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23/04/2014

La captive aux yeux clairs / The Big Sky - 1952

Aujourd'hui, je mets en avant une présentation de "la captive aux yeux clairs" (1952) par Mr Bertrand Tavernier. "La captive aux yeux clairs" est un très beau western que j'apprécie énormément. Pourtant à ma connaissance, il n'a jamais bénéficié d'une vrai restauration. Et je me souviens toujours de l'avoir vu dans une qualité plus ou moins déplorable voir catastrophique.  A ce titre la sortie en 2001, par les éditions Montparnasse, n'était vraiment pas une réussite. A l'ère de l'ultra-haute définition, du tout numérique et du Bluray. On doit donc encore se contenter d'un film difficilement regardable, car non restauré.

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Après "la rivière rouge" (1948), Howard Hawks revient donc au western en 1952, à la demande du patron de la RKO, Howard Hughes, qui cherche à donner un nouvel élan à la RKO, plutôt mal en point. Rien y fait les spectateurs ne seront pas au rendez-vous. On décida alors de couper 12 minutes, qui n'arrangèrent rien à l'insuccès public. Pourtant, le film est bourré de qualités. Adapté d'un roman de A B Guthrie, il décrivait comme dans "la rivière rouge" une première fois. Et cette fois-ci, cette première était la descente d'une rivière en pays indien. Hawks voulait initialement Robert Mitchum pour le rôle titre, mais il aura un très bon Kirk Douglas. La force du film se situe dans ses formidables scènes, et sa faiblesse dans parfois un manque de liens entre elles, et une intrigue finalement assez faible. Mais ce n'est qu'un détail au vu de la qualité d'une oeuvre malheureusement introuvable dans un master correct. A noter que c'est le premier et dernier film, d'Elizabeth Threatt qui décidera après la sortie du film, d'abandonner le mannequinat et la mode, sans donner de raison.

 

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Ci-dessus : Arthur Hunnicutt, Kirk Douglas &  Dewey Martin

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Ci-dessus : Arthur Hunnicutt, Kirk Douglas &  Dewey Martin

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Ci-dessus : Arthur Hunnicutt, Kirk Douglas, Dewey Martin & Elizabeth Threatt

La présentation de Betrand Tavernier

 

Note : 8 / 10

27/07/2013

Le harpon rouge / Tiger Shark - 1932

"Le harpon rouge" est un film de Howard Hawks. Je pense que je n'ai pas besoin de présenter ici Howard Hawks, fameux réalisateur, qui travailla dans de très nombreux studios et qui réalisa beaucoup de films dont certains restent encore aujourd'hui comme des chef-d'oeuvres du cinéma américain. On peut citer par exemple : un film de guerre "Sergeant York" (1941), une comédie loufoque "Twentieth Century" (1934), un western "La rivière rouge" (1948), ou encore des polars comme "le port de l'angoisse" (1944) ou "le grand sommeil" (1946). Hawks a donc excellé un peu dans tous les genres. Je pensais avoir déjà vu "le harpon rouge", et j'avais en tête, le souvenir d'un Edward G Robinson, en capitaine tyrannique et violent. Mais je me trompais. Je confondais "le harpon rouge" avec "the sea wolf" (1941) dans lequel Robinson interprêtait effectivement un capitaine violent. Là cela n'a rien à voir. De plus "the sea wolf" a été tourné par Michael Curtiz et ici "le harpon rouge" est de Hawks.

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Ce qui marque avant tout ici c'est la réalisation de Hawks. Hawks se complaît à filmer de manière magistrale la vie des pêcheurs de San Diego et les dangers de cette vie. Ainsi, on voit de vrais requins et la scène de la pêche au thon est vraiment un moment d'anthologie. Le film est tiré d'une histoire de Houston Branch et d'une pièce de Wells Root et ça se voit. Aini Hawks nous montre l'univers de la mer et de la pêche. Le film devient presque darwiniste, nous montrant l'Homme au prise avec un univers hostile, recherchant du thon, mais étant lui même pourchassé par les requins. Mais le véritable danger est finalement l'Homme lui même. Le film revient alors au concept sartrien voulant que l'Enfer ce soit forcément les autres. Mais à la toute fin du film, l'oeuvre se dégage de ce concept, pour montrer que nos passions sont nos propres ennemies. L'émotion de la touchante scène finale, finit par nous montrer alors un héros se donnant à lui même l'absolution de ses fautes, invitant alors le spectateur à une profonde introspection, et à chercher en soi la rédemption. On pourrait considérer ce film comme une oeuvre mineure de Hawks, mais ce serait une erreur. J'ai été très enthousiaste devant ce film, qui mériterait par contre une restauration au vu de faible qualité de l'ensemble des images, parfois victimes de déchirures. "Le harpon rouge" est donc à n'en pas douter, un excellent film, qui mériterait une restauration numérique.

