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06/11/2015

Frankenstein - 1931

On a à peu près tout dit, sur le "Frankenstein" (1931) de James Whale. On sait que le film est tiré d'un roman de Mary Wollstonecraft Shelley, femme du célèbre poète anglais Percy Shelley. L'histoire est simple et peut se résumer, dans la volonté d'un savant de créer un homme de toute pièce et de devenir ainsi Dieu à la place de Dieu, dans une espèce de résurgence du mythe de Prométhée. Certaines critiques ont vu dans l'oeuvre cinématographique de Whale, une moquerie ou une critique de Dieu. Je crois qu'il n'en est rien. Le roman en lui même semble être un terrible réquisitoire, rempli d'une terrible malédiction, contre ceux qui voudraient imiter la divine nature. Qu'en est il exactement, du film de Whale lui même ? "Frankenstein" dans sa version de 1931, doit tout d'abord être replacé dans son contexte. Le film se passe en Allemagne, précisément dans un petit village d'Allemagne, nommé Frankenstein, même si le film ne dit rien de ce nom, au moins dans ces deux premiers films. On sait également que la famille Frankenstein est encore une illustre famille, mais que le film se déroulant, le mur de respectabilité semble se fissurer inexorablement. En 1931, année de création du film, le nazisme parcourt la société allemande et déjà en cette même année, en Allemagne Fritz Lang, explique la montée sociale du nazisme, dans son film "M le maudit". Et là aussi, le sujet représente les habitants d'une ville allemande, jetés dans la terreur et l'hystérie par un meurtrier d'enfant. Dans "Frankenstein" de Whale, l'action se déroule dans un petit village, dans "M le maudit" de Lang, il s'agit d'une grande ville, mais l'analogie est bien présente. Les ressemblances entre les deux oeuvres, ne s'arrêtent pas là, car l'une et l'autre sont parcourues par un style cinématographique, que l'on pourrait qualifier d'expressionnisme allemand, ou de style à la Murnau, du nom du célèbre réalisateur allemand Friedrich Wilhelm Murnau, resté célèbre pour ses clairs obscurs et ses ombres portées. La montée du nazisme allait d'ailleurs accélérer la venue de réalisateurs adeptes de son style, Lang en sera d'ailleurs, l'un de ses meilleurs représentants, aux USA.

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La signification du "Frankenstein" de Whale pose donc encore aujourd'hui question. Le monstre Frankenstein, n'est il pas cet homme nouveau, que les nazis voulaient créer de toute pièce ? Le monstre n'est il pas cet être asocial, créé par l'esprit fou d'un homme seul ? La réponse a la menace reste la même, que ce soit, chez Lang ou chez Whale. La société, se défend, et se regroupe contre l'assassin, afin de le punir. Si la police, et l'état sont dépassés, la foule, à travers une vindicte populaire, prend alors la suite. Pour ma part, je ne crois pas que ce soit une coïncidence que l'action du film se déroule en Allemagne. Je crois qu'il y a là un choix des scénaristes et de la production, de montrer ce que l'Homme nouveau peut donner. La différence avec Lang est qu'ici, le monstre est créé de toute pièce par un homme. Dans "M le maudit", l'assassin est quand même un être de chair et de sang, issu de la société allemande de l'époque. Mais "M le maudit" et "Frankenstein, nous montre l'un et l'autre, une société allemande pré-nazie, ébranlée par des crimes odieux perpétrés par des tueurs d'enfants. On pourrait s'arrêter là, et considérer ces oeuvres, comme faisant partie de l'histoire du cinéma. Il n'en reste pas moins que ce "Frankenstein" interroge toujours notre conscience, comme il devrait interroger, celles des amateurs d'Homme nouveau, nazis, ou socialistes français, dans leur folie à créer un être, qui devrait être aujourd'hui selon les nouvelles normes en vigueur, un consommateur asexué, inculte, et apatride. Les irresponsables d'hier et d'aujourd'hui devraient se souvenir, qu'à vouloir changer l'Homme ou la société, on crée le plus souvent des monstres asociaux, annonciateur de tragédies futures et de catastrophes mondiales. Le "Frankenstein" de Whale est là pour le rappeler. Quoiqu'il en soit, si "Frankenstein" n'effraye plus autant aujourd'hui, il continue de fasciner et d'être pour le public le centre d'interrogations et de débats.

