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07/05/2014

La maison des étrangers / House of Strangers - 1949

"La maison des étrangers" est peut être un des plus beaux rôles d'Edward G Robinson. En effet, il nous donne une composition de père de famille italien, plus que réaliste. Le scénario est parfaitement construit et raconte donc la vie professionnel et familial d'un immigré italien (Edward G Robinson), ayant fait fortune en Amérique et possédant une banque qu'il dirige avec l'aide des ses fils joués par Richard Conte, Luther Adler, Paul Valentine et Efrem Zimbalist Jr. Cette situation de départ va nous montrer, comment une lutte d'influences va se créer au sein de la famille, attisée par un père bourré de bons principes, mais qui ne sait comment les inculquer à ses fils devenus des adultes cupides. Seul Richard Conte arrive à se mettre au niveau de son père et lui restera finalement fidèle.
Edward G. Robinson domine de la tête et des épaules tous ses partenaires. Mais le casting féminin est aussi très attrayant avec une belle composition de Susan Hayward, en femme esseulée à la recherche de l'homme idéal, et une Debra Paget dans un tout petit rôle, mais néanmoins essentiel au cheminement de l'intrigue.

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Joseph L. Mankiewicz qui a participé à la rédaction du scénario avec  Philip Yordan, nous offre ici une oeuvre majeure qui mérite toute notre attention. Elle nous dit que l'éducation d'un être humain n'est pas chose facile et que l'amour d'une personne pour une autre, ne peut se créer qu'avec l'amour et non le mépris ou la violence. "La maison des étrangers" est donc un film particulièrement intelligent qui revisite les rapports Père / fils comme rarement vu dans le cinéma. La critique du festival de Cannes, ne devait pas s'y tromper et décerner le prix d'interprétation à Edward G Robinson en 1949. On peut remercier chaleureusement la Twentieth Century Fox pour cette sortie d'un film admirable, que tout père de famille devrait posséder. Incontournable.

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Ci-dessus : Edward G Robinson

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Ci-dessus : Au second plan Richard Conte et Debra Paget

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Ci-dessus : Richard Conte et Debra Paget

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Ci-dessus : Richard Conte et Susan Hayward

 

La bande-annonce :


 

Film disponible de la collection "Hollywood Legends" en DVD Zone 2 VO sous-titrée

Note : 8 / 10

12/10/2013

Chaînes conjugales / A Letter to Three Wives - 1949

"Chaînes conjugales" est un film de Joseph L. Mankiewicz, adapté par ce dernier et par Vera Caspary de l'histoire "A Letter to Three Wives" de John Klempner parue dans le Hearst's International Cosmopolitain. La Fox en avait acquis les droits et le producteur Sol C. Siegel, décida de travailler sur son adaptation cinématographique. Le scénario subit des modifications importantes. En effet, on décida de limiter le nombre d'héroïnes à 4 et à ne pas reprendre les 5 personnages du roman. Enfin le personnage d'Addie Ross n'apparaît jamais, mais est quasiment présent ou dans la voix de la narratrice ou dans les conversations des personnages. En effet, Addie Ross est la rivale supposée, des 3 femmes mariées. La distribution est excellente comportant entre autre : Jeanne Crain, Linda Darnell, Ann Sothern, Kirk Douglas et Paul Douglas.

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Le film va donc être une critique amère de la bonne société américaine, et plus particulièrement du couple américain, incapable de trouver un bonheur pourtant à portée de mains. L'oeuvre de Mankiewicz, est particulièrement intéressante, car il arrive à dépasser le ton provincial voir américain du sujet. La psychologie féminine est parfaitement étudiée, ainsi que la psychologie féminine. A ce titre, on noter que de nombreuses critiques, ont remarqué que le film s'inscrivait parfaitement dans des séries plus modernes comme "desperate housewives". Le génie de Mankiewicz est de ne jamais montrer le personnage d'Addie Ross, mais aussi de rentrer dans l'esprit de ces trois femmes qui doutent de retrouver leur mari, en rentrant à la maison. En effet, elles ont reçue une lettre assez perverse, d'Addie, leur expliquant qu'elle est partie avec un de leur mari. Alors, Mankiewicz nous fait entrer dans leur esprit à chacune, par un jeu entre la musique et les bruits environnants. On arrive alors à une espèce de recherche musicale assez troublante, qui représente une espèce d'expérimentation sonore entre les premières notes du 2ème concerto pour piano de Brahms, idée que l'on retrouvera développée 20 ans plus tard d'une autre manière, dans certains titres des Beatles. Le réalisateur et le compositeur semblent s'aventurer alors sur les chemins nouveaux de l'avenir, sans que l'un et l'autre en soit réellement conscient. Brahms sera d'ailleurs présent, une nouvelle fois dans le film, à travers le disque envoyé par Addie Ross à Kirk Douglas pour son anniversaire.

