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13/05/2014

Bardelys le magnifique / Bardelys the magnificent - 1926

"Bardelys le magnifique" c'est un peu l'exemple concret de la fameuse phrase de Patrick Brion : "le cinéma est un art outragé". En effet, ce film de la MGM, tourné en 1926 par King Vidor avait été bel et bien perdu à jamais. Pourquoi ? Parce que la MGM avait acquis les droits du roman de Rafael Sabatini (auteur prolifique de nombreux romans d'aventure comme Capitaine Blood, l'aigle des mers, ou Scaramouche) pour 10 ans. Donc en 1936, la MGM ne possédant plus aucun droit sur l'oeuvre se décida à détruire tous ses exemplaires de "Bardelys le magnifique". En effet, en 1936, un film muet n'avait plus aucune valeur commerciale. Et peut être ne voyait on pas le cinéma muet comme un art à part entière à l'époque. Quoiqu'il en soit, tous les copies étaient détruites ? Toutes ? Non ! Un exploitant français, avait gardé une copie et la conservait précieusement pendant la seconde guerre mondiale, dans sa maison de campagne. En 1950, le patron de la cinémathèque Henri Langlois se décidait à racheter cet ultime copie. Mais le collectionneur ne voulait pas vendre ! Il fallut donc attendre les années 2000 et une restauration en 2006 pour que cette dernière copie fasse sortir de l'oubli "Bardelys le magnifique".

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La restauration devait pourtant être difficile et être à elle seule une aventure. Ainsi, la troisième bobine restait manquante. Il n'était donc possible que de la remplacer par des images et des morceaux de la bande annonce. On sent donc bien qu'avoir sorti ce film est un exploit et c'est tout à l'honneur de l'éditeur Lobster et de sa collection "retour de flamme". Quant au film, qu'en est il vraiment ? Le film a pas mal vieilli évidemment. Mais si on essaye de se détacher l'esprit de notre époque, on arrive à apprécier ce film qui nous propose en vedette : John Gilbert et Eleanor Boardman. John Gilbert c'est un peu un mixte entre Rudolph Valentino et Douglas Fairbanks. Il était l'enfant terrible de la MGM, et on raconte qu'il avait frappé son patron, Louis B Mayer, qui lui avait conseillé de coucher avec Greta Garbo, mais de ne jamais se marier avec elle. Après cette scène, la carrière de Gilbert était alors finie et devait petit à petit péricliter, comme beaucoup de stars du muet (Cf : the artist avec Jean Dujardin). John Gilbert, star déchue devait mourir d'une crise cardiaque en 1936, épuisé par les soucis et l'alcool. Eleanor Boardman, sorte de sosie de Jodie Foster, jouera quant à elle dans plusieurs films de King Vidor, comme par exemple dans "la foule" (1928) avant de l'épouser et de lui donner 2 filles. Mais elle divorce en 1930 et se remarie avec un assistant de Chaplin, Harry d'Abbadie d'Arrast en 1940. Elle disparaîtra à l'âge de 93 ans en 1991.

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Ci-dessus : John Gilbert & Eleanor Boardman

"Bardelys le magnifique", nous propose plusieurs plans particulièrement réussis, comme les scènes romantiques où les scènes de baiser sur la barque sont pleines d'émotions. Mais c'est surtout la dernière partie du film qui surprend avec un John Gilbert, transformé en Douglas Fairbanks et qui fait de splendides cascades. King Vidor se plaît d'ailleurs à filmer des plans improbables qui rajoutent encore au plaisir du spectateur. Voilà ! en somme "Bardelys le magnifique" est une pépite, totalement oubliée du cinéma américain, que l'on croyait totalement perdu, mais qu'un éditeur courageux propose dans un boitier comprenant également le "Comte de Monte-Cristo" (1922) du même King Vidor. Indispensable.

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Ci-dessus : John Gilbert & Eleanor Boardman

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Film disponible en DVD zone 2 chez Lobster en VO sous-titrée (film muet)

 

Extrait :

 

Note : 6,5 / 10

19/11/2013

La légion des damnés / The Texas Rangers - 1936

"The Texas Rangers" est un petit western de King Vidor, tourné par ce dernier en 1936. Il n'y a rien de vraiment mauvais dans ce western. C'est plutôt bien filmé, plutôt bien joué. Le casting n'est pas trop mauvais. Mais il n'y a rien d'excellent non plus. Le choix de Fred MacMurray pour jouer Jim Hawkins, le bandit qui devient Texas Ranger, peut faire douter. En effet, on a été plus habitué à voir Fred McMurray dans des comédies élégantes, avec Carole Lombard, plutôt qu'à cheval dans un western. Sinon Jack Oakie apporte un peu de fraîcheur à l'ensemble. Et Jean Parker n'a pas un rôle inoubliable ici. Enfin en terme, de casting, c'est peut être Llyod Nolan qui a le rôle le plus intéressant, et le plus crédible, en desperado irrécupérable, prêt à tout pour arriver à ses fins.

