaires (Daytime wife) de Gregory Ratoff
  • 1940 : Star Dust de Walter Lang
  • 1940 : L'Odyssée des Mormons (Brigham Young) de Henry Hathaway
  • 1940 : Le Signe de Zorro (The Mark of Zorro) de Rouben Mamoulian
  • 1940 : La Roulotte rouge (Chad Hanna) de Henry King
  • 1941 : Arènes sanglantes (Blood and sand) de Rouben Mamoulian
  • 1941 : Rise and Shine d'Allan Dwan
  • 1942 : The Loves of Edgar Allan Poe de Harry Lachman avec Shepperd Strudwick
  • 1943 : La Cité sans hommes (City Without Men) de Sidney Salkow
  • 1943 : Le Chant de Bernadette (The Song of Bernadette) de Henry King
  • 1944 : Buffalo Bill (Buffalo Bill) de William Wellman
  • 1944 : C'est arrivé demain (It happened tomorrow) de René Clair
  • 1944 : L'Aveu (Summer storm) de Douglas Sirk
  • 1944 : Sweet and Low-Down de Archie Mayo avec Benny Goodman, Jack Oakie
  • 1945 : Hangover Square de John Brahm
  • 1945 : Le Grand John (The Great John L.) de Frank Tuttle
  • 1945 : Crime passionnel (Fallen Angel) d'Otto Preminger
  • 1946 : Anna et le roi de Siam (Anna and the king of Siam) de John Cromwell
  • 1946 : Quadrille d'amour (Centennial Summer) d'Otto Preminger
  • 1946 : La Poursuite infernale (My Darling Clementine) de John Ford
  • 1947 : Ambre (For ever Amber) d'Otto Preminger
  • 1948 : The Walls of Jericho de John M. Stahl
  • 1948 : Infidèlement vôtre (Unfaithfully yours) de Preston Sturges
  • 1949 : Chaînes conjugales (A letter to three wives) de Joseph L. Mankiewicz
  • 1949 : La Furie des tropiques (Slattery's hurricane) d'André De Toth
  • 1949 : Si ma moitié savait ça (Everybody Does It) d'Edmund Goulding
  • 1950 : La porte s'ouvre (No way out) de Joseph L. Mankiewicz
  • 1950 : Les Rebelles de Fort Thorn (Two flags west) de Robert Wise
  • 1951 : La Treizième Lettre (The 13th Letter) d'Otto Preminger
  • 1951 : The Guy Who Came Back de Joseph M. Newman avec Paul Douglas, Joan Bennett
  • 1951 : The Lady Pays Off de Douglas Sirk
  • 1952 : L'Île du désir (Island of desire) de Stuart Heisler
  • 1952 : Night Without Sleep de Roy Ward Baker avec Gary Merrill, Hildegard Knef
  • 1952 : Barbe-Noire, le pirate (Blackbeard the pirate) de Raoul Walsh
  • 1953 : Passion sous les tropiques (Second chance) de Rudolph Maté
  • 1955 : Femmes damnées (Donne Proibite) de Giuseppe Amato avec Valentina Cortese, Giulietta Masina, Anthony Quinn, Lea Padovani
  • 1955 : This Is My Love de Stuart Heisler avec Dan Duryea
  • 1955 : Les cinq dernières minutes (Gli Ultimi cinque minuti) de Giuseppe Amato avec Vittorio De Sica, Peppino De Filippo, Rossano Brazzi, Nadia Gray
  • 1956 : Guet-apens chez les sioux (Dakota incident) de Lewis R. Foster avec Dale Robertson
  • 1957 : Homeward Borne avec Richard Kiley
  • 1957 : À l'heure zéro (Zero hour!), de Hall Bartlett
  • 1965 : Les Éperons noirs (Black spurs) de R.G. Springsteen avec Rory Calhoun, Richard Arlen

 

Biographie : Vous pouvez activer les sous-titres anglais

 