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Ci-dessus : Richard Arlen et Edward G Robinson

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Ci-dessus : Richard Arlen et Zita Johann

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Ci-dessus : Richard Arlen, Zita Johann et Edward G Robinson

Film disponible en zone 2 sur le site de la Warner en France ou magasins spécialisés.

 

Note : 7,5 / 10

22/03/2013

La rivière Rouge / Red River - 1948

Aujourd'hui, je suis heureux et fier de vous présenter la nouvelle version DVD et Bluray de "la rivière Rouge" (le chef d'oeuvre de Hawks). En effet, l'éditeur Wild Side a sorti une nouvelle version totalement restaurée. Le packaging est formidable et comprend un DVD et un Bluray qui inclus la version longue (cinéma) du premier montage de Hawks et la version plus courte issue du second montage également du réalisateur, initiée après la sortie du film en 1948. En effet, Hawks n'était pas totalement satisfait de la version cinéma, qu'il jugeait trop longue et ralentissant l'action. Cet exemple nous montre la liberté dont pouvait disposer les réalisateurs à cette époque pous la mise en valeur de leurs oeuvres. Quand on se rappelle aujourd'hui, le massacre que les studios imposèrent au chef d'oeuvre de Ridley Scott "le royaume des Cieux" dans sa version cinéma, on ne peut que rester songeur. Quoiqu'il en soit, et pour revenir à "la rivière Rouge", la version que nous propose Wild Side est admirable. J'avais vu ce film dans une mauvaise version, à la télévision lorsque j'étais adolescent et force de constater qu'avec cette édition Wild Side, nous avons un master totalement restauré et de la plus belle des manières. Il est vrai que Wild Side a pu bénéficier d'un superbe master. Mais il a aussi retravaillé l'image et cela se voit. Les griffures, déchirures, et autres salissures ont quasiment toutes disparues. Et si parfois le grain reste trop marqué, cela n'empêche pas le spectateur de se plonger dans l'action et d'être certain d'avoir la plus belle version de cette oeuvre magnifique entre les mains.

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Le film est le premier western de Hawks, mais il nous livre un superbe spectacle aux accents fordiens. Ainsi, les grands espaces deviennent rapidement des lieux inquiétants, peuplés d'indiens hostiles, et de dangers mortels. Le film nous raconte l'histoire d'une région (le Texas) ruinée à la sortie de la guerre de sécession, et de la volonté d'un homme (John Wayne) pour vendre son troupeau de bétails au Missouri, là où le bétail est encore demandé. Derrière ce scénario classique, Hawks magnifie le sacrifice des premiers éleveurs, mais aussi les relations humaines et l'action et fait de "la rivière Rouge" un western tout simplement mythique.

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 Ci-dessus : John Wayne et Coleen Gray

En plus de John Wayne et Montgomery Clift on retrouve John Ireland. On se souvient de John Ireland pour son interprétation dans "Spartacus" ou encore dans un autre western mythique "Réglements de comptes à Ok Corral". Pour les stars féminines on a droit à quelques minutes en début de film avec Coleen Gray et à la fin de la deuxième partie apparaît Joanne Dru dans une romance plus longue.

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Ainsi, la nature immense et sans fin va s'imposer tout le long du film et développer les oppositions et rendre presque fous des hommes au départ sains. Ce qui marque d'ailleurs lorsqu'on voit "la rivière Rouge" c'est donc bien l'absence de femmes tout le long du film. "La rivière Rouge" est donc un extraordinaire film d'hommes où la femme ne reprendra sa place qu'à l'ultime fin du film. La femme le plus souvent absent de la narration devient subitement la clé, de l'oeuvre qui va clôturer un des plus beaux westerns de l'histoire du cinéma. Bien évidemment on ne peut parler de "la rivière Rouge" sans dire quelques mots sur la musique de Dimitri Tiomkin qui magnifie les grands espaces et qui transforme le film de Hawks en une incroyable odyssée humaine. Pour finir, je laisserai la parole à John Ford qui fit cette déclaration après avoir vu John Wayne dans "la rivière Rouge" : "Je ne savais pas que ce grand fils de pute était capable de jouer comme ça !" One ne saurait mieux dire pour vous convaincre de voir et revoir "la rivière Rouge".

