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20/03/2014

Le roman de Mildred Pierce / Mildred Pierce - 1945

Aujourd'hui je vous propose un sacré beau film que j'ai revu hier soir : "le roman de Mildred Pierce", tiré du livre de James M. Cain. Le film est admirable à tous les points de vue. La distribution est excellente. Ainsi, on retrouve une Joan Crawford très crédible en femme au foyer, une Ann Blyth délicieusement manipulatrice et perverse. Dans les seconds rôles on retrouve Jack Carson,  Zachary Scott, et Eve Arden. Zachary Scott on l'a vu joué dans d'autres mélodrames, comme "la femme aux maléfices" (1950). Quant à Jack Carson, éternel gaffeur et joli coeur, il a ici peut être son rôle le plus sérieux et joue à la perfection un personnage assez superficiel. Le film vaut autant par le jeu des acteurs, que par la superbe réalisation d'un Michael Curtiz, génialement inspiré, qui multiplie, comme souvent dans son oeuvre, les plans d'exceptions. Et il fait sienne la fameuse phrase de Jacques Tourneur, qui disait : "La couleur des décors n'a pas d'importance, ce qui est capital c'est la lumière". Rien est plus vrai pour le noir et blanc, et on devine sur les photographies de cet article, le travail d'artiste que Curtiz a fourni sur la lumière.  Pour arriver à cet incroyable résultat, il a du sans aucun doute bénéficier du directeur de la photographie, Ernest Haller. Ernest Haller n'était pas n'importe qui car il a participé à la photographie de nombreux films de Curtiz, mais a également obtenu un Oscar pour "Autant en emporte le vent" (1939).

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Michael Curtiz multiplie donc surtout au début les scènes géniales, comprenant des jeux de lumière, des jeux d'ombre, et tout cela est d'une beauté extraordinaire. Rien que le titre, donne des frissons, lorsqu'on entend la superbe musique de Max Steiner, et que les lettres du titre sont effacées successivement par un éternel ressac. Le ton est donné pour un très grand film et "Mildred Pierce" est effectivement un très grand film, et peut être un des plus beaux mélodrames du cinéma américain. Les critiques ne devaient pas s'y tromper, et le film devait être nominé de nombreuses fois aux Oscar et Joan Crawford devait recevoir l'Oscar de la meilleure actrice pour sa formidable interprétation. Aujourd'hui, on a un peu oublié le genre mélodrame. En effet, les temps ont changé. Les femmes refusent d'être des victimes ou se voir victimiser à l'écran.  Pourtant, "Mildred Pierce" est un film profondément féministe, car comment ne pas avoir de la compassion, pour le combat acharné d'une femme pour sauver sa famille ? Jamais peut être dans son oeuvre, Curtiz n'a décrit aussi bien la condition féminine d'une mère au foyer, digne et responsable et l'amour d'une mère pour sa fille. En cela, il nous offre une oeuvre d'une inaltérable résonance.

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Ci-dessus : Joan Crawford et Ann Blyth

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Ci-dessus : Joan Crawford

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Ci-dessus : Joan Crawford (admiré sur ces images, la fabuleuse photographie d'Ernest Haller )

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Ci-dessus : Les jeux d'ombres, traditionnels des films de Curitz

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Ci-dessus : Ann Blyth, Zachary Scott, et Joan Crawford

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Ci-dessus : Zachary Scott et Ann Blyth

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Ci-dessus : Joan Crawford et Michael Curtiz

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Ci-dessus : Michael Curtiz apportant son Oscar à Joan Crawford. En effet, cette dernière avait été malade le soir de la remise des Oscars.

 

Présentation de Mr Bertrand Tavernier :

 

La bande-annonce :

 

Film disponible en DVD zone 2 chez Twentieth Century Fox, en VO sous-titrée français, sur Amazon.fr à 4,90 €. A ce prix là, c'est un cadeau, au vu de la qualité du film.

