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28/03/2015

L'équipée sauvage / The wild one - 1953

"L'équipée sauvage" produit par Columbia Pictures, et tourné en noir & blanc, par László Benedek, est encore aujourd'hui terriblement provocateur. En effet, malgré la surenchère de violence et de sexe que nous propose très souvent le cinéma d'aujourd'hui, "l'équipée sauvage" reste encore un film violent, érotique, malsain à la résonance très moderne. Le scénario nous montre deux bandes de motards, qui envahissent une petite ville américaine. Ces derniers vont perturber la vie tranquille de cette bourgade isolée. Et finalement, plus rien ne sera comme avant pour personne. Le scénario s'inspire d'un fait réel, où en 1947, la petite ville d'Hollister, avait été envahie par 4000 motards hors la loi. Le casting regroupe Marlon Brando, qui interprète le chef du premier groupe, Lee Marvin chef du deuxième groupe de motards, et la jolie Mary Murphy, qui va subir la drague lourde de Marlon Brando pendant tout le film. Autant le dire tout de suite, le film est porté par la présence continue de Marlon Brando, qui vampirise le film et attire sur lui la caméra. Brando a une présence inquiétante, brutale, et le plus souvent silencieuse. Il n'interrompt d'ailleurs ses silences que par des phrases courtes, des bagarres, des sorties, ou le vrombissement de sa moto. Brando est comme le reflet de cette menace silencieuse, pour cette société américaine bien rangée. Lee Marvin joue son rôle de façon inverse. Il est sale bruyant et finalement assez peu dangereux. Mary Murphy, est la jeune américaine moyenne qui s'ennuie à mourir et qui est prête à tout, pour quitter cette ville qu'elle maudit. Le film est prodigieux dans sa photographie, lors de la scène où Brando fait faire un tour à Mary Murphy sur sa moto. Là, les ombres, le vent, les saules pleureurs qui défilent à toute vitesse, semblent suspendre le temps, et emmener le spectateur vers un autre monde. On peut également citer la musique intrusive de Leith Stevens ou ce titre où on voit approcher ce groupe de motards, qui apparaît tout de suite, comme une menace, pour le spectateur, dont le regard est posé comme la caméra au ras du sol. Le film est aussi devenu culte, car la légende raconte que le nom du groupe de rock "The Beatles" viendrait d'une réplique de Lee Marvin qui évoque les "Beetles", comme nom de l'ancien groupe de motards.

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Mais c'est surtout par son impact dans la culture populaire que le film est resté célèbre. En effet, les scénaristes, John Paxton et Ben Maddow, qui ce sont inspirés d'une histoire de Frank Rooney ont bien compris que l'alcool, la musique, la moto seraient le nouveau espace de liberté de la jeunesse future. Le film a fait également sensation à l'époque, où le comité de censure a exigé qu'on en supprime 20 minutes, pour accepter que le film sorte. Il a été d'ailleurs interdit pendant de longues années dans plusieurs pays. "L'équipée sauvage" est une espèce de parabole d'une partie de l'Amérique des années 50, malheureuse de sa morale puritaine Pourtant une partie de la société était pleine d'espoir suite à la fin de la deuxième guerre mondiale. L'introversion inquiétante du personnage de Brando qu'il libère dans l'alcool, la moto, les femmes, et une rébellion contre toute forme d'autorité, n'est pas limitée à son seul personnage. Ainsi, le personnage féminin joué par Mary Murphy semble vaincu, par sa bonne morale, son travail et la société. Brando et Mary Murphy semble l'un et l'autre liés, pour le pire et le meilleur, par cette phrase de Sartre : "L'enfer c'est les autres !" Même le shérif faible et débordé, ne joue plus son rôle. Tout l'intérêt du film est de nous montrer les masques des personnages tomber les uns après les autres. "L'équipée sauvage" est donc sans aucun doute, un film majeur de l'année 1953, mais aussi de l'histoire du cinéma, qui préfigure les grands changements sociétaux des années 60, constitutifs de nos sociétés actuelles adulescentes. Indispensable.