Hommage vidéo :

 

 

 

13/09/2013

L'aveu / Summer Storm - 1944

Tout d'abord, je crois qu'il faut remercier la maison d'édition Sidonis pour la sortie de "l'aveu". Le film n'a rien à voir avec le film du même nom, de Costa Gavras de 1970 avec Yves Montand.  'L'aveu" de Douglas Sirk est tiré d'une nouvelle de Tchekhov. Le film est très peu connu et très peu diffusé. Ceci dit la copie proposée par Sidonis est loin d'être exempte de tout reproche. En effet, si l'image est assez propre, elle manque par moment cruellement de définition. Et on comprend alors, pour l'éditeur n'a pas pris le risque de sortir en bluray, un film à la qualité d'image, finalement assez moyenne. "L'aveu" est le deuxième film de la période hollywoodienne de Douglas Sirk, spécialiste du drame et du mélodrame. C'est aussi le premier de sa série de films avec George Sanders.

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En partant de l'Allemagne nazie en 1937, Sirk était allée à Paris où il ne devait pas trouver beaucoup de soutiens. Et après une courte période française, il part pour Hollywood où il réalise "Hitler"s madman" (1943).  "L'aveu" est donc son deuxième film. Le film ne brille pas par le jeu de George Sanders, qui si il est évidemment excellent ne semble pas réellement être un juge de la Russie du Tsar. Enfin, le casting du comte Volsky semble incroyablement peu perspicace. En effet, pour ce rôle on a choisi le comique, et indissociable partenaire de Fred Astaire, Edward Everett Horton. Le film a donc toujours un ton décalé, décalé par l'accent et les manières "so british" de George Sanders, mais aussi par le jeu presque toujours comique d'Edward Everette Horton. On peut supposer que Sirk avait choisi ce casting. Il n'en reste pas moins, qu'il ne fait rien pour rendre le film très crédible. Linda Darnell est par contre parfaite dans son rôle, ainsi que la jeune Anna Lee.

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Ci-dessus : George Sanders et Linda Darnell

Sirk nous oppose ici les personnages et les thèmes comme dans la plupart de ses mélodrames. Ainsi, pour accentuer le pathétique d'une situation, il oppose la ville hypocrite à la campagne naturelle, l'individu à la société, les hommes aux femmes, les riches aux pauvres. Je retiens quelques plans, comme un plan de Linda Darnell montant les escaliers avec de nouvelles bottes, ou celui admirable où la jeune servante voit le meurtrier laver un couteau. Le film arrive à convaincre par son côté littéraire, et parce qu'il est évidemment parfaitement bien écrit. Malheureusement, le casting et un espèce d'escamotage des principales scènes du film, comme celle du meurtre, relègue le film au rang de bon film, alors qu'il aurait pu être un chef-d'oeuvre.

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Disponible en DVD zone 2 chez Sidonis VO sous-titré. Le DVD comprend comme tous les DVD Sidonis, une longue présentation de Mr Patrick Brion et de Mr Bertrand Tavernier.

La bande-annonce :

 

Extrait de la présentation de Patrick Brion et de Bertrand Tavernier :

 

 

