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03/10/2015

L'homme tranquille / The quiet man - 1952

A Hollywood, comme souvent dans le monde des affaires, c'est ce que vous venez juste de faire, qui compte. Il en va ainsi pour "l'homme tranquille" de John Ford, qui peina à trouver un studio pour le financer. En 1936, John Ford avait pourtant acquis les droits de la nouvelle de Maurice Walsh. Et chaque année, il pensait bien pouvoir trouver un studio pour enfin tourner ce film. Ford d'origine irlandaise, voulait absolument faire ce film intimiste, et disait : "C’est ma première tentative d’histoire d’amour. Je voulais tourner une histoire d’amour entre adultes." Malheureusement, après avoir fait le tour des studios,  la Metro-Goldwyn-Mayer, la 20th Century Fox ou la RKO, il se vit refuser cette histoire que les producteurs qualifiaient "d’idiotie irlandaise romantique et sans intérêt commercial". La RKO se laisse malgré tout tenter, mais à condition que Ford réalise deux films pour leur studio. Ainsi, en 1947, réalise pour la RKO, "Dieu est mort" (1947), qui est un terrible échec commercial pour le studio. La RKO ne souhaite donc pas que Ford tourne un deuxième film, et ne veut plus entendre parler de "l'homme tranquille". Finalement,  Maureen O'Hara se désespère, et racontera plus tard : "« Chaque année, nous nous réservions l’été libre et chaque année il n’y avait toujours pas l’argent et nous ne pouvions pas faire le film. Le scénario avait été proposé à la Fox, à la RKO et à la Warner Bros, et tous les studios trouvaient qu’il ne s’agissait que d’une idiote et stupide petite histoire irlandaise. « Cela ne fera pas un sou, cela ne peut être réussi », disaient-ils. Et les années passaient… John Wayne et moi sommes allés au studio et avons dit : "M. Ford, si vous ne vous dépêchez pas, c’est moi qui jouerai le rôle de la veuve et Duke celui du personnage de Victor McLaglen parce qu’il sera trop vieux ! " Finalement, c'est John Wayne qui devait débloquer la situation, avec le studio sous lequel il était sous contrat : Republic Pictures. Le studio s'entend avec Ford, pour que ce dernier réalise un western, et après Republic Pictures, financera, "l'homme tranquille". Et il en fut ainsi. Ford tourna en 32 jours, "Rio Grande", très beau western avec Maureen O'Hara & John Wayne, et qui devait être un succès commercial immédiat, et permettre de donner à "l'homme tranquille", une existence.

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"L'homme tranquille", c'est le retour de Ford à la couleur. Et il se plaît à filmer cette Irlande, verte et humide. La photographie de Winton C. Hoch est souvent superbe. Et on ne peut regarder ce film sans se dire que Ford se voit en John Wayne et qu'il est réellement, très amoureux de la jeune Maureen O'Hara. Le film est une chronique simple de la vie irlandaise, et d'une Irlande de carte postale. Mais il n'en reste pas moins un hommage à la simplicité d'un temps, qui ne connaissait, ni internet, ni les réseaux sociaux, ni le train à grande vitesse, mais qui pourtant vivait sa vie simple entre whisky, bière, amour et bagarres. Aujourd'hui découvrir, "l'homme tranquille" est un parcours du combattant. L'édition zone 2 DVD, est en dessous de tous les standards de notre époque en terme de qualité d'image. Et une projection du film en grand écran, se résume souvent à deviner ce que pouvait bien être le film au moment de sa sortie. Et malheureusement, aucun éditeur ne semble vouloir sortir le film en rachetant les droits de ce chef-d'oeuvre de Ford. En France, Ford finit trop souvent dans les derniers bacs de soldes, si ce n'est comme avec la présente édition DVD zone 2 vieille de 15 ans, à la poubelle. Et c'est bien dommage pour un film, aux récompenses multiples : Oscar du meilleur réalisateur et Oscar de la meilleure photographie, grand prix du film international de Venise. Une édition Bluray française, n'est pas seulement nécessaire, elle est indispensable, au regard de la qualité de l'oeuvre et de sa place dans l'histoire du cinéma. Ne doit on donner au public français avide de haute définition que des films d'horreur de 3ème zone ? Pour ma part, fâché, contre la politique commerciale de nos chers éditeurs, j'ai décidé de restreindre au maximum, mes achats de films pour le mois d'octobre. 

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Ci-dessus : John Wayne & Maureen O'Hara

 

Extrait de la musique de "The quiet man" :

Film disponible en DVD à un prix prohibitif sur Amazon France, avec une qualité d'image très mauvaise.

 

Note du film : 8,5 / 10

Note de l'édition du DVD français : 2 / 10

04/09/2015

Mogambo - 1953

Je crois que ce serait un peu limité l'ampleur de "Mogambo" de dire qu'il ne serait qu'un remake de "la belle de Saïgon" (1932) réalisé par Victor Fleming avec déjà Clark Gable et Jean Harlow. En effet, Mogambo élargit le champ des possibles et contrairement à "la belle de Saïgon" ne met pas en scène une "fille" avec un aventurier, mais deux couples, le couple illégitime qui est sur le point de se séparer composé d'Ava Gardner et de Clark Gable, et l'autre couple légitime composé de Grace Kelly et de l'effacé Donald Sinden. Si on veut chercher plus loin, ce n'est pas tant vers "la belle de Saïgon" qu'il faudrait se tourner, mais plutôt vers Goethe et son roman, "les affinités électives", qui met en scène deux couples dont les relations amoureuses vont se croiser et dont les relations adultérines auront un prix à payer. Là, la tragédie n'est pas présente, le film rode plutôt du côté du film safari et du mélodrame. Néanmoins, le jeu trouble des personnages aura pour conséquence la dureté de la vérité. Voilà, un scénario pour le moins alléchant ! Mais "Mogambo" n'est pas seulement porté par un bon scénario, mais aussi par un casting du tonnerre, avec une Ava Gardner plus torride que jamais, une Grace Kelly à la beauté glacée et un Gable en fauve avide alternativement de ces deux lionnes de l'écran. On sait qu'après une rencontre orageuse, la relation entre Ford et Gardner fut au beau fixe sur le tournage, permettant à cette dernière de littéralement faire exploser tout son talent. La photographie du trio Robert Surtees, Freddie Young et Stephen Dade est au niveau de l'ensemble. Et si on peut reprocher certaines images, empreintes d'un colonialisme dépassé aujourd'hui, il n'en reste pas moins que le film est un exemple de la capacité de Ford à faire autre chose que des westerns, et de l'influence de la culture allemande sur son oeuvre, que cela soit par le cinéma de Friedrich Wilhelm Murnau, ou ici de Goethe. Il est à considérer comme étrange de retrouver Goethe en Afrique, mais c'est trop étrange pour être un hasard. D'ailleurs "Mogambo" dont la signification serait "passion", inspire encore aujourd'hui les réalisateurs. Ainsi Taylor Swift dans un style très proche de celui d'Ava Gardner, célèbre les passions en Afrique. Son clip "Wildest Dreams", semble presque un hommage entier à l'actrice et au film. "Mogambo" est donc quant à lui, du très grand cinéma à n'en pas douter. A quand une redécouverte de l'oeuvre prodigieuse de Ford en Bluray ?