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Ci-dessus : Ann Sothern, Linda Darnell, et Jeanne Crain

Le réalisateur a donc tout loisir d'explorer la psychologie féminine et la relation homme/femme, pour mener l'enquête et savoir quel est l'homme qui a quitté son foyer. Le suspens est préservé jusqu'au bout, jusqu'à un incroyable retournement de situation. Le film se termine d'ailleurs sur un message plutôt positif. Pour finir, il faut savoir que Linda Darnell et Mankiewicz allait entamer une liaison de 6 ans. J'ai donc apprécié ce film, même si je pense que Mankiewicz aurait du concentrer parfois ses dialogues et son film. Le film n'en reste pas moins, comme une oeuvre majeure de ce réalisateur. Et nous avons enfin l'occasion de la redécouvrir en Bluray Multizones. Ne passez pas à côté d'une oeuvre qui n'a rien perdu de sa modernité.

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Ci-dessus : Linda Darnell, Kirk Douglas, et Paul Douglas

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Ci-dessus : Ann Sothern et Kirk douglas

Disponible en DVD ou Bluray multizones (VO sous-titrée)

 

La bande-annonce :

Note : 7,5 /10

26/01/2013

L'Aventure de madame Muir / The Ghost and Mrs. Muir - 1947

"L'aventure de Madame Muir" est un film de Joseph L. Mankiewicz sorti en 1947. Le film est porté par le duo Gene Tierney, et Rex Harisson. Le scénario est adapté d'un roman de R. A. Dick (écrit en 1945), devenu un classique au Royaume-Uni. On retrouve donc là, la manière assez classique pour le Hollywood de l'époque d'écrire un scénario. L'adaptation littéraire permettait d'avoir des scénarios beaucoup mieux construit la plupart du temps que ceux d'aujourd'hui. Le film raconte l'histoire d'une jeune veuve, seule avec son enfant, qui se décide à partir vers la côte, habiter une maison isolée. Elle fera dans cette maison une bien étrange rencontre avec un fantôme, qui meublera ses années de solitude.

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Le film nous invite à plonger dans la vie de Madame Muir, mais aussi dans la notre et dans notre âme. Le film pose des questions et parle finalement d'un sujet encore assez tabou aujourd'hui : l'inadaptabilité à la vie de certaines personnes, pourtant plutôt attrayantes, mais dont la grandeur d'âme ne peut se satisfaire de l'hypocrisie, de la petitesse, de la mesquinerie ou de la médiocrité de la vie. Le personnage du fantôme joué par Rex Harrison devient alors une réponse, un espoir, un compagnon, à une vie solitaire loin du monde. La poésie mais aussi le romantisme le plus exacerbé se lient au personnage coléreux de Rex Harrison pour donner un étrange, mais fabuleux cocktaïl cinématographique. On retrouve dans les seconds rôles Natalie Wood qui joue la fille de Gene Tierney, et Anna Lee.

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ci-dessus : Rex Harrison et Gene Tierney


Mankiewicz joue à merveilles avec l'océan, les éléments, les éclairages pour nous rendre cette aventure sans limites alors qu'elle se déroule dans le cadre restreint d'un simple cottage. En effet, il nous fait comprendre pour paraphraser Victor Hugo que l'immensité de l'océan, dépassée par le ciel, est lui même dépassé par l'infini de l'âme humaine et des passions réelles ou fictives qu'elle peut générer. Mankiewicz se sert également de l'océan pour montrer le temps qui passe inexorablement, comme un sablier mais aussi comme un rouleau compresseur qui emporte tout. Mais le temps n'effacera pas les passions de madame Muir. Et c'est avec son rêve que Madame Muir s'en ira, un rêve resté telle qu'il était, c'est à dire éternellement jeune.

