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19/10/2013

Les racines du ciel / The Roots of Heaven - 1958

Tourné un an avant sa mort, "les racines du ciel" reste bien malgré lui, comme le film testament d'Errol Flynn. L'histoire se déroule en Afrique Noire, et raconte le combat de Morel (Treword Howard), un homme  décidé à protéger les éléphants et la nature, de son plus grand prédateur l'Homme. Le film est une production Twentieth Century Fox, et donc c'est Darryl Zanuck qui est à la production. Ce dernier avait décidé d'adapter à l'écran le roman éponyme de Romain Gary. Pour le rôle féminin, il choisissait sa compagne du moment : Juliette Greco. Juliette Greco avait déjà tourné avec Errol Flynn, l'année précédente, dans "le soleil se lève aussi" avec Tyrone Power. Pour "les racines du ciel", Zanuck choisit Huston qui n'avait aucune envie de faire ce film, qui devait être un manifeste contre la chasse. John Huston n'aimait tout simplement pas ce scénario, car il était lui même chasseur. Ainsi, Juliette Greco raconte qu'il partait à la chasse à 3H30 du matin, pendant les 6 mois du tournage.

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Concernant le tournage, il fut vraiment épique. Ainsi, on tourna avec une température moyenne de presque 50¨C. Cette température, rendait tout maquillage impossible. En effet en quelques minutes, il fondait. Puis, à cause du manque d'eau potable et de problèmes de conservation de la nourriture, beaucoup de membres de l'équipe furent malade, à part deux personnes : John Huston et Errol Flynn qui l'un et l'autre, ne buvaient quasiment jamais d'eau. Juliette Greco, raconte que Flynn était ivre du matin au soir. Il avait pris un accord publicitaire avec Smirnoff pour avoir une dizaine de caisses de Vodka, qui lui permettait d'assouvir sa consommation personnelle et celle de John Huston. Juliette Greco raconte aussi dans les intéressants bonus de l'édition Bluray, que les insectes mangeaient le bois et le béton de sa chambre. Elle ne conserva donc, pas un bon souvenir de ce tournage, mais un souvenir très fort en tous les cas.

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Ci-dessus : Errol Flynn

Plutôt détestés par les populations locales qui voyaient d'un mauvais oeil, ces blancs sur leur sol, le tournage fut donc incroyablement difficile. Mais malgré tout ça, et presque malgré lui, John Huston produit un chef-d'oeuvre. En effet, toutes les imperfections du film, tous les ratages, ne font qu'accentuer à l'écran un profond réalisme et l'amateurisme de cette équipe hétéroclite qui décide de partir en guerre contre la chasse à l'éléphant. Le scénario du film a qui plus est, 20 ou 30 ans d'avance sur la production cinématographique de l'époque. Ainsi, la lutte n'est plus contre les indiens, ou une bande cowboys, mais bien pour la protection des éléphants. Pourtant, les mêmes stratégies sont employées, et la caméra montre de grands mouvements, qui font parfois penser à "la charge fantastique" (1942). Le film touche donc le coeur du spectateur et la musique de Malcolm Arnold, Henri Patterson aide  aussi beaucoup a remué les consciences. L'idée de Zanuck de mettre le chasseur Huston aux commandes d'un film écologiste, se révèle proprement géniale, et fait beaucoup pour le film, qui porte en lui toutes les espérances, les misères, et l'amateurisme d'une humanité qui cherche encore sa route et à devenir simplement humaine. 55 ans après le tournage des "Racines du ciel" on tue toujours des éléphants en Afrique, la vision de ce film, reste donc d'une absolue nécessité.

 

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Ci-dessus : Treword Howard, Errol Flynn, Juliette Greco et ses compagnons

 

Extrait :

 

L'ouverture musicale de Malcom Arnold (non présente sur le Bluray) :

 

 Film disponible en version restaurée, en Bluray zone B VO et VF

Note : 9 / 10

13/01/2013

Le Faucon maltais / The Maltese Falcon - 1941

Aujourd'hui je me permets de présenter une fabuleuse note de mon ami Raphael, éditorialiste du blog "le film était presque parfait", portant sur "le faucon maltais" de John Huston. J'avoue qu'à la lecture de sa note je me suis dis : C'est exactement ce que j'aurais voulu écrire sur "le faucon maltais"! Et qu'est ce que c'est bien écrit ! Donc je vous invite à lire et à relire cette note si bien rédigée et documentée qui replace le film d'abord dans son contexte et enfin le décortique miticuleusement. C'est peut être ce qui a été écrit de meilleur en langue française sur "le faucon maltais".

