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03/10/2015

L'homme tranquille / The quiet man - 1952

A Hollywood, comme souvent dans le monde des affaires, c'est ce que vous venez juste de faire, qui compte. Il en va ainsi pour "l'homme tranquille" de John Ford, qui peina à trouver un studio pour le financer. En 1936, John Ford avait pourtant acquis les droits de la nouvelle de Maurice Walsh. Et chaque année, il pensait bien pouvoir trouver un studio pour enfin tourner ce film. Ford d'origine irlandaise, voulait absolument faire ce film intimiste, et disait : "C’est ma première tentative d’histoire d’amour. Je voulais tourner une histoire d’amour entre adultes." Malheureusement, après avoir fait le tour des studios,  la Metro-Goldwyn-Mayer, la 20th Century Fox ou la RKO, il se vit refuser cette histoire que les producteurs qualifiaient "d’idiotie irlandaise romantique et sans intérêt commercial". La RKO se laisse malgré tout tenter, mais à condition que Ford réalise deux films pour leur studio. Ainsi, en 1947, réalise pour la RKO, "Dieu est mort" (1947), qui est un terrible échec commercial pour le studio. La RKO ne souhaite donc pas que Ford tourne un deuxième film, et ne veut plus entendre parler de "l'homme tranquille". Finalement,  Maureen O'Hara se désespère, et racontera plus tard : "« Chaque année, nous nous réservions l’été libre et chaque année il n’y avait toujours pas l’argent et nous ne pouvions pas faire le film. Le scénario avait été proposé à la Fox, à la RKO et à la Warner Bros, et tous les studios trouvaient qu’il ne s’agissait que d’une idiote et stupide petite histoire irlandaise. « Cela ne fera pas un sou, cela ne peut être réussi », disaient-ils. Et les années passaient… John Wayne et moi sommes allés au studio et avons dit : "M. Ford, si vous ne vous dépêchez pas, c’est moi qui jouerai le rôle de la veuve et Duke celui du personnage de Victor McLaglen parce qu’il sera trop vieux ! " Finalement, c'est John Wayne qui devait débloquer la situation, avec le studio sous lequel il était sous contrat : Republic Pictures. Le studio s'entend avec Ford, pour que ce dernier réalise un western, et après Republic Pictures, financera, "l'homme tranquille". Et il en fut ainsi. Ford tourna en 32 jours, "Rio Grande", très beau western avec Maureen O'Hara & John Wayne, et qui devait être un succès commercial immédiat, et permettre de donner à "l'homme tranquille", une existence.

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"L'homme tranquille", c'est le retour de Ford à la couleur. Et il se plaît à filmer cette Irlande, verte et humide. La photographie de Winton C. Hoch est souvent superbe. Et on ne peut regarder ce film sans se dire que Ford se voit en John Wayne et qu'il est réellement, très amoureux de la jeune Maureen O'Hara. Le film est une chronique simple de la vie irlandaise, et d'une Irlande de carte postale. Mais il n'en reste pas moins un hommage à la simplicité d'un temps, qui ne connaissait, ni internet, ni les réseaux sociaux, ni le train à grande vitesse, mais qui pourtant vivait sa vie simple entre whisky, bière, amour et bagarres. Aujourd'hui découvrir, "l'homme tranquille" est un parcours du combattant. L'édition zone 2 DVD, est en dessous de tous les standards de notre époque en terme de qualité d'image. Et une projection du film en grand écran, se résume souvent à deviner ce que pouvait bien être le film au moment de sa sortie. Et malheureusement, aucun éditeur ne semble vouloir sortir le film en rachetant les droits de ce chef-d'oeuvre de Ford. En France, Ford finit trop souvent dans les derniers bacs de soldes, si ce n'est comme avec la présente édition DVD zone 2 vieille de 15 ans, à la poubelle. Et c'est bien dommage pour un film, aux récompenses multiples : Oscar du meilleur réalisateur et Oscar de la meilleure photographie, grand prix du film international de Venise. Une édition Bluray française, n'est pas seulement nécessaire, elle est indispensable, au regard de la qualité de l'oeuvre et de sa place dans l'histoire du cinéma. Ne doit on donner au public français avide de haute définition que des films d'horreur de 3ème zone ? Pour ma part, fâché, contre la politique commerciale de nos chers éditeurs, j'ai décidé de restreindre au maximum, mes achats de films pour le mois d'octobre. 

