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13/02/2015

La vie passionnée de Vincent Van Gogh / Lust for Life - 1956

Il y a des films qui marquent plus que d'autres. "La vie passionnée de Vincent Van Gogh" est de ceux là. Ainsi, Vincente Minnelli est ici très inspiré. Mais il est aussi aidé par deux monstres d'Hollywood : Kirk Douglas et Anthony Quinn. Kirk Douglas arrive à transfigurer son personnage, pour épouser littéralement la personnalité tourmentée de Van Gogh. De son côté Anthony Quinn est un formidable Gauguin, et recevra d'ailleurs l'Oscar du meilleur second rôle masculin pour son interprétation. Le film est tourné pour une partie sur les lieux mêmes de la vie de Van Gogh. Ainsi, la première partie, est tournée dans la région de Mons-Borinage, en Belgique. La musique tourmentée de Miklós Rózsa joue également un grand rôle, et épouse parfaitement le portrait du peintre, en magnifiant les tourments de l'artiste. Le film s'inscrit parfaitement dans une partie de l'oeuvre de Minnelli, qui nous montre l'inadaptation à la vie de certains de ses personnages. Ainsi, déjà dans "Madame Bovary" (1949), Minnelli nous montrait déjà un personnage de femme incapable de se satisfaire de sa vie de femme de médecin de campagne, obligée de vivre de rêves, et de dépenses folles. Jennifer Jones y était extraordinaire. Dans "lame de fond" (1946), on retrouvait aussi un anti-héros étrange (Robert Taylor), schizophrène qui détestait son frère. Dans une moindre mesure, on peut se demander si "les ensorcelés" (1952), ou "quinze jours ailleurs" (1962), ne traduisent pas aussi une inadaptation des personnages au monde qui les entoure.

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Porté par la réalisation sérieuse de Minnelli, par l'interprétation exceptionnelle et passionnée de Kirk Douglas, et par une musique bouleversante de Miklós Rózsa, "la vie passionnée de Vincent Van Gogh" est un chef-d'oeuvre du cinéma hollywoodien, archétype du film de peintre, qui nous parle de la vie avant de nous parler de peinture. Mais peut être aussi, "la vie passionnée de Vincent Van Gogh", laisse transparaître la mélancolie d'un Minnelli qui sent que son Hollywood est en train de disparaître. On ne saurait dire ce que Minnelli a mis de ses propres angoisses dans ce film. Le film n'en reste pas moins, comme une grande réussite du cinéma hollywoodien, dont le lyrisme mortifère a rarement été égalé depuis.

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Disponible en Bluray chez Amazon.es à 7,50 € et chez Amazon.fr à 25,90 €, l'édition française comportant un livret sur l'exposition "Van Gogh au Borinage - Naissance d'un artiste" (68 pages).

Note : 8,5 / 10

23/04/2014

La captive aux yeux clairs / The Big Sky - 1952

Aujourd'hui, je mets en avant une présentation de "la captive aux yeux clairs" (1952) par Mr Bertrand Tavernier. "La captive aux yeux clairs" est un très beau western que j'apprécie énormément. Pourtant à ma connaissance, il n'a jamais bénéficié d'une vrai restauration. Et je me souviens toujours de l'avoir vu dans une qualité plus ou moins déplorable voir catastrophique.  A ce titre la sortie en 2001, par les éditions Montparnasse, n'était vraiment pas une réussite. A l'ère de l'ultra-haute définition, du tout numérique et du Bluray. On doit donc encore se contenter d'un film difficilement regardable, car non restauré.

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Après "la rivière rouge" (1948), Howard Hawks revient donc au western en 1952, à la demande du patron de la RKO, Howard Hughes, qui cherche à donner un nouvel élan à la RKO, plutôt mal en point. Rien y fait les spectateurs ne seront pas au rendez-vous. On décida alors de couper 12 minutes, qui n'arrangèrent rien à l'insuccès public. Pourtant, le film est bourré de qualités. Adapté d'un roman de A B Guthrie, il décrivait comme dans "la rivière rouge" une première fois. Et cette fois-ci, cette première était la descente d'une rivière en pays indien. Hawks voulait initialement Robert Mitchum pour le rôle titre, mais il aura un très bon Kirk Douglas. La force du film se situe dans ses formidables scènes, et sa faiblesse dans parfois un manque de liens entre elles, et une intrigue finalement assez faible. Mais ce n'est qu'un détail au vu de la qualité d'une oeuvre malheureusement introuvable dans un master correct. A noter que c'est le premier et dernier film, d'Elizabeth Threatt qui décidera après la sortie du film, d'abandonner le mannequinat et la mode, sans donner de raison.

