Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/01/2015

La Scandaleuse de Berlin / A Foreign Affair - 1948

Le hasard ou le bon Dieu, fait parfois bien les choses. Hier soir, un film semblait m'appeler : "la scandaleuse de Berlin" (1948) avec Marlene Dietrich. Pourtant, j'avais beaucoup d'autres films à voir. Mais celui-ci, me semblait à cet instant incontournable. Et ce matin quand je me lève, je tombe en allumant la télévision sur la galerie France 5 et sur un beau reportage sur Marlene Dietrich; étrange synchronicité pour le moins. Concernant "la scandaleuse de Berlin", il s'agit donc d'un film avec Marlene Dietrich, mais aussi Jean Arthur et John Lund. On note aussi la présence de Millard Mitchell en colonel. Millard Mitchell, on se rappelle de lui pour son rôle de producteur, dans "chantons sous la pluie" (1952). C'est une comédie en noir et blanc de Billy Wilder. Le film semble ennuyeux au début. En effet, on se demande bien ce que l'on va bien pouvoir trouver d'intéressant dans ce scénario qui nous montre, une délégation de membres du congrès américain, menée par une député psychorigide et frustrée, en la personne de Jean Arthur, en visite de le Berlin de l'après seconde guerre mondiale. Les images de la ville en ruines, défigurée par les bombardements alliés son particulièrement saisissantes. La visite de la ville par la délégation l'est tout autant. Après cette mise en place, le film va commencer à dérouler son sujet dans un ton doux amer, où la comédie rencontre souvent la misère des existences brisées. Mais le ton de Wilder n'est jamais dur contre les soldats des armées d'occupation ou les Berlinois. Wilder nous montre des Allemands qui tentent de survivre au jour le jour, et d'échapper à leurs vieux démons. Le film est tout autant une leçon sur la dénazification du pays.

 

cinéma,cinema,dvd,bluray,actrice,film,films

Marlene Dietrich, obtient peut être là son plus beau rôle. En effet, qui aurait pu mieux jouer, cette Allemande, à la recherche d'une survie tout autant matérielle que morale. On peut également noter que Wilder évoque très souvent la sexualité. Ainsi, il se joue des convenances de son temps, en se moquant de l'hypocrite esprit de son temps, à travers la député coincée, jouée par Jean Arthur. En effet, cette dernière s'offusque de ces militaires qui partent courtiser les Allemandes. Et un trio à un balcon, laisse supposer bien des jeux amoureux. Evidemment, dans le cinéma de cette époque, le sujet sexuel omniprésent est néanmoins uniquement suggéré intelligemment. Je ne peux finir cette note, sans parler du très beau noir et blanc, et donc de la belle photographie de Charles B Lang. "La scandaleuse de Berlin", reste donc un classique de Wilder, qui mérite d'être redécouvert, ne serait-ce que pour Marlene Dietrich.

cinéma,cinema,dvd,bluray,actrice,film,films

Ci-dessus : Marlene Dietrich

cinéma,cinema,dvd,bluray,actrice,film,films

Ci-dessus : Marlene Dietrich & John Lund

cinéma,cinema,dvd,bluray,actrice,film,films

Ci-dessus : Marlene Dietrich

cinéma,cinema,dvd,bluray,actrice,film,films

Ci-dessus : Jean Arthur

cinéma,cinema,dvd,bluray,actrice,film,films

Ci-dessus : Jean Arthur, John Lund & Marlene Dietrich

cinéma,cinema,dvd,bluray,actrice,film,films

Ci-dessus : Marlene Dietrich

cinéma,cinema,dvd,bluray,actrice,film,films

Ci-dessus : Marlene Dietrich & Billy Wilder

Film disponible en DVD Zone 2, en VO sous-titrée.

 

Documentaire sur Marlene Dietrich (Le Crépuscule D'un Ange / Marlene Dietrich) diffusé ce matin sur la galerie France 5 :

Note : 8 / 10

04/12/2013

L’extravagant Mr Deeds / Mr Deeds goes to town – 1936

Une nouvelle critique d'Olivier, qui cete fois-ci évoque, "l'extravagant Mr Deeds" avec Gary Cooper. La bande-annonce a rafraichi ma mémoire. A ce sujet, je devrais revoir ce film, car je ne me souviens que de bribes. Mais laissons la parole à Olivier !

Frank Capra a le don de réaliser des films qui font du bien. Les mots "the end" nous surprennent avec le sourire aux lèvres alors même que le propos du film peut être sérieux, voir grave. C’est le cas avec L’Extravagant Mr Deeds comme pour La vie est belle en 1946 déjà chroniqué sur ce blog par Stéphane. Mr Deeds, à la vie tranquille dans une petite ville, hérite d’une fortune d’un oncle qu’il ne connaissait pas. L’avocat new-yorkais du défunt n’aura cesse tout le long du film de faire signer à l’héritier les pleins pouvoirs pour la gestion de l’héritage. A cela s’ajoute l’intervention d’une journaliste qui piègera Mr Deeds pour mieux le ridiculiser et rendre ses articles plus sensationnels. Seulement le candide se révélera plus audacieux qu’aucun ne l’aurait cru. Ainsi posée, la situation initiale sert à la comédie et nous, spectateurs de 2013, avons vu de grandes quantités de films, sur ce ressort comique où l’idiot présumé finit par retourner la situation, pour nous prouver que « tel est pris qui croyait prendre ». Seulement ici, Franck Capra dépasse cette simple idée pour enrichir son film d’une réalité sociale où les décisions de quelques nantis font basculer les vies de nombreux gens. Il s’amuse au passage des journalistes, des écrivains condescendants et se moque de la justice quand elle fait appel à des experts.