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Ci-dessus : John Wayne & Maureen O'Hara

 

Extrait de la musique de "The quiet man" :

Film disponible en DVD à un prix prohibitif sur Amazon France, avec une qualité d'image très mauvaise.

Note du film : 8,5 / 10

Note de l'édition du DVD français : 2 / 10

04/09/2015

Mogambo - 1953

Je crois que ce serait un peu limité l'ampleur de "Mogambo" de dire qu'il ne serait qu'un remake de "la belle de Saïgon" (1932) réalisé par Victor Fleming avec déjà Clark Gable et Jean Harlow. En effet, Mogambo élargit le champ des possibles et contrairement à "la belle de Saïgon" ne met pas en scène une "fille" avec un aventurier, mais deux couples, le couple illégitime qui est sur le point de se séparer composé d'Ava Gardner et de Clark Gable, et l'autre couple légitime composé de Grace Kelly et de l'effacé Donald Sinden. Si on veut chercher plus loin, ce n'est pas tant vers "la belle de Saïgon" qu'il faudrait se tourner, mais plutôt vers Goethe et son roman, "les affinités électives", qui met en scène deux couples dont les relations amoureuses vont se croiser et dont les relations adultérines auront un prix à payer. Là, la tragédie n'est pas présente, le film rode plutôt du côté du film safari et du mélodrame. Néanmoins, le jeu trouble des personnages aura pour conséquence la dureté de la vérité. Voilà, un scénario pour le moins alléchant ! Mais "Mogambo" n'est pas seulement porté par un bon scénario, mais aussi par un casting du tonnerre, avec une Ava Gardner plus torride que jamais, une Grace Kelly à la beauté glacée et un Gable en fauve avide alternativement de ces deux lionnes de l'écran. On sait qu'après une rencontre orageuse, la relation entre Ford et Gardner fut au beau fixe sur le tournage, permettant à cette dernière de littéralement faire exploser tout son talent. La photographie du trio Robert Surtees, Freddie Young et Stephen Dade est au niveau de l'ensemble. Et si on peut reprocher certaines images, empreintes d'un colonialisme dépassé aujourd'hui, il n'en reste pas moins que le film est un exemple de la capacité de Ford à faire autre chose que des westerns, et de l'influence de la culture allemande sur son oeuvre, que cela soit par le cinéma de Friedrich Wilhelm Murnau, ou ici de Goethe. Il est à considérer comme étrange de retrouver Goethe en Afrique, mais c'est trop étrange pour être un hasard. D'ailleurs "Mogambo" dont la signification serait "passion", inspire encore aujourd'hui les réalisateurs. Ainsi Taylor Swift dans un style très proche de celui d'Ava Gardner, célèbre les passions en Afrique. Son clip "Wildest Dreams", semble presque un hommage entier à l'actrice et au film. "Mogambo" est donc quant à lui, du très grand cinéma à n'en pas douter. A quand une redécouverte de l'oeuvre prodigieuse de Ford en Bluray ?

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Ci-dessus : Ava Gardner, Grace Kelly, & Clark Gable

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Ci-dessus : Ava Gardner

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Ci-dessus : Clark Gable

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Ci-dessus : Clark Gable & Grace Kelly

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Ci-dessus : Ava Gardner

La bande-annonce :

 

Le clip de Taylor Swift :

Film disponible en DVD zone 2, en VF ou version originale sous-titrée français chez Warner Bros

 

Note : 8 / 10

12/03/2015

La route du tabac / Tobacco Road - 1941

J'ai été particulièrement surpris lors de la vision de "la route du tabac". En effet, ce film en noir & blanc de John Ford est très particulier. Je pourrais faire comme toutes les critiques et le rapprocher des "raisins de la colère" du même Ford, tourné l'année précédente. Et c'est vrai qu'il s'en rapproche par ses aspects dramatiques, et sa description d'une misère campagnarde profonde. Mais dans "les raisins de la colère" (1940), la critique était avant tout social, et acerbe contre le système capitaliste. Dans "la route du tabac", il n'y a pas réellement de critique du système en place en Amérique. On est plus dans une critique de toutes les misères : misère du grand âge, mais aussi misère financière, sociale, et intellectuelle. Par ailleurs, Ford mélange avec génie, le drame, la comédie, et le rire, pour donner à son film, un ton vraiment particulier. Et c'est un ton , rarement vu dans le cinéma hollywoodien de cette époque. Le rôle principal est tenu par Charley Grapewin (le grand père épuisé), et on aperçoit de temps en temps Gene Tierney qui joue avec délice la sauvageonne, mais aussi Dana Andrews, et War Bond. Marjorie Rambeau semble quant à elle, s'être beaucoup amusé à jouer le rôle d'une vieille fille intégriste, mais décidée à se marier avec un garçon attardé de 20 ans son cadet !

