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03/05/2015

Poursuites dans la nuit / Nightfall - 1957

"Poursuites dans la nuit" est un film noir de Jacques Tourneur, adapté d'un roman de David Goodis. Tyrone Power et Ted Richmond, en avait racheté les droits pour leur société de production Copa. Le film en noir & blanc, reprend dans sa première partie les grands thèmes du film noir pour ensuite les détruire dans une antithèse qui débouche dans un final en forme de synthèse et de conclusion. La première partie, nous montre donc un homme en fuite (Aldo Ray), soupçonné de meurtre. Il est également mêlé à la disparition du butin d'un braquage de banque. Ainsi, la police, un agent d'assurance, mais aussi la mafia locale le poursuivent. Il doit donc se terrer chez lui, et ne supporte plus la lumière. Cette première partie reprend donc les thèmes du film noir. Elle est filmée dans la semi-obscurité. Il y a une femme fatale, des tueurs, et on ne sait pas bien ce que sont certains personnages. Ensuite dans la deuxième partie, les thèmes s'inversent la femme fatale, devient un secours, l'obscurité et le monde de la nuit font place à la lumière des montagnes enneigées. Mais comme souvent chez Tourneur ou dans le film noir, l'aventure n'est pas exaltante. Elle gêne la vie des personnages. Et le destin tombe encore une fois, sur un personnage qui ne demandait qu'à vivre tranquillement le cours de leur son existence. Le casting n'est pas mauvais. Anne Bancroft est convaincante, Aldo Ray aussi, le gangster rieur joué par Rudy Bond aussi. Par contre, je trouve qu'il y a une espèce de ressemblance entre Aldo Ray et Brian Keith, qui n'aide pas à la visibilité du film. Enfin la photographie de Burnett Guffey, est très souvent plate. On est assez loin de la superbe photographie du film noir américain du milieu des années 40. Ainsi, si on peut considérer que "Poursuites dans la nuit" est un bon film noir qui renouvelle le genre, il n'en reste pas moins en retrait, à cause d'un casting pas totalement finalisé, une photographie un peu plate, et des ellipses scénaristiques pas toujours du meilleur goût. Mais c'est vrai que c'est toujours un plaisir de revoir la belle Anne Bancroft.

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Ci-dessus : Anne Bancroft & Aldo Ray

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Ci-dessus : Anne Bancroft & Aldo Ray

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Ci-dessus : Anne Bancroft

Disponible dans une superbe édition DVD Zone 2, chez WildSide en VO sous-titrée français, incluant un livre présentant le film.

Note  6,5 / 10

12/07/2013

Stars in my Crown - 1950

"Stars in my crown" est un mélodrame inédit en France, sorti aux USA en 1950 et donc ne possédant pas de titre français. On pourrait traduire ce titre par "des étoiles dans ma couronne". Le film (en noir et blanc) est tiré du roman de Joe David Brown. Le film est considéré par son réalisateur Jacques Tourneur, comme son film préféré. Il l'évoquera d'ailleurs longuement dans une interview donné à FR3 en 1977. L'auteur devait remercier Tourneur pour la qualité de son travail et pour la qualité de l'adaptation. Pourtant, "Stars in my crown" n'a pas vraiment un sujet pour un public français. Ainsi, le film raconte l'histoire d'une petite ville du Sud des Etats-Unis après la guerre de sécession, avec la vie et la mort de ses habitants. Et cette histoire est parcourue par la vie du pasteur et de sa femme, et tout ça est vu par le regard d'un jeune garçon. C'est peut être ce sujet très américain, qui explique sa non distribution en France. Le sujet évite la critique social de film comme "Quelle était verte ma vallée" de Ford, et le scénario concentre son propos sur les passions humaines, et sur la vie et la mort. On peut regretter qu'il n'y ait pas un peu plus de romance quand même. L'action est quant à elle, presque totalement évacuée du propos. Il ne faut donc pas s'attendre ici à des attaques de diligences ou de banques.