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Ci-dessus : Mary Murphy & Marlon Brando

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Ci-dessus : Mary Murphy, Robert Keith & Marlon Brando

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Ci-dessus : la bande au complet

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Ci-dessus : Sans doute la photo la plus célèbre de Marlon Brando

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Ci-dessus : Mary Murphy (photo publicitaire)

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Ci-dessus : Mary Murphy & Marlon Brando

Disponible en VF et VO sous-titrée dans une édition Bluray italien, sur Amazon ou en DVD zone 2 en France.

Note : 8,5 / 10

05/12/2014

Réglements de comptes / The big heat - 1953

"Réglements de comptes" est un des derniers films de Fritz Lang. Comme vous le savez tous, Fritz Lang s'était enfui d'Allemagne après l'arrivée des nazis au pouvoir. Il avait auparavant discuté avec Goebbels, qui lui avaigt dit qu'il voulait faire de lui, le cinéaste en titre du régime nazi. Suite à cette entrevue, Lang n'avait qu'une idée en tête, fuir l'Allemagne. Il quitta donc l'Allemagne, tout d'abord pour la France où il réalisait, "Liliom" (1934) avec Charles Boyer. Puis, en Amérique, il réalisait son premier film sur la vengeance, "j'ai le droit de vivre" (1936) avec Spencer Tracy. "Réglements de comptes", est aussi un film sur la vengeance d'un homme. Mais à la différence de "j'ai le droit de vivre", nous sommes ici devant un vrai film noir, comme Fritz Lang en a fait beaucoup. On peut ainsi citer, "La Femme au portrait" (1944), "La rue rouge"(1945), "Le Secret derrière la porte" (1948), ou encore "la femme au gardenia" tourné un an, avant "réglements de comptes". Dans "réglements de comptes", Lang est allé puiser à différentes sources d'inspirations. Il a évidemment apporté sa touche personnelle, mais on sent qu'il a subi l'influence d'autres films. On peut citer comme influence, "Gilda" (1946) de Charles Vidor. En effet, Lang reprend l'acteur principal de "Gilda", Glenn Ford, pour son film. Enfin le personnage féminin le plus touchant, jouée par Gloria Grahame, semble l'archétype même du personnage principal féminin de Gilda. C'est une femme totalement libérée, qui demande à un homme qu'elle ne connaît quasiment pas à le suivre, jusqu'à sa chambre d'hôtel. La situation est totalement inimaginable pour un film américain de 1953. Et la première chose qu'elle fait, c'est s'assoir sur le lit, et prendre des positions lascives (voir photos ci-dessous). C'est assez estomaquant pour l'époque. Mais Lang intellectualise la sexualité, restant tout en sous-entendu, beaucoup plus que dans "Gilda".

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Mais la comparaison avec "Gilda" ne s'arrête pas là. Ainsi, on retrouve un second rôle, comme Joseph Calleia qui était déjà présent dans "Gilda". Et le chef des gangsters est joué par Alexander Scourby, qui était présent dans "l'affaire de Trinidad" (1952), déjà avec déjà un certain Glenn Ford, et Rita Hayworth. Le casting de "réglements de comptes" est complété par Jocelyn Brando (soeur aînée de Marlon Brando), Jeanette Nolan et Lee Marvin. Fritz Lang se déchaîne pour nous donner une histoire de vengeance, sur fond de sexe, de violence et de corruption. Cette histoire déchire le voile de la censure des années 50, pour nous montrer une Amérique à la façade belle, mais dans le fond totalement pervertie par le crime et la corruption. Tout cela est accentué par la superbe photographie de Charles Lang. Lorsqu'on sait que le film a été tourné en seulement 15 jours, on se rend alors compte que les génies du cinéma, n'ont jamais été remplacés par des avalanches d'effets spéciaux comme on en voit trop souvent aujourd'hui ... On notera enfin que le couple à l'écran, Glenn Ford / Gloria Grahame, sera reformé un an plus tard, donc en 1954, pour "désirs humains" du même Fritz Lang. Alors que celui-ci avait choisi initialement, Peter Lorre qui aurait été associé à Rita Hayworth. Je finirai cette note, par remercier l'éditeur, Wild Side, qui nous donne là, une superbe édition Bluray & DVD avec un livre de 260 pages, remplis de photos magnifiques. Le master utilisé est qui plus est, quasiment immaculé. L'éditeur Wild Side fait réellement honneur au support Bluray et au cinéma. On attend avec impatience, d'autres éditions de cette qualité. Et j'irai presque jusqu'à dire que c'est un plaisir de dépenser 29,90 € pour une telle édition et un tel film ! Merci Wild Side pour ce cadeau de Noël !