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L'idée de la pièce est de nous montrer ce que sont devenus les descendants des grandes plantations qui longeaient la fameuse route du tabac. Le film est une adaptation fidèle de Nunnally Johnson d'une pièce jouée plus de 4000 fois à Broadway, elle-même tirée d'un roman d'Erskine Caldwell. Le génie de Ford est de mettre une courte introduction, dans le style "d'autant en emporte le vent" (1939), avec une caméra plantée, sur cette route du Tabac, filmant une grande demeure en ruine, et les feuilles mortes sur la route, balayées par le vent de l'histoire. On a l'impression que Ford a voulu faire un anti "autant en emporte le vent" ou s'être amusé comme un enfant à l'idée de raconter une suite totalement "underground" et décalée, avec des descendants devenus des personnages douteux. Aujourd'hui on rit beaucoup, on est ému, devant cette histoire de miséreux. Et on se surprend à être touché par le charme d'une Gene Tierney sale, couchée dans la paille et dans la boue, mendiant War Bond pour un sac de légumes, mais toujours magnifiquement belle.  "La route du tabac" est donc un film admirable de Ford, qui doit être redécouvert en urgence pour ceux qui ne l'ont pas vu. Son final est en plus extrêmement touchant, comme rarement vu au cinéma. Un chef-d'oeuvre sur la vie des miséreux du Sud profond. Certains pourront peut être, simplement lui reprocher cet humour systématique, et potache, dont Ford aime jouer en maître, et qui pourra parfois lasser les plus intellectuels d'entre nous.

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Ci-dessus : Gene Tierney

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Ci-dessus : War Bond, Charley Grapewin et Gene Tierney

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Ci-dessus : Charley Grapewin et Gene Tierney

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Ci-dessus : War Bond & Charley Grapewin

Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée sur Amazon ou FNAC.

Note : 9 / 10

29/01/2015

Sur la piste des Mohawks / Drums Along the Mohawk - 1939

Comme vous le savez peut être, l'année 1939 est l'année du renouveau du western dans le cinéma américain. Ainsi, le western avait eu ses heures de gloire, pendant la période du muet, mais malgré quelques exceptions, il était tombé dans la série B voir pire. On avait donc tourné beaucoup de westerns, avant 1939, mais souvent de très petits westerns. Donc 1939, c'est le retour du grand western avec successivement, "le brigand bien-aimé" avec Tyrone Power et Henry Fonda, mais c'est aussi l'année de "la chevauchée fantastique" d'un certain John Ford avec à l'affiche John Wayne. John Ford et Henry Fonda ont déjà tourné ensemble, cette même année 1939 "Vers sa destinée" (formidable film sur la vie du jeune Abraham Lincoln). "Sur la piste des Mohawks" doit donc être ajouté à la liste des grands westerns fordiens par son thème, qui nous montre un jeune couple de pionniers partant pour l'Ouest au moment de la guerre d'indépendance américaine. Ford se plait à filmer dans un style qu'il continuera d'utiliser bien plus tard, comme dans "la prisonnière du désert" (1954). On retrouve ce style si caractéristique, avec des ciels immenses, des personnages souvent minuscules et une nature toujours plus grande que l'Homme. Comme beaucoup d'historiens du cinéma, on peut supposer que le style de Friedrich Wilhelm Murnau (expressionniste allemand) a énormément influencé Ford dans son travail. "Sur la piste des Mohawks a pourtant été difficile pour Ford, car tout d'abord c'était son premier film en couleur, et qu'il a plut sans discontinuer les deux premières semaines. Ford retourne le problème de cette pluie pour nous donner une scène saisissante dans la cabane.

