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28/12/2015

Une partie de campagne - 1936

Une fois n'est pas coutume, je vais dans cette note célébré le cinéma français, pas cette chose généralement sans saveur et sans goût qu'il est devenu aujourd'hui, mais ce qu'il était hier : beau et grand à la fois. Ainsi, dans les maîtres du cinéma français d'autrefois, il faut écrire en lettres d'or, sur le fronton du Panthéon des génies du cinéma, le nom de Jean Renoir. J'ai vu hier un "petit film" de quarante minutes, que certains pourraient regarder avec un dédain hautain. Mais ce serait une grave erreur de jugement. En effet, ce moyen-métrage adapté d'une nouvelle de Maupassant, est peut être le plus grand film de Jean Renoir. Tout y est, la beauté de la nature, tant célébré par le père du réalisateur (le célèbre Auguste Renoir); mais on y trouve aussi, la grâce, l'amour, et aussi la fragilité de ce dernier, devant la destinée implacable qui contraint, les plus forts sentiments de l'Homme. "Une partie de campagne"a un scénario parfait, tiré d'une nouvelle de Maupassant initialement publiée dans La Vie moderne des 2 et avant d'être intégrée au recueil "la maison Tellier". Le scénario nous raconte l'après-midi à la campagne, d'un quincailler et de sa famille (sa femme, sa fille et son futur gendre). Sur ce thème, Jean Renoir se plaît à faire revivre l'impressionnisme de son père Auguste et de ses contemporains, comme Gustave Caillebotte ou Paul Cézanne. Mais c'est évidemment sa filiation qu'il veut mettre en avant. "Une partie de campagne" nous fait revivre une banlieue parisienne rêvée, toute encore campagnarde, une France de l'insouciance, un Paradis sur la terre, où hommes et femmes batifolent sans se soucier du lendemain. Mais il s'arrête aussi sur ces sentiments plus forts, que rien ne peut détruire mais que la destinée et le monde vont contraindre. Comme je l'ai dit, Renoir prend la suite de son père, et célèbre la nature, sa grandeur, et sa sensualité. Mais il y célèbre aussi les femmes de l'époque de son père, leurs amours et leurs vies contraintes. C'est la France d'avant-hier, un Paradis perdu qu'il nous décrit, sous nos yeux émerveillés. A t'il jamais existé ? Quoiqu'il en soit l'orage clôture la partie de campagne, comme pour chasser Adam et Eve du Paradis. La mélancolie remplacera la joie. Et trois ans après le tournage de ce film, la guerre embrasera la France. C'est pour tout cela qu'une partie de campagne, reste comme un film béni du cinéma français. En nos temps troublés, il mériterait bien d'être diffusé dans toutes les classes de France et de Navarre, pour montrer au jeune public ce que peut être la nature, la beauté, la joie, et l'amour. "Une partie de campagne" est aussi beau et magnifique qu'un flirt un beau dimanche de juin au bord de l'eau. C'est une bénédiction.

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Ci-dessus : Sylvia Bataille

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Ci-dessus : Jane Marken & Sylvia Bataille

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Ci-dessus : Jacques Brunius & Sylvia Bataille

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Ci-dessus : Sylvia Bataille & Georges Darnoux

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Ci-dessus : Sylvia Bataille & Georges Darnoux

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Ci-dessus : Georges Darnoux, Jacques Brunius, Sylvia Bataille & Jane Marken

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Ci-dessus : l'équipe sur le tournage

 

 Ci-dessous la bande-annonce :

Disponible en version restaurée, chez M6 Vidéo dans un coffret Jean Renoir comprenant également "la chienne" avec Michel Simon.

 

 Note : 10 / 10

26/12/2012

Antoine et Antoinette - 1947

Quelques mots sur "Antoine et Antoinette" de Jacques Becker. Ce film n'est pas le plus célèbre de la filmographie de Becker. Mais il a beaucoup de qualités. Les premières quarantaine de minutes du film ne raconte pas grand chose sinon la vie simple d'un couple ouvrier en 1947. Le couple a peu d'argent, mais beaucoup de rêves. Leur vie est simple, sans télévision, et on bricole une vieille radio pour avoir un peu de musique. L'irruption d'un billet de loterie gagnant va donner du mouvement et de l'action au film qui en manquait jusque là. Le génie de Becker est de lier les 2 parties si différentes du film sans que le spectateur y remarque quelque chose.