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Ci-dessous : Mary Astor et Humphrey Bogart


Sources pour lire la note de Raphael :

http://lefilmetaitpresqueparfait.hautetfort.com/archive/2011/02/08/le-faucon-maltais-critique-film.html

08/12/2012

Moulin Rouge - 1952

Dans le cadre de sa récente sortie Bluray, je vous parlerai aujourd'hui du film "Moulin Rouge"."Moulin Rouge" est bien le chef d'oeuvre de John Huston. Je pense qu'il n'est pas besoin de présenter John Huston en tant que réalisateur, l'homme qui réalisa tant et tant de chefs-d'oeuvre. On peut en citer quelques uns : Le Faucon maltais (1941), Key Largo, le trésor de la Sierra Madre (1948),  l'Odyssée de l'African Queen (1951), le vent de la plaine (1960), les racines du ciel (1958) ... "Moulin Rouge" est donc réalisé par un homme habitué à la réussite cinématographique. Le film évoque à travers la vie du célèbre peintre Toulouse Lautrec, les spectacles et les nuits du cabaret "le Moulin Rouge".

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Et contrairement à d'autres films ennuyeux évoquant la fin du 19ème siècle et le début du 20ème, ici tout est excessif (dans le bon sens du terme) : excès de couleurs, excès de boisson, excès de femmes, excès de danses. Cela produit de fortes émotions sur le spectateur. Et finalement on a réellement l'impression de passer la soirée en compagnie de Toulouse Lautrec de par la magie du cinéma. La prestation de José Ferrer est admirable et c'est peut être là son plus grand film, il joue d'ailleurs 2 rôles en interprètant le rôle du père de Lautrec et également celui de son fils. Il est présent dans quasiment toutes les scènes. Le film est saisissant et Huston s'amuse à faire coller son film à la peinture de Lautrec et à ses dessins. Mais "Moulin Rouge" n'est pas seulement une fresque baroque sur le Paris d'avant 1900, c'est aussi une formidable peinture des moeurs des Français à cette époque. On y voit la grande noblesse ignorant les autres, se mariant entre eux, la misère générale, et les quelques privilégiés qui s'amusent au moulin rouge. C'est donc aussi une peinture sociale réaliste de la France de cette époque. Le film étant britannique avec un réalisateur américian c'est assez effarant de voir un tel réalisme et une telle compréhension de l'esprit français. On a d'ailleurs parfois l'impression de voir du Becker et on a peine à croire que le film a été réalisé par l'homme qui avait tourné le trésor de la Sierra Madre, tellement ce film est différent. Les mouvements de caméra sont d'ailleurs ahurissant. Ainsi la scène d'ouverture, avec la caméra qui se ballade autour de la piste de danse, devrait être étudiée dans toutes les écoles de cinéma, tellement elle apparaît comme majestueuse et parfaite. De plus, le film montre bien que le monde de la fête est aussi entouré de malheureux handicapés comme Lautrec qui trompent leur ennui dans l'alcool et les femmes.

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Ci-dessus José Ferrer dans "Moulin Rouge" :

Enfin on ne visite pas seulement le Moulin Rouge ou la peinture de Lautrec, mais aussi la vie tulmultueuse et difficile du peintre. Ainsi, le film aborde des thèmes sur le devenir de l'artiste. A t'on besoin d'être malheureux pour créer ? Que comprend la société de l'oeuvre de l'artiste ? L'Homme peut il vivre sans amour ? Tous ces thèmes et la réalisation d'Huston font de ce film une formidable création artistique digne du plus bel hommage à Toulouse Lautrec. On voit ce film, on reste les yeux grands ouverts, on rit, on pleure, et on pense à la vie, à la solitude, à l'amour, mais aussi au film de Minnelli "la vie passionnée de Vincent Van Gogh" avec Kirk Douglas. En deux mots : du très très grand cinéma, comme malheureusement on en fait plus aujourd'hui.