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Ci-dessus : Ava Gardner, Grace Kelly, & Clark Gable

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Ci-dessus : Ava Gardner

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Ci-dessus : Clark Gable

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Ci-dessus : Clark Gable & Grace Kelly

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Ci-dessus : Ava Gardner

La bande-annonce :

 

Le clip de Taylor Swift :

Film disponible en DVD zone 2, en VF ou version originale sous-titrée français chez Warner Bros

 

 

Note : 8 / 10

12/03/2015

La route du tabac / Tobacco Road - 1941

J'ai été particulièrement surpris lors de la vision de "la route du tabac". En effet, ce film en noir & blanc de John Ford est très particulier. Je pourrais faire comme toutes les critiques et le rapprocher des "raisins de la colère" du même Ford, tourné l'année précédente. Et c'est vrai qu'il s'en rapproche par ses aspects dramatiques, et sa description d'une misère campagnarde profonde. Mais dans "les raisins de la colère" (1940), la critique était avant tout social, et acerbe contre le système capitaliste. Dans "la route du tabac", il n'y a pas réellement de critique du système en place en Amérique. On est plus dans une critique de toutes les misères : misère du grand âge, mais aussi misère financière, sociale, et intellectuelle. Par ailleurs, Ford mélange avec génie, le drame, la comédie, et le rire, pour donner à son film, un ton vraiment particulier. Et c'est un ton , rarement vu dans le cinéma hollywoodien de cette époque. Le rôle principal est tenu par Charley Grapewin (le grand père épuisé), et on aperçoit de temps en temps Gene Tierney qui joue avec délice la sauvageonne, mais aussi Dana Andrews, et War Bond. Marjorie Rambeau semble quant à elle, s'être beaucoup amusé à jouer le rôle d'une vieille fille intégriste, mais décidée à se marier avec un garçon attardé de 20 ans son cadet !

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L'idée de la pièce est de nous montrer ce que sont devenus les descendants des grandes plantations qui longeaient la fameuse route du tabac. Le film est une adaptation fidèle de Nunnally Johnson d'une pièce jouée plus de 4000 fois à Broadway, elle-même tirée d'un roman d'Erskine Caldwell. Le génie de Ford est de mettre une courte introduction, dans le style "d'autant en emporte le vent" (1939), avec une caméra plantée, sur cette route du Tabac, filmant une grande demeure en ruine, et les feuilles mortes sur la route, balayées par le vent de l'histoire. On a l'impression que Ford a voulu faire un anti "autant en emporte le vent" ou s'être amusé comme un enfant à l'idée de raconter une suite totalement "underground" et décalée, avec des descendants devenus des personnages douteux. Aujourd'hui on rit beaucoup, on est ému, devant cette histoire de miséreux. Et on se surprend à être touché par le charme d'une Gene Tierney sale, couchée dans la paille et dans la boue, mendiant War Bond pour un sac de légumes, mais toujours magnifiquement belle.  "La route du tabac" est donc un film admirable de Ford, qui doit être redécouvert en urgence pour ceux qui ne l'ont pas vu. Son final est en plus extrêmement touchant, comme rarement vu au cinéma. Un chef-d'oeuvre sur la vie des miséreux du Sud profond. Certains pourront peut être, simplement lui reprocher cet humour systématique, et potache, dont Ford aime jouer en maître, et qui pourra parfois lasser les plus intellectuels d'entre nous.

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Ci-dessus : Gene Tierney

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Ci-dessus : War Bond, Charley Grapewin et Gene Tierney

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Ci-dessus : Charley Grapewin et Gene Tierney

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Ci-dessus : War Bond & Charley Grapewin

Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée sur Amazon ou FNAC.

Note : 9 / 10

29/01/2015

Sur la piste des Mohawks / Drums Along the Mohawk - 1939

Comme vous le savez peut être, l'année 1939 est l'année du renouveau du western dans le cinéma américain. Ainsi, le western avait eu ses heures de gloire, pendant la période du muet, mais malgré quelques exceptions, il était tombé dans la série B voir pire. On avait donc tourné beaucoup de westerns, avant 1939, mais souvent de très petits westerns. Donc 1939, c'est le retour du grand western avec successivement, "le brigand bien-aimé" avec Tyrone Power et Henry Fonda, mais c'est aussi l'année de "la chevauchée fantastique" d'un certain John Ford avec à l'affiche John Wayne. John Ford et Henry Fonda ont déjà tourné ensemble, cette même année 1939 "Vers sa destinée" (formidable film sur la vie du jeune Abraham Lincoln). "Sur la piste des Mohawks" doit donc être ajouté à la liste des grands westerns fordiens par son thème, qui nous montre un jeune couple de pionniers partant pour l'Ouest au moment de la guerre d'indépendance américaine. Ford se plait à filmer dans un style qu'il continuera d'utiliser bien plus tard, comme dans "la prisonnière du désert" (1954). On retrouve ce style si caractéristique, avec des ciels immenses, des personnages souvent minuscules et une nature toujours plus grande que l'Homme. Comme beaucoup d'historiens du cinéma, on peut supposer que le style de Friedrich Wilhelm Murnau (expressionniste allemand) a énormément influencé Ford dans son travail. "Sur la piste des Mohawks a pourtant été difficile pour Ford, car tout d'abord c'était son premier film en couleur, et qu'il a plut sans discontinuer les deux premières semaines. Ford retourne le problème de cette pluie pour nous donner une scène saisissante dans la cabane.