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Inspiré d'un roman de Walter D Edmonds, le scénario de Lamar Trotti, Sonya Levien et William Faulkner, commence là où beaucoup de westerns finissent par le mariage des deux personnages principaux : Henry Fonda et Claudette Colbert. On doute au début de la présence de Claudette Colbert dans un western. En effet, on était plutôt habitué, à la voir dans des comédies légères en particulier avec Clark Gable, comme "New-York Miami". Mais l'idée de Ford et du producteur Darryl Zanuck est génial, car il nous montre finalement la destruction du personnage habituel de Claudette Colbert dans cette nature sauvage. Alors c'est vrai que parfois dans certaines scènes, on doute un peu. Mais au final, l'idée marche plutôt bien. Les autres personnages secondaires sont comme à l'habitude avec Ford, très bien détaillés, en particulier celui de la veuve âgée et esseulée dans sa grande ferme (Edna May Oliver). Ford se sert du film pour nous faire passer sa vision de l'Amérique. Et il faut bien dire que le film est encore d'actualité. Car l'histoire d'un jeune couple qui s'installe et qui se retrouve au centre d'une guerre civile, plus ou moins ethnique, ne paraît pas si éloigné que ça de notre temps. "Sur la piste des Mohawks" est donc une très très bonne pioche de Sidonis, qui nous régale en plus d'un master de toute beauté, et d'un piqué quasiment chirurgical.

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Ci-dessus : Henry Fonda & Claudette Colbert

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Ci-dessus : Edna May Oliver & Claudette Colbert

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Ci-dessus : John Carradine

Disponible en DVD & Bluray en Zone 2/B, chez Sidonis Version Français et VO sous-titrée

Note : 8,5 / 10

30/12/2014

Les sacrifiés / They were expendable - 1945

"Les sacrifiés" est le type même des films inclassables de John Ford. On sait que Ford n'aimait pas particulièrement ce film. Ainsi, il devait dire dans une interview à Lindsay Anderson (réalisateur également), "qu'il n'en avait jamais eu rien à foutre de ce film et qu'il n'avait jamais vu un mètre de ce foutu film". Pour comprendre cette mauvaise opinion de Ford sur son propre travail, il faut savoir que Ford était alors sur le front Pacifique et avait perdu 13 hommes de son unité quand la MGM, lui donna à faire ce film de commande. De plus, Ford devait se blesser à la jambe sur le tournage et en abandonner la fin au profit de l'acteur Robert Montgomery à l'affiche avec John Wayne. Enfin, Ford ne devait pas non plus maîtriser le montage, qui semblait ne pas lui convenir. Ainsi, le film faisait 2H10, et Ford, aurait voulu le raccourcir à 1H40, et garder des scènes que la MGM avait enlevées. On se retrouve donc avec un film assez impersonnel, tourné comme un documentaire, avec très peu de musique (Ford n'en voulait pas). Pourtant devant la consternation, de son interlocuteur, Ford se décidait à revoir son film et écrivait quelques temps plus tard, à Lindsay Anderson : "Pour les Sacrifiés, vous aviez raison". Mais nous public de 2014, que pouvons nous retenir "des Sacrifiés" ?

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Comme je l'ai dit au début de cet article, "les sacrifiés" me semble le film, le plus impersonnel de Ford. Ford y met peu de ses situations cocasses, drôles et humaines qui ont fait la réputation de ses films. Alors, il y a bien la romance impossible entre Wayne et Donna Reed, ou le vieux charpentier qui refuse de partir, attendant avec son seul fusil l'arrivée des Japonais, dans une lutte qu'il ne peut se résoudre à refuser. Et si on rajoute la visite au blessé, c'est à peu près tout. Il n'y a pas une vraie analyse de la vie de la garnison, comme dans "la charge héroïque". Le film ressemble donc à un documentaire, et c'est ce qui en fait toute sa force et aussi sa faiblesse. Rien est glamour dans "les sacrifiés". Comme je l'ai dit la musique est presque absente. Alors ? Alors, le génie de Ford est de n'avoir jamais montré un seul soldat japonais. On voit bien des croiseurs, des tirs, des avions etc, mais le soldat ou l'armée japonaise dans son ensemble, est comme une force invisible qui broie tout, et ceux malgré les victoires successives du groupe de Wayne, qui remporte des succès mais toujours en reculant. Ford nous donne donc un film non exempt de longueurs, et parfois éloigné de son style original mais épuré du traditionnel glamour hollywoodien. On reste donc malgré tout, assez hypnotisé par cette errance militaire, au jour le jour, aux confins du Pacifique.

