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13/03/2015

Au fil de l'eau / House by the River - 1950

Il me semble assez difficile de parler de "House by the river", film en noir & blanc de Fritz Lang, sans parler des théories freudienne ou jungienne qui accompagne immanquablement le récit. Mais auparavant parlons, un peu du film dans la carrière de Lang. Il s'inscrit évidemment dans sa période américaine d'après guerre. On sait que Lang avait quitté l'Allemagne nazie après son entrevue avec Goebbels et s'était décidé à rejoindre la France, où il avait tourné "Liliom" (1934), avec Charles Boyer. Ensuite, comme les producteurs français rechignait à faire travailler un réalisateur allemand, il se décida à partir en Amérique. Sa carrière américaine est diversifiée et il a déjà tourné quelques films noirs, dès 1944, période de naissance ou renaissance du film noir, le film noir n'étant pour une bonne partie, que la continuité du film de gangsters des années 30. On peut donc citer dans la filmographie de Lang, "la femme au portrait" (1944), "la rue rouge" (1945) et "le secret derrière la porte" (1948). "House by the river" est quant à lui, un film étrange à plus d'un titre. Il est d'abord étrange par son intellectualité et ses références aux théories psychologiques évoquées plus haut. Ainsi, le film commence par un moment de distraction de l'anti-héros de l'histoire (joué par Louis Hayward), qui voit un petit scarabée sur une feuille de papier sur lequel il écrit son roman. Ce moment particulièrement anodin pour qui ne connaît pas la théorie de Jung sur la synchronicité, prend ici tout son sens. Ainsi, on se rappelle de cette phrase nominale de Jung : "Le voilà, votre scarabée", lorsqu'il dit à sa patiente en lui tendant un insecte apparu alors qu'elle racontait son rêve d'un scarabée d'or. Mais chez Lang, le scarabée n'est pas d'or, mais noir, comme un mauvais présage ou un signe macabre du destin. Lang va alors pousser l'anti-héros dans le cauchemar, en lui faisant tuer sa bonne par accident, par une espèce de pulsion sexuelle. Lang se joue aussi du fleuve, qui charie les déchets de la société humaine, cadavres d'animaux etc. Le fleuve représente donc autant le temps qui passe, que les fautes cachées au fond de l'âme. N'est il donc pas ici l'inconscient que tout être humain ne peut voir, ou sa propre conscience que tout assassin rejette. Tout ce scénario sexuellement morbide, est évidemment magnifié par la réalisation de Lang, et la qualité de la photographie exceptionnelle d'Edward Cronjager. "House by the river" est donc un excellent film noir, qui aurait malgré tout pu avoir un meilleur casting, en particulier dans le rôle joué par Jane Wyatt, qui ne m'a pas semblé ici totalement convaincante.

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Ci-dessus : Louis Hayward & Jane Wyatt

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Ci-dessus : Jane Wyatt & Lee Bowman

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Disponible en DVD zone 2 (en VO sous-titrée)

Note : 8 / 10

09/11/2014

Le cygne noir / The black Swan - 1942

Contrairement à Mr Bertrand Tavernier, dans sa présentation, je ne pense pas que "le cygne noir", soit le début d'un genre qu'on appelle "le film de pirates". En effet, Hollywood s'était intéressé dès les années 20 aux films de pirates. Ainsi on peut noter une première version du fameux roman de Rafael Sabatini, "Captain Blood"  en 1924, dirigée par David Smith, mais aussi dès 1904, "The Pirates" par un réalisateur inconnu. Je peux également citer dans les films notables, "l'île au trésor" de Victor Fleming, ou encore la nouvelle version de "Capitaine Blood" (1935) de Michael Curtiz avec Errol Flynn et Olivia de Havilland, mais aussi "l'aigle des mers" (1940) avec le même Errol Flynn et cette fois-ci Brenda Marshall dans une réalisation toujours de Michael Curtiz. Ces deux derniers films étant des films Warner Bros, on peut supposer que le cygne noir est la réponse de la Twentieth Century Fox, aux succès colossaux de la Warner, dans ce genre. On peut tout de suite remarquer que Tyrone Power apporte moins de physique à son personnage qu'Errol Flynn, mais il le compense par une touche d'humour décalé. Tyrone Power partage la vedette Maureen O'Hara. On retrouve cette dernière bien plus tard, dans un film de pirates avec Errol Flynn, "Against all flags" ou dans son titre français "A l'abordage" (1952). Concernant la distribution, on peut noter que Tyrone Power et Maureen O'Hara sont bien entourés avec des seconds rôles de choix comme Thomas Mitchell, père de Scarlett dans "Autant en emporte le vent" (1939), Georges Sanders. On se rappelle de lui pour son interprétation, de lord débauché dans "le portrait de Dorian Gray" (1945), ou dans "l'aveu " de Douglas Sirk. Mais il est également dans plusieurs films d'Hitchcock, comme "Rebecca" ou "Correspondant 17". A cette distribution déjà prestigieuse, il faut ajouter, le capitaine Morgan, joué par Laird Cregar, et Anthony Quinn. Ce dernier était habitué aux seconds rôles en 1942. Ainsi, on le verra la même année en chef sioux, dans "la charge fantastique" de Raoul Walsh, défiant le général Custer, joué par Flynn.

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Pour en revenir au "cygne noir", on ne peut pas dire qu'il soit meilleur que ses prédéceseurs. Pourtant il a plusieurs qualités en plus de son casting de choix. Il est en couleur, et il réserve quelques surprises. Pourtant le film, ne peut se défaire d'une certaine naïveté des personnages qui nuit à l'ensemble. Ainsi, les personnages sont d'un bloc, sans passé, sans aspérité. Le traître de service, est un faible, sans qualité. On se demande bien pourquoi la belle Maureen O'Hara, a pu tomber amoureuse de lui. La psychologie des personnages est donc assez faible, et destine clairement le film à un public d'enfants ou de jeunes adolescents. La musique d'Alfred Newman, n'est pas ici très imaginative, et on regrette les grandes envolées lyriques d'un Korngold dans "Capitaine Blood" (1935), ou du même dans "l'aigle des mers". Le film est assez bien réalisé par Henry King. Mais on a connu ce dernier plus inspiré. Le Technicolor est plutôt sympathique. On regrettera donc un scénario quelque peu simpliste, des personnages trop peu crédibles, et finalement un manque de majesté du film, face à d'autres productions plus anciennes de la Warner Bros. L'avantage du "cygne noir" est que l'aspect décors de studio apparaît moins prononcé que dans par exemple "Capitaine Blood". Quoiqu'il en soit, ce serait stupide de se priver d'une belle édition Bluray française et d'un film plutôt bon, mais pas exceptionnel.

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Ci-dessus : Tyrone Power

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Ci-dessus : Thomas Mtichell

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Ci-dessus : Tyrone Power (de dos) & George Sanders

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Ci-dessus : Tyrone Power & Maureen O'Hara

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Ci-dessus : Tyrone Power

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Ci-dessus : Maureen O'Hara

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Ci-dessus : Tyrone Power & Maureen O'Hara

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Ci-dessus : Maureen O'Hara, Tyrone Power (ligoté), Anthony Quinn, & Georges Sanders

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Film disponible en DVD & Bluray chez nos amis de Sidonis & Calysta (en VF et VO sous-titrée)

Note : 6,5 / 10