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21/12/2013

Le chevalier sans armure / Knight without armor - 1937

"Le chevalier sans armure" est une production d'Alexandre Korda, et fait donc parti de la salve de films sortis par Elephant Films en novembre. On peut tout d'abord remercier cet éditeur pour deux choses. Tout d'abord, il faut le remercier de rappeler à notre mémoire cinéphilique, ce cinéma anglais un peu oublié, et pour les très intéressants commentaires de Jean-Pierre Dionnet. Et c'est un peu aussi grâce à ces commentaires présents dans les bonus du film, que je vais pouvoir enrichir cette note. Donc "le chevalier sans armure", production d'Alexandre Korda, est tiré du roman de James Hilton. On sait que James Hilton a été très souvent adapté au cinéma pour différents romans. Le film est réalisé par le réalisateur belge Jacques Feyder, qui fit tant pour le cinéma français. On retrouve des maîtres que ce soit à la photographie, comme premier opérateur, ou à la musique. Ainsi à la photographie, on a Harry Stradling Sr, qui se distinguera en particulier par son très beau travail sur "My Fair Lady" (1962) avec Audrey Hepburn et Rex Harrisson. Ainsi, on retrouve une des scènes de "My Fair Lady" avec la fameuse course de chevaux en 1913, à Ascot. Comme premier opérateur, on retrouve un certain Jack Cardiff, qui travaillera sur de très nombreux films de John Ford et qui finira seul, "le jeune Cassidy" (1964), commencé par Ford. Et à la musique, il y a un certain Miklos Rozsa, dont c'est la première composition. On en reparlera plus tard. Avec une telle équipe, il était difficile de ne pas faire un chef-d'oeuvre du cinéma. Et c'est bien le cas.

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Dans le casting, on retrouve donc en tête, Marlene Dietrich et Robert Donat. dans le rôle du héros. Robert Donat, devait jouer un héros un peu perdu, du fait qu'il a le rôle d'un anglais exilé, dans les neiges de la Russie. Et il s'en sort très bien, car Donat était dans la vraie vie, un homme fragile, sujet à des crises d'asthme, dont la dernière devait d'ailleurs l'emporter à l'âge de 53 ans. Quant à Dietrich, elle ressort de sa période "Josef von Sternberg", qui sera peut être son plus grand réalisateur. Après Marlene, Sternberg perdra malheureusement petit à petit son cinéma. La période visitée par "le chevalier sans armure" est la révolution russe, et on pense évidemment au "Docteur Jivago" (1962) de David Lean lorsqu'on voit ce film. Alors évidemment, "le chevalier sans armure" n'atteint pas les sommets de l'oeuvre de Lean, mais il y a une telle réunion de nombreux talents que ce soit sur l'écran ou dans l'équipe technique, que l'on ait sans aucun doute, en face d'un chef d'oeuvre. On pourra néanmoins reprocher à l'écriture scénaristique de sauter par exemple une scène essentielle, comme l'évasion par Marlene de sa prison.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich et Robert Donat

Le visage de Marlene est admirablement filmé par des jeux de lumière incessants. Et cela donne un côté fascinant et extraordinaire au film. On peut lui reprocher un jeu parfois légèrement surfait. Mais ce n'est à rien à côté des qualités d'un film, qui nous montre la disparition de la Russie du Tsar et l'arrivée du communisme. Le film navigue donc entre romantisme, tragédie, horreur de la révolution, et onirisme.  Il y a beaucoup de scènes marquantes. Mais l'une d'elle est, la reconquête d'une ville Rouge, par les Blancs (partisans du Tsar). Un diner est alors donné en l'honneur de Marlene. Et là c'est l'ancienne Russie qui de nouveau existe, et qui réapparaît, réunion de fantômes que le souffle de l'histoire balaiera en un clin d'oeil, tout cela avec pour fond musical la première composition de Miklos Rozsa, qui a des accents lyriques que l'on retrouvera plus tard dans le reste de son oeuvre. Mais la musique a aussi, ici des accents russes, que le sujet lui impose. Voilà. Vous savez presque tout, sur "le chevalier sans armure", un magnifique mélodrame, qui n'attend que d'être découvert par vous, cinéphiles de notre temps. Il le mérite amplement.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich et Robert Donat

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Ci-dessus : Marlene Dietrich

 

La musique du film:

Disponible chez Elephant Films en DVD zone 2 sous-titrée

 

Note : 7,5  / 10

28/12/2012

Le dernier train du Katenga / Dark of the sun ou the mercenaries -1968

"Le dernier train du Katenga" est un film tourné par Jack Cardiff. On se rappelle que Jack Cardiff a été le directeur de la photographie de "l'odyssée de l'Africa Queen" de John Huston et a collaboré avec de très nombreux réalisateurs (Michael Powell, Alfred Hitchcock, Albert Lewin, Joseph Mankiewicz, King Vidor). Il avait déjà tourné avec Rod Taylor en 1964 le fabuleux, "Young Cassidy" avec l'aide de John Ford. Et oui, "le dernier train du Katenga" est encore un film avec Rod Taylor et Yvette Mimieux. Le film raconte l'aventure de mercenaires dans un Congo Belge soulevé par la révolte Simba, après la période de décolonisation. Le gouvernement en place décide d'envoyer un commando de mercenaires pour aller chercher 50 millions de diamants et tous les civils qu'ils trouveront, dans une localité isolée et menacée par des forces tribales en révolte.