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Néanmoins, comme je l'ai écrit, c'est plutôt bien filmé, sans temps mort et donc on ne s'ennuie pas et les personnages sont attachants. Le film bénéficie d'une bonne version française d'époque. On aurait donc tort de se priver de ce petit western, qui s'il ne révolutionne pas le genre, reste un bon divertissement. Mais évidemment, on a vu King Vidor beaucoup plus inspiré. On ne reviendra pas là dessus. Donc pour résumer, "la légion des damnés" est un film sympathique, mais tout à fait mineur dans la filmographie de Vidor.

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Ci-dessus : Llyod Nolan et Fred McMurray

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Ci-dessus : Fred McMurray et Jean Parker

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Ci-dessus : King Vidor, Jack Oakie, et Fred McMurray sur le tournage

 

Disponible en DVD zone 2, chez Universal VF et VO sous-titrée

 

Note : 6  / 10

20/09/2013

Guerre et Paix / War and Peace - 1956

Dans le cadre de sa sortie bluray, je vais évoquer le "Guerre et Paix" (1956) de King Vidor. Je ne peux que commencer cette note par donner la parole au réalisateur : "Au début de l’année 1955, j’étais assis sous le soleil californien, travaillant sur un scénario original, un sujet américain lorsque je reçus un coup de fil de Dino De Laurentiis, le producteur italien me demandant si je voulais bien mettre en scène le grand roman de Léon Tolstoï Guerre et paix. Ce fut la décision la plus rapide de ma vie ! Je n’avais aucun doute à son propos ; depuis que je l’avais lu, tout autre ouvrage de fiction souffrait de la comparaison. Profondeur des personnages, héroïsme, philosophie, Tolstoï donnait au lecteur tout ce qu’il cherche mais qu’il trouve si rarement." Vidor est donc enthousiaste pour travailler sur ce projet et ça sent dans le résultat final. Il aurait préféré avoir Peter Ustinov à la place d'Henry Fonda, pour jouer le personnage de Pierre, mais qu'importe ce n'est pas tant Henry Fonda qui va poser problème qu'un budget manifestement trop court pour porter l'oeuvre de Tolstoî à l'écran. Ainsi Vidor raconte : "Le tournage ne fut pas facile. Les premières difficultés vinrent du scénario sur lequel une dizaine d’écrivains travaillèrent. Plus tard elles furent d’ordre financier. Ils n’y avait plus d’argent et certaines scènes essentielles étaient encore à tourner… En fait je me retrouvais dans la même position qu’à mes débuts, mais cette fois-ci, je n’étais plus mon propre maître, j’étais tributaire une fois de plus des grands producteurs."

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La conséquence de défaut budgétaire est que le film est assez peu complet et ne fait que survoler certains personnages. On a donc du mal à s'y retrouver. Et malgré que le film dure plus de 3H30, on se rend bien compte qu'il aurait fallu 30 ou 40 minutes de plus pour retrouver l'oeuvre originale. On doit donc se compter de scènes de bravoures, comme la magnifique scène du bal entre une Audrey Hepburn plus belle que jamais et son jeune mari dans la vie, Mel Ferrer. D'autres scènes sont épiques comme la bataille de Borodino ou le passage de la Berezina. Mais on sent bien que Vidor a parfois du composer avec le budget et que parfois il essaye de s'en sortir le moins mal possible. Mais peut être devrions nous regarder du côté des scènes intimistes de cette oeuvre. Ainsi, la mort du prince André est particulièrement bouleversante. Mais dans toute la distribution, c'est bien évidemment Audrey Hepburn qui brûle littéralement l'écran et transfigure d'une incroyable fulgurance. Personne ne s'y trompera. Et lorsque le grand cinéaste russe Serge Bondartchouk revisitera l'oeuvre de Tolstoï, il fera de son héroïne, une seconde Audrey Hepburn.