 

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Ci-dessus : Arthur Hunnicutt, Kirk Douglas &  Dewey Martin

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Ci-dessus : Arthur Hunnicutt, Kirk Douglas &  Dewey Martin

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Ci-dessus : Arthur Hunnicutt, Kirk Douglas, Dewey Martin & Elizabeth Threatt

La présentation de Betrand Tavernier

 

Note : 8 / 10

12/10/2013

Chaînes conjugales / A Letter to Three Wives - 1949

"Chaînes conjugales" est un film de Joseph L. Mankiewicz, adapté par ce dernier et par Vera Caspary de l'histoire "A Letter to Three Wives" de John Klempner parue dans le Hearst's International Cosmopolitain. La Fox en avait acquis les droits et le producteur Sol C. Siegel, décida de travailler sur son adaptation cinématographique. Le scénario subit des modifications importantes. En effet, on décida de limiter le nombre d'héroïnes à 4 et à ne pas reprendre les 5 personnages du roman. Enfin le personnage d'Addie Ross n'apparaît jamais, mais est quasiment présent ou dans la voix de la narratrice ou dans les conversations des personnages. En effet, Addie Ross est la rivale supposée, des 3 femmes mariées. La distribution est excellente comportant entre autre : Jeanne Crain, Linda Darnell, Ann Sothern, Kirk Douglas et Paul Douglas.

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Le film va donc être une critique amère de la bonne société américaine, et plus particulièrement du couple américain, incapable de trouver un bonheur pourtant à portée de mains. L'oeuvre de Mankiewicz, est particulièrement intéressante, car il arrive à dépasser le ton provincial voir américain du sujet. La psychologie féminine est parfaitement étudiée, ainsi que la psychologie féminine. A ce titre, on noter que de nombreuses critiques, ont remarqué que le film s'inscrivait parfaitement dans des séries plus modernes comme "desperate housewives". Le génie de Mankiewicz est de ne jamais montrer le personnage d'Addie Ross, mais aussi de rentrer dans l'esprit de ces trois femmes qui doutent de retrouver leur mari, en rentrant à la maison. En effet, elles ont reçue une lettre assez perverse, d'Addie, leur expliquant qu'elle est partie avec un de leur mari. Alors, Mankiewicz nous fait entrer dans leur esprit à chacune, par un jeu entre la musique et les bruits environnants. On arrive alors à une espèce de recherche musicale assez troublante, qui représente une espèce d'expérimentation sonore entre les premières notes du 2ème concerto pour piano de Brahms, idée que l'on retrouvera développée 20 ans plus tard d'une autre manière, dans certains titres des Beatles. Le réalisateur et le compositeur semblent s'aventurer alors sur les chemins nouveaux de l'avenir, sans que l'un et l'autre en soit réellement conscient. Brahms sera d'ailleurs présent, une nouvelle fois dans le film, à travers le disque envoyé par Addie Ross à Kirk Douglas pour son anniversaire.

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Ci-dessus : Ann Sothern, Linda Darnell, et Jeanne Crain

Le réalisateur a donc tout loisir d'explorer la psychologie féminine et la relation homme/femme, pour mener l'enquête et savoir quel est l'homme qui a quitté son foyer. Le suspens est préservé jusqu'au bout, jusqu'à un incroyable retournement de situation. Le film se termine d'ailleurs sur un message plutôt positif. Pour finir, il faut savoir que Linda Darnell et Mankiewicz allait entamer une liaison de 6 ans. J'ai donc apprécié ce film, même si je pense que Mankiewicz aurait du concentrer parfois ses dialogues et son film. Le film n'en reste pas moins, comme une oeuvre majeure de ce réalisateur. Et nous avons enfin l'occasion de la redécouvrir en Bluray Multizones. Ne passez pas à côté d'une oeuvre qui n'a rien perdu de sa modernité.

