Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/11/2013

Quatre de l'espionnage / Secret Agent - 1936

Après le formidable succès des "39 marches" (1935), où on voyait un Robert Donat forcé de parcourir la campagne avec une Madeleine Carroll accrochée à son bras par des menottes, Hitchcock s'attaque à un autre film, "Quatre de l'espionnage". Il reprend une bonne partie de l'équipe de son précédent film, en reprenant ainsi Madeleine Carroll, mais aussi le même responsable de la  photographie, et les mêmes responsables des décors. Mais si Hitchcock a toujours excellé à montrer la fuite d'un innocent, il est ici un peu gêné par un scénario qui a de nombreux points faibles. Pour commencer le héros John Gielgud (ici dans son deuxième film), fait très anglais, mais surtout paraît terriblement antipathique. On a donc du mal à s'attacher à lui. Madeleine Carroll joue à la coquette, Peter Lorre surjoue un général mexicain en quête de jolies filles, et l'espion allemand paraît fort sympathique, pendant les deux tiers du film. Tout cela n'est donc pas très crédible.

551.jpg

Enfin et peut être plus grave, le scénario fait mourir un innocent, ajoutant un énorme dégoût dans le coeur du spectateur à peu près à la moitié du film. Le film prend un peu de force sur la fin avec les passages dans le train, et dont les scènes rappellent de nombreuses autres scènes, d'autres films d'Hitchcock où les trains sont également présents. Hitchcock qu avait peut être conscience de l'acidité de son oeuvre, avait ajouter des scènes où on voyait Madeleine Carroll presque nue dans sa salle de bain. Malheureusement la censure anglaise de l'époque, décidait de les couper. On ne les voit donc pas. "Quatre de l'espionnage" reste donc à mon sens, comme une oeuvre honorable d'Hitchcock de sa période anglaise, mais néanmoins mineure.

secret agent- cast.jpg

Ci-dessus : Peter Lorre, Madeleine Carroll et John Gielgud

cinéma, cinema, dvd, bluray, acteur, actrice, films anglais, madeleine carroll

Ci-dessus : Madeleine Carroll et John Gielgud

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,films anglais,madeleine carroll,alfred hitchcock

Note : 6 / 10

30/11/2012

Jules César / Julius Caesar - 1953

Chers lecteurs, j'ai décidé d'ouvrir une série d'articles sur les péplums. Hollywood Classic se met donc à l'heure antique et est fier de vous présenter pour commencer cette série: "Jules César".

Alors que le film muet devait disparaître pour laisser place au parlant, les critiques et cinéphiles de l'époque percevaient le cinéma comme une menace mortelle pour le théâtre. En effet, si le cinéma devenait parlant, certains pensaient que l'on pourrait traduire en images des pièces de théâtre. Aujourd'hui, on le sait : le cinéma est et demeurera parlant et le théâtre a survécu. J'ai introduit cette courte présentation parce que je vais vous parler de "Jules César", et que ce film reprend le formidable texte de la célèbre pièce de Shakespeare qu'il magnifie dans une belle mise en scène signée Joseph L. Mankiewicz. "Jules César" a été tourné en 1953, époque où Hollywood tournait encore à plein régime des chefs d'oeuvres chaque semaine.

affiche-Jules-Cesar-Julius-Caesar-1953-1.jpg

Je ne ferais pas ici une étude de la pièce de Shakespeare que des spécialistes de littérature anglaise ont déjà fait des siècles avant moi. Mais cinématographiquement on pouvait se poser la question de ce qu'allait bien pouvoir donner à l'écran, un film sur un conquérant à l'ego et à l'ambition démeusuré, soutenu par le texte du plus grand auteur de pièce de théâtre de langue anglaise. On sent que Mankiewicz n'a pas voulu en rajouter au niveau de la mise en scène, et s'appuie très fortement sur le texte de Shakespeare. Ainsi, le triomphe de César est raconté comme dans la pièce originale et pas montrée. C'est d'ailleurs un peu le défaut du film. En effet, le cinéma si il fait rêver, imaginer, doit aussi montrer et à vouloir s'accrocher jusqu'au dernier degré, au texte de Shakespeare, Mankiewicz ralentit le film et limite son expression. Il n'en reste pas moins que les vers sont admirables, la réalisation soignée et sobre. Et finalement, on a un peu ce même sentiment que quand on regarde "Cyrano de Bergerac" en film. On se sent grandit. Mais pour ne pas avoir l'impression que les acteurs surjouent, Mankiewicz a eu la chance de pouvoir s'entourer de très grands interprètes en la personne de Marlon Brando, James Mason, et Louis Calhern, ce dernier trouvant là (à n'en pas douter) son plus grand rôle. Dans les seconds rôles sont présents aussi Greer Garson et Deborah Kerr. Bref du beau monde, pour un grand film qui va bien au delà du théâtre filmé que l'on pouvait légitimment craindre au départ de la création d'une telle oeuvre. Donc, pour la beauté du texte, la musique de Miklós Rózsa et la page d'histoire antique qui comprenait déjà tout ce qui fait la vie des hommes (le pouvoir, l'ambition, la traîtrise et la mort), ce "Jules César" a bien traversé les temps et les générations. A noter pour finir que Mankiewicz retrouvera l'antiquité 10 ans plus tard en tournant Cléôpatre, dans un film au tournage et à la réalisation cette fois-ci pharaonique où il abandonnera une grande partie de la sobre modestie littéraire et un peu théâtral de ce "Jules César". Charlton Heston et Robert Vaughn feront leur apparition dans une nouvelle version de Stuart Burge en 1970.

2634_65218439461_5710798_n.jpg

Ci-dessus Marlon Brando (Antoine) :

2634_65218689461_2528518_n.jpg

Ci-dessus Louis Calhern et James Mason :


Extrait de la grandiose musique de Miklós Rózsa :

 

 

NOTE : 8 / 10