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Ci-dessus : Henry Fonda et Audrey Hepburn

Cette fresque monumentale, peut donc s'appuyer sur un casting remarquable et sur une actrice au top de sa beauté et de son talent. On oublie alors quand même les raccourcis, les incohérences du scénario, pour se laisser porter par Audrey Hepburn et par finalement, une magnifique épopée. On retrouve en Bluray la version complète, et non celle amputée sortie en salle à l'époque. On dit que c'est la jalousie de Cecil B DeMille qui aurait oeuvré pour que "guerre et paix" ne fasse pas de l'ombre à ses "10 commandements" qui sortait en même temps. Il faudra attendre 1967, et la version de Serge Bondartchouk pour que le cinéma soviétique écrase cette version de "guerre et paix" et batte littéralement les Américains sur le terrain cinématographique, un peu comme les Russes ont battu Napoléon d'ailleurs, quand ce dernier est venu les envahir. Quoiqu'il en soit ne gâchons pas notre plaisir : On ne fait plus des films comme "guerre et paix", alors pourquoi s'en priver ?

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Ci-dessus : Audrey Hepburn

Film disponible en Bluray zone B ou DVD zone 2 (qualité d'image excellente assez souvent. Version vf à oublier)

La Bande-annonce :


Note : 8,5 / 10

19/09/2013

Souvenez vous de ... Judy Garland !

Aujourd'hui quelques mots pour rendre hommage à une grande chanteuse, danseuse et actrice : Judy Garland ! Je crois que nous avons tous cette chanson de Judy quelque part au fond de notre coeur. Je me permets de lui rendre  un respectueux hommage et voir avec satisfaction que plus de 5,8 millions de gens ont vu cette chanson sur Youtube. Comme quoi le grand cinéma ne meurt jamais. Saviez-vous que cette scène du magicien d'Oz a été tournée par King Vidor ?

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Filmographie

 

  • 1935 : La Fiesta de Santa Barbara, court métrage de Louis Lewyn (elle y apparaît avec ses deux sœurs — créditées ensemble 'Garland Sisters' alias 'The Three Gumm Sisters' —)
  • 1936 : Every Sunday (court-métrage)
  • 1936 : Pigskin Parade de David Butler
  • 1937 : Le Règne de la joie (Broadway melody of 1938) de Roy Del Ruth
  • 1937 : Thoroughbreds Don't Cry
  • 1938 : Everybody Sing (film) (en) d'Edwin L. Marin
  • 1938 : Listen, Darling d'Edwin L. Marin
  • 1938 : L'Amour frappe André Hardy (Love Finds Andy Hardy) de George B. Seitz
  • 1939 : Le Magicien d'Oz (The Wizard of Oz) de Victor Fleming
  • 1939 : Place au rythme Babes in Arms de Busby Berkeley
  • 1940 : En avant la musique (Strike up the band) de Busby Berkeley
  • 1940 : Little Nellie Kelly de Norman Taurog
  • 1940 : André Hardy va dans le monde (Andy Hardy meets debutante) de George B. Seitz
  • 1941 : La Danseuse des Folies Ziegfeld (Ziegfeld Girl) de Robert Z. Leonard
  • 1941 : La vie commence pour André Hardy (Life Begins For Andy Hardy) de George B. Seitz
  • 1941 : Débuts à Broadway (Babes on broadway) de Busby Berkeley
  • 1942 : For me and my gal de Busby Berkeley
  • 1943 : Lily Mars vedette (Presenting Lily Mars) de Norman Taurog
  • 1943 : Girl Crazy de Norman Taurog et Busby Berkeley
  • 1943 : Parade aux étoiles (Thousands cherr) de George Sidney
  • 1944 : Le Chant du Missouri (Meet me in St-Louis) de Vincente Minnelli
  • 1945 : L'Horloge (The Clock) de Vincente Minnelli
  • 1946 : Les Demoiselles Harvey (The Harvey girls) de George Sidney
  • 1946 : Ziegfeld Follies de Vincente Minnelli
  • 1946 : La Pluie qui chante (Till The Clouds Roll By) de Richard Whorf
  • 1948 : Le Pirate (The Pirate) de Vincente Minnelli
  • 1948 : Parade de printemps (Easter Parade) de Charles Walters
  • 1948 : Ma vie est une chanson (Words and music) de Norman Taurog
  • 1949 : Amour poste restante (In the Good Old Summertime) de Robert Z. Leonard
  • 1950 : La Jolie fermière (Summer Stock) de Charles Walters
  • 1954 : Une étoile est née (A star is born) de George Cukor
  • 1960 : Pepe de George Sidney : (Caméo voix)
  • 1961 : Jugement à Nuremberg (Judgment at Nuremberg) de Stanley Kramer
  • 1962 : Gay Purr-ee (voix) de Abe Levitow (en)
  • 1963 : Un enfant attend (A child is waiting) de John Cassavetes
  • 1963 : L'Ombre du passé I Could Go On Singing de Ronald Neame
  • 1967 : La Vallée des poupées (scènes supprimées)