Note : 7 / 10

08/05/2013

La Poursuite infernale / My Darling Clementine - 1946

Un petit tour par le western cette fois-ci, et donc j'évoquerai avec vous "la poursuite infernale" de John Ford ou dans son titre américain "my darling Clementine" tiré de la chanson éponyme qui ouvre le film. Comme vous le savez, Ford est le grand spécialiste du western américain. Le film a été produit par la Fox de Darryl F Zanuck en 1946. Il retrace un moment de l'histoire des frères Earp et en particulier de Wyatt Earp (joué par Henry Fonda) et se termine par le classique affrontement d'Ok Corral tourné de nombreuses fois au cinéma. On notera que Ford a beaucoup changé de la vie de la famille Earp, afin de faire une histoire à son goût et de développer le scénario pour le rendre plus intéressant. Ainsi, les Earp n'ont jamais été des cowboys transporteurs de bétails. Le personnage de Clementine Carter (joué par Cathy Downs) n'est pas un personnage historique. Doc Holliday (joué par Victor Mature) n'était pas un chirurgien mais un dentiste dans la réalité. Le film est donc inspiré de deux livres de Stuart Lac publiés en 1931 et 1946. Ford devait acheter les droits sur le second. La légende des frères Earp n'était pas réellement connue du grand public américain avant la publication de ces deux ouvrages que l'on considère aujourd'hui comme très romancés, et donc historiquement faible. Mais ces changements dans la grande histoire ne sont pas pour déplaire au spectateur car ils rendent encore une fois, le film plus lisible et plus dramatique.

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La distribution est étincelante, ainsi on retrouve comme déjà dit, Henry Fonda, Victor Mature, mais aussi, Tim Holt, John Ireland, ou encore War Bond, et surtout la magnifique Linda Darnell (inoubliable dans "Ambre"). On se rappelera que War Bond est un des acteurs de seconds rôles qui devait peut être tourner le plus à Hollywood. Enfin, il est amusant de noter que John Ireland apparaîtra également, dans la version de 1957, tournée par John Sturges.

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Ci-dessus : Linda Darnell

Pour le reste, Ford est égal à lui même et se sert des magnifiques paysages de Monument Valley et Kayenta pour rendre son film plus fort. Ainsi la poursuite de la diligence évoque autant "la chevauchée fantastique" (1939) que la scène de l'arrivée du colonel également par une digilence dans "le massacre de fort Apache" (1948). Mais la comparaison ne s'arrête pas et c'est aussi à "la prisonnière du désert" auquel on pense devant ces immensités qui occupent parfois les deux tiers de l'écran voir plus. Ainsi, l'arrivée des Earp à Ok Corral est montrée avec un ciel immense, une ville démeusurée, et des personnage minuscules, comme si la ville écrasait les personnages et comme si le ciel (le destin ?), et l'Ouest sauvage écrasaient également les personnages mais aussi la ville, elle même. La poésie de Ford atteint là son maximum, comme peut être jamais dans un autre de ses westerns. Enfin, la scène finale nous montre  Cathy Downs debout et de dos, disant au revoir à Wyatt Earp dans un style que les peintres romantiques allemands n'auraient pas renié. Ainsi, Ford utilise tout son immense talent pour réaliser ce western moderne, qui paraît hors du temps dans ses décors naturels. Car là c'est bien la nature l'autre star du film.

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Ci-dessus : Henry Fonda, Linda Darnell, et Victor Mature

Le film étonne aussi par le modernisme de son propos. Ainsi, on voit une Linda Darnell trompant son homme avec un autre, tout en continuant à aimer le premier. Le seul reproche que l'on pourrait faire à Ford serait d'avoir changé la grande histoire de l'Ouest. Mais ce serait lui faire un faux procès et vouloir en faire un aux trois mousquetaires de Dumas. Je reprendrai donc cette citation de Dumas tirée du même ouvrage et qui correspond totalement à ce film : "On peut violer l'Histoire, pourvu qu'on lui fasse de beaux enfants." Et force de constater, qu'ici c'est bien le cas, Ford réussissant à distraire le spectateur tout autant qu'à mener de front une dramatique chronique de l'Ouest, étrangement moderne pour l'époque.

 

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Ci-dessus : Cathy Downs et Henry Fonda.


La bande annonce :


Note : 9 / 10

18/09/2012

Ambre / Forever Amber - 1947

Ambre est sorti dernièrement en Blu-Ray. Le film est tiré d'un gros roman de Kathleen Winsor, assez scandaleux pour l'époque. En effet il raconte l'ascension sociale en Angleterre d'une courtisane à l'époque de Charles II (17ème siècle). L'héroïne du film va donc jouer de ses charmes pour s'en sortir.