26376.jpg

C’est tout le talent de Capra d’alterner sérieux et amusement et si le spectateur sourit, il attend surtout le dénouement qui vient avec un procès. Au centre il y a Gary Cooper qui porte le film avec son élégance naturelle qui lui permet d’éviter la caricature et de donner à son personnage une impression d’honnêteté et d’intelligence. On peut aussi remarquer le grand nombre de fois que Mr Deeds se fait habiller et déshabiller dans le film. Il y a les vêtements qu’on lui donne et ceux qu’il choisit comme il y a le regard que l’on porte sur lui et sa personnalité qui finira par s’affirmer.
Film optimiste, il a l’étonnante qualité de sonner juste encore aujourd’hui en traitant du chômage. Frank Capra recevra l’Oscar du meilleur réalisateur pour L’extravagant Mr Deeds en 1937. Il tournera deux autres films avec Jean Arthur et un autre avec Gary Cooper, L’homme de la rue en 1941.

large_499850.jpg

extravagant-monsieur-deeds-1936-07-g.jpg

extravagant-monsieur-deeds-1936-04-g.jpg

film-l-extravagant-mr-deeds4.jpeg

 

Bande-annonce en français :

La Note d'Olivier  : 7 / 10

28/09/2013

L'Homme des vallées perdues / Shane - 1953

Il y a quelques films touchés par la Grâce. "l'homme des vallées perdues" est clairement de ceux-ci. Pourtant, le scénario est très simple, vu et revu. En effet, l'histoire d'un gros éleveur de bétail, qui se refuse à partager les terres avec des fermiers sédentaires a été comptée de nombreuses fois, dans de très nombreux westerns. Mais là, le film aborde un thème nouveau, celui du héros solitaire, justicier dont personne ne sait d'où il vient, ni qui il peut bien être. Ainsi, sa probable identité n'est que donnée à la fin. En attendant, le film va nous proposer une relecture psychologique du western, mais aussi une lutte pour sa terre, contre ceux qui veulent se l'approprier, magnifié dans un environnement naturel somptueusement filmé et mis en valeur. On peut aussi voir, à travers le scénario adapté du roman de Jack Schaefer, une certaine définition du courage, et de la valeur de l'action individuelle, d'un homme pour une communauté.

20407291.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Mais ce qui fait de "l'homme des vallées perdues", un film légendaire ce n'est pas tant les rapports ambigües entre le héros et la femme de son ami et patron, ou dans le rôle de second père qu'il joue auprès du fils de la maison. Ce qui fait de "Shane", une véritable légende du western, c'est la noblesse qu'il découle du personnage d'Alan Ladd, mais aussi de la véritable noblesse que la réalisation arriver à dégager de ces pauvres fermiers, dont le travail, le courage et la volonté arrivent à forcer, contre toute attente, l'admiration du spectateur. Cette noblesse est magnifiée par la musique de Victor Young, qui signe ici une de ses plus belles partitions, et qui font assurément de "Shane" un western unique.

001.jpg

Ci-dessus : Van Heflin, Alan Ladd et le jeune Brandon de Wilde

De plus, le réalisateur George Stevens, nous fait bénéficier d'une vision très réaliste de la violence. Ainsi, pour 1953, le film est très violent. Et les différentes bagarres, et duels au pistolet ne sont pas des combats à la papa, comme on pouvait en voir dans d'autres westerns des années 50. Ici le sang coule, la violence est brutale, les coups font mal. George Stevens avait eu une expérience de la guerre. On se rappelle évidemment de sa réalisation de films documentaires pendant la deuxième guerre mondiale. Ainsi, il était revenu avec une expérience de la guerre, qui lui faisait refuser une non description réaliste de la violence. Ainsi, les combats au pistolet sont rendus réalistes par un système censé projeter en arrière, l'acteur touché, pour recréer l'impact d'une balle sur un corps,.

000ff9ad.jpg

Ci-dessus : Alan Ladd

"Shane" se retrouve donc au carrefour du western, irrigué par un esprit et une inspiration très fordienne, de la noblesse des petites gens que l'on retrouve dans tant de films de Ford. Mais le film est parcouru aussi par une réalisation très moderne, qui préfigure la violence de la fin des années 60 et un certain Clint Eastwood, qui reprendra le thème du justicier solitaire dans "Pale Rider" On a donc avec "l'homme des vallées perdues", un film digne des meilleurs John Ford. Le film portait par une incroyable grâce et une noblesse à tout épreuve, est à n'en pas douter mythique. Si il y a un western à posséder, c'est peut être bien celui-là. Quand le cinéma atteint à un tel niveau de perfection, on ne peut que rester béat d'admiration devant le résultat. Et quand un film arrive à nous arracher des larmes, comme les adieux du petit garçon à son héros, c'est qu'il a réussi à toucher au but. "Shane" ? c'est peut être le plus beau western du monde.

tumblr_mjw44glHMR1rrcm2lo1_1280.jpg

Ci-dessus : Jack Palance

 

Extrait de la musique de Victor Young :

 

Bande-annonce :

http://www.youtube.com/watch?v=UbuFb3jKgRM

 

Disponible en DVD et Bluray VF et VO sous-titrée

Note : 10 / 10