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Ci-dessus : Linda Darnell, Kirk Douglas, et Paul Douglas

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Ci-dessus : Ann Sothern et Kirk douglas

Disponible en DVD ou Bluray multizones (VO sous-titrée)

 

La bande-annonce :

Note : 7,5 /10

17/07/2013

Quinze jours ailleurs / Two weeks in another Town - 1962

Je suis désolé, mais il ne sera pas question de votre prochaine destination pour les vacances, ni du choix du maillot de bain ou de la crème à bronzer. Mais il sera encore une fois question de cinéma et d'un génie du cinéma, Vicente Minnelli. "Quinze jours ailleurs" n'est pas la suite des "ensorcelés" (1952), mais c'est bien la deuxième partie de la description du cinéma américain par Minnelli. Autant dans "les ensorcelés", la critique était acide contre les producteurs, autant ici c'est l'existence même du cinéma hollywoodien qui est remis en cause. Kirk Douglas n'est plus le producteur machiavélique capable de tout tourner, mais bien un acteur au bout du rouleau brisé par son métier et par la vie. "Quinze jours ailleurs" a été tourné dix ans plus tard et un siècle ce serait passé, ce serait pareil. Le producteur n'est plus cette personne omnipotente que l'on a vu dans "les ensorcelés", mais bien un petit homme qui veut juste gagner de l'argent avec un film et qui se fiche éperdumment de la qualité artistique de l'oeuvre finale. On voit bien le mauvais tournant que prend à cette époque le cinéma, et dans lequel il est encore englué. La référence aux "ensorcelés" est réelle. Ainsi, on voit quelques scènes des ensorcelés dans le film. Minnelli sait qu'il a fait une oeuvre qui marquera l'histoire du cinéma.

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Et si "les ensorcelés" nous racontait de quoi était fait les rêves projetés sur l'écran d'une salle de cinéma. Ici c'est bien d'un changement d'une époque dont il est question. Minnelli ne distingue pas réellement ce que deviendra le cinéma, mais il sent bien que ses films passeront à la postérité, car on ne filmera plus comme lui et que son cinéma et son temps sont passés. Kirk Douglas est montré d'ailleurs avec une cicatrice sur le visage, comme pour montrer que le héros est blessé physiquement et mentalement par la folie et que si cet héros représente ce cinéma américain, qui ne s'en relèvera pas (en tous les cas pas dans la forme que l'on a connu jusqu'ici). Ainsi, Kirk Douglas ne trouve aucun réconfort, ni dans son ami réalisateur, qui le voit finalement comme un nouveau concurrent, venu pour lui voler son film, ni dans son amourette de passage qui ne sait pas se décider à quitter son petit ami pour lui, ni en sa femme qui passe d'un homme à un autre. L'oeuvre est marqué du sceau du septicisme. Le relais ne semble pas devoir se prendre entre un Hollywood qui se meurt (en la personne du réalisateur joué par Edgar G Robinson) et le nouvel Hollywood joué par Kirk Douglas. Le temps semble être passé. La nouvelle vie qui se promet pour Kirk Douglas à la fin du film, est incertaine, et si les personnages des "ensorcelés" se retrouvaient tous autour du téléphone, attendant avec impatience un nouveau projet, là il n'en est rien. Le doute planne, quant à la pérénnité du cinéma. On sait aujourd'hui que le cinéma américain a survécu, mais il s'est transformé en un autre cinéma, et a transformé notre rapport à l'image. Minnelli ne pouvait pas savoir ce que le cinéma américain allait devenir, mais il a décrit sa mutation et la longue agonie du cinéma qu'il a connu, comme personne n'aurait pu le faire. Aujourd'hui, on peut regretter comme moi que le cinéma se soit transformé en parc d'attractions pour adulescents. Heureusement le DVD permet de redécouvrir des films tel que "quinze jours ailleurs". Du très grand cinéma, magnifié par la musique de David Raksin qui avait composé entre autre, la musique de "Laura" (1944). Il y a beaucoup de Minnelli dans "Quinze jours ailleurs", mais on pense aussi à Billy Wilder et à son "Boulevard du Crépuscule". "Les ensorcelés", "Quinze jours ailleurs", "Boulevard du Crépuscule", trois sommets qui sont maintenant impossibles à atteindre.

