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19/02/2014

La légion des damnés / La Legione dei dannati - 1969

Je ne me suis pas méfié en achetant "la légion des damnés", pourtant un coup d'oeil sur l'horrible filmographie d'Umberto Lenzi aurait du me mettre la puce à l'oreille. En effet, on trouve quand même dans sa filmographie : "Maciste contre Zorro" (1963), "la secte des cannibales" (1980), ou encore "Cannibales Ferox" ... Vous voyez le genre. On navigue donc entre le nanar et des films gores sordides interdits jusqu'en 2002 dans 31 pays. Pour ma part, si j'avais fait attention à la filmographie de Lenzi, évidemment je n'aurais jamais acheté "la légion des damnés". Ceci dit, on est ici dans le film de guerre, pas dans le gore. Enfin, je ne sais pas si cette chose filmée est  réellement du cinéma. En effet, c'est horriblement filmé. Certaines scènes sont floues. Lenzi abuse de gros plans, voulant sans doute impressionner le spectateur, malheureusement le rendu est pitoyable et grotestque. Le comique involontaire du film est peut être une des seules qualités du film, où se sont perdus Jack Palance et Curd Jürgens. A ce titre Jack Palance n'est absolument pas crédible en colonel anglais qui insulte son supérieur. On arrive donc à regarder les deux scènes avec Curd Jürgens. Le reste est totalement insupportable et ignoble cinématographiquement parlant. Pourquoi Siconis & Calysta ont ils sorti un tel navet en Bluray, alors qu'il y a tellement de films classiques formidables à ressortir ? Mystère. En tous les cas, Mr Patrick Brion et Mr Bernard Tavernier n'ont pas voulu commenter le film et ainsi ne pas participer au naufrage de cette sortie, dans lequel rien est à sauver. Ils ont bien eu raison.

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Film malheureusement disponible chez Sidonis & Calysta en Bluray et DVD VF et VO sous-titrée

Note : 1 / 10

22/11/2013

Okinawa / Halls of Montezuma - 1950

"Okinawa" ou en anglais "Halls of Montezuma" reprend le titre en anglais de l'hymne des Marines. On comprend que pour le public français, on prenne plutôt le titre de la célèbre bataille du Pacifique, car de toute façon c'est bien de cela qu'il s'agit. Le film est réalisté par Lewis Mileston, vétéran du film de guerre. Lewis Milestone c'est évidemment le réalisateur de "à l'ouest rien de nouveau" (1930), mais aussi de "l'ange des Ténèbres" (1943) de "Prisonniers de Satan" (1944) avec Dana Andrews, du "commando de la mort (1945) avec encore Dana Andrews, ou encore de "la gloire et la peur" (1959), superbe film avec Gregory Peck. Ici avec Okinawa, Milestone nous invite à rentrer dans l'esprit des officiers et des soldats. On découvre ainsi que le personnage d'officier de Richard Widmark, était professeur dans la vie civile. Et encore mieux, Milestone et les scénaristes nous font entrer dans l'esprit de Widmark avant le débarquement sur l'île d'Okinawa. On peut alors comprendre ses peurs et ses doutes, qu'ils gardent pour lui. Tout cela fait penser à n'en pas douter à "la ligne rouge" (1998) de Terrence Malick. On sent bien que Malick a puisé aux sources d'Okinawa pour écrire son film sur le débarquement des Marines à Guadalcanal. Et si l'esthétique de Malick est parfaite, l'esthétique de Milestone, n'est pas moins parfaite.

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Il faut ajouter que la distribution est également très bonne, car en plus de Richard Widmard, on retrouve Jack Palance,  Robert Wagner, et Karl Malden. Le film est donc très bon dans sa première partie. Et si il ralentit dans sa deuxième et troisième partie, il n'en reste pas moins excellent. Car Milestone montre alors le côté chaotique de la guerre. En effet, les Marines ne savent pas qui est derrière un rocher, un arbre, ou ce qu'ils trouveront au détour d'un chemin. Les critiques qui n'ont pas apprécié cela dans le film de Milestone, n'ont rien compris.  Okinawa mérite donc fortement d'être réévalué, pour son inspiration dans le film de Terrence Malick, "la ligne rouge", mais aussi pour une vision des conflits mondiaux, par un très très grand réalisateur de films de guerre.

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Ci-dessus : Richard Widmark

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Ci-dessus : Karl Malden

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Ci-dessus : Richard Widmark

 

Disponible en DVD et Bluray Zone B avec VF et VO sous-titrée

 

Note : 7 / 10

28/09/2013

L'Homme des vallées perdues / Shane - 1953

Il y a quelques films touchés par la Grâce. "l'homme des vallées perdues" est clairement de ceux-ci. Pourtant, le scénario est très simple, vu et revu. En effet, l'histoire d'un gros éleveur de bétail, qui se refuse à partager les terres avec des fermiers sédentaires a été comptée de nombreuses fois, dans de très nombreux westerns. Mais là, le film aborde un thème nouveau, celui du héros solitaire, justicier dont personne ne sait d'où il vient, ni qui il peut bien être. Ainsi, sa probable identité n'est que donnée à la fin. En attendant, le film va nous proposer une relecture psychologique du western, mais aussi une lutte pour sa terre, contre ceux qui veulent se l'approprier, magnifié dans un environnement naturel somptueusement filmé et mis en valeur. On peut aussi voir, à travers le scénario adapté du roman de Jack Schaefer, une certaine définition du courage, et de la valeur de l'action individuelle, d'un homme pour une communauté.