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Ci-dessus : Colin Clive & Dwight Frye

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Ci-dessus : Colin Clive & Dwight Frye

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Ci-dessus : Colin Clive & Dwight Frye

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Ci-dessus : Boris Karloff & Marylin Harris

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Ci-dessus : Boris Karloff & Mae Clarke

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Ci-dessus : Colin Clive & Boris Karloff

Film disponible en Bluray chez Universal dans le coffret "Monsters" ou individuellement

 

Note : 7,5 / 10

02/08/2014

Histoire d'un amour / Back Street - 1932

"Histoire d'un amour" est sans doute le meilleur film du réalisateur John M Stahl. En effet, ce dernier n'a pas réellement brillé sinon dans les mélodrames. Et cela tombe bien vu que "Back Street" ou en Français "histoire d'un amour" est un mélodame avec dans les rôles princiaux Irene Dunne et John Boles. John M Stahl, est né Jacob Morris Strelitsky à Bakou (Azerbaïdjan). Quand il était enfant, sa famille déménage à New York aux États-Unis. À New York, il a commencé à travailler dans la croissance de l'industrie cinématographique de la ville à un jeune âge et réalise son premier court-métrage muet en 1914. Au début des années 1920, Stahl a signé avec Louis B. Mayer Pictures à Hollywood et en 1924 faisait partie de l'équipe qui est devenue Mayer MGM Studios. En 1927, John Stahl était l'un des trente-six membres fondateurs de l'Academy of Motion Pictures Arts and Sciences. Avec la transition de l'industrie au parlant et longs métrages, John Stahl arrive à se . De 1927 à 1930 Stahl était un dirigeant du studio indépendant Tiffany Pictures, et en fait renommer l'entreprise en  "Tiffany-Stahl Productions". Mais ce studio disparaîtra en 1932, des suites de la grande dépression. Pour Universal Pictures, il a dirigé "Imitation of Life" qui a été nominé pour un Academy Award du meilleur film. L'année suivante, il a dirigé "le secret magnifique", mettant en vedette encore une fois Irene Dunne et Robert Taylor. John Stahl a continué à produire de grandes productions ainsi que des courts métrages jusqu'à l'heure de sa mort. Son oeuvre mériterait d'être redécouverte, car on y trouve des films mélodramatiques formidables comme "Péché mortel" (1945) avec Gene Tierney, ressorti récemment aux USA en Bluray, mais dont le public français et européen espère toujours une nouvelle édition. On peut également citer "les clés du royaume" (1944) avec Gregory Peck. Stahl est mort à Hollywood en 1950 d'une crise cardiaque, à l'âge de 63 ans. Son travail dans le mélodrame devait inspirer plusieurs réalisateurs (Douglas Sirk, Robert Stevenson) qui devaient lancer plusieurs remakes des plus grands mélodrames de John M Stahl, comme "images de la vie" (1934), ou "le secret magnifique" (1935), tous les deux adaptés de nouveau par Douglas Sirk.

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"Histoire d'un amour", est quant à lui un très beau mélodrame qui raconte comment on peut rater une vie par un détail ou un malentendu. Le film est littéralement porté par Irene Dunne qui donne ici une superbe composition de maitresse d'un homme d'affaire tendre, mais qui refuse de divorcer ou de lui donner un enfant. Le film est le film d'une époque. En effet, aujourd'hui aucune femme n'accepterait d'attendre un homme ainsi toute sa vie. Il n'en reste pas moins que le film explore cette possibilité, jusqu'à un final déchirant. On ne peut alors s'empêcher de pleurer à chaudes larmes et applaudir une fin aussi émouvante. La réalisation de John M Stahl est un peu datée, mais le film est assez fascinant de par son nihilisme et son absolutisme amoureux, assez impressionnant."Histoire d'un amour" est donc une belle réussite et on doit remercier Universal de nous avoir ressorti ce joli film de l'oubli. Ce serait d'ailleurs bien que les éditeurs ressortent d'autres mélodrames de John M Stahl. En attendant, "histoire d'un amour" m'aura permis de vérifier le bon fonctionnement de mes glandes lacrymales. C'est déjà pas si mal.

Citation : There isn't one woman in a million who's found happiness in the back street of any man's life.

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Ci-dessus : Irene Dunne

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Ci-dessus : Irene Dunne & John Boles

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Ci-dessus : Irene Dunne & John Boles

 

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Disponible en DVD Zone 2 sous-titrée en français dans la collection "étoiles Universal"

Note : 7,5 / 10