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Ci-dessus : Kirk Douglas et Cyd Charisse

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Ci-dessus : Daliah Lavi et Kirk Douglas

 

La musique de David Raskin :

 http://www.youtube.com/watch?v=8FbmpoPbDMg

Extrait :

 

Disponible en DVD chez Wild Side (Fnac ou magasins spécialisés).

Note : 9 / 10

14/01/2013

Les sentiers de la Gloire / Paths of Glory - 1957

Aujourd'hui je vais vous parler d'un film dont on ne ressort pas indemne : "les sentiers de la gloire". "Les sentiers de la gloire" est un film de Stanley Kubrick de 1957, avec pour acteur principaux Kirk Douglas et Adolphe Menjou. Le sujet du film porte sur la guerre de 14-18 et plus particulièrement sur le thème très longtemps tabou en France, des fusillés pour l'exemple. En effet, dans le film, une troupe de soldats français refusent de se lancer dans une attaque suicide et suite à cela, l'état-major décide de faire des exemples, en passant des hommes présents en cour martiale, avec dans l'idée dès le départ de les faire condamner à mort. Ce film est tiré de faits réels, même si le lieu, et les personnages ont été changés. Ainsi pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur l'histoire des fusillés pour l'exemple de la guerre de 14, je vous invite à lire l'admirable thèse du général André Bach (Ancien chef du Service historique de l’armée de terre) qui tente de faire le point sur ce douloureux dossier dans son livre : "les fusillés pour l'exemple", Tallandier (2003) et qui réhabilite la mémoire de ces hommes qui pour la plupart n'étaient pas des mutins, ou des déserteurs, mais bien les victimes d'un système en place pendant la grande guerre. En effet, l'état-major français considérait la discipline inférieure à celle de l'armée allemande.

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Pour vous parler maintenant du film en lui même, il faut savoir qu'il est tiré du livre éponyme de
Humphrey Cobb, et que le tournage a été par moment très difficile voir orageux. En effet, Adolphe Menjou était à la 17ème prise d'une même scène et dit à Kubrick que pour lui c'était bien la dernière meilleure prise et donc il se prépara pour aller déjeuner. Et Kubrick lui dit qu'il voulait encore une prise. Menjou se mit alors en colère et insulta Kubrick en lui disant qu'il était incapable de diriger des acteurs. Mais Kubrick ne voulut pas en tenir compte et dit simplement : "All right, let's try the scene once more" (Très bien. Essayons la scène une fois de plus). Pour la petite histoire on notera que la femme qui chante à la fin du film, Christiane Harlan est une actrice allemande qui devint plus tard la femme de Stanley Kubrick et le restera jusqu'à sa mort.

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Le génie de Kubrick est de montrer la guerre de 14 telle qu'elle est avec de longs plans dans les tranchées, qui font sortir le spectateur de son rôle de spectateur pour le faire devenir acteur du film. Ainsi, Kubrick nous fait ressentir la peur, la boue, la crasse et tout simplement l'horreur de la guerre presque comme un poilu. Beaucoup voit ce film comme anti-militariste, pour ma part je ne le vois pas ainsi. Je pense qu'il est plutôt un moment de l'histoire de France et une dénonciation d'un système mis en place à l'époque par l'armée. Mais est-ce être contre la religion que de parler de la Saint-Barthelemy ? Chaque acteur présent dans le film est très bon et on ne peut que constater une très bonne direction d'acteurs. Le plus étonnant d'ailleurs, c'est l'importance donnée par Kubrick à des petits rôles ou même à des figurants qui jouent particulièrement bien et qui sont très touchants en particulier dans la scène finale, qui est un immense espoir pour un monde plus fraternel, mais qui est rattrapé par la dure réalité de la guerre.

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Ci-dessus : Adolphe Menjou et Kirk Douglas


Je ne saurais donc trop vous conseiller de voir ce film, qui évoque un épisode controversé de l'histoire de France au sujet difficile mais primordial. Vivement une sortie Bluray !


Le film :


Pour aller plus loin :

Conférence du Général André Bach sur le thème des fusillés pour l'exemple :


Film disponible en DVD Zone 2.


