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15/05/2015

La grande évasion / High Sierra - 1941

"La grande évasion" de Raoul Walsh, film en noir & blanc, produit par la Warner en 1941, ne m'a pas fait une très bonne impression. Je ne sais pas si c'est le scénarion de John Huston, que j'ai trouvé simpliste voir peu crédible, si c'est le casting. Mais malheureusement, je n'ai pas trouvé que c'était une grande réussite. Tout d'abord si on essaye de replacer le film dans son contexte, il faut dire que la Warner est passée en quelques années d'un cinéma réaliste, social et souvent violent à un cinéma où le spectacle et la distraction occupent une large part. Ainsi, le film de gangsters ,dès la deuxième moitié des années 30, a laissé, petit à petit, sa place  au mélodrame, ou encore au film d'aventures. En 1935, "Capitaine Blood" révélait une nouvelle vedette de l'écran : Errol Flynn, qui devait arriver en 1938, au somment de sa carrière dans "les aventures de Robin des Bois".  En 1939 Bette Davis, brillait dans le mélodrame "victoire sur la nuit". Dans ce changement de thème, le code de censure mis en place en août 1936, avait joué aussi son rôle . Et le crime et la mafia n'étaient plus les bienvenus à l'écran. La Warner avait donc changé les thèmes de ses films. Mais la guerre allait aussi toucher durablement le cinéma américain. Et un nouveau genre devait apparaître, le cinéma de propagande, dédié à soutenir l'effort américain et de ses alliés contre l'avancée du nazisme en Europe ou contre l'avancée des Japonais dans le Pacifique. Dans ce contexte, Bogart montré ici vieillissant, dont le personnage sort de prison, semble lui aussi un peu "has been". Contrairement au pur film de gangsters ou à un autre film tourné par Raoul Walsh deux ans plus tôt, mais d'une toute autre envergure "les fantastiques années 20". Ici "High Sierra" multiplie les passages mélodramatiques improbables. Ainsi, qui peut croire qu'un gangster endurci va s'attendrir pour un chien perdu qui porte la poisse, pour une fille de cabaret (Ida Lupino) ou pour une famille dont il ne connaît rien. On ne croit pas plus, en Arthur Kennedy en gangster. raté Le scénario multiplie ainsi à n'en plus finir les situations improbables et les invraisemblances, n'ajoutant rien à la crédibilité de l'ensemble.

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Alors oui, il y a Bogart et Ida Lunipo, qui tiennent le film à eux deux sur leurs épaules, pour en faire un spectacle acceptable. Il n'en reste pas moins qu'on a vu beaucoup mieux et que le scénario de John Huston, ne semble jamais arriver au niveau du jeu des deux interprètes principaux. On peut en conclure que film de gangsters s'est essoufflé. Hollywood en tournera beaucoup moins et il sera remplacé dès 1944, par un nouveau genre, avec ses codes bien à lui : "le film noir". La période de transition sera marquée par quelques grands films dont en cette même année 1941, un autre Bogart, beaucoup plus recommandable : "le faucon maltais".

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Ida Lupino

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Ci-dessus : On remarque Cornel Wilde très jeune derrière le comptoir