Note : 8,5 / 10

18/10/2013

Double Chance / Lucky Partners - 1940

"Double chance" aurait pu être un bon film. En effet, le talent de comédienne de Ginger Rogers est incontestable, surtout dans les comédies, musicales ou non. De plus, son partenaire Ronald Colman, avait plutôt de la classe. On peut ajouter que Jack Carson était également parfait en lourdeau. Enfin, on avait quand même à la composition musicale, un certain Dimitri Tiomkin. Malheureusement, le scénario sonne faux du début à la fin. La mise en place, est trop longue et tourne en longueur pour mener le spectateur à pas grand chose. De gags assez peu amusants, en situations convenues, le spectateur parcourt ce film, sans beaucoup de passions. On finit par être heureux d'avoir atteint la fin, d'une oeuvre peu mémorable, qui dure 99 minutes, mais qui an paraît assurément le double. En résumé, un film assez peu mémorable de Ginger Rogers et de Ronald Colman. Il a manqué un scénariste de talent. On notera malgré tout dans les seconds rôle, Harry Davenport (le juge) qui avait le rôle du docteur Meade dans "Autant en emporte le vent" (1939) et Spring Byington qui jouait dans "la charge de la brigade légère" (1936). Pour le reste, si vous cherchez du grand cinéma, ne tentez pas votre chance avec "double chance".

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Note : 4,5 / 10

25/05/2013

Le Roi du Tabac / Bright Leaf - 1950

"Le Roi du Tabac" est un film assez rare (jamais sorti en DVD en France), mais qui passe de temps en temps su TCM. J'ai ainsi retrouvé dernièrement un enregistrement en version française datant de 2004. Le film ne possédait pas une image de très bonne qualité, mais était très regardable et très intéressant. "Le Roi du Tabac" est le deuxième film avec à l'affiche Gary Cooper et Patricia Neal. On se souvient que ce couple d'acteurs avaient déjà été réunis un an plus tôt dans l'adaptation à l'écran du superbe roman d'Ayn Rand ("le rebelle"). Mais la distribution est aussi complétée par Lauren Bacall et par Jack Carson. Jack Carson avait quant à lui joué dans le même film que Patricia Neal dans "It's a great feeling" (1949). "Le Roi du Tabac" raconte l'ascension d'un  homme désargenté (Gary Cooper) qui revient dans la ville de son enfance. Il y découvre que sa maison ne lui appartient plus, mais appartient au plus grand industriel du Tabac (joué par Donald Crisp). Mais ce dernier a une magnifique fille (Patricia Neal) qui a connu Brant Royle (Gary Cooper) quand il était enfant. Le seul but de Royle sera alors de conquérir son père tout en réduisant économiquement et moralement le père de la jeune fille au silence. Donald Crisp était abonné au rôle de père. Et on se souvient surtout pour l'interprétation magistrale qu'il donne dans le film de John Ford, "Qu'elle était verte ma vallée" (1941) qui lui valut un Oscar totalement mérité. On ne se souvient plus aujourd'hui que Crisp était un acteur légendaire, né en Grande-Bretagne, et ayant connu pratiquement la naissance du cinéma, et qu'il avait eu une carrière de réalisateur.

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Je pense qu'il est inutile de présenter le réalisateur, Michael Curtiz, qui a tourné pour la Warner de très nombreux films. Le film est beaucoup moins littéraire et lyrique que "le rebelle"(1949). Mais j'ai adoré sa construction et cette lutte entre Crisp et Cooper qui ne se termine que par la reprise de la lutte par la fille de Crisp jusqu'à l'affrontement et l'effondrement final; "Le Roi du tabac" est un drame psychologique autant qu'une tragédie humaine. Il n'en représente pas moins un très bon divertissement. Je ne comprends pas d'ailleurs pourquoi il a eu de mauvaises critiques. On a critiqué le faux accent du Sud de Patricia Neal. Mais pour ma part, je n'ai pas pu en juger, ne possédant que la version française. Enfin, j'ai trouvé Patricia Neal très convaincante dans sa prestation totalement changée par rapport au "Rebelle". On peut rajouter au crédit du film, la très belle musique de Victor Young. En résumé, un très bon film, qui mériterait une belle édition DVD ou Bluray pour qu'on le redécouvre enfin avec une image correcte.

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Ci-dessus : Lauren Bacall et Gary Cooper

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Ci-dessus : Gary Cooper et Patricia Neal

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Ci-dessus : Cooper et Neal pendant une pause

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Ci-dessus : Gary Cooper avec à gauche Jack Carson

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Ci-dessus : Gary Cooper avec à gauche Jack Carson

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Ci-dessus : Donald Crisp de dos

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Diaporama :


Extrait :


Film indiponible en DVD et Bluray en France à ce jour.