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Inspiré d'un roman de Walter D Edmonds, le scénario de Lamar Trotti, Sonya Levien et William Faulkner, commence là où beaucoup de westerns finissent par le mariage des deux personnages principaux : Henry Fonda et Claudette Colbert. On doute au début de la présence de Claudette Colbert dans un western. En effet, on était plutôt habitué, à la voir dans des comédies légères en particulier avec Clark Gable, comme "New-York Miami". Mais l'idée de Ford et du producteur Darryl Zanuck est génial, car il nous montre finalement la destruction du personnage habituel de Claudette Colbert dans cette nature sauvage. Alors c'est vrai que parfois dans certaines scènes, on doute un peu. Mais au final, l'idée marche plutôt bien. Les autres personnages secondaires sont comme à l'habitude avec Ford, très bien détaillés, en particulier celui de la veuve âgée et esseulée dans sa grande ferme (Edna May Oliver). Ford se sert du film pour nous faire passer sa vision de l'Amérique. Et il faut bien dire que le film est encore d'actualité. Car l'histoire d'un jeune couple qui s'installe et qui se retrouve au centre d'une guerre civile, plus ou moins ethnique, ne paraît pas si éloigné que ça de notre temps. "Sur la piste des Mohawks" est donc une très très bonne pioche de Sidonis, qui nous régale en plus d'un master de toute beauté, et d'un piqué quasiment chirurgical.

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Ci-dessus : Henry Fonda & Claudette Colbert

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Ci-dessus : Edna May Oliver & Claudette Colbert

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Ci-dessus : John Carradine

Disponible en DVD & Bluray en Zone 2/B, chez Sidonis Version Français et VO sous-titrée

Note : 8,5 / 10

30/12/2014

Les sacrifiés / They were expendable - 1945

"Les sacrifiés" est le type même des films inclassables de John Ford. On sait que Ford n'aimait pas particulièrement ce film. Ainsi, il devait dire dans une interview à Lindsay Anderson (réalisateur également), "qu'il n'en avait jamais eu rien à foutre de ce film et qu'il n'avait jamais vu un mètre de ce foutu film". Pour comprendre cette mauvaise opinion de Ford sur son propre travail, il faut savoir que Ford était alors sur le front Pacifique et avait perdu 13 hommes de son unité quand la MGM, lui donna à faire ce film de commande. De plus, Ford devait se blesser à la jambe sur le tournage et en abandonner la fin au profit de l'acteur Robert Montgomery à l'affiche avec John Wayne. Enfin, Ford ne devait pas non plus maîtriser le montage, qui semblait ne pas lui convenir. Ainsi, le film faisait 2H10, et Ford, aurait voulu le raccourcir à 1H40, et garder des scènes que la MGM avait enlevées. On se retrouve donc avec un film assez impersonnel, tourné comme un documentaire, avec très peu de musique (Ford n'en voulait pas). Pourtant devant la consternation, de son interlocuteur, Ford se décidait à revoir son film et écrivait quelques temps plus tard, à Lindsay Anderson : "Pour les Sacrifiés, vous aviez raison". Mais nous public de 2014, que pouvons nous retenir "des Sacrifiés" ?

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Comme je l'ai dit au début de cet article, "les sacrifiés" me semble le film, le plus impersonnel de Ford. Ford y met peu de ses situations cocasses, drôles et humaines qui ont fait la réputation de ses films. Alors, il y a bien la romance impossible entre Wayne et Donna Reed, ou le vieux charpentier qui refuse de partir, attendant avec son seul fusil l'arrivée des Japonais, dans une lutte qu'il ne peut se résoudre à refuser. Et si on rajoute la visite au blessé, c'est à peu près tout. Il n'y a pas une vraie analyse de la vie de la garnison, comme dans "la charge héroïque". Le film ressemble donc à un documentaire, et c'est ce qui en fait toute sa force et aussi sa faiblesse. Rien est glamour dans "les sacrifiés". Comme je l'ai dit la musique est presque absente. Alors ? Alors, le génie de Ford est de n'avoir jamais montré un seul soldat japonais. On voit bien des croiseurs, des tirs, des avions etc, mais le soldat ou l'armée japonaise dans son ensemble, est comme une force invisible qui broie tout, et ceux malgré les victoires successives du groupe de Wayne, qui remporte des succès mais toujours en reculant. Ford nous donne donc un film non exempt de longueurs, et parfois éloigné de son style original mais épuré du traditionnel glamour hollywoodien. On reste donc malgré tout, assez hypnotisé par cette errance militaire, au jour le jour, aux confins du Pacifique.

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Ci-dessus : Robert Montgomery

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Ci-dessus : John Wayne

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Ci-dessus : Donna Reed

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Ci-dessus : John Wayne, Donna Reed, & Robert Montgomery

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Ci-dessus : War Bond, Robert Montgomery & John Wayne

Disponible en DVD zone 2 sous-titrage en français chez Warner

 Note : 7 / 10

23/12/2014

A la recherche de John Ford !

La cinémathèque de Paris, rend hommage en ce moment à John Ford en diffusant quelques 90 films des quelques 135 films tournés par Ford. Je souhaiterai moi aussi rendre un vibrant hommage à ce réalisateur, qui a tant fait pour faire aimer le cinéma à des générations de spectateurs. John Ford, c'est le réalisateur de très nombreux chefs-d'oeuvre. On peut considérer qu'il a apporté une contribution majeure au western, par ses nombreux westerns sur la cavalerie américaine. On peut citer dans ce genre, "le massacre de fort Apache" (1948), "la charge héroïque" (1949), "Rio Grande" (1950) ou encore "les cavaliers". Mais John Ford c'est aussi le réalisateur de "la prisonnière du désert". Et c'est l'homme de quelques acteurs, on peut citer à l'époque du muet, Harry Carey, et ensuite évidemment John Wayne, ce dernier lui étant tributaire d'une grande partie de sa renommée. John Ford avait une personnalité ambivalente, marquée par les valeurs traditionnelles de l'Irlande dont sa famille était originaire, auquel il sacrifiera plusieurs films, comme "le mouchard" (1935), ou "révolte à Dublin" (1936). On peut aussi se demander si "quelle était verte ma vallée" (1946), ne contient pas aussi des réminiscences de l'Irlande de ses parents.