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Pour le casting, on a droit à Joel McCrea,  Ellen Drew, Dean Stockwell, Alan Hale, et Lewis Stone. Née EEsther Loretta Ray en 1915, Ellen Drew était la fille d'un barbier irlandais. Elle a travaill dans plusieurs emplois (comptable, vendeuse) pour soutenir sa famille jusqu'à ce que sa bonne mine et son visage frais, lui valurent de gagner des concours de beauté. Encouragée à tenter sa chance à Hollywood, elle a été découverte dans lieu assez étrange. Pendant qu'elle travaillait dans un magasin de crème glacée, William Demarest (un client) l'a remarqua, et contribua à la mettre sous contrat aux studios de Paramount en 1936. Initialement annoncée comme Terry Ray, elle a été mis en disponibilité pendant deux ans jusqu'à ce que finalement on lui donne un rôle  dans une comédie musicale "Les bébés turbulents" (1938). Ses cheveux ont été changés de brune à Auburn et son surnom est passé de Terry Ray à Ellen Drew. Ellen semblait destinée à la célébrité de haut vol, Mais elle n'a jamais réussi à se distinguer parmi la foule de beautés hollywoodiennes de l'époque. Malgré de nombreux rôles intéressants, notamment ave Dick Powell dans  "L'Heure du crime" (1947), la carrière cinématographique de Ellen s'est presque arrêtée ensuite. On la remarque encore dans "le cavalier de la mort" (1951) avec Randolph Scott. Dans les années 1950, on l'a vue surtout à la télévision avant de se retirer de la décennie suivante. Mariée quatre fois, elle a laissé un fils et plusieurs petits-enfants quand elle est décédée en 2003 à l'âge de 88 ans, en Californie d'une maladie du foie.

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Dean Stockwell c'est bien évidemment le personnage d'Al de la série "Code Quantum". Il avait débuté quelques années auparavant dans "la vallée du jugement" (1945). Alan Hale c'est quant à lui, le faire-valoir des films de Flynn, et Lewis Stone c'est le formidable acteur présent dans les deux versions de Scaramouche et qui avait commencé sa carrière au cinéma par des films muets.

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Au premier abord, "Stars in my crown" semble peu propice à succiter l'intérêt du spectateur, mais finalement on s'attache  à l'histoire de tous ces personnages. Et on regarde avec nostalgie et émotion, cette époque (a t'elle existé ?) où on pouvait faire fuir le ku klux klan par quelques bonne paroles. Film d'une époque, "Stars in my crown" est aussi la célébration d'une Amérique chrétienne et de ses valeurs, un cinéma des bons sentiments, on aime, ou pas.

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Disponible dans les trésors Warner en Zone 2 sur le site de la Warner (France)


Extrait :


Bande-annonce :

http://www.youtube.com/v/zJao3RKYQWY?hl


Note : 7,5 / 10

09/07/2013

Angoisse / Experiment Perilous - 1944

"Angoisse" est un film de Jacques Tourneur de 1944, produit par la RKO. Les trois principales vedettes sont George Brent, Hedy Lamarr et Paul Lukas. Paul Lukas était un acteur d'origine hongroise, après une carrière parsemée de petits rôles, il devait atteindre la consécration en 1943 dans "Saboteur sans gloire" avec Errol Flynn, mais surtout en 1944 avec "quand le jour viendra" pour lequel il obtiendra l'oscar  et le golden globe du meilleur acteur, malgré la concurrence de Humphrey Bogart et Gary Cooper. Quand à George Brent on se rappelle surtout de lui pour ses rôles dans de nombreux films de Bette Davis, comme "l'Insoumise" (1938), "la vieille fille" (1939), "This is your life" (1942), mais surtout "Victoire sur la nuit" (1939), formidable leçon de vie, où Brent interprêtait un médecin qui accompagnait par son amour les derniers instants de sa patiente, devenue sa femme. Le film annonçait qu'il n'y avait rien à attendre de la vie, sinon l'amour et que la mort n'était alors qu'une fin normale.

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Dans ce film, on ne peut pas dire que Tourneur était très inspiré. La qualité de l'image assez médiocre n'aide d'ailleurs guère à bien noter le film. Les acteurs font ce qu'ils peuvent pour donner un peu de crédibilité à l'ensemble, mais la sauce ne prend guère. Hedy Lamarr est toujours aussi belle, mais également toujours aussi inexpressive. Enfin le personnage de George Brent est un peu agaçant et on le sent un peu détaché, voir dépassé par son rôle. Il reste enfin l'histoire qui n'effraie guère, mais qui aborde lointainement la maltraitance d'un enfant par son père. Les ressorts psychologiques de l'intrigue maintiennent l'attention du spectateur et sont parfaitement réalistes.Mais on a fait bien mieux, dans le mélodrame psychologique, à cette époque. Le film n'ennuie pas, mais ne passionne guère. On quitte donc "angoisse" avec l'image de la belle scène finale d'un pré rempli de fleurs, et par quelques beaux passages musicaux de Roy Webb. Sinon, on reste un peu sur sa faim et on regrette que le scénario n'ait pas été un peu plus étoffé.