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Ci-dessus : Robert Montgomery

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Ci-dessus : John Wayne

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Ci-dessus : Donna Reed

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Ci-dessus : John Wayne, Donna Reed, & Robert Montgomery

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Ci-dessus : War Bond, Robert Montgomery & John Wayne

Disponible en DVD zone 2 sous-titrage en français chez Warner

 Note : 7 / 10

23/12/2014

A la recherche de John Ford !

La cinémathèque de Paris, rend hommage en ce moment à John Ford en diffusant quelques 90 films des quelques 135 films tournés par Ford. Je souhaiterai moi aussi rendre un vibrant hommage à ce réalisateur, qui a tant fait pour faire aimer le cinéma à des générations de spectateurs. John Ford, c'est le réalisateur de très nombreux chefs-d'oeuvre. On peut considérer qu'il a apporté une contribution majeure au western, par ses nombreux westerns sur la cavalerie américaine. On peut citer dans ce genre, "le massacre de fort Apache" (1948), "la charge héroïque" (1949), "Rio Grande" (1950) ou encore "les cavaliers". Mais John Ford c'est aussi le réalisateur de "la prisonnière du désert". Et c'est l'homme de quelques acteurs, on peut citer à l'époque du muet, Harry Carey, et ensuite évidemment John Wayne, ce dernier lui étant tributaire d'une grande partie de sa renommée. John Ford avait une personnalité ambivalente, marquée par les valeurs traditionnelles de l'Irlande dont sa famille était originaire, auquel il sacrifiera plusieurs films, comme "le mouchard" (1935), ou "révolte à Dublin" (1936). On peut aussi se demander si "quelle était verte ma vallée" (1946), ne contient pas aussi des réminiscences de l'Irlande de ses parents.

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Le cinéma de Ford est marqué par un respect des valeurs traditionnelles. Il avait compris bien avant d'autres que le public de son temps, n'était pas de gauche ou de droite, mais traditionnel. Ainsi, il devait glorifier par son cinéma, l'armée américaine, les pionniers de l'Ouest, la famille, la mère courage, le père digne, tout en y ajoutant l'humanité très forte dans chacun de ses personnages. Les meilleurs films de ce Ford sont ceux où l'humanité des personnages, fait concurrence à la tradition, ou aux institutions, même si cette dernière sort finalement toujours vainqueur. Ce respect des traditions ne devait pas l'empêcher de s'opposer violemment à la volonté folle d'un Cecil B. DeMille qui souhaitait purger Hollywood, de l'influence communiste supposée qu'il y régnait. Ainsi, lors d'une assemblée générale très tendue de la Screen Directors Guild, John Ford pris la parole, afin de protéger Mankiewicz qui était président de la Guild. Il s'adresse à DeMille avec les mots suivants : "Mon nom est John Ford et je fais des westerns. Je t’admire Cecil, mais je ne t’aime pas." De ses valeurs traditionnelles, il ne se départit jamais, même lorsque les temps changèrent, et que le public se tourna vers la contre-culture à la fin des années 60.  John Ford, devait s'éteindre en 1973, année de ma naissance. Mais aujourd'hui, alors que les valeurs simples, portées par Ford reviennent à la mode, il n'est pas étonnant que le public redécouvre son oeuvre et que son cinéma vive encore. Même dans les années 60, lorsqu'on demanda à Orson Welles, quels réalisateurs, il préférait, il répondit : "Je préfère les vieux maîtres, John Ford, John Ford, John Ford". Adversaire de Cecil B DeMille, proche du parti communiste dans les années 30, artisan d'un cinéma souvent vu comme réactionnaire, peu bavard dans ses interviews, Ford reste énigmatique pour les critiques. En cela, il porte la marque des grands génies de l'Humanité, comme Mozart ou Beethoven. On a pas fini de prendre du plaisir à regarder les films de Ford et à l'étudier, tout en sachant qu'on ne saura finalement jamais rien, du plus grand réalisateur américain du 20ème siècle.

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Rétrospective Ford à la Cinémathèque :

http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retros...

 

Hommage vidéo à John Ford :