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Le cinéma de Ford est marqué par un respect des valeurs traditionnelles. Il avait compris bien avant d'autres que le public de son temps, n'était pas de gauche ou de droite, mais traditionnel. Ainsi, il devait glorifier par son cinéma, l'armée américaine, les pionniers de l'Ouest, la famille, la mère courage, le père digne, tout en y ajoutant l'humanité très forte dans chacun de ses personnages. Les meilleurs films de ce Ford sont ceux où l'humanité des personnages, fait concurrence à la tradition, ou aux institutions, même si cette dernière sort finalement toujours vainqueur. Ce respect des traditions ne devait pas l'empêcher de s'opposer violemment à la volonté folle d'un Cecil B. DeMille qui souhaitait purger Hollywood, de l'influence communiste supposée qu'il y régnait. Ainsi, lors d'une assemblée générale très tendue de la Screen Directors Guild, John Ford pris la parole, afin de protéger Mankiewicz qui était président de la Guild. Il s'adresse à DeMille avec les mots suivants : "Mon nom est John Ford et je fais des westerns. Je t’admire Cecil, mais je ne t’aime pas." De ses valeurs traditionnelles, il ne se départit jamais, même lorsque les temps changèrent, et que le public se tourna vers la contre-culture à la fin des années 60.  John Ford, devait s'éteindre en 1973, année de ma naissance. Mais aujourd'hui, alors que les valeurs simples, portées par Ford reviennent à la mode, il n'est pas étonnant que le public redécouvre son oeuvre et que son cinéma vive encore. Même dans les années 60, lorsqu'on demanda à Orson Welles, quels réalisateurs, il préférait, il répondit : "Je préfère les vieux maîtres, John Ford, John Ford, John Ford". Adversaire de Cecil B DeMille, proche du parti communiste dans les années 30, artisan d'un cinéma souvent vu comme réactionnaire, peu bavard dans ses interviews, Ford reste énigmatique pour les critiques. En cela, il porte la marque des grands génies de l'Humanité, comme Mozart ou Beethoven. On a pas fini de prendre du plaisir à regarder les films de Ford et à l'étudier, tout en sachant qu'on ne saura finalement jamais rien, du plus grand réalisateur américain du 20ème siècle.

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Rétrospective Ford à la Cinémathèque :

http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retros...

 

Hommage vidéo à John Ford :

 

21/09/2013

Le fils du désert / 3 godfathers - 1948

Je pense qu'il est inutile de présenter John Ford au lecteur de ce blog. C'est bien entendu l'homme aux multiples chef-d'oeuvre. Et "le fils du désert" est à n'en pas douter l'un de ses plus grands films. John Ford a été quasiment à l'origine du genre western, en participant à l'aventure du western dès la période du muet. Mais il a été aussi un des premiers réalisateurs, à redonner au genre, ses lettres de noblesse, avec "la chevauchée fantastique" (1939). En effet, le western était cantonné bien souvent à la fin des années 30, dans des séries B sans saveur. Depuis 1946, John Ford est revenu au western en tournant tout d'abord "le poursuite infernale", puis "le massacre de fort apache" (1948). "Le fils du désert" est donc dans cette lignée, et le fruit de la collaboration entre John Wayne et John Ford qui atteindra son paroxysme avec "la prisonnière du désert" (1956). Le film mentionne dans son titre la présence de Harry Carey Jr, fils de Harry Carey. Harry Carey était présent dans la première version, car "le fils du désert" est un remake de "Marked men" tourné par John Ford en 1919, Donc "le fils du désert" rend hommage à Harry Carey père. Mais "le fils du désert" n'est pas le premier film de Harry Carey Jr. En effet, on se rappelle de lui, car il avait déjà un petit rôle, dans "la rivière rouge" de Hawks. Mais la grande star du film après John Wayne et l'autre "godfather" Pedro Armendáriz, c'est bien évidemment une nature immense et hostile.

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L'histoire est assez classique et reprend celle de "marked men" (1919). Malgré tout, Ford arrive à fasciner le spectateur, par une simple histoire de voleurs de banque, qui deviennent les parrains d'un nourrisson perdu dans le désert. Les scènes d'actions sont parfaitement filmées par Ford et rappellent certaines de ses meilleurs, comme dans "la chevauchée fantastique" (1939) ou dans "la poursuite infernale" (1946). Enfin, les plans d'exceptions sont multiples et comme à son habitude Ford fait de la caméra sa palette, et il devient le peintre d'images en mouvement, nous donnant parfois l'impression de traverser une galerie d'art. Ford aborde également différents thèmes, comme le passage de témoin entre l'adulte et l'enfant, comme cette vie qui doit continuer, comme la responsabilité que nous avons envers les plus faibles d'entre nous. Mais surtout il fait du "fils du désert" une immense parabole biblique. Comment ne pas penser à Jésus traversant le désert, et aux épreuves physiques et morales que la traversée fait endurer à chaque protagoniste. Ces épreuves, sont autant d'étapes vers le pardon et la transfiguration des personnages, qui se libèrent un à un de leur peau de gangsters, pour devenir des hommes meilleurs en paix avec eux mêmes, Dieu et les Hommes.

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Ci-dessus : On peut voir un plan typiquement fordien, même si plus souvent les personnages sont de dos, donnant alors l'image, un effet saisissant qui rappelle les tableaux de caspar friedrich.

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Ci-dessus : John Wayne, Harry Carey Jr, et Pedro Armendáriz

John Ford nous fait donc encore une fois, un cinéma du bon sentiment, qui passe très bien, et qui semble touché ici par la grâce, dans un espèce de miracle cinématographique renouvelé à chaque plan. Quand plus tard, on demandera à Orson Welles, quel est le réalisateur qui l'a le plus inspiré, ce dernier répondra : "les grands maîtres, John Ford, John Ford, John Ford." On ne pourrait dire mieux.

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Ci-dessus : John Wayne

Film disponible en DVD zone 2 (trouvé neuf dans une brocante à 2,5 €)

 

 La bande-annonce :

 

Note : 9,5 / 10

24/08/2013

Vers sa destinée / The young Mr Lincoln - 1939

"Vers sa destinée" (1939) est le second film de Ford qui porte directement ou indirectement sur le président Abraham Lincoln. Comme sur "je n'ai pas tué Lincoln", les relations entre Ford et son producteur Darryl Zanuck seront orageuses. Ford devait reprocher à Zanuck des coupes de certaines scènes. On sait que Ford avait plutôt un caractère difficile. On peut donc aisément imaginer qu'il devait exister une tension entre lui et Zanuck sur ce tournage. Malgré tout, le film en lui même ne pâtit pas de ses relations conflictuelles. Et malgré tout le film conserve une structure remarquable. Ainsi, le but de Ford est de nous montrer un Lincoln jeune, où il est difficile de discerner le futur président, mais où les principales qualités sont déjà présentes dans le personnage.

