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11/11/2015

La main gauche du Seigneur / The left hand of God - 1955

"La main gauche du Seigneur" est sorti chez Rimini Editions, et c'est très bien. Tout d'abord, parce que Rimini fait généralement du très bon travail, et nous sort ici, un master quasiment parfait, presque immaculé d'un film totalement inédit en Bluray et en DVD en France. Enfin, le film d'Edward Dmytryk, si il n'est pas le meilleur de Bogart est plutôt bon. De plus, on retrouve au casting, la belle Gene Tierney, qui a pris quand même, il est vrai,  plus de 10 ans de plus par rapport au "Laura" (1944) d'Otto Preminger . Enfin, on sait aujourd'hui, que l'échec du mariage de Gene Tierney avec Oleg Cassini, la naissance d'une fille Daria attardée, et devenue aveugle vont d'année en année, dégrader la santé mentale de l'artiste, qui devra se faire interner, et subir de nombreux électrochocs. "La main gauche du Seigneur" reste donc le dernier film de Gene Tierney avant sa longue traversée du désert qui l'entrainera à un retour en 1962 au cinéma, dans "Tempête à Washington", grâce encore une fois à Otto Preminger. Malheureusement, les belles années du cinéma américain et sa beauté, seront passées, et Gene Tierney ne tournera plus que 3 films et finira sa carrière cinématographique en 1964. Bogart a quant à lui 55 ans, il a une longue carrière derrière lui, commencée en 1930. Et malgré son âge, il reste un monstre du cinéma et donne encore ici une très belle interprétation, procurant une vie et une âme à son rôle. Seul, le personnage joué par Lee J. Cobb, laisse sceptique. En effet, l'acteur joue ici un seigneur de guerre chinois, et on y croit assez peu. On sait qu'il y avait une manie pas toujours très heureuse d'Hollywood de faire jouer des personnages asiatiques, par des blancs et ce n'était pas toujours très heureux. Ici, Lee J Cobb, s'en tire plutôt bien, vu que le scénario ne lui laisse pas grand chose pour développer autre chose que le côté sombre de son personnage. Mais il faut bien avouer qu'il n'est pas toujours très crédible. En dehors d'Agnes Moorehead, que l'on se rappelle d'avoir déjà vu avec Bogart dans "les passagers de la nuit" (1947), et d'E G Marshall qui donnent du corps au film, l'autre star du film c'est aussi la musique de Victor Young, qui nous offre un beau thème principal, qui a laissé une trace dans ma mémoire cinéphilique. Au vu de la qualité de l'oeuvre, du master et des bonus, la seule chose que l'on peut regretter, c'est bien le faible nombre de sorties de Rimini Editions, en cinéma classique, en particulier dans les classiques américains. Nul doute que cet éditeur pourrait sortir de son relatif anonymat, si il se donnait les moyens d'une vraie politique commerciale autour du film classique. Elephant Films & Sidonis y sont arrivés, alors pourquoi ne pas prévoir rapidement d'autres sorties ?

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Ci-dessus : Gene Tierney & Humphrey Bogart

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Ci-dessus : Agnes Moorehead & Humphrey Bogart

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Ci-dessus : Edward Dmytryk & Bogart

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Ci-dessus : Gene Tierney & (Edward Dmytryk ?)

 

Extrait de la musique de Victor Young :

Film disponible en Bluray & DVD chez Rimini Editions en VF et VO sous-titrée

 

Note : 7 / 10

18/04/2014

Captaine de Castille / Captain from Castille - 1947

"Captaine de Castille" réalisé en Technicolor, fait parti de toute la série de films que Tyrone Power et Henry King ont tourné ensemble. Cette collaboration avait commencé en 1936 avec le tournage du "pacte". Puis, il s'était retrouvé l'année suivante pour "l'incendie de Chicago" (1937), en 1941 pour "un yankee dans la RAF", et enfin pour "le cygne noir" en 1942. Henry King allait ainsi au fil des années devenir le réalisateur préféré de Tyrone Power. Ici on retrouve dans "Capitaine de Castille" Tyrone Power dans des aventures exotiques, qui l'amèneront à rejoindre l'expédition mexicaine de Hernan Cortés. Le film bénéficie d'un casting impressionnant avec donc en plus de Tyrone Power, Jean Peters, Cesar Romero, mais aussi Lee J. Cobb  et Antonio Moreno. Pour la petite histoire, Jean Peters allait devenir évidemment la femme de Howard Hughes en 1954, et Audie Murphy raconte dans ses mémoires qu'il avait eut une relation avec elle en 1946, avant qu'elle rencontre Howard Hughes. On peut également noter que "Capitaine de Castille" est le premier film de Jean Peters qui remplace ici Linda Darnell, initialement prévue. Cesar Romero est quant à lui parfait dans le rôle du conquistador espagnol, Cortez.

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Le film est découpé en deux grandes parties : Espagne et Mexique, la partie courte sur Cuba n'étant qu'une transition. Le film a beaucoup de qualités, tout d'abord scénaristique et dans sa réalisation par Henry King, qui sait utiliser à merveilles toutes les facettes du Technicolor, jouant énormément sur la lumière. King bénéficie également d'un plus sur sa production assez inatendu. En effet, le film est tourné au Mexique, sur les lieux mêmes de l'expédition et une irruption volcanique a lieu, ce qui donne des ciels changeants assez étranges et remarquables. Le film bénéficie aussi d'une musique très forte d'Alfred Newman, que je trouve pour ma part un peu pompier. Néanmoins, elle devait être appréciée en devenant la première bande originale disponible chez les disquaires. Mais que retenir de ce "Capitaine de Castille". On est impressionné par la réalisation, le casting, les costumes. Mais on reste malgré tout sur notre faim. Après 2H10, les desserts ne sont toujours pas arrivés. Le scénario ne fait pas affronter les Indiens et les Espagnols et on sort donc un peu frustré. Mais peut être était il impossible en 1947 de montrer le massacre des Indiens par des blancs. Le film est donc plaisant à voir, mais semble parfois vouloir éviter les écueils qui ne ferait pas de lui, un spectacle tout public. Cela lui enlève donc une certaine force, que les fabuleux plans extérieurs de King tentent de compenser.