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Ci-dessus : Gloria Grahame & Glenn Ford

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Ci-dessus : Gloria Grahame & Glenn Ford

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Film disponible chez Wild Side en DVD zone 2, VF et VO sous-titrée

Note : 9,5 / 10

20/10/2013

Les massacreurs du Kansas / The Stranger wore a gun - 1953

Comme chaque semaine, je vous propose un western avec cette fois-ci Randolph Scott en vedette. Il entouré dans cette production d'André De Toth de George Macready, Claire Trevor, et Joan Weldon. Dans les seconds rôle, on reconnaît Alfonso Bedoya toujours en bandit mexicain, mais surtout Lee Marvin et Ernest Borgnine, qui étaient à cette époque toujours cantonnés à des seconds rôles. En effet, Lee Marvin n'avait pas encore joué dans "les 12 salopards" (1967) ou dans "l'homme qui tua Liberty Valance" (1962) et Ernest Borgnine n'avait pas été oscarisé pour son interprétation dans "Marty" (1955). Le film a plusieurs qualités tout d'abord il a été tourné pour la 3D et en Technicolor. De plus, vous l'avez compris, le casting est quand même très bon. Le problème du tournage de ce film en 3D est qu'il oblige De Toth à une expression visuelle outrée, avec plus ou moins de réussites. Ainsi le titre, semble étrange avec le rocher et l'herbe qui ressort bizarrement. Il en est de même lors de la poursuite finale, où l'herbe et les rochers factices ressortent plus que la poursuite elle même. Dans les points positifs la 3D oblige De Toth à des jeux de caméra assez novateurs. Ainsi, plusieurs fois, on voit les protagonistes tirés sur la caméra, ou brûler, ou jeter des objets sur la caméra, faisant ainsi participer par force le spectateur à l'action.

 

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L'intrigue est quant à elle assez intéressante. En effet, elle met en scène un espion sudiste dégouté par la cause et les hommes qu'il sert. Et en fait l'histoire raconte, le chemin vers la rédemption de cet homme. On pouvait en demander plus. Mais on se contentera d'un joli western au scénario orignal, avec pas mal de rebondissements, et pas trop mal filmé par moment, le tournage en 3D aidant ou n'aidant pas la vision que l'on peut en avoir aujourd'hui en 2D.

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Ci-dessus : Lee Marvin et Ernest Borgnine

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Ci-dessus : Randolph Scott et Joan Weldon

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Ci-dessus : Randolph Scott et Claire Trevor

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Ci-dessus : Lee Marvin, Randolph Scott, Ernest Borgnine, et George MacReady (assis derrière le bureau)

 

Film disponible dans la collection Sidonis / Calysta en DVD zone 2 en VF et VO sous-titrée.

 

Présentation de Mr Patrick Brion :

 

Bande-annonce présentée par Randolph Scott lui même :

 

Note : 6,5 / 10

07/06/2013

Attack ! - 1956

Etrange mais je n'ai jamais écrit de critiques sur des films de guerre jusqu'ici. Alors il me faut me rattraper. En plus, cela tombe bien, car hier soir, j'ai vu "Attack" de Robert Aldrich. Aldrich était un parent de Rockfeller qui avait des parts dans la RKO. C'est ainsi qu'il a pu entrer dans le milieu du cinéma et ce malgré un bon bagage universitaire. Il reste donc pendant très longtemps, assistant de réalisateur comme Chaplin. Pour "Attack" il est seul aux commandes, mais on ne lui confie pas un gros budget. Ainsi il n'a disposé que 750 000 dollars pour boucler son film. Il n'a donc pas été possible recruter des grandes vedettes de cette époque et on donne alors sa chance à Lee Marvin et Jack Palance, peu connus à l'époque ou sinon pour des seconds rôles.  La seule vedette est bien peut être Eddie Albert qui fait le rôle d'un officier lâche et malade mentalement. Mais que reste t'il aujourd'hui de ce film, encensé par la nouvelle vague et par le festival de Venise ?