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 Ci-dessus : John Wayne et Montgomery Clift

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Ci-dessus : Montgomery Clift et Joanne Dru

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Ci-dessus : Joanne Dru et Hank Worden

 

La bande-annonce :

 

Extrait de la musique de Dimitri Tiomkin :

 

Note : 9 / 10

19/02/2013

Brumes / Ceiling Zero - 1936

"Brunes" ou "Ceiling zero" (plafond zéro) est un film de Howard Hawks de 1936. Le film décrit les débuts de l'aéropostal. James Cagney y joue le rôle d'un pilote un peu irresponsable du nom de Dizzy Davis, trop sûr de son talent de pilote. Pat O'Brien joue le chef du groupe de pilotes. Le film est tiré d'une pièce de Frank 'Spig' Wead un aviateur, jouée quelques mois auparavant à Broadway. Frank 'Spig' Wead a également travaillé à la demande des producteurs Jack Warner et Hal Wallis sur le script du film. Même si le film a reçu de très bonnes critiques à l'époque. Je trouve pour ma part qu'il a beaucoup vieilli. En effet, les séquences d'aviation sont assez peu réalistes et finalement on sent que le film a été tiré d'une pièce car la majeure partie de l'action se passe dans la tour de contrôle et que donc la totalité du film a été tournée en studio. Pourtant les années 30 ont eu de nombreux films comportant des scènes crédibles filmées en plein vol. Ainsi on peut évidemment citer le fameux, "Hell's angels" (1930) d'Howard Hughes, ou le "Dawn Patrol" (1938) avec Errol Flynn et Basil Rathbone. Mais ici ce n'est pas le cas.

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Heureusement James Cagney apporte un peu de mouvement dans le film et de l'intrigue. Mais il en reste pas moins que tout cela semble aujourd'hui assez plat et seul le dernier tiers du film apporte son lot de suspens. Malgré tout, les thèmes du sacrifice et de la responsabilité dans un métier à haut risque sont intéressants. Il n'en reste pas moins que l'ensemble est loin d'être trépidant et ce n'est pas la diction au rythme de mitrailleuse de Pat O'Brien qui y change quelque chose. C'est assez exceptionnel dans un film de Cagney, mais je me suis assez ennuyé, devant ce film qui a bien mal vieilli. Le dernier tiers du film sauve finalement l'ensemble d'un crash en plein vol et d'une mauvaise note. Mais il faut croire que ce film a encore aujourd'hui de nombreux partisans car un ensemble de 120 photos appartenant à Howard Hawks et portant sur le film a été vendu en 2011, 5 500 dollars !

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A noter que James Cagney et Pat'OBrien devait se retrouver la même année dans un autre film ayant pour thème l'aviation : "Devil Dogs of the Air".

 

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Ci-dessus : James Cagney et June Travis

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Ci-dessus : Pat O'Brien, James Cagney et June Travis

Note : 5 / 10

20/12/2012

Train de luxe / Twentieth Century - 1934

Quelques mots pour vous présenter un des plus beaux films de John Barrymore : "Train de Luxe" tourné en 1934 par Howard Hawks. Ce film est le plus incroyable film des années trente, qu'il m'a été donné de voir. En effet, dans ce film John Barrymore joue le rôle d'un producteur de théâtre, excentrique, qui fait et défait les carrières. Ainsi, il crée et développe le talent d'une actrice sans expérience, Lily Garland (Carole Lombard). Mais cette dernière décidera d'abandonner son mentor attirer par les sirènes d'Hollywood. Dans le train qu'il l'emmène à Hollywood elle rencontrera son ancien producteur et la dispute entre eux sera sans fin. Le film était inspirée d'une pièce, "Napoleon of Broadway" de Charles Bruce Millholland qui portait sur son expérience avec le légendaire et excentrique producteur David Belasco.

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Le film est prodigieusement drôle. On rit du début à la fin, devant la folie de Barrymore. Tout est prétexte à l'excès. J'aimerais énormément que ce film soit réédité en DVD ou Bluray. On a tellement eu l'habitude de voir John Barrymore, dans des rôles de séducteurs comme dans "Grand Hotel" qu'ici le voir se déchainer est particulièrement drôle. Ce film n'est malheureusement pas disponible en France en DVD et j'écris ce quelques lignes de mémoire, ayant vu ce film il y a une dizaine d'années sur le sattelite. J'en garde un souvenir impérissable. Ce serait formidable de bénéficier d'une nouvelle édition de ce grand moment de cinéma avec un acteur devenu pour le rôle totalement fou et exubérant, et à la folie communicative. Ainsi en octobre 2011, "Train de luxe" devait être considéré par la bibliothèque nationale du Congrès comme "culturellement, historiquement, et esthétiquement significatif. En un mot, un film mythique d'un acteur de légende.