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Ford s'évertue donc à nous montrer un Lincoln jeune et fermier. Les postures du personnage sont donc souvent étrange, lassive, comme pour mieux signifier au spectateur que cet homme n'a ni les habits d'un avocat, ni ceux d'un président. Le titre français "vers sa destinée" est d'ailleurs bien plus marquant que le titre américain. En effet, c'est bien la route vers son destin que l'on nous raconte ici. Qu'est ce qui fait qu'un homme devient cet homme ci et pas un autre. C'est ce à quoi veut répondre Ford à travers Lincoln. Ainsi, le premier drame de la vie de Lincoln, est peut être le premier déclencheur de sa carrière d'avocat. Ford nous montre donc cette transformation tout le long du film. Et le premier procès plaidé par Lincoln sera aussi le bon moment, pour ce dernier de montrer ses qualités d'orateur, d'abord devant une foule hostile, ensuite lors du procès lui même.

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Ci-dessus : Henry Fonda

La naissance et la transformation d'un être humain en icône populaire, est donc le thème principal du film. Et c'est assez fascinant, surtout qu'Henry Fonda donne une interprétation toute en nuances du personnage. Ainsi, on est assez étonné par le maquillage mis en place, qui fait de Fonda un Lincoln très crédible. Ce maquillage necessitait d'ailleurs 3 heures pour être en place. L'autre thème du film, est la communauté. Lincoln se retrouve donc en opposition avec cette communauté, dont il veut diriger l'opinion lors du procès. En ce sens, cela annonce les futures batailles politiques qu'il mènera plus tard. Enfin à cette communauté s'oppose la famille, qui appartient à cette communauté tout en s'y opposant. Ford termine son film en nous laissant alore, l'image droite et forte du Lincoln que nous connaissons tous. La transformation s'est achevée. L'avocat paysan peut devenir un politicien. La voie vers sa destinée est ouverte. La route est tracée. Le spectateur a compris quel était ce chemin.

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Ci-dessus : Henry Fonda

Finalement à travers Lincoln, Ford fait une éloge de la démocratie et de son système politique et judiciaire. Le procès devient lieu d'échange et de débats, en opposition avec le totalitarisme qui sévit en Allemagne à la même époque. Pour toutes ses raisons, pour l'interprétation magistrale d'Henry Fonda, et le génie de la réalisation de Ford, "vers sa destinée" est un chef-d'oeuvre du cinéma américain. On notera enfin que c'est le dernier film d'Alice Brady qui devait être malheureusement être emportée par un cancer la même année à l'âge de 47 ans.

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Film disponible en DVD Zone 2 chez Opening

 

Interview d'Henry Fonda qui explique ses craintes dans son interprétation après le visionnage des premiers tests :

 

Extrait :

 

Note : 8,5 / 10

21/08/2013

Je n'ai pas tué Lincoln / The prisonner of Shark Island - 1936

Je ne sais pas si vous avez déjà vu "je n'ai pas tué Lincoln", mais c'est un film à voir et à revoir. En effet, tout d'abord c'est un film de John Ford. Mais en plus il fait parti du "corpus" de Ford portant sur Lincoln. Ainsi John Ford devait tourner en 1939 "vers sa destinée" qui raconte l'histoire du jeune Lincoln. Mais revenons à "je n'ai pas tué Lincoln". Le film a un casting intéressant avec en tête Warner Baxter, formidable acteur que l'on se souvient avoir vu joué dans "42ème rue" (1933) interprétant un metteur en scène dépressif, ou dans "les chemins de la gloire" jouant cette fois ci un capitaine français pendant la première guerre mondiale. On ne s'en souvient plus aujourd'hui, mais Warner Baxter était un des acteurs les plus célèbres et les mieux payés d'Hollywood des années 30. Pour preuve en 1929, il obtenait un Oscar du meilleur acteur. Dans les seconds rôles on retrouve de fameux acteurs, comme par exemple John Carradine dont li serait trop long de faire la filmographie, vu qu'il a joué dans plus de 250 films. Mais il n'y a pas que des seconds rôles, il y a aussi une vedette féminine en la personne de Gloria Stuart, oui la Rose de Titanic que l'on retrouve ici toute jeune. Enfin, le frère de John Ford est présent, en la personne de Francis Ford, mais aussi Harry Carrey, père de Harry Carrey Jr récemment disparu.

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Mais quel est le sujet de ce "je n'ai pas tué Lincoln". Eh bien, en réalité le sujet est assez simple. Un médecin, Samuel Mudd (Warner Baxter) est emprisonné car soupçonné d'avoir hébergé et soigné l'assassin de Lincoln, John Wilkes Booth. Ford se plaît alors à dérouler le fil de l'histoire et à retourner à l'enver le concept sartrien, qui veut que l'Enfer ce soit les autres. Si l'Enfer peut être constitué par les autres, c'est bien parce qu'ici le personnage du docteur, ne peut retrouver sa place parmi ses concitoyens et que sa vie est détruite par la participation dans un crime pour lequel il est condamné. On a donc bien le sentiment que le personnage de Baxter ne pourra vivre que par et pour les autres. Dès le départ, docteur il vit pour sa femme, son enfant, ses patients, et ensuite il vit dans le regard des autres comme un présumé coupable. Cette situation est pour lui intolérable. Il n'aura donc de cesse de vouloir échapper à sa situation et à un destin qui semble horrible.

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Ci-dessus : Warner Baxter

John Ford visite donc là, la vengeance d'une société contre un homme présumé coupable d'un crime qu'il ne semble pas avoir commis. Et le ton du film est très bon pour la plupart du temps. On se régale de voir en John Carradine un gardien sadique. Et on tremble et on espère devant les tentatives d'évasion. On a donc son lot d'émotions. Que peut on reprocher à ce film ? Peut être un traitement un peu binaire est simple des soldats noirs. Quoiqu'il en soit si "je n'ai pas tué Lincoln" est bien une commande de la Fox de Zanuck à Ford, il n'en reste pas moins comme un des films les plus noirs de Ford, pourtant apôtre des bons sentiments à l'écran. Mais la fin du film tempèrera cette ambiance lourde et donnera au spectateur un peu sérénité. Par contre au niveau de la musique, il n'y a pas grand chose à ce mettre sous la dent. En effet, la musique de Louis Silvers est très classique, voir trop classique et peu innovante, et nous reprend systématiquement "mon beau sapin" pour les thèmes un peu sentimentaux.

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Ci-dessus : John Carradine

Mais globalement, j'ai été très positivement surpris par ce "je n'ai pas tué Lincoln". Certaines critiques, pourraient reprocher à ce film, certaines scènes peut être un peu statique. Mais dans ce cas, je vous donnerai la réponse de Ford : "les acteurs sont mieux payés que les techniciens, ce sont donc à eux de bouger". Ce "je n'ai pas tué Lincoln" reste donc un vrai bon Ford.