 

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Tout d'abord, j'ai vu ce week-end l'édition Blu-Ray, et donc je peux lever tout suspens sur la qualité des images. Oui le film a été restauré, oui c'est la meilleure qualité disponible à ce jour de l'oeuvre de Preminger. Mais non ce n'est pas un très bon Blu-Ray au niveau qualité d'image. On est très loin des imports Blu-Ray de "Chantons sous la pluie / singing in the rain" ou "des aventures de Robin des Bois" avec Errol Flynn en terme de qualité pure de l'image.

 

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Concernant la production du film en lui même, je vais faire court. En effet, déjà beaucoup d'informations sont disponibles  sur internet. De plus Patrick Brion en donne une très bonne chronique dans les bonus de cette dernière édition. Le patron de la Fox voulait en 1947 faire d'Ambre le nouvel "Autant en emporte le Vent". Pour cela il commença à produire le film avec John M. Stahl à la réalisation (un spécialiste de melo dans les années 30) et avec comme actrice principale Peggy Cummins. Après des semaines de tournage, Zanuck se montra totalement insatisfait des scènes tournées par Stahl, mais en réalité surtout par le manque de charisme et d'expérience de Peggy Cummins. Pour parler clairement, il fallait une mangeuse d'hommes. Elle ne faisait pas le poids. Zanuck se dit alors que la meilleure actrice pour ce rôle était bien entendu Lana Turner, la fabuleuse et éternelle Lady de Winter dans les 3 mousquetaires dans la version de 1948. J'invite d'ailleurs le lecteur à s'arrêter sur ces dates : Ambre 1947 et les 3 mousquetaires 1948. On ne peut donc enlever au patron des studios d'avoir de la suite dans les idées, même si la version des 3 mousquetaires avec Gene Kelly sera cette fois-ci tournée par la MGM. Mais revenons à notre sujet principal : le choix d'un réalisateur et d'une actrice. Zanuck décide donc de mettre à la réalisation Otto Preminger et pense à Lana Turner pour le rôle titre. Mais Lana Turner est une grande vedette MGM et ne voulant pas faire de publicité pour une vedette de la MGM il décide finalement de nommer Linda Darnell, presque débutante. Le film aura ensuite fort à faire avec le bureau de censure qui trouvait le roman trop scandaleux. Une fois n'est pas coutume, je n' ai pas été bouleversé par la musique de David Raksin. Mais peut être fallait il une musique accusatrice pour éloigner le spectateur d'une admiration déraisonnable de l'héroïne et satisfaire le bureau de censure ?

 

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Pour le film c'est un pur joyau baroque, avec un Londres presque plus vrai que nature, crasseux, sale, et glauque. A ce sujet si on peut se féliciter du travail sur la couleur, le premier tiers du film nous passe de chambres éclairées à la chandelle aux ruelles sombres et dangereuses ! Il y a mieux pour développer un technicolor. Bien entendu on peut regretter la longueur excessive du film (2H20), le caractère bien peu scandaleux pour notre époque. Les conditions de vie particulièrement tragiques de l'héroïne sont d'ailleurs son excuse pour tout le mal qu'elle fera. Ceci étant dit, un an plus tard, la MGM comprendra bien dans une version pourtant légère des 3 mousquetaires que l'on ne peut reprocher à une femme d'être une femme et que seul le crime de sang froid peut lui être reproché. En ce sens, Lana Turner transformera l'essai que Linda Darnell aura porté jusqu'à elle un an plus tôt, finalement par studio interposé.

 

Pour tout cela, sa réalisation mouvementée, et sa place dans l'histoire du cinéma, ce film mérite d'être vu et revu. Il mérite bien mieux que les mauvaises critiques qu'on lui fait aujourd'hui, mais peut être pas les éloges qu'on lui a fait à l'époque de sa sortie.

 

Note : 7,5 / 10