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Ci-dessus : Carole Lombard et John Barrymore

Extrait :

 

NOTE : 8,5 / 10

13/11/2012

Après nous le déluge / Today we live - 1933

"Après nous le déluge", est un film d'Howard Hawks tourné en 1933. Il bénéficie d'un casting particulièrement intéressant. En effet, on y retrouve Gary Cooper, Joan Crawford, Robert Young, et Franchot Tone. Pour la petite histoire il faut savoir que Franchot Tone se maria en 1935 avec Joan Crawford alors qu'il a ici le rôle de son frère. Il tourna avec Joan Crawford 7 films : Today We Live (1933), Dancing Lady (1933), Sadie McKee (1934), No More Ladies (1935), The Gorgeous Hussy (1936), Love On The Run (1936) and The Bride Wore Red (1937). Mais aujourd'hui Franchot Tone reste surtout célèbre pour son interprétation dans "les Révoltés du Bounty" (1935) avec Clark Gable. Gary Cooper et Joan Crawford restent d'immenses stars. Gary Cooper interpréta de nombreux westerns comme "Vera Cruz", "le jardin du diable", ou "le train sifflera trois fois". Mais acteur complet il s'essaiera à tous les genres. Joan Crawford actrice aux yeux magiques commença sa carrière cinématographique en 1925 pour la finir en 1970. A noter qu"après nous le déluge" est le seul film qui permet de voir conjointement Gary Cooper et Joan Crawford à l'écran. Quant à Robert Young sans atteindre la popularité d'autres acteurs plus connus il aura une carrière très honorable dans les années 30 et 40. Il prendra dans les années 50 alors, le virage de la télévision ne tournant que pour cette dernière.

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L'histoire en elle même est centrée sur les personnages et sur la guerre qui n'est présente que pour perturber la vie de chacun des protagonistes. Comme souvent à cette époque Hollywood a acheté les droits d'une courte nouvelle d'un écrivain, ici de William Faulkner. Le scénario fut écrit en 5 jours. Mais Irving Thalberg, le vice-président des studios MGM à l'époque, a insisté pour que Joan Crawford soit inscrite dans le script. En effet cette dernière a été engagée contractuellement pour 500,000 $ de salaire, qu'elle travaille ou non, le premier d'une longue suite de réécriture a donc commencé. On notera que Gary Cooper fut prêté par la Paramount pour ce film. Malheureusement, la réécriture scénaristique se ressent et on voit bien que le film ne sait pas choisir si il doit basculer dans le mélodrame, la comédie ou le film de guerre pur et dur. Cela affaiblit donc l'oeuvre dans son ensemble. Et la réécriture rend le scénario parfois littéralement incroyable. A t'on déjà vu ailleurs que dans ce film un aveugle convaincre son camarade de l'emmener couler un destroyer ennemi ? On reste pour le moins interloqué par les raccourcis pris par les scénaristes et on sent que l'écriture a du être très laborieuse. Néanmoins le film bénéficie de séquences de combats crédibles et réalistes pour l'époque. Les séquences de combats ont été pour certaines reprisent de "Hell's angels", le fameux film de 1930 d'Howard Hughes. "Après nous le déluge" n'est pas non plus sans émotion, mais le scénario bancal ne permet pas une forte identification aux différents personnages. L'hommage devant le monument au mort apporte à la fin du film, une émotion et laisse le spectateur pensif sur la cruauté de la guerre, mais l'ultime séquence laisse présager un retour de la vie, sans qu'on sente que le film soit réellement abouti et laisse finalement une impression globale d'inachevée. On retiendra tout de même que le film a été écrit avant la mise en place du fameux code de censure appliqué au cinéma américain en 1934. On a donc une scène où l'on voit Joan Crawford mettre ses bas et une autre scène où elle explique littéralement à son frère que n'ayant pas trouvé de prêtre elle s'est résolue malgré tout à coucher avec son amoureux (scène impensable 1 ans plus tard).

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Ci-dessus Joan Crawford et Gary Cooper :


En résumé "Après nous le déluge" reste un bel essai non transformé du cinéma hollywoodien. Mais on pouvait s'attendre à mieux si le film avait bénéficé d'une autre écriture scénaristique. Son écriture d'avant le code Hays lui donne malgré tout dans certaines scènes, un modernisme inatendu et bienvenu.


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Ci-dessus : Robert Young, Franchot Tone, et Joan Crawford

 

Disponible dans la collection "Trésor Warner". Qualité d'image très moyenne voir médiocre.