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Ce film est intéressant car il permet de regarder dans le rétroviseur et voir ce que nous sommes devenus. Il n'est pas sûr que nous soyons plus heureux aujourd'hui avec tout le confort moderne, internet, la télévision, le homecinéma, etc. Le film de Becker peut se résumer en cette phrase : l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. C'est sur cette simple idée que Becker a construit son film. On trouvera peut être une couleur communiste, avec le bourgeois (le patron d'un petit magasin joué par Noël Roquevert) qui semble exploiter sexuellement une employée, et qui veut séduire à tout prix la femme de l'ouvrier ou les employées de grands magasins sous la botte du patron. Mais on ne s'y attarde pas. On regarde une France de 1947, qui semble insouciante et confiante dans le lendemain avec pourtant pas grand chose en poche et beaucoup d'heures de travail. On voit des emplois industriels en France, et des gens qui se parlent dans une société qui semble plus humaine. Quant au film il reste beaucoup moins noir et dramatique que les derniers films de l'oeuvre de Jacques Becker. On a là un Becker optimiste et finalement quand on y réfléchit, ce n'est pas rien.

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Ci-dessus : Roger Pigaut et Claire Mafféi (à noter que cette scène d'un couple dormant dans un même lit était inimaginable à Hollywood en 1947).

 

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Ci-dessus, affiche de cinéma à la sortie du film :


NOTE : 6,5 / 10

09/11/2012

Casque d'or - 1952

Je suis fier de vous présenter aujourd'hui "casque d'or" dans le cadre de sa récente sortie Bluray. Ce film a été tourné il y a 60 ans et reste encore aujourd'hui une pure merveille ! L'histoire qui raconte la vie d'un couple malheureux à la belle époque est particulièrement touchante. Mais cela n'est rien car il faut ajouter l'extraordinaire génie du réalisateur Jacques Becker. Dire qu'il a été bon sur "Casque d'or" serait lui faire insulte. Il n'a pas seulement été bon, il a été extraordinaire. Chaque plan nous fait entrer en plein dans la belle époque sans aucune espèce de doute. Donc grâce au génie de Becker on se ballade littéralement sur la Seine, on va aux guinguettes, on danse avec les acteurs. Mais pas seulement, car on a également tout l'argot de l'époque avec les "Ta gueule !", "Je l'emmerde" etc. Mais le génie de Becker c'est qu'en plus d'être foncièrement réaliste, il magnifie le noir et blanc et ainsi le film doit aussi beaucoup à la photographie de Robert Lefebvre.


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Il y a quelques semaines j'avais fait une note sur "Montparnasse 19" où je parlais déjà du génie de Becker. Mais là, on a avec "Casque d'or" non seulement un très grand film français, mais également un chef d'oeuvre cinématographique absolu. Les Avengers, les Batman et Spiderman peuvent bien déferler par vague sur les écrans français d'aujourd'hui, jamais ils ne pourront retirer une miette au génie féérique de Becker dans "Casque d'or". Car ce dernier a également magnifié chaque acteur et a fait de chacun un personnage à part entière. Ainsi, Simone Signoret et Serge Reggiani en têtes, savent faire passer leurs émotions comme personne. Et le moindre second rôle est aussi au niveau.

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Ci-dessus, la fameuse scène du bal :