Note : 8 / 10

10/04/2013

Pension d'artistes / Stage door - 1937

Y aurait-il encore une carrière au cinéma pour Ginger Rogers après sa série de films avec Fred Astaire ? C'est bien ce à quoi semble répondre "Pension d'artistes" (1937). Ginger Rogers venait de terminer en cette année 1937 "l'entreprenant Mr Petrov" (Shall we dance), et devait tourner l'année suivante "Amanda", et "la grande farandole" (1940) son dernier film avec Fred Astaire pour la RKO. Mais "pension d'artistes", essai de Ginger Rogers dans la comédie dramatique, devait permettre à cette dernière de construire sa deuxième partie de carrière loin des pistes de danse, mais toujours au cinéma. On l'a un peu oublié aujourd'hui, mais oui Ginger Rogers a bien eu une carrière après son duo chantant et dansant avec Fred. Alors oui, c'est vran on voit encore Ginger Rogers danser deux fois dans le film. Mais cela n'a rien à voir avec les numéros mythiques  de ses films avec Fred Astaire. Il faut aussi se rappeler que "Pension d'artistes" est un film qui est le premier des trois films que le réalisateur Gregory La Cava tournera avec Ginger Rogers. Il y a donc dans cette série de films : "Pension d'artistes", puis "la fille de la 5ème avenue" (1939) et enfin "Primrose Path" (1940). Tous sont des comédies dramatiques, avec un ton comique puis de plus en plus dramatique. L'aspect dramatique culminera ainsi, dans le dernier film tourné par La Cava avec Ginger Rogers, "Primrose Path". La Cava était un réalisateur extrèmement prolifique qui commença à tourner dans l'ère du cinéma muet et aujourd'hui on se rappelle tous de quelques uns, de ses films comme peut être son plus célèbre, "mon homme Godfrey" avec William Powell.

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Mais si Ginger a la vedette elle est très bien entourée. Jugez en par vous mêmes. Ainsi, nous retrouvons dans "pension d'artistes" dans les rôles les plus marquants ; Katharine Hepburn, Adolphe Menjou, Gail Patrick, Andrea Leeds, Lucille Ball, Ann Miller, Jack Carson et Eve Arden et le chat. Alors bien sûr, tous les personnages n'ont pas la même importance. Alors autant vous dire la vérité, j'avais peur que ce film soit très ennuyeux. En effet, que pouvait on attendre d'un film se passant dans une pension d'artistes où les disputes féminines prennent des proportions énormes dans un monde où les hommes sont quasiment exclus. Pourtant, le film n'est jamais ennuyeux. Et au contraire on rit beaucoup de cette comédie relevée, aux dialogues drôles et intelligents. Et on se prend à aimer chaque personnage à trembler avec ce petit monde, et à espérer que chacun trouve le rôle de sa vie. Ainsi, les amitiés se nouent, les ennemies s'affrontent ou se méprisent, et les hommes semblent souvent la roue de secours dans un monde trop cruel pour l'éternel artistel féminin, le chat de la maison finissant par être l'arbitre et l'autorité ultime de toute chose.

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Vous l'aurez compris, La Cava a su comme jamais faire des situations de la vie, une incroyable alchimie cinématographique, où la moindre répartie sonne juste où la moindre émotion est décuplée et on passe finalement du rire aux larmes en assez peu de temps. Je ne sais pas si c'est une légende. Mais on dit que La Cava poussa le vice jusqu'à faire habiter plusieurs actrices dans la même pièce pendant le tournage avec une secrétaire qui devait noter leurs discussions pour améliorer encore le script et donner à ce dernier le réalisme d'une vraie pension d'artistes. Ainsi, le film possède quelques scènes mythiques comme celle où Adolphe Menjou (riche producteur de pièces de théâtre) invite Katharine Hepburn chez lui, ou encore toute la partie sur la pièce de théâtre ou Hepburn joue une artiste sans aucun talent ni conviction. C'est savoureux de voir Hepburn déjouer. Le soir de la première, le propriétaire du théâtre dit alors à Menjou : "vous avez vu ? la salle est pleine !" et Menjou de répondre : "mais c'est qu'ils ne savent pas ce qui les attend !" Voilà je finirai là dessus pour ne pas vous raconter tout le film. Vous l'aurez compris, Ginger passe haut la main son brevet d'actrice de comédie, et "pension d'artistes" est une belle distraction,  qui mérite bien d'être vu et même d'être revu, et qui logiquement obtiendra 4 nominations aux Oscars de 1937.