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Film disponible en DVD Zone 2 chez Opening. Attention j'ai acquis ce film d'occasion et le film sautillait sur la fin et avait manifestement un problème. Cela laissait supposer un défaut de pressage. A voir si le défaut se reproduit sur d'autres médias.


A noter 45 mn de Bonus.

Note : 8 / 10

08/05/2013

La Poursuite infernale / My Darling Clementine - 1946

Un petit tour par le western cette fois-ci, et donc j'évoquerai avec vous "la poursuite infernale" de John Ford ou dans son titre américain "my darling Clementine" tiré de la chanson éponyme qui ouvre le film. Comme vous le savez, Ford est le grand spécialiste du western américain. Le film a été produit par la Fox de Darryl F Zanuck en 1946. Il retrace un moment de l'histoire des frères Earp et en particulier de Wyatt Earp (joué par Henry Fonda) et se termine par le classique affrontement d'Ok Corral tourné de nombreuses fois au cinéma. On notera que Ford a beaucoup changé de la vie de la famille Earp, afin de faire une histoire à son goût et de développer le scénario pour le rendre plus intéressant. Ainsi, les Earp n'ont jamais été des cowboys transporteurs de bétails. Le personnage de Clementine Carter (joué par Cathy Downs) n'est pas un personnage historique. Doc Holliday (joué par Victor Mature) n'était pas un chirurgien mais un dentiste dans la réalité. Le film est donc inspiré de deux livres de Stuart Lac publiés en 1931 et 1946. Ford devait acheter les droits sur le second. La légende des frères Earp n'était pas réellement connue du grand public américain avant la publication de ces deux ouvrages que l'on considère aujourd'hui comme très romancés, et donc historiquement faible. Mais ces changements dans la grande histoire ne sont pas pour déplaire au spectateur car ils rendent encore une fois, le film plus lisible et plus dramatique.

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La distribution est étincelante, ainsi on retrouve comme déjà dit, Henry Fonda, Victor Mature, mais aussi, Tim Holt, John Ireland, ou encore War Bond, et surtout la magnifique Linda Darnell (inoubliable dans "Ambre"). On se rappelera que War Bond est un des acteurs de seconds rôles qui devait peut être tourner le plus à Hollywood. Enfin, il est amusant de noter que John Ireland apparaîtra également, dans la version de 1957, tournée par John Sturges.

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Ci-dessus : Linda Darnell

Pour le reste, Ford est égal à lui même et se sert des magnifiques paysages de Monument Valley et Kayenta pour rendre son film plus fort. Ainsi la poursuite de la diligence évoque autant "la chevauchée fantastique" (1939) que la scène de l'arrivée du colonel également par une digilence dans "le massacre de fort Apache" (1948). Mais la comparaison ne s'arrête pas et c'est aussi à "la prisonnière du désert" auquel on pense devant ces immensités qui occupent parfois les deux tiers de l'écran voir plus. Ainsi, l'arrivée des Earp à Ok Corral est montrée avec un ciel immense, une ville démeusurée, et des personnage minuscules, comme si la ville écrasait les personnages et comme si le ciel (le destin ?), et l'Ouest sauvage écrasaient également les personnages mais aussi la ville, elle même. La poésie de Ford atteint là son maximum, comme peut être jamais dans un autre de ses westerns. Enfin, la scène finale nous montre  Cathy Downs debout et de dos, disant au revoir à Wyatt Earp dans un style que les peintres romantiques allemands n'auraient pas renié. Ainsi, Ford utilise tout son immense talent pour réaliser ce western moderne, qui paraît hors du temps dans ses décors naturels. Car là c'est bien la nature l'autre star du film.

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Ci-dessus : Henry Fonda, Linda Darnell, et Victor Mature

Le film étonne aussi par le modernisme de son propos. Ainsi, on voit une Linda Darnell trompant son homme avec un autre, tout en continuant à aimer le premier. Le seul reproche que l'on pourrait faire à Ford serait d'avoir changé la grande histoire de l'Ouest. Mais ce serait lui faire un faux procès et vouloir en faire un aux trois mousquetaires de Dumas. Je reprendrai donc cette citation de Dumas tirée du même ouvrage et qui correspond totalement à ce film : "On peut violer l'Histoire, pourvu qu'on lui fasse de beaux enfants." Et force de constater, qu'ici c'est bien le cas, Ford réussissant à distraire le spectateur tout autant qu'à mener de front une dramatique chronique de l'Ouest, étrangement moderne pour l'époque.

 

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Ci-dessus : Cathy Downs et Henry Fonda.


La bande annonce :


Note : 9 / 10

02/02/2013

La prisonnière du désert / The Searchers - 1956

"La prisonnière du désert" est un film de John Ford de 1956. Ce film est très connu et a été vu par énormément de spectateurs depuis sa sortie en 1956. En effet, il a bénéficié de nombreuses diffusions sur de nombreux supports : cinéma, télévision, DVD, Bluray etc. Je parlerai ici de l'édition Bluray. Cette édition Bluray est scandaleuse au niveau de sa version française. En effet, le son de la version française a été tellement trafiqué que les voix sont étouffées. Par contre l'image est fabuleuse et bénéficie d'un transfert 4K totalement restauré. C'est d'ailleurs assez incroyable de voir ce film avec une telle qualité d'images. On retrouve en acteurs principaux John Wayne et Jeffrey Hunter, mais ausi Ward Bond et Natalie Wood (adolescente) ou encore Harry Carey, Jr dans le rôle de Brad ou Vera Miles jouant la fiancée de Jeffrey Hunter. Le scénario tourne autour du massacre d'un ranch par une bande de Commanches, et de l'enlèvement de la petite fille de la famille. John Wayne et Jeffrey Hunter décident alors de partir à sa recherche, la petite fille étant sa nièce. Certaines critiques ont affirmé que le film laissait penser que l'enfant devait être sa fille. Cela pouvait expliquer son acharnement à retrouver l'enfant. Mais on en sait finalement rien en regardant le film. Et  tout cela se résume à aller chercher un sens caché que le film n'a peut être tout simplement pas voulu montrer ou même exprimer.