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Ida Lupino

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Joan Leslie

Disponible en DVD zone 2 & zone 1 en VO sous-titrée Français

Note : 6 / 10

18/04/2015

Madame Miniver / Mrs Miniver - 1942

"Madame Miniver" n'est pas mon film préféré, mais il a quand même de nombreuses qualités. On peut bien évidemment citer la belle Greer Garson, qui joue avec délectation une mère de famille anglaise. Mais son mari, Walter Pidgeon n'est pas moins excellent. On peut également parler du beau noir & blanc, ou du talent de réalisation de William Wyler. Mais tout cela ne serait rien, sans le très réussi scénario. A ce sujet, plusieurs scénaristes ont participé à l''écriture. On peut citer donc comme scénaristes : Arthur Wimperis, George Froeschel, James Hilton, Claudine West. Le film est lui même une adaptation du du roman de Jan Struther. Le film nous raconte le passage d'une famille anglaise de la paix de leur foyer à la guerre. Et le film passe de la douceur du foyer, à l'angoisse de la déclaration de guerre, aux privations, et aux bombardements, et aux disparitions. Plusieurs scènes sont mémorables, comme celle où Madame Miniver trouve dans sa cuisine un pilote allemand blessé, qui en mangeant lui dit que d'autres que lui viendront par millier, pour détruire les villes anglaises. Le discours rappelle d'autres discours radicaux actuels, dont la résonance fait écho au film de Wyler. Enfin, cette plongée de le Blitz vu du côté anglais, nous fait nous interroger ici aussi sur notre conscience et notre humanité. En effet, Walter Pidgeon, en père de famille essaye de protéger sa famille des horreurs de la guerre, et à garder en eux cette part de beauté, que la guerre veut absolument détruire. "Madame Miniver" nous montre donc la guerre du côté des civils et des familles. Ainsi, si les soldats combattaient sur mer, sur terre, et dans les airs, les familles à l'arrière combattaient souvent la peur, la haine qui voulaient absolument corrompre leurs coeurs. Lutte totale contre le mal, "Madame Miniver" est malheureusement actuel, et nous rappelle que la lutte contre les totalitarismes qui veulent faire de l'Homme une bête, n'est jamais terminée. Cette lutte pour que le mal et la guerre n'écrasent pas les dernières lueurs de la conscience humaine, et le souvenir des jours heureux, c'est dans la lecture au fond d'un abri de fortune, et dans l'évocation "d'Alice aux pays des merveilles" que la famille Miniver la transpose : "Enfin elle se représenta cette même petite sœur, dans l’avenir, devenue elle aussi une grande personne ; elle se la représenta conservant, jusque dans l’âge mûr, le cœur simple et aimant de son enfance, et réunissant autour d’elle d’autres petits enfants dont elle ferait briller les yeux vifs et curieux au récit de bien des aventures étranges, et peut-être même en leur contant le songe du Pays des Merveilles du temps jadis : elle la voyait partager leurs petits chagrins et trouver plaisir à leurs innocentes joies, se rappelant sa propre enfance et les heureux jours d’été." Pour la petite histoire, on se souviendra que Norma Shearer, refusa le rôle de mère de famille se considérant trop jeune, et que Greer Garson devait épouser son fils dans le film, Richard Ney, en 1943. Il ne transparaît évidemment rien, de leur passion à l'écran. Le film, aidé par la belle musique d'Herbert Stothart (en charge également de la musique de "Prisonniers du passé"), devait rafler 7 Oscars mérités, et bénéficier d'une suite après la guerre, qui n'obtint pas le même succès que l'original.

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Ci-dessus : Walter Pidgeon & Greer Garson

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Ci-dessus : Henry Travers & Greer Garson

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Ci-dessus : Theresa Wright & Richard Ney

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Disponible en Bluray Zone Free en VF et VO sous-titrée

Note : 8 / 10

17/04/2015

Prisonniers du passé / Random Harvest - 1942

Aujourd'hui le mélodrame est passé de mode, comme beaucoup d'autres genres. On peut ainsi citer, la comédie musicale ou le western. Plus personne ou presque ne fait de western aujourd'hui et encore moins de mélodrame. La disparition du mélodrame, vient des changements de mode, mais aussi d'état d'esprit du spectateur et plus particulièrement de la spectatrice. En effet, le mélodrame, était un genre réservé ou dédié aux femmes qui se rendaient au cinéma. Aujourd'hui l'émancipation féminine est totale, et les femmes ne veulent donc plus se voir, comme les objets amoureux des hommes; ou alors des objets sexuels, comme en témoigne parmi le public féminin la réussite d'ouvrage érotique comme "50 nuances de Grey" d'E L James. Mais la spectatrice ne veut plus se voir, amoureuse d'un seul homme. La révolution sexuelle est passée par là. J'avoue que je le déplore. Car ces films, en plus de mettre en avant, la fidélité et un courage féminin sans limite à affronter la vie, alors que l'homme avait abandonné le domicile, ces films étaient souvent formidablement réalisés, photographiés et joués par de grands acteurs et actrices. Il en va ainsi de "Prisonniers du passé" (production MGM), qui est tout simplement un des plus beaux films qu'il m'ait été donné de voir. J'ai souri, pleuré,  et les plus de deux heures de cette oeuvre sont passées comme un songe. Pourtant, on se demande bien où va aller cette histoire de ce soldat amnésique, perdu dans un hôpital militaire en Angleterre. De cette voie sans issue, les scénaristes (Claudine West, George Froeschel, Arthur Wimperis) vont créer une oeuvre magnifique au limite de la pensée humaine, au niveau des plus belles fables de l'Humanité.