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On ne saurait terminer cette note sans parler de la superbe musique de Bernard Herrmann, belle à pleurer, qui exprime à elle seule toute la complexité de l'âme de notre héroïne, en allant dans les tons les plus hauts pour redescendre vers des abîmes de sensibilité mais sans jamais devoir terminer le thème initial. Cette musique est bien la représentation d'une âme qui respire en lutte entre ses aspirations, ses désirs de femme et sa mélancolique solitude, mais aussi menacée par le temps qui passe. La conclusion musicale finale est une forme de libération pour une meilleure vie ailleurs avec ses rêves de beauté et de plénitude enfin réalisés.

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Ci-dessus : George Sanders et Gene Tierney

"L'aventure de Madame Muir" est donc un pur chef d'oeuvre qui me touche toujours autant, et je ne peux que conseiller à tous ceux qui ne l'ont pas vu de se ruer sur le DVD en attendant une éventuelle ressortie en Bluray.


La bande-annonce (terriblement envoutante) :

 

Extrait de la merveilleuse musique de Bernard Herrmann :

 

 

NOTE : 9 / 10

30/11/2012

Jules César / Julius Caesar - 1953

Chers lecteurs, j'ai décidé d'ouvrir une série d'articles sur les péplums. Hollywood Classic se met donc à l'heure antique et est fier de vous présenter pour commencer cette série: "Jules César".

Alors que le film muet devait disparaître pour laisser place au parlant, les critiques et cinéphiles de l'époque percevaient le cinéma comme une menace mortelle pour le théâtre. En effet, si le cinéma devenait parlant, certains pensaient que l'on pourrait traduire en images des pièces de théâtre. Aujourd'hui, on le sait : le cinéma est et demeurera parlant et le théâtre a survécu. J'ai introduit cette courte présentation parce que je vais vous parler de "Jules César", et que ce film reprend le formidable texte de la célèbre pièce de Shakespeare qu'il magnifie dans une belle mise en scène signée Joseph L. Mankiewicz. "Jules César" a été tourné en 1953, époque où Hollywood tournait encore à plein régime des chefs d'oeuvres chaque semaine.

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Je ne ferais pas ici une étude de la pièce de Shakespeare que des spécialistes de littérature anglaise ont déjà fait des siècles avant moi. Mais cinématographiquement on pouvait se poser la question de ce qu'allait bien pouvoir donner à l'écran, un film sur un conquérant à l'ego et à l'ambition démeusuré, soutenu par le texte du plus grand auteur de pièce de théâtre de langue anglaise. On sent que Mankiewicz n'a pas voulu en rajouter au niveau de la mise en scène, et s'appuie très fortement sur le texte de Shakespeare. Ainsi, le triomphe de César est raconté comme dans la pièce originale et pas montrée. C'est d'ailleurs un peu le défaut du film. En effet, le cinéma si il fait rêver, imaginer, doit aussi montrer et à vouloir s'accrocher jusqu'au dernier degré, au texte de Shakespeare, Mankiewicz ralentit le film et limite son expression. Il n'en reste pas moins que les vers sont admirables, la réalisation soignée et sobre. Et finalement, on a un peu ce même sentiment que quand on regarde "Cyrano de Bergerac" en film. On se sent grandit. Mais pour ne pas avoir l'impression que les acteurs surjouent, Mankiewicz a eu la chance de pouvoir s'entourer de très grands interprètes en la personne de Marlon Brando, James Mason, et Louis Calhern, ce dernier trouvant là (à n'en pas douter) son plus grand rôle. Dans les seconds rôles sont présents aussi Greer Garson et Deborah Kerr. Bref du beau monde, pour un grand film qui va bien au delà du théâtre filmé que l'on pouvait légitimment craindre au départ de la création d'une telle oeuvre. Donc, pour la beauté du texte, la musique de Miklós Rózsa et la page d'histoire antique qui comprenait déjà tout ce qui fait la vie des hommes (le pouvoir, l'ambition, la traîtrise et la mort), ce "Jules César" a bien traversé les temps et les générations. A noter pour finir que Mankiewicz retrouvera l'antiquité 10 ans plus tard en tournant Cléôpatre, dans un film au tournage et à la réalisation cette fois-ci pharaonique où il abandonnera une grande partie de la sobre modestie littéraire et un peu théâtral de ce "Jules César". Charlton Heston et Robert Vaughn feront leur apparition dans une nouvelle version de Stuart Burge en 1970.

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Ci-dessus Marlon Brando (Antoine) :

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Ci-dessus Louis Calhern et James Mason :


Extrait de la grandiose musique de Miklós Rózsa :

 

 

NOTE : 8 / 10