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Les petits moyens du film sont visibles partout, du début à la fin et Aldrich doit ruser et utiliser tout son talent pour tenir le spectateur. Ainsi les deux panzers allemands, font un bruit de fusil quand leurs canons tirent et semblent littéralement en carton-pâte. Enfin les Allemands semblent sortir de l'opéra alors qu'ils sont sur le front depuis des mois. Enfin l'offensive des Ardennes avaient eu lieu en plein hiver et là c'est l'été. Bref, beaucoup de choses ne sont pas très crédibles. Enfin, le jeu des acteurs semblent pour le moins un peu théatral. La deuxième guerre mondiale est il le bon endroit pour rejouer une tragédie grecque ? Il me semble que non. Ainsi, le film est sauvé malgré tout par les comédiens quand ils n'en font pas trop et par le talent de réalisateur d'Aldrich qui a du se débrouiller avec ce qu'il avait pour terminer le film. Néanmoins tout cela a bien vieilli. Et c'est avec un oeil parfois amusé devant certaines outrances ou techniques cinématographiques que j'ai fini par regarder ce film qui est loin d'être le chef d'oeuvre impérissable que la critique a voulu nous vendre. On peut néanmoins concéder à Aldrich un sens de l'action et de la réalisation que les faibles moyens ont empêchés de concrétiser dans une oeuvre d'une autre ampleur.

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Disponible en DVD et Bluray. A noter l'image très belle de l'édition Bluray.

Note : 5,5 / 10

06/04/2013

Le relais de l'or maudit / Hangman's Knot - 1952

Alors parfois on ne sait pas ce que nous réserve un film. On se demande ce que cela peut bien être que ce "relais de l'or maudit". Bien m'en a pris de découvrir ce film et de maintenant vous le faire découvrir. En effet, outre le fait qu'il soit avec Randolph Scott, on retrouve aussi la superbe Donna Reed. Randolph Scott il est inutile de le présenter. C'est bien évidemment le héros de très nombreaux westerns, et même si il s'essaiera à la comédie comme dans "Roberta" (1935) c'est bien en cowboy que le public se souvient de lui aujourd'hui. Donna Reed élue reine de son campus de Los Angeles à 16 ans, attira très tôt le regard des agents d'Hollywood, et très jeune une grande carrière d'actrice lui était déjà promise. Après une succession de petits rôles, aujourd'hui on se souvient d'elle bien évidemment pour son interprétation dans "le portrait de Dorian Gray" (1945) ou dans "la ville est belle" (1946) de Frank Capra. Après un passage à vide, elle devait rebondir dans "tant qu'il y aura des hommes" (1953), où elle obtiendra l'Oscar du meilleur second rôle féminin. A noter que Dona Reed réussit à préserver sa vie privée et contrairement à d'autres stars de son époque elle sut se tenir à l'écart des scandales. Pour le reste du casting, en dehors de Guinn "Big Boy" Williams qui retrouve Randolph Scott avec lequel il a déjà joué dans Virginia City (1940), il est assez transparent. Et j'avoue que Richard Denning ne m'a pas vraiment impressionné dans son rôle de bellâtre et que je me souviens surtout de lui car il était le mari de la magnifique Evelyn Ankers, la belle héroïne du "loup-garou" (1941)

cinéma,cinema,dvd,bluray,film,films acteur,actrice,hollywood,randolph scott,donna reed,lee marvin,jeanette nolan,richard denning,guinn "big boy" williams,claude jarman jr,roy huggins"Le relais de l'or maudit" est donc bien un film de transition dans la carrière de Donna Reed, mais aussi et c'est le plus important un très bon western. En effet, en 78 minutes, l'action ne faiblit jamais. On a droit à des attaques de convois, de diligence, à des réglements de comptes, des bagarres, des combats sous l'orage, des incendies et j'en passe et des meilleurs. Si on se rappelle la fameuse phrase de Hawks qui dit que la mise en scène est l'art d'offrir au spectateur deux ou trois scènes mémorables et de ne pas trop l'ennuyer pendant le reste du film, on peut alors affirmer sans hésitation que ce film remplit parfaitement son rôle et s'avère très distrayant pour un jeune et moins jeune public. Mais la violence n'est malgré tout pas absente et l'opposition entre le vieux Randolph Scott et le jeune Lee Marvin est assez impressionante.