NOTE : 9,5 / 10

02/01/2013

La route de l'Ouest / The Way West - 1967

"La route de l'Ouest" tournée par Andrew V. McLaglen bénéficie d'un casting exceptionnel. En effet, on y retrouve pas moins de 3 grandes vedettes : Robert Mitchum, Richard Widmark, et Kirk Douglas. Le film avait donc tout pour réussir avec de bons scénaristes et la jeune Sally Field ou encore Harry Carrey Jr dans les seconds rôles. Mais quand on le regarde aujourd'hui on se rend compte que ce n'est pas tout à fait le cas. En effet, on sait que le film a été amputé de 20 minutes à la demande du studio. Certaines ne sont pas donc très claires. Pour Mitchum accepte le poste qu'il a refusé ? Pourquoi Kirk Douglas (politicien de haut vol dans le film) est il présent ? Pourquoi Widmark veut déménager et suivre le convoi de pionniers ? Bref, il y a tellement de cases manquantes qu'il devient assez difficile de s'impliquer totalement dans le film.


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C'est d'ailleurs assez décevant d'avoir supprimé ces 20 minutes, car finalement il y a beaucoup de bonnes choses : une excellente interprétation du trio d'acteurs principaux, des relations humaines réalistes et surtout des relations terriblement intéressantes avec les indiens. La mort accidentelle d'un enfant indien va d'ailleurs déclencher cette réplique de Mitchum que je retranscris de mémoire : "Si on a de la chance les indiens vont pleurer une journée, discuter et fumer le calumet pendant une autre journée, faire des danses pour se remonter le moral une autre journée, mais ils mettront ensuite leur peinture de guerre et viendront nous chercher".

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Ci-dessus : Kirk Douglas, Robert Mitchum, Richard Widmark et Lola Albright

 

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Ci-dessus Sally Field dans "la Route de l'Ouest" :

Je finirais cette note assez courte en disant quelques mots de l'image qui est la plupart du temps assez magnifique sur la version Bluray et sur la belle musique de Bronislau Kaper dont vous pouvez retrouver un extrait ci-dessous :

 

NOTE : 6,5 / 10

03/11/2012

Les Ensorcelés / The Bad and the Beautiful - 1952

J'ai très envie de vous parler en ce moment de Vincente Minnelli vu que son cinéma est profondément intellectuel, mais également hollywoodien et donc glamour. Je crois que si on devait retenir un seul film de Minnelli ce serait bien "les ensorcelés" ou en anglais "The bad and the beautiful". Tout d'abord il faut bien entendu dire quelques mots sur le titre.  Le titre français est très bon : "les ensorcelés". En effet, c'est bien de cela dont il s'agit : 4 personnes ensorcelées par le même homme, un producteur hollywoodien sans scrupules (Kirk Douglas alias Jonathan Shields). Mais le titre original est aussi très bon : "The Bad and the Beautiful". Cela voudrait dire que le mal a construit la beauté et le glamour des studios hollywoodiens de cette époque ? Question particulièrement intéressante ! Le film y répond partiellement. Cela serait donc à l'opposée totale de l'idée, d'idéalisation qui est faite aujourd'hui par des personnes dont j'ai la plus haute estime comme Mr Patrick Brion.

 

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Le film est construit autour de 3 flashbacks successifs. Le premier flashback commence avec le scénariste joué par Barry Sullivan. Puis le deuxième décrit la vie d'une grande star (jouée par Lana Turner) qui était inconnue avant que Shields ne la prenne sous son aile. Enfin le 3ème flashback raconte l'histoire d'un autre scénariste interprété ici par Dick Powell. Ce qui relie ces 3 personnages c'est Shields et la détestation et la fascination qu'ils ont tous les 3 pour ce producteur. En effet, Shields ne s'est pas bien comporté avec aucun d'eux. Chacun a évolué grâce à lui, mais finalement il s'est servi d'eux et les a lâché quand eux ont eu besoin de lui. Le personnage de second producteur joué par Walter Pidgeon est donc le fil qui relie encore ces 3 personnages à Shields. Le lien serait brisé si le rôle de Pidgeon n'existait pas, il est donc le point d'entrée. C'est très important de comprendre cela.