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Mais ce qui fait de "l'homme des vallées perdues", un film légendaire ce n'est pas tant les rapports ambigües entre le héros et la femme de son ami et patron, ou dans le rôle de second père qu'il joue auprès du fils de la maison. Ce qui fait de "Shane", une véritable légende du western, c'est la noblesse qu'il découle du personnage d'Alan Ladd, mais aussi de la véritable noblesse que la réalisation arriver à dégager de ces pauvres fermiers, dont le travail, le courage et la volonté arrivent à forcer, contre toute attente, l'admiration du spectateur. Cette noblesse est magnifiée par la musique de Victor Young, qui signe ici une de ses plus belles partitions, et qui font assurément de "Shane" un western unique.

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Ci-dessus : Van Heflin, Alan Ladd et le jeune Brandon de Wilde

De plus, le réalisateur George Stevens, nous fait bénéficier d'une vision très réaliste de la violence. Ainsi, pour 1953, le film est très violent. Et les différentes bagarres, et duels au pistolet ne sont pas des combats à la papa, comme on pouvait en voir dans d'autres westerns des années 50. Ici le sang coule, la violence est brutale, les coups font mal. George Stevens avait eu une expérience de la guerre. On se rappelle évidemment de sa réalisation de films documentaires pendant la deuxième guerre mondiale. Ainsi, il était revenu avec une expérience de la guerre, qui lui faisait refuser une non description réaliste de la violence. Ainsi, les combats au pistolet sont rendus réalistes par un système censé projeter en arrière, l'acteur touché, pour recréer l'impact d'une balle sur un corps,.

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Ci-dessus : Alan Ladd

"Shane" se retrouve donc au carrefour du western, irrigué par un esprit et une inspiration très fordienne, de la noblesse des petites gens que l'on retrouve dans tant de films de Ford. Mais le film est parcouru aussi par une réalisation très moderne, qui préfigure la violence de la fin des années 60 et un certain Clint Eastwood, qui reprendra le thème du justicier solitaire dans "Pale Rider" On a donc avec "l'homme des vallées perdues", un film digne des meilleurs John Ford. Le film portait par une incroyable grâce et une noblesse à tout épreuve, est à n'en pas douter mythique. Si il y a un western à posséder, c'est peut être bien celui-là. Quand le cinéma atteint à un tel niveau de perfection, on ne peut que rester béat d'admiration devant le résultat. Et quand un film arrive à nous arracher des larmes, comme les adieux du petit garçon à son héros, c'est qu'il a réussi à toucher au but. "Shane" ? c'est peut être le plus beau western du monde.

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Ci-dessus : Jack Palance

 

Extrait de la musique de Victor Young :

 

Bande-annonce :

http://www.youtube.com/watch?v=UbuFb3jKgRM

 

Disponible en DVD et Bluray VF et VO sous-titrée

Note : 10 / 10

07/06/2013

Attack ! - 1956

Etrange mais je n'ai jamais écrit de critiques sur des films de guerre jusqu'ici. Alors il me faut me rattraper. En plus, cela tombe bien, car hier soir, j'ai vu "Attack" de Robert Aldrich. Aldrich était un parent de Rockfeller qui avait des parts dans la RKO. C'est ainsi qu'il a pu entrer dans le milieu du cinéma et ce malgré un bon bagage universitaire. Il reste donc pendant très longtemps, assistant de réalisateur comme Chaplin. Pour "Attack" il est seul aux commandes, mais on ne lui confie pas un gros budget. Ainsi il n'a disposé que 750 000 dollars pour boucler son film. Il n'a donc pas été possible recruter des grandes vedettes de cette époque et on donne alors sa chance à Lee Marvin et Jack Palance, peu connus à l'époque ou sinon pour des seconds rôles.  La seule vedette est bien peut être Eddie Albert qui fait le rôle d'un officier lâche et malade mentalement. Mais que reste t'il aujourd'hui de ce film, encensé par la nouvelle vague et par le festival de Venise ?

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Les petits moyens du film sont visibles partout, du début à la fin et Aldrich doit ruser et utiliser tout son talent pour tenir le spectateur. Ainsi les deux panzers allemands, font un bruit de fusil quand leurs canons tirent et semblent littéralement en carton-pâte. Enfin les Allemands semblent sortir de l'opéra alors qu'ils sont sur le front depuis des mois. Enfin l'offensive des Ardennes avaient eu lieu en plein hiver et là c'est l'été. Bref, beaucoup de choses ne sont pas très crédibles. Enfin, le jeu des acteurs semblent pour le moins un peu théatral. La deuxième guerre mondiale est il le bon endroit pour rejouer une tragédie grecque ? Il me semble que non. Ainsi, le film est sauvé malgré tout par les comédiens quand ils n'en font pas trop et par le talent de réalisateur d'Aldrich qui a du se débrouiller avec ce qu'il avait pour terminer le film. Néanmoins tout cela a bien vieilli. Et c'est avec un oeil parfois amusé devant certaines outrances ou techniques cinématographiques que j'ai fini par regarder ce film qui est loin d'être le chef d'oeuvre impérissable que la critique a voulu nous vendre. On peut néanmoins concéder à Aldrich un sens de l'action et de la réalisation que les faibles moyens ont empêchés de concrétiser dans une oeuvre d'une autre ampleur.

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Disponible en DVD et Bluray. A noter l'image très belle de l'édition Bluray.

Note : 5,5 / 10