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Note : 6 / 10

06/07/2013

Le Gaucho / Way of a Gaucho - 1952

J'espère ne pas décevoir les fous de politique qui naviguent tous les jours sur Hautetfort, mais le sujet de mon article est "Le Gaucho", western assez exotique de Jacques Tourneur, se déroulant en Argentine en 1875.  Le film raconte, l'histoire d'un gaucho Martin Penalosa (Rory Calhoun), en lutte contre l'autorité et ses amours avec Teresa Chavez (Gene Tierney), une aristocrate. Le film devait initialement être tourné par Henry King, et joué par Tyrone Power. Mais on ne sais pas, si c'est le sujet qui désinteressa King ou la maladie de sa femme, mais quoiqu'il en soit, il fut remplacé par Tourneur, et King étant le réalisateur attitré de Tyrone Power, ce dernier se décida à lui aussi quitter le projet. C'est ainsi que Jacques Tourneur hérita du film. Et force de constater que ce n'est pas un mal. En effet, Tourneur multiplie les plans d'exceptions, que ce soit dans la mise en valeur des grands espaces de la Pampa Argentine, ou dans sa façon de filmer les personnages en particulier la belle Gene Tierney, avec dans tout ça, une esthétique que l'on pourrait qualifier de très fordienne.

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Rory Calhoun et Richard Boone se partagent la vedette et malheureusement si Gene Tierney est bien filmée, elle n'a ici qu'un rôle de faire-valoir. On peut aupposer que la Fox avait déjà connaissance de ses problèmes dans sa vie privée, qui deveit mener la même année à un divorce, et quelques années plus tard à son internement. La Fox avait donc peut être peur de lui donner des rôles trop important à cette époque là. Richard Boone, c'est bien évidemment le Sam Houston du célèbre 'Alamo" (1960) de John Wayne. Mais il tourna dans de très nombreux westerns. On peut ainsi citer par exemple, "L'Attaque de la rivière rouge" (1954), " Dix hommes à abattre" (1955), "l'homme qui n'a pas d'étoile" (1955). Rory Calhoun était quant à lui, le fils d'un joueur professionnel, il était d'ascendance irlandaise et anglaise. Il était âgé de seulement neuf mois quand son père mourut. La mère de Calhoun s'est ensuite remarié. A treize ans, Calhoun a volé un revolver, pour lequel il a été envoyé dans une maison de redressement. Il s'en est échappé , et après avoir volé plusieurs magasins de bijoux, il a volé une voiture et l'a conduit à travers plusieurs états. Repris, il a été condamné à trois ans de pénitencier à Springfield, Missouri. Après avoir terminé sa peine, il a été transféré à la prison de San Quentin. Il y resta jusqu'à ce qu'il soit libéré sur parole peu avant son vingt et unième anniversaire. On conviendra que c'était de drôles de débuts pour une future vedette du cinéma.

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Ci-dessus : Gene Tierney filmée par Tourneur

On notera une belle étude de la musisque de Sol Kaplan par Bertrand Tavernier. En effet, il explique que la Fox avait interdit l'utilisation de certains instruments pour ne pas trop déconcerté le public américain, et que l'on se retrouve donc avec une musique encore très symphonique. Il n'en reste pas moins qu'elle ne déparaît pas dans l'ensemble. Alors que peut on reprocher à ce "Gaucho" ? Pas grand chose à vrai dire, si ce n'est peut être une certaine lenteur narrative, et un scénario très binaire qui se limite à la lutte entre deux hommes, qui fait parfois penser aux "Misérables" d'Hugo. Pour le reste, il n'y a rien à enlever à une oeuvre admirable, qui pousse très loin les limites du Western et nous emmène dans des contrées inconnues où le rêve prend toute sa grandeur, comme si l'Ouest américain devenait alors trop petit pour la caméra de Tourneur. Le dépaysement est donc total, et le spectateur ne peut que rester admiratif devant un western pas comme les autres. On regrettera malgré tout une image finalement moyenne et des couleurs un peu délavées, qui mériterait une restauration complète, surtout pour une oeuvre d'une telle valeur cinématographique.

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Ci-dessus : Rory Calhoun et Gene Tierney

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Extrait d'une des plus belles scènes du film :

http://www.youtube.com/embed/q_M469Z0rwU

 

Reportage sur le réalisateur Jacques Tourneur :

 

http://www.youtube.com/embed/ZgHwE68lFXQ

 

Film disponible en DVD et Bluray chez Sidonis.

Note : 8,5 / 10