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Autant le titre français évoque la petite fille prisonnière, autant le titre américain "The Searchers" évoque les hommes partis à sa recherche. Les deux titres évoquent donc chacun à leur façon une partie de l'intrigue. Dans "la prisonnière du désert" comme peut être dans aucun autre de ses films, John Ford multiplie les plans d'exceptions, que ce soit ce plan avec la porte ouverte au début ou ce même plan avec la porte qui se ferme à la fin du film, et qui devient "de-facto" la plus célèbre fin de toute l'histoire du Western. Les plans pris de dos, évoquent un certain expresionnisme allemand et font que ce film dépasse très largement le cadre du western traditionnel pour le faire entrer dans la liste des incomparables chefs-d'oeuvre du cinéma américain.

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Dans les plans ci-dessous, ford met en avant toujours des paysages somptueux avec des ciels ou des étendues immenses. Les personnages deviennent finalement des figures minuscules par rapport à la Nature. Tout ceci évoque bien entendu des tableaux de Caspar David Friedrich. John Ford se sert donc de sa caméra comme d'un pinceau de peintre.

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Le film est donc magnifiquement filmé, et aborde des thèmes intéressants comme la vie des fermiers du Texas, le racisme, les liens parentaux, la fidélité, mais aussi la rédemption d'un homme en proie à ses démons intérieurs.  Le film bénéficie également d'une belle partition de Max Steiner et finalement fait parti de ses oeuvres immortelles, inscrites en lettres d'or, tout en haut du patrimoine cinématographique américain. Avaient ils conscience à l'époque, que ce film traverserait tant et tant de générations de spectateurs ? Nul ne peut le dire aujourd'hui.

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Extrait de la musique de Max Steiner :

 

La bande-annonce :

 

NOTE : 9,5 / 10


Bonne nouvelle : "la rivière rouge" sort en mars 2013 en Bluray restauré !!!

29/12/2012

La charge héroïque / She wore a Yellow Ribbon - 1950

Harry Carey Jr, nous a quitté le 27 décembre à l'âge de 91 ans. Ses parents étaient acteurs et son père jouait déjà dans les premiers films muets de John Ford. Avec la disparition d'Harry Carey Jr disparaît avec lui un des derniers témoins de l'épopée fordienne au cinéma. Une page de l'histoire du cinéma américain s'est fermée avec lui. Il nous reste à lui rendre hommage en voyant et en revoyant ses films. Ainsi, je crois que l'heure et le jour sont parfaitement trouvés pour vous présenter "la charge héroîque" de John Ford et vous rappelez qu'une version totalement restaurée de "la rivière rouge" devrait sortir en Bluray chez WidSide à la mi-mars. Dans ces 2 films nous retrouvont évidemment Harry Carey Jr.

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Dans "la charge héroïque", c'est bien entendu John Wayne qui joue le rôle principal d'un capitaine de cavalerie prêt à partir à la retraite. Mais les révoltes indiennes et la défaite du général Custer à Little Big Horn vont entrainer un départ en retraite moins paisible que prévu. Après une mise en tension au début du film par une courte introduction qui plante le décors, le film reprend son déroulement normal et présente la vie au fort avec ses joies et ses peines. Le capitaine se souvient de sa carrière et finalement se décide à agir afin d'éviter un nouveau bain de sang entre indiens et soldats. Le titre américain que l'on peut traduire par "elle portait un ruban jaune" vient de la chanson titre du même nom qui rappelle que les demoiselles à cette époque portaient des rubans jaunes par tradition quand l'homme qu'elles aimaient, était dans la cavalerie.

 

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Ci-dessus Joanne Dru et Harry Carey Jr

Le génie de Ford est d'arriver à lier une première partie du film sans beaucoup d'actions et surtout fondée sur les rapports humains avec une deuxième partie plus rapide, sans que le spectateur ne s'en rende compte. On a donc ici un très beau western, qui n'a pas pris une ride et qui est un peu la conclusion cinématographique des 2 autres westerns de Ford portant sur les guerres indiennes : "le massacre de Fort Apache" et "Rio Grande". On ne pouvait faire plus bel hommage à Harry Carey Jr que présenter ce film en son honneur. En France on espère toujours une sortie Bluray de films du calibre de "la charge héroïque".

 

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John Wayne dans "la charge héroïque" :


Extrait de scènes :



Hommage à Harry Carey Jr (Rest in peace) :

 

Film disponible pour le moment uniquement en DVD zone 2.

NOTE : 7,5 / 10

28/11/2012

Les Cavaliers / The horse soldiers - 1959

"Les cavaliers" est paru l'année dernière en Bluray. Ce film a été tourné par John Ford en 1959. Il est le prolongement de la trilogie des guerres indiennes, commencée par "le massacre de Fort Apache" continuée par "la charge héroïque" et conlue par "Rio Grande". Comme dans ces 3 films, John Wayne joue les premiers rôles. Mais cette fois il partage la vedette avec William Holden, rendu 2 ans plus tôt immensément célèbre par son interprétation dans "le pont de la rivière Kwaï".

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La présence féminine dans ce film d'hommes est interprêtée par la magnifique Constance Towers. Contrairement à la précédente trilogie évoquée plus haut, ici ce n'est pas la guerre contre les Indiens qui ait mise en images, mais bien le combat entre le Nord et le Sud pendant la guerre de sécession (1861 - 1865). Et c'est un épisode qui concerne une brigade de cavalerie nordiste décidée à faire un raid lointain en territoire ennemie, afin de couper la ligne d'approvisionnement des Sudistes retranchées dans Vicksburg. Le sujet est au départ très militaire. Mais finalement comme dans "la charge héroïque", John Ford va s'attacher aux petites choses de la vie militaire, qui finalement une par une vont donner une consistance à chaque personnage mais aussi et surtout une humanité à ce film plus proche du film de guerre que du Western. Ainsi,  le médecin (Holden) s'opposera systématiquement à John Wayne (colonel) qu'il jugera trop partial, trop martial et ne respectant pas ses consignes de médecin militaire. La scène la plus savoureuse et la rencontre avec la riche héritière sudiste (Constance Towers) qui invite tout l'état-major nordiste à dîner. Elle fera tout son possible pour être la plus courtoise possible ... Quand les masques tomberont, le réveil sera difficile pour elle. Mais finalement l'humanité gagnera elle aussi et la guerre au lieu de diviser les hommes finira per les réunir sinon dans une même mort, du moins pour le couple chanceux, dans un même amour. Le duo John Wayne/William Holden fonctionne à plein régime et on a au final un film rythmé, très plaisant à regarder. Si à celà, vous ajoutez la magnifique musique de titre de

A noter enfin, une qualité d'image qui écrase l'édition DVD zone 2 précédemment sortie.

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Ci-dessus : John Wayne et Constance Towers

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Chanson du titre :

 

Ci-dessus : William Holden et John Wayne

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Ci-dessus John Wayne et Constance Towers sur le plateau des "Cavaliers".