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Le film est un peu l'ancêtre tous les futurs films de commandos en Afrique : "des oies sauvages" en passant par "les larmes du soleil" ou "Blood Diamond" pour la violence. En plus de Rod Taylor, et Yvette Mimieux, le casting comprend Jim Brown. Le fim comprend beaucoup d'actions est un étonnant duel à la tronçoneuse. La violence est exacerbée et presque continuellement présente. On sait que ce film était très apprécié par Tarantino et ce n'est pas étonnant. Par contre, il circule des rumeurs comme quoi le film aurait été coupé et expurgé de scènes trop violentes. Pour ma part, je n'en sais rien. On assiste quand même à des viols de religieuses et à une sodomie de quelques secondes d'un jeune lieutenant. Alors si il est vrai on a parfois l'impression en voyant ce film de lire un vieux numéro en BD d'Attack, on est néanmoins devant un honnête spectacle qui ne tombe jamais dans une caricature à la Chuck Norris.

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Enfin Cardiff ne tombe jamais dans le piège du racisme car le héros du film finit lui aussi par tomber dans une violence extrème et sauvage. La morale du film est peut être là. La violence sauvage est peut être une caractéristique de chaque être humain (blanc ou noir) soumis à la violence extrème. Il est très difficile alors de la surmonter. Je finirais en disant quelques mots de la très particulière musique de Jacques Loussier dont vous pourrez retrouver quelques extraits en bas de cette note.

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"Le dernier train du Katenga" est donc très intéressant car il diffuse une sacrée dose d'adrénaline mais aussi par l'intérêt que lui ont porté de nombreux réalisateurs, il mérite tout notre attention.

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Extraits de la musique :


 

Disponible sur le site de Warner France à 12,90 €

 

NOTE : 7 / 10

14/10/2012

Le jeune Cassidy / Young Cassidy - 1965

"Le jeune Cassidy" fait parti de ces films politiques aux thèmes sociaux ouvertement abordés. Ils laissent de ce fait, une longue et durable impression. Le film s'inspire de la vie de l'écrivain irlandais Johnny Cassidy. Sa vie en 1911, dans un Dublin rongé par la misère et subissant l'occupation britannique, est décrite dans les moindres détails. Sans argent il sera contraint de faire le terrassier pour gagner sa vie et subvenir aux besoins de sa mère et de ses frères et soeurs. Mais rapidement il comprendra que c'est par la culture qu'il pourra évoluter et il se mettra à écrire sur ce qu'il voit de l'Irlande. On retrouve John Ford à la réalisation et Jack Cardiff. Ford étant tombé malade, celui n'a pu réaliser que 20 minutes et a donc été remplacé par Cardiff. Le rôle principal de John Cassidy est tenu par l'admirable Rod Taylor. Quelle pitié que tout le monde ait oublié aujourd'hui un acteur d'un tel talent ! Rod Taylor est ici inoubliable. Julie Christie joue un second rôle mais apparaît dans une scène mémorable de sensualité.

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L'injustice sociale apparaît dès le début du film avec l'homme riche qui passe en calèche et qui le regarde de haut et d'un air méprisant. Mais la haine n'est jamais présente. La lutte sociale n'est évoquée que positivement, avec humour, ou dans le cadre de la révolution irlandaise. On retrouve dans le rôle de la mère de l'écrivain la très grande actrice Flora Robson, qu'on a pu voir dans de nombreux films hollywoodiens comme par exemple dans "l'aigle des mers" avec Errol Flynn. Elle est bien évidemment dans ce film en fin de carrière.

Ci-dessous Flora Robson et Rod Taylor :

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Je trouve ce long métrage vraiment formidable car il parle de la misère, de la nécessité pour l'Homme de subvenir à ses besoins, mais qu'au dessus de cela il y a la recherche de la beauté, et le besoin de se cultiver, et l'idée que se nourrir n'est finalement pas suffisant même pour des miséreux ! Ford et Cardiff montrent qu'il peut y avoir également une dignité, une intelligence, et une volonté de s'en sortir chez les pauvres. Les rapports entre eux sont simples et sans arrières pensées et fondés sur la conscience que l'autre pourrait être soi même. Ainsi même la sexualité évoquée ici presque explicitement n'est montrée que de manière positive avec humour et est ici synonyme de bonheur. Et étrangement c'est parce qu'il trompera sans en avoir conscience la confiance des siens par son travail d'écrivain, qu'il pourra évoluer et changer de classe sociale.

ci-dessous Rod Taylor et Maggie Smith :

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Bref, on se prend à aimer ce John Cassidy, généreux, bon, anti-arriviste, gros travailleur manuel, écrivain infatiguable, voleur, et ivrogne à ses heures. En effet, il y a en lui, un peu de tout ce qu'il y a de bon et de misérable en l'Homme. Et ce sont bien ses espoirs, sa tristesse, ses bonheurs et ses malheurs qui le rendent si proche de chacun d'entre nous et tellement attachant. Enfin le film évoque à travers le théâtre, ce qu'il est important de dire et ce que le cinéma a finalement aujourd'hui abandonné depuis longtemps, en un mot : l'art.

 

Ci-dessous Rod Taylor et Julie Christie

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Ce film est malheureusement indisponible en DVD ou bluray en France et seulement visible sur TCM  ou sinon via la collection Warner Archives aux USA donc sans VF ni sous titres. La qualité d'image est moyenne et mériterait bien une restauration.

 

Note : 8,5 / 10