14/07/2013

Lightning strikes twice - 1951

"Lightning strikes twice" est un film de King Vidor sorti en 1951 avec Richard Todd et Ruth Roman. Il faut toute de suite signaler que le film ne bénéficia ni de bonnes critiques à sa sortie au USA, ni d'un succès public. En France il ne devait jamais sortir. Pourtant le film a beaucoup de qualités, ainsi si on veut rester sérieux on a quand même derrière la caméra un des maîtres du cinéma de cette époque : King Vidor. King Vidor c'est quand même le réalisateur de "la foule" (1927), "le champion" (1931), "le grand passage" (1940) avec Spencer Tracy, "duel au soleil" (1946) avec Gregory Peck ou "le rebelle" (1949) avec Gary Cooper. On ne peut pas dire qu'il a beaucoup tourné comparativement à d'autres réalisateurs, aujourd'hui totalement oubliés. Mais ces films sont restés dans la mémoire du public. Ainsi, si "Lightning strikes twice" a des défauts, c'est un film qui possède beaucoup de qualités, de par déjà la mise en scène recherchée de King Vidor. Au niveau des qualités on retiendra aussi la présence et le sex-appeal de la belle Ruth Roman. Enfin, la musique de Max Steiner fait en sorte d'élever l'ensemble.

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Néanmoins, le film a des défauts. En premier lieu, il faut tout de même dire que Vidor n'était pas un spécialiste du film noir, et les grands espaces américains donnent un caractère particulier à ce film noir. Et l'idée d'une nature dangereuse et inhospitalière est malgré tout bien exploitée. Mais le scénario oublie les fondamentaux du film noir en libérant d'une exécution prochaine le héros joué par Richard Todd. Le héros n'étant plus dans la crainte d'un châtiment prochain, la tension retombe. Et pire, le beau Richard Todd est assez peu crédible en tueur de femmes. Ainsi on remarquera que Bogart, était lui par contre très crédible, dans ce rôle, dans "La Seconde Madame Carrol" (1947). Et on peut parfois se demander si Richard Todd, héros de guerre, se croit au fond de lui capable d'interprêter cet individu qui doit par son attitude rendre fou de peur sa femme. Si on ajoute que la romance et le glamour prennent le pas sur l'intrigue, on comprendra que le film n'ait pas à l'époque rencontré son public. Néanmoins, on passe un bon moment en tant que spectateur d'aujourd'hui sans préjugé, à tenter de comprendre qui est le meurtrier. Enfin, la qualité de la production, de la réalisation, et la beauté et le jeu de Ruth Roman, font oublier quelques inconséquences du scénario ou une interprétation très moyenne de Richard Todd. Je conclus donc sur un avis globalement positif, avec les réserves mentionnées plus haut. Ainsi, j'ai vu bien pire en terme de film noir récemment. J'en reparlerai une prochaine fois. Et je reviendrais dès demain sur la carrière de la belle Ruth Roman.

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Ci-dessus : Ruth Roman

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Ci-dessus : Ruth Roman et Richard Todd

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Ci-dessus : Ruth Roman et Richard Todd

 

Extrait :

Film disponible en DVD Zone 2 sur le site de la Warner (France) ou boutiques spécialisées.

Note : 7 / 10

18/05/2013

Le Rebelle / The Fountainhead - 1949

"Le Rebelle" est un film sorti en 1949 et tourné par King Vidor. On retrouve dans les principaux rôles : Gary Cooper, Patricia Neal, et Raymond Massey.  Le film est tiré du roman à succès d'Ayn Rand (The Fountainhead) paru en 1938. Barbara Stanwyck était convaincue de la réussite d'une adaptation du roman à l'écran et décida Jack Warner à en acquérir les droits dès 1943. Stanwyck devait proposer Humphrey Bogart pour le rôle principal de l'architecte Roark. Mais Jack Warner refusa, et cela encouragea peut être Bogart à fonder sa propre société de production en 1948. De son côté King Vidor refusa d'engager Stanwyck sur le tournage. En effet, il la jugeait trop âgée pour le rôle de Dominique Francon. Le rôle de Dominique Francon, aurait pu être interprêté par Lauren Baccal , Ida Lupino, Jennifer Jones, Gene Tierney. Veronica Lake,  Joan Crawford toutes pressenties. Joan Crawford devait même organiser un diner pour tenter de convaincre l'auteur Ayn Rand. On pensa également à Greta Garbo, mais elle refusa et finalement Patricia Neal obtint le rôle après un entretien de 15 minutes avec King Vidor. Pour le rôle de l'architecte on pensa après Humphrey Bogart, à Alan Ladd, mais aussi à Clark Gable, la presse de l'époque faisant courir le bruit que Gable voulait absolulement jouer dans ce film. Enfin, on contacta Gary Cooper, mais son agent lui dit de refuser le rôle qui semblait trop éloigné de l'image que le public avait de lui. Mais l'épouse de Cooper devait arriver à convaincre ce dernier, et il accepta. Raymond Massey devait être le puissant directeur du journal et Robert Douglas le critique d'art du même journal, vaniteux et obsédé par le pouvoir. Raymond Massey on se souvient aujourd'hui de lui surtout de lui pour son rôle de John Brown dans "la piste de Santa-Fé" (1940) ou dans "Sabotage à Berlin" (1942) avec Errol Flynn et Robert Douglas on se rappelle de lui pour ses rôles de méchants que ce soit dans "Ivanhoé" (1952) ou dans "le prisonnier de Zenda" (1952).