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Ci-dessus : Randolph Scott dans "le relais de l'or maudit"


Le film est qui plus tourné dans un beau Technicolor et bénéficie d'une belle qualité d'image qui n'est malheureusement pas exempt de quelques petits défauts sur le master par moment, avec des tâches bleutées sur la chemise de Randolph Scott qui lui donne malheureusement parfois un air d'arbre de Noël. Mais c'est malgré tout assez mineure et cela ne gâche pas le plaisir d'un très honorable spectacle qui dépasse clairement son statut de série B et qui si il n'atteint pas les sommets du genre, nous propose un spectacle qui n'a rien à envier à des westerns beaucoup plus prestigieux.

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Ci-dessus : Randolph Scott

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Ci-dessus : Donna Reed et Randolph Scott

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Ci-dessus : avec Lee Marvin

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La bande-annonce :


Film disponible en DVD zone 2 (autour de 9,90 €)

Note : 7,5 / 10

12/11/2012

Ouragan sur le Caine / The Caine Mutiny - 1954

"Ouragan sur le Caine" est un film d'Edward Dmytryk sorti en 1954. Le scénario du film tourne autour de la vie de marins sur le vaisseau "Caine" pendant la seconde guerre mondiale et montre les problèmes issus du changement du Capitaine. Ecrire sur la vie en mer, même en temps de guerre n'est pas spécialement facile. La vie en mer, doit faire normalement renoncer au glamour hollywoodien et comporte de longs voyages souvent monotones. Ceci étant dit, le scénariste a pu passer assez facilement ces écueils en prenant la vieille méthode de construction hollywoodienne d'un scénario : c'est à dire adapter un roman. On a donc avec ce film l'adaptation d'un roman de Herman Wouk, Prix Pulitzer de la fiction en 1952. Le scénario est donc construit de façon intelligente et les différentes personnalités des marins et officiers vont se révéler bien différentes de ce que l'on croit qu'elles sont au début, et la vie à terre permettra d'insérer la romance et le glamour si chères pour le Hollywood des années 50 et qui manquent tant à notre époque. Mais il ne faut pas s'y tromper. "Ouragan sur le Caine" est un film d'hommes, sur la marine en temps de guerre. La romance n'apporte rien au scénario sinon un divertissement au spectateur. On notera que le titre français laisse planer un doute que le titre américain de l'oeuvre littéraire ne laisse pas planer.

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Le film bénéficie d'un casting 4 étoiles avec en tête Humphrey Bogart, dans un rôle à sa mesure. Les monologues de Bogart sont d'ailleurs réellement sidérants jusqu'à l'ultime surprise finale et transforment les émotions du spectateur entre le malaise et le plaisir de voir un tel acteur, occuper à lui seul l'écran et arriver à hypnotiser la caméra par son seul jeu. José Ferrer, et Fred MacMurray quant à eux, sont également parfaits dans leurs rôles de subordonnés, plongés dans le doute et l'incertitude des ordres d'un nouveau commandant. On notera aussi la présence de Lee Marvin dans un petit rôle. Comme souvent à Hollywood, chaque personnage révèlera à la fin du film ce qu'il est réellement.

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Ci-dessus Humphrey Bogart :

Ce film est également très intéressant car il laisse planer le doute, non pas sur la personnalité du Commandant joué par Bogart mais sur la valeur de ses actes en temps de guerre. Et le spectateur peut ainsi se faire lui même son propre avis et avoir une autre interprétation du scénario.

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Ci-dessus Van Johnson et Fred MacMurray :

Pour finir je dirais quelques mots, comme d'habitude sur la très belle musique de Max Steiner qui composa une marche militaire uniquement pour ce film, marche qui est présente à l'ouverture du titre. La marche est martiale tout en étant parfois un peu humoristique dans ses accents afin de décrire au mieux un navire à la dérive. Comme vous pouvez vous en doutez, le film ne plaisait pas beaucoup à la Navy qui exigea d'ailleurs quelques modifications afin de donner sa coopération aux équipes techniques: coopération qui était indispensable pour le tournage.

 

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Extrait de la musique de Max Steiner (marche du titre) :

 

 

 

NOTE : 8 / 10