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Ci-dessus Suzanne Flon et José Ferrer :

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Ci-dessus Colette Marchand :

 

La bande-annonce :

 

Musique tirée du film :


Disponible en Bluray Zone B : Qualité d'image net et belles couleurs, malheureusement ternie par des points blancs et griffures tout le long du film.


Récompenses :

  • Oscar 1953 :Golden Globes 1953 : Révélation féminine (Colette Marchand)
    • Meilleure direction artistique et meilleurs décors (Marcel Vertès, Paul Sheriff)
    • Meilleurs costumes (Marcel Vertès)
  • British Society of Cinematographers 1953 : Meilleure photo (Oswald Morris)
  • Mostra de Venise 1953 : Lion d'argent pour John Huston

 

NOTE : 9 / 10

30/10/2012

Key Largo - 1948

"Key Largo" tourné par John Huston raconte l'histoire d'un soldat démobilisé, Frank (Humphrey Bogart) qui vient présenter ses condoléances à la famille d'un de ses camarades de guerre, tué au combat. Il rencontre donc sa soeur (Lauren Bacall) et son père (Lionel Barrymore). Ce dernier a un hotel qui se révèle être occupé par des gangsters menés par Edward G. Robinson. Le scénario posé le huis-clos va se révéler total et l'affrontement titanesque entre un Bogart rusé comme un renard et un Edward G. Robinson au mieux de sa forme.

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Comme dans "Johnny Roi des gangsters", l'organisation criminelle n'est pas là non plus florissante.  Robinson (Johnny Rocco) et sa bande doivent se faire passer pour des touristes, et fuient la police. Les références de Robinson aux temps passés sont constantes. Ainsi, il explique qu'il avait l'habitude de faire valser les politiciens selon ses désirs. Mais ces temps sont révolus. Il n'est qu'un paria en fuite. C'est d'ailleurs à Key Largo, qui est un peu le bout de l'Amérique et la route vers une futur sortie, qu'il se décide à aller. D'ailleurs tout le long du film l'idée de partir sur un yacht revient sans cesse. De son côté Bogart, représente le bien, l'honnête soldat qui a défendu le monde contre le nazisme pendant que les Rocco restaient au pays faire des affaires louches et profiter du système. La famille prise en otage, l'affrontement ne va pas être tant physique que psychologique. Et le soldat va trouver en face de Rocco un adversaire aussi coriace que les soldats qu'il a combattu.

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Ci-dessus Humphrey Bogart et Edward G. Robinson :

Alors bien entendu, certains pourront trouver ce film, trop simpliste ou trop binaire. Mais il y a réellement quelque chose de magique dans ce film. Il y a l'affrontement de 2 monstres sacrés Bogart et Robinson qui ont fait tant et tant de films de gangsters et qui reprennent une nouvelle fois le costume, avec en plus Laurent Bacall et Lionel Barrymore. Et si il fallait encore en ajouter il faut savoir que Claire Trevor qui joue la compagne de Robinson dans le film recevra un oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation.

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Ci-dessus Bacall et Bogart sur le tournage de Key Largo :

Enfin je ne peux finir cette note sans dire quelques mots sur la musique de Max Steiner qui est tout simplement magistrale. J'ai bien peur de me répéter. Mais se rendra t'on compte un jour de l'apport de Max Steiner au cinéma hollywoodien ? Il faut juste savoir que cet homme a composé la musique symphonique de quelques 300 films !! Les hommes passent mais la beauté laissée par eux restera pour l'éternité. Ainsi, "Key Largo" restera à jamais comme un de ces phares lumineux qui indiquent le chemin dans la plus dure des tempêtes et dans la plus noire des nuits. Je vous recommande donc très fortement de voir ce film. J'ai du le voir 5 fois ! La qualité d'image sur les différentes éditions est tout à fait correcte, même si on préférerait le voir en Bluray encore restauré évidemment.


Extrait de la musique de Key Largo :


 

Note : 9 / 10