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Maintenant que je vous ai parlé de la création de ce film, et de la mise en place de son casting, j'évoquerai tout d'abord la forme, puis les thèmes que le film aborde. La forme est absolument magnifique, bien évidemment littéraire, mais aussi lyrique. En premier lieu, ce qui surprend le plus, c'est peut être l'incroyable sensualité de l'oeuvre, qui montre une femme superbe (Patricia Neal) avec des désirs charnels, pour les hommes, faisant son choix parmi les ouvriers d'une carrière, botte et cravache au poing. Pour l'époque il fallait oser. Enfin Vidor, n'a jamais peut être aussi bien caractérisée la passion féminine mais aussi le désir féminin que dans ce film. L'incapacité du personnage de Dominique Francon (Patricia Neal) à faire de Gary Cooper son objet sexuel, et son esclave exaspère sa frustration qui aboutit à une violence dont la cause ne peut être ici que la sexualité insatisfaite. Cooper se décide alors à prendre les devants, à lui répondre et à lui rendre la violence sexuelle qu'aucun homme n'a osé lui donner, faisant passer la scène traditionnelle de glamour hollywoodienne, à une scène où la violence de l'érotisme intellectuel qui en émane, interpelle le spectateur.

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Ci-dessus : Patricia Neal et Gary Cooper

Mais avant d'être l'histoire d'une femme, Dominique Francon lassée et dégoûtée de la vie, qui fait des hommes et des choses ses esclaves pour mieux les rejeter par peur de s'y attacher, "le rebelle" est l'histoire d'un homme, de la carrière et de la vie privée d'un architecte (Howard Roark) joué par Gary Cooper. Le film aborde de nombreux thèmes, et on peut considérer chaque personnage comme un thème à lui tout seul. Si nous avons déjà vu le personnage féminin de Dominique Francon, le personnage de Gary Cooper est, quant à lui, le représentant de l'absolu nécessité de suivre son chemin contre ce que la société nous ordonne de faire, contre l'opinion générale, contre la norme, et finalement contre tout ce qui peut entraver l'Homme dans sa marche vers sa destinée, l'esprit de l'Homme devant être son seul guide. Ainsi, le film va nous faire parcourir de la plus belle des manières, la destinée de cet architecte, absolument et résolument insoumi.

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Comme je l'ai déjà dit et comme vous l'avez compris, le film est magnifiquement écrit, quoique parfois trop bavard, et magnifiquement réalisé. Il n'y a quasiment rien à rejeter de ce pur joyau du film hollywoodien, à la musique envoûtante d'un Max Steiner très inspiré pour l'occasion. Certains ont pu voir dans le personnage de cet architecte, un sur-homme. Il n'en est rien. Cet homme nous indique le chemin que nous devrions tous suivre. En effet, après tout, quoi de plus lourd et de plus léger tout à la fois, que de croire en ses idées ? Quelle plus lourde responsabilité que de ne rien marchander ? Par sa forme profondément lyrique voir quasiment poétique, et par son sujet, ce film touche au sublime et à l'incroyable difficulté d'être simplement un Homme dans tous les sens du terme. "Le rebelle", est donc autant une leçon de vie, qu'un chef d'oeuvre absolu. A noter que Gary Cooper devait retrouver Patricia Neal l'année suivante dans "le Roi du tabac", mais cette fois-ci sous la direction de Michael Curtiz.

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La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

Disponible en DVD zone 2

Citations de l'auteur Ayn Rand dont le roman a inspiré le film : « Ma philosophie conçoit essentiellement l'Homme comme un être héroïque dont l'éthique de vie est la poursuite de son propre bonheur, la réalisation de soi son activité la plus noble, et la Raison son seul absolu. »

Note : 9 / 10