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Ci-dessus : Barry Sullivan, Lana Turner et Dick Powell

Pour le reste ce qui est bien entendu fascinant c'est bien la description du "comment on faisait un film" à Hollywood à ce moment là. On sent bien que le producteur était tout puissant et que les acteurs, et les scénaristes n'existaient que par lui. Et en celà, je rejoins Mr Brion dans sa description du cinéma américain de cette époque concernant le rôle du producteur tout puissant, "les ensorcelés" en est un exemple frappant. "Les ensorcelés" s'inscrit donc dans cette catégorie de films qui parlent du système des studios. On a déjà parlé ici de "What Price Hollywood ?", "Chantons sous la pluie", mais on pourrait aussi ajouter les 2 versions "d'une étoile est née". Alors bien entendu, le talent de Minnelli est d'interesser le spectateur à ce jeu de dupes continuellement renouvelé pendant presque 2 heures. Ainsi, les intrigues parallèles ou additionnelles sont particulièrement bien trouvées : la scène de l'enterrement au début, ou la scène avec le tourne-disque. On a donc un film à tiroirs où le spectateur peut à sa guise aller chercher du plaisir ou ce qu'il veut. Pour ma part, j'aime beaucoup le rapport qu'il y au deuil dans ce film. J'ajouterais un dernier mot pour citer la musique extraordinairement belle de David Raksin. Bref, vous l'aurez compris, on est devant une oeuvre majeure réalisée par un maître du cinéma. On ne peut pas aimer le cinéma hollywoodien et ne pas avoir vu "les ensorcelés".

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Ci-dessus : Kirk Douglas, et Lana Turner

 

Et bien entendu comme d'habitude, un extrait de la musique du film :

 

 

 

 


Cours de cinéma "Les Ensorcelés" analysé par... par forumdesimages

 

NOTE : 9 / 10

17/10/2012

Réglement de comptes à O.K Corral / Gunfight at the O.K. Corral - 1957

"Réglement de comptes à OK Corral" est un western réalisé par John Sturges. Il raconte l'histoire d'un duel entre les frères Earp et un gang de hors la loi. L'histoire est tirée de la légende de l'Ouest, Earp ayant vraiment existé ainsi que le combat à Ok Corral. Ce film m'a toujours fasciné. Je l'ai vu étant enfant, et j'ai toujours trouvé qu'il était incroyablement addictif du début à la fin. Je l'ai donc vu de très nombreuses fois. Déjà le titre, qui commence avec des cavaliers dans une prairie, et la chanson qui parle d'un réglement de comptes. On peut  ainsi dès les premières secondes se poser des questions sur la venue de ces cavaliers. Que viennent ils faire ? Mais surtout la chanson titre est vraiment bien trouvée et fait penser à la chanson de troubadours au moyen âge qui raconte une histoire, pas dans la forme mais bien dans le fond. Le producteur Hal B Wallis a participé au scénario a fait rajouter une romance à l'histoire entre Earp (Burt Lancaster) et Laura Denbow (Rhonda Fleming).

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Ce qui fascine également, c'est la mise en avant des défauts humains des différents personnages : hors la loi, shérif lâche, femme joueuse, ou volage etc etc Mais le personnage qui attire le plus mon affection c'est bien Doc Holliday (joué par Kirk Douglas), cultivé, dentiste qui a renoncé à exercer et qui a une liaison avec une femme (Jo Van Fleet) qu'il n'aime pas et qui l'aime pour son argent. Il est malade (tuberculose) très souvent, avec donc des problèmes conjugaux. Sa femme semble donc être sa punition à sa vie gâchée. Il y a donc quelque chose de pathétique dans cette histoire et dans la vie de Doc Holliday, qui n'attire sur lui que vengeance et antipathie de ses semblables. Mais il n'en a que faire et continue de jouer aux cartes pour gagner sa vie et de défier en combat singuliers ceux qui viennent s'en prendre à lui.

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Le personnage de Burt Lancaster semble ne souffrir d'aucun défaut, mais il en a un gros : l'indécision. Il se refuse à aider Doc Holliday, puis il l'aide. Enfin il arrête une joueuse, et il la libère etc Son indécision sera en contradiction avec la fidèle amitié qui petit à petit le liera à Doc Holliday. Peut être avait-il compris que Doc Holliday était contraint de subir sa vie plus qu'il ne pouvait la changer et que plus que quiconque celui-ci savait sa fin proche.