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Ci-dessus : Ginger Rogers et Gail Patrick (ennemies dans le film)

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Ci-dessus : Adolphe Menjou, Ginger Rogers et Katharine Hepburn (couchée)

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Ci-dessus : Gail Patrick et Adolphe Menjou au premier plan et au second plan Ann Miller et Ginger Rogers.

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Ci-dessus : Katharine Hepburn et Ginger Rogers

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Ci-dessus : 2 photos d'Andrea Leeds


Bande annonce (de mauvaise qualité). Le film a quant à lui une qualité d'image tout à fait correcte :


Un montage video alléchant du film (de bonne qualité) :


Film disponible en DVD zone 2 (éditions Montparnasse)

Note : 7,5 / 10

03/12/2012

La blonde framboise / The Strawberry Blonde - 1941

"La Blonde framboise" est tirée de la pièce de James Hagann intitulée One sunday afternoon, que Raoul Walsh réadaptera une nouvelle fois en comédie musicale pour Dennis Morgan, Janis Paige et Dorothy Malone. Le film est également le remake de One Sunday Afternoon (1933) de Stephen Roberts, interprêté par Gary Cooper et Fay Wray. Les vedettes principales sont James Gagney, Olivia de Havilland, et Rita Hayworth. Le rôle de Rita Hayworth avait été écrit à l'origine pour Ann Sheridan, mais cette dernière refusait de jouer dans ce film car elle était en conflit avec Jack Warner qui avait refusé de la laisser jouer dans une comédie musicale de la Twentieth Century Fox. La Warner fut dans l'obligation de négocier avec la Columbia car Rita Hayworth était en contrat avec cette dernière société. Elle fut donc prêtée pour ce film et pour un autre, mais la Warner ne put jamais racheter son contrat.

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Si Rita Hayworth devait bien s'entendre sur le tournage avec James Cagney, il n'en fut pas de même avec Olivia de Havilland. Quant au film lui même ? Il serait de bon ton de dire que c'est une comédie légère de l'époque, mais pour ma part j'ai trouvé cela extrèmement daté et pour tout vous dire, je trouve que ce film a très mal vieilli. On a l'impression que le film a été fait pour un public de personnes âgés vivant en 1941, pour leur rappeler le bon vieux temps d'avant la première guerre mondiale ... Donc on retrouve les moeurs de l'époque avec la ballade du dimanche après-midi, sous les mélodies éternellement les mêmes  et définitivement vieillies de la fanfare de quartier. Rien de bien excitant.

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Enfin si Cagney est présent sur le métrage et a demandé que Raoul Walsh soit le réalisateur, on peut réellement se poser la question de ce que le film aurait donné si le rôle avait été donné à un autre acteur comme Errol Flynn par exemple et si le héros avait été mis en valeur. Cagney semble totalement à côté de son rôle. Aujourd'hui, James Cagney reste pour le public, l'éternel interprête des durs des films de gangsters comme dans "les fantastiques années 20", "l'ennemi public" ou "l'enfer est à lui". On a donc réellement du mal à croire en lui dans un rôle de joli coeur. Il se fait d'ailleurs tabasser, et rouler le plus souvent. Et même Alan Hale qui avait généralement un rôle de faire valoir dans les films de Flynn se retrouve à inverser les rôles. Preuve en est, Cagney répète à n'en plus finir "I take nothing, from nobody", comme si il avait besoin de le répéter sans fin pour que le public y croit. Seul Jack Carson semble crédible dans son rôle de patron véreux. "La blonde framboise" est donc un film relativement plat, qui tourne en plus autour de l'univers des dentistes, de molaires arrachées et des premières anesthésies. Qui aime les dentistes, aimera peut être ce film. Mais pour moi au mieux, tout cela tombe à plat, avec une qualité d'image qui en plus, est très moyenne.

Disponible en DVD dans les Trésors Warner (zone 2)

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On ne me fera pas croire que cette musique composée en 1895, n'était pas déjà super datée en 1941 :

 

 

NOTE : 5,5 / 10