Mon maître spirituel, Mr Patrick Brion disait avec la plus grande intelligence : "Quand j'entends dire que l'on va voir un « vieux film », cela m'agace ! Dit-on que l'on va voir de « vieux tableaux » quand on visite le Louvre ou Orsay ? Il est regrettable que le cinéma ne soit pas - ou si peu - enseigné à l'école, alors que les jeunes forment un public particulièrement réceptif et curieux. Le cinéma peut toucher tout le monde, si l'on se donne la peine de montrer aux gens les meilleurs films." Et cela est bien vrai Mr Brion, les films comme ce "Casque d'or", ont traversé les générations et les époques et continueront de les traverser, car la beauté pur et absolu d'un tel chef-d'oeuvre peut toucher chacun d'entre nous. Pour ma part, je suis particulièrement heureux de voir ce type de film ressortir en Bluray et qu'une nouvelle génération (la mienne) et les suivantes puissent les découvrir ou les redécouvrir et bénéficier de la meilleure image pour voir un film impérissable comme celui-ci. Car n'en doutez jamais si "Casque d'or" parle des gens qui vivaient en France en 1900, ils parlent aussi de vous, et de ce que nos aînés nous ont laissé en héritage. Ami qui lit cette note, je te l'assure, vois "Casque d'or", ce film est beau et triste comme un premier amour, magnifique et tragique comme la vie. Et c'est bien pour cela qu'il nous ressemble tellement.

 

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Ci-dessus : Serge Reggiani et Simone Signoret

 

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 Ci-dessus, un génie du cinéma, Mr Jacques Becker :

 

La bande-annonce :

 

NOTE : 9 / 10

07/10/2012

Les amants de Montparnasse (Montparnasse 19) - 1957

Aujourd'hui j'ai décidé de faire la promotion d'un film français réellement magnifique. Ainsi, je ne saurais trop vous conseiller la vision des Amants de Montparnasse de Jacques Becker. En effet, le film a pour sujet la dernière année de la vie tourmentée du peintre Modigliani. Gérard Philipe joue le peintre et Anouk Aimée sa femme. Si la ressemblance entre Gérard Philipe et le peintre est peu évidente, elle est frappante entre Anouk Aimée et la femme du peintre. Le film est un pur chef d'oeuvre. Alors bien sûr on peut reprocher une certaine longueur, une certaine langueur. Mais le peintre n'a t'il pas vécu un peu cela ? Le sujet principal est quand même le mal être des artistes de génie, qui sont abandonnés par la société, et dont les oeuvres finissent par garnir tous les musées du monde. En voyant ce film, on peut se poser beaucoup de questions sur la place de l'artiste dans notre monde. On peut se poser des questions et se demander si c'est Modigliani qui est schyzophrène ou la société qui ne lui donnera une place que quand il sera mort. A ce titre le personnage de Lino Ventura est proprement terrifiant. Il joue le rôle d'un patron de galeries qui attend la mort du peintre tel un vautour et qui ne fera rien pour retarder sa fin.

 

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Le film a subi beaucoup de retouches au moment de sa création. En effet, il devait être tourné par Max Ophuls et ce dernier avait écrit le scénario original avec Henri Jeanson. Finalement Max Ophuls étant mort avant le début du tournage, c'est Jacques Becker qui repris l'ouvrage. Mais il était peu enthousiasme pour faire ce film et il préférait des scénarios sur des gens ordinaires et plus ramassés avec une trame se déroulant sur quelques jours. Il se décida donc à modifier le scénario de Jeanson. Et donc il enleva beaucoup de longues tirades et scènes qui auraient alourdi plus que possible le métrage. Le scénario ne respecte pas réellement d'ailleurs la véracité historique. Jeanson devint furieux quand il apprit cela et écrivit une lettre terrible à Gérard Philippe pour le prévenir avant le début du tournage de ce qu'avait fait Becker. Tout cela se termina finalement en procès et Becker fut condamné à payer 1 Franc de dommages et intérêts à Jeanson.

 

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Néanmoins avant le procès le film se tourna et malgré la naissance difficile de cette oeuvre, il faut bien reconnaître qu'on a sur l'écran un pur chef d'oeuvre du cinéma français, autant au niveau de la maîtrise du noir et blanc et de ses lumières, que sur certains plans qui passent d'un paysage à un personnage. La musique obsédante au possible de Paul Miskaris fait aussi beaucoup et nous fait littéralement entré dans le mal être de l'artiste créateur. Du grand cinéma. Définitivement.

 

Ci-dessous Lili Palmer :

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Ci-dessous Anouk Aimée :

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Merci à Gaumont pour la superbe restauration Bluray et pour les nombreux et long bonus de la dernière édition Bluray.


Note : 8,5 / 10