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La réalisation de Mervyn LeRoy et la photographie de Joseph Ruttenberg font merveille. Mais que dire des acteurs, sinon que Greer Garson semble n'avoir jamais été aussi belle et émouvante. Et Ronald Colman interprète là, sans doute son meilleur film. Il est simplement extraordinaire. La moindre de ses expressions, sont plus fortes qu'un discours. Et parfois il arrive à communiquer avec son visage et ses yeux, avec les autres acteurs, d'une manière presque mystique. Avec tant de qualités, il est presque superflu de dire que ce film est littéralement touché par la grâce. Il nous dit que nous ne sommes pas que des êtres de chair et de sang, mais qu'il y a bien un esprit, une âme en nous. Et que sans cette âme, sans cet esprit, sans cette mémoire, l'Homme n'est plus l'Homme. Au final, leçon de cinéma, "Prisonniers du passé" est aussi une superbe leçon de vie, qui nous amène au dessus des plus hauts sommets de la pensée humaine, à la fin de notre humanité, là où commence le royaume de Dieu. Et ce ne sont pas quelques facilités scénaristiques qui refuseront à cette oeuvre, d'être un pur chef-d'oeuvre cinématographique. Le film bien que nommé 7 fois aux Oscars de 1942, n'en obtiendra qu'un seul et Greer Garson, obtiendra quand même un Oscar cette même année, mais cette fois-ci pour "Mrs Miniver". Cette note me permet aussi de rappeler le souvenir de Susan Peters à la carrière brisée. En effet, "le 1er janvier 1945, Susan Peters subit un terrible accident de chasse. La balle se loge dans sa moelle épinière et la laisse paralysée des membres inférieurs, l'obligeant à se déplacer en fauteuil roulant. En 1948, le couple se sépare. Son handicap rend les castings plus rares. Elle souffre de dépression. Sa santé se dégrade avec une maladie des reins, une pneumonie et une anorexie nerveuse. Elle en meurt le 23 octobre 1952."

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Ci-dessus : Ronald Colman

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Ci-dessus : Greer Garson & Ronald Colman

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Ci-dessus : Ronald Colman au centre

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Ci-dessus : Greer Garson & Ronald Colman

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Ci-dessus : Ronald Colman & Susan Peters

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Ci-dessus : Mervyn LeRoy au travail

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Ci-dessus : Susan Peters

Vidéo hommage :

 Disponible en DVD zone 2 en VF et VO sous-titrée français (chez Warner Bros)

Note : 9,5 / 10

05/02/2014

L'ombre d'un doute / Shadow of a doubt - 1943

"L'ombre d'un doute" était le film préféré d'Alfred Hitchcock selon sa fille, et quand on le visionne on comprend pourquoi. En effet, derrière la vie d'une famille américaine sans histoire, dans une petite ville de province va se nouer un véritable cauchemar. L'ennui d'une jeune fille un peu innocente (Teresa Wright) est le déclencheur. Pourquoi ne pas faire venir ce bon vieux oncle Charlie (Joseph Cotten) pour enfin avoir de l'amusement. En effet que peut on rêver de mieux qu'un invité pour avoir un peu d'animation à la maison ? Les rapports troubles entre ce très distingué oncle Charlie et la jeune fille laisse à penser qu'il y a entre eux de l'admiration voir de l'amour. Et Hitchcock laisse supposer que le personnage de Teresa Wright n'est pas aussi innocent qu'on peut le penser au premier abord. Mais rien ne la prépare