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Ci-dessus : John Wayne, William Holden et Constance Towers sur le plateau des "Cavaliers"


NOTE : 8 / 10

14/10/2012

Le jeune Cassidy / Young Cassidy - 1965

"Le jeune Cassidy" fait parti de ces films politiques aux thèmes sociaux ouvertement abordés. Ils laissent de ce fait, une longue et durable impression. Le film s'inspire de la vie de l'écrivain irlandais Johnny Cassidy. Sa vie en 1911, dans un Dublin rongé par la misère et subissant l'occupation britannique, est décrite dans les moindres détails. Sans argent il sera contraint de faire le terrassier pour gagner sa vie et subvenir aux besoins de sa mère et de ses frères et soeurs. Mais rapidement il comprendra que c'est par la culture qu'il pourra évoluter et il se mettra à écrire sur ce qu'il voit de l'Irlande. On retrouve John Ford à la réalisation et Jack Cardiff. Ford étant tombé malade, celui n'a pu réaliser que 20 minutes et a donc été remplacé par Cardiff. Le rôle principal de John Cassidy est tenu par l'admirable Rod Taylor. Quelle pitié que tout le monde ait oublié aujourd'hui un acteur d'un tel talent ! Rod Taylor est ici inoubliable. Julie Christie joue un second rôle mais apparaît dans une scène mémorable de sensualité.

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L'injustice sociale apparaît dès le début du film avec l'homme riche qui passe en calèche et qui le regarde de haut et d'un air méprisant. Mais la haine n'est jamais présente. La lutte sociale n'est évoquée que positivement, avec humour, ou dans le cadre de la révolution irlandaise. On retrouve dans le rôle de la mère de l'écrivain la très grande actrice Flora Robson, qu'on a pu voir dans de nombreux films hollywoodiens comme par exemple dans "l'aigle des mers" avec Errol Flynn. Elle est bien évidemment dans ce film en fin de carrière.

Ci-dessous Flora Robson et Rod Taylor :

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Je trouve ce long métrage vraiment formidable car il parle de la misère, de la nécessité pour l'Homme de subvenir à ses besoins, mais qu'au dessus de cela il y a la recherche de la beauté, et le besoin de se cultiver, et l'idée que se nourrir n'est finalement pas suffisant même pour des miséreux ! Ford et Cardiff montrent qu'il peut y avoir également une dignité, une intelligence, et une volonté de s'en sortir chez les pauvres. Les rapports entre eux sont simples et sans arrières pensées et fondés sur la conscience que l'autre pourrait être soi même. Ainsi même la sexualité évoquée ici presque explicitement n'est montrée que de manière positive avec humour et est ici synonyme de bonheur. Et étrangement c'est parce qu'il trompera sans en avoir conscience la confiance des siens par son travail d'écrivain, qu'il pourra évoluer et changer de classe sociale.

ci-dessous Rod Taylor et Maggie Smith :

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Bref, on se prend à aimer ce John Cassidy, généreux, bon, anti-arriviste, gros travailleur manuel, écrivain infatiguable, voleur, et ivrogne à ses heures. En effet, il y a en lui, un peu de tout ce qu'il y a de bon et de misérable en l'Homme. Et ce sont bien ses espoirs, sa tristesse, ses bonheurs et ses malheurs qui le rendent si proche de chacun d'entre nous et tellement attachant. Enfin le film évoque à travers le théâtre, ce qu'il est important de dire et ce que le cinéma a finalement aujourd'hui abandonné depuis longtemps, en un mot : l'art.

 

Ci-dessous Rod Taylor et Julie Christie

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Ce film est malheureusement indisponible en DVD ou bluray en France et seulement visible sur TCM  ou sinon via la collection Warner Archives aux USA donc sans VF ni sous titres. La qualité d'image est moyenne et mériterait bien une restauration.

 

Note : 8,5 / 10

11/10/2012

Alamo - 1960 / MGM must restore Alamo !

En 1836 des rebelles Texans décidèrent de se soulever seuls contre la tyrannie du président mexicain Santa Anna. Décidés à bloquer l'avance de l'armée mexicaine, ils se retranchèrent dans le fort d'Alamo afin de permettre à Sam Houston de constituer une armée. Ce film raconte l'histoire de ce siège. On retrouve un casting exceptionnel avec John Wayne, Richard Widmark et Laurence Harvey en principales vedettes.

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Le film a été réalisé par John Wayne, avec l'aide de John Ford sur de nombreuses scènes. Le film fait d'abord s'affronter les idées, les caractères, avant de faire s'affronter les hommes à la fin du film dans une guerre sans pitié qui montera d'intensité jusqu'à l'assaut final. Le spectacle est énorme et impressionnant et préfigure les futurs films grands spectacles des années 60. On peut reprocher à Laurence Harvey une attitude parfois trop théatral. Mais globalement le scénario, les dialogues, et la réalisation sont parfaites. A cela il faut ajouter la musique de Dimitri Tiomkin qui ait dramatique au possible et qui colle parfaitement à la réalisation de Wayne.

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Alamo fait parti de ces films oubliés et maudits. En effet, il n'a obtenu qu'un Oscar alors qu'il pouvait en espérer raisonnablement beaucoup plus. Il été raccourci et amputé de plusieurs scènes sur la version française disponible depuis 10 ans en DVD. Et aujourd'hui la restauration complète mise en place par Robert Harris a été interrompue faute de moyens de la part de la MGM qui a donc décidé de la reporter à plus tard ou à jamais ... Il faudra donc attendre encore 1 an, 5 ans, 10 ans, 20 ans (qui sait ?) avant de voir ce film édité dans une version correcte. C'est d'autant plus malheureux qu'Alamo a de nombreux fans et mériterait un autre traitement et une vraie mise en valeur, surtout quand on voit l'immense médiocrité globale de la production cinématographique actuelle, ou la pauvreté des sorties DVD et Bluray en comparaison d'un tel film. Il ne peut donc être exigé de la MGM que la restauration au plus vite de ce chef d'oeuvre ! MGM must restore Alamo ! Ou alors que la MGM revende ses droits et laisse un autre éditeur prendre en charge la restauration. En attendant le film dans sa totalité est quasiment perdu ou abandonné. Bien triste tout ça.

En attendant un miracle qui sauve les hommes d'Alamo, voici quelques images du film :

 

Ci-dessous Richard Widmark et Laurence Harvey :

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La plus belle femme du monde pour moi, ci-dessous Linda Cristal :

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Extrait de la musique du film :