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Alors bien sûr, le clou du film c'est le combat final qui fut tourné en 4 jours à raison de 12 heures par jour ! Les passionnés de Science Fiction auront bien entendu remarqué la présence de DeForest Kelley le célèbre docteur Mc Coy de la série Star Trek. A noter qu'une suite a été tourné en 1967 par John Sturges mais avec des acteurs différents. On ne saurait finir de parler de ce film où tout semble totalement réglé comme un ballet, sans parler de la fameuse musique de Dimitri Tiomkin qui est parfaitement à sa place pour donner un fort impact à ce western dramatique, où la psychologie des personnages touche parfois au coeur plus sûrement que la balle du revolver. A n'en pas douter un western mythique, clairement au dessus du lot. A voir et à revoir sans modération.

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Disponible en DVD Zone 2. Image de très bonne qualité. Mais mériterait bien une release en Bluray.

Le générique  :

Extrait :

 

 

Ci-dessous le compositeur Dimitri Tiomkin :

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Note : 8 / 10

08/10/2012

La femme aux chimères / Young man with a horn - 1950

"La femme aux chimères" est un film de 1950, connu également sous le nom de "Jeune fou à la trompette". Le rôle du trompettiste est joué par Kirk Douglas. Lauren Bacall et Doris Day se partagent les autres rôles principaux. L'histoire du film nous présente, l'apprentissage, l'ascension, la chute, et la résurrection d'un fou de trompette. Le film est lointainement  inspiré de la vie du trompettiste Bix Beiderbecke. Le début du film montre l'abandon du jeune garçon à lui même, et l'aide que lui apporte son instrument et la joie que cela lui donne. Les passages d'apprentissage par son maître Art Hazzard sont assez sympathiques, car Hollywood met les noirs en avant et de façon positives. Il faut se souvenir que montrer un jeune blanc recevant une éducation musicale de la part de personnes noires n'était pas forcément évident pour le Hollywood de cette époque. La ségrégation était encore présente dans de nombreux états en Amérique. Mais là, rien de tout ça. C'est simplement beau et magnifique. Le spectateur est invité à ne se poser aucune question. Le musicien noir, Art Hazzard est montré comme le détenteur d'une science parfaite de la musique. Il est donc parfaitement naturel qu'il enseigne la musique à son jeune élève. Il sera d'ailleurs la conscience du jeune homme tout le long du film et un homme tellement plein de paix et de sérénité qu'il ne peut que mettre le spectateur de son côté. Je pense qu'i faut vraiment tirer un coup de chapeau à Juano Hernandez pour son interprétation d'Art Hazzard.

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Pour permettre une plus grande crédibilité du personnage de Kirk Douglas, il lui a été adjoint Hoagy Carmichael, musicien et compositeur, qui fait le rôle de son compère et ami dans le film. Finalement, les ennuis vont commencer quand la trompette ne va plus être la réponse aux problèmes de notre héros, mais la cause. En effet, sa femme va vouloir faire chambre à part et va jalouser sa passion pour son instrument. Et ensuite, son mentor et maître Art Hazzard va disparaître prématurément et il va se rendre responsable de sa mort. La chute va être rapide, et l'amour pour la trompette va se transformer en haine.

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Il est d'ailleurs intéressant de noter que Lauren Baccal et Doris Day sont diamétralement opposées dans le film. Baccal représente la femme sensuelle, fatale et vénéneuse, et Doris Day la femme honnête et généreuse. La torture morale d'une femme qui ne le comprend pas, deviendra physique mais trouvera un dénouement heureux à la fin du métrage, avec une espèce de terreur musicale avant. On ne s'ennuie pas une seconde. Et la musique est de qualité, du moment qu'on aime le jazz. Et l'interprétation et la mise en scène sont de tout premier plan. Ce film est donc assez intéressant, et on pourrait l'inscrire dans la liste des films portant sur les artistes maudits ou incompris. Un très beau film.


Ci-dessous, Michael Douglas et Michael Curtiz sur le tournage :

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Juano Hernandez et le jeune musicien :

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Ci-dessous Lauren Bacall et Kirk Douglas :

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 La bande annonce :

 

Extrait de la musique du film :

 

Note : 8,5 / 10