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Ci-dessus : Tyrone Power

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Ci-dessus : Jean Peters

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Ci-dessus : Tyrone Power en duel contre

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Ci-dessus : Henrry King, Tyrone Power et Jean Peters

 

La musique d'Alfred Newman :

Disponible en DVD zone 2 VF et VO sous-titrée

Note : 7 / 10

28/03/2014

Boomerang - 1947

"Boomerang" est un film en noir & blanc, d'Elia Kazan. Ce dernier avait tourné également en 1947, "le roi de la prairie" avec Spencer Tracy, Katharine Hepburn, Robert Walker et Melvyn Douglas, qui était un étrange western dramatique et psychologique tout à la fois. Avec "Boomerang" on change de registre et Kazan s'attaque cette fois-ci au genre film noir avec un succès certain. Ainsi, il part d'un fait divers atroce : l'assassinat en pleine rue d'un prêtre apprécié de sa communauté. Le film pose question sur la violence de la société américaine des années 50, mais aussi sur l'idée de justice et les rapports que cette dernière entretien avec les politiciens. Le film est d'autant plus fort qu'il est clairement inspiré de faits réels.

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Le casting est plutôt fameux avec un Dana Andrews au meilleur de sa forme et il est entouré par une pléiade de seconds rôles comme Lee J Cobb en policier, qui était l'affreux gangster de "Traquenard" (1958) avec Robert Taylor. Mais il y a aussi Carl Malden que l'on verra très souvent en particulier dans "un tramway nommé Désir" (1951) avec Vivien Leigh. Enfin Arthur Kennedy a peut être dans "Boomerang" son meilleur rôle. On se souvient de lui pour ses rôles dans les films d'Errol Flynn, comme 'la charge fantastique" (1942) ou "Sabotage à Berlin" (1942). Mais que peut on reprocher à Boomerang ? Pas grand chose. Peut être Kazan et son directeur de la photographie Norbert Brodine auraient pu travailler un peu plus la photographie de l'ensemble, qui n'est pas au niveau d'autres films de la même époque. Néanmoins certaines scènes sont encore très belles. Le film vaut donc par son scénario assez original et par l'inversion des rôles qu'il met en place. De plus, il est formidablement joué. Ce film reste donc très fort, par sa dénonciation de la peine de mort, du système judiciaire américain, et de son rattachement nocif à la politique. L'académie des Oscars ne devait pas s'y tromper et décerner l'Oscar du meilleur scénario à Richard Murphy, scénariste de "Boomerang".

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Le choc !

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Ci-dessus  :Cara Williams  & Dana Andrews

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Ci-dessus : Lee J Cobb & Karl Malden

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Ci-dessus : Arthur Kennedy (assis) et Dana Andrews

 

La bande-annonce :

Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée chez Twentieth Century Fox.

Note : 7,5  / 10

07/08/2013

Traquenard / Party Girl - 1958

Ce soir, retour au cinéma des années 50 avec un de mes films préférés, "Traquenard" avec Robert Taylor, formidable acteur devant l'Eternel que le marché du DVD français a totalement oublié malheureusement. Le film est édité dans la collection "légendes d'Hollywood" de la Warner et franchement c'est un plaisir de le redécouvrir. Robert Taylor partage la vedette avec la merveilleuse Cyd Charisse. Cette dernière nous gratifie de plusieurs numéros de danse, assez sulfureux pour l'époque. Et je crois que le film nous donne en terme d'érotisme le maximum de ce que le cinéma américain autorisait à cette époque. C'est à l'évidence pas grand chose, en terme d'érotisme, pour nous spectateurs d'aujourd'hui, mais c'est néamoins très suggestif et intellectuel.

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Le film est librement inspiré de la vie de Dixie Davis (1905-1970), avocat du gangster Dutch Schultz, qui devint un informateur et épousa une danseuse de cabaret. Vous l'aurez compris, Taylor joue l'avocat et Cyd Charisse la danseuse. Le chef des gangsters est joué par Lee J Cobb, très bon dans son rôle. Le film navigue avec plus ou moins de succès entre la comédie musicale et les numéros de charme de Cyd Charisse, et le film noir digne d'un bon Bogart. Le mélange aurait pu être désastreux, mais ce n'est absolument pas le cas. Ainsi, Cyd Charisse ajoute une tension sexuelle, qui exacerbe encore plus la tension nerveuse et la violence des protagonistes. Dans les seconds rôles on notera la présence de John Ireland qui fait là encore un rôle de méchant. Enfin on se rappelera que "Traquenard" est un des derniers films que l'on peut qualifier d'auteur de Nicolas Ray avant son passage dans les super-productions.

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Ci-dessus : Robert Taylor

Je vous conseille donc très fortement de voir "Traquenard", film terriblement noir, mais illuminé par les derniers feux de la comédie musicale et par le glamour inimitable de la MGM des années 50. Fascinant.

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Ci-dessus : Cyd Charisse

Disponible en DVD zone 2 chez Warner France, Amazon ou magasins spécialisés

 

Image : belle qualité d'image DVD même en projection

 

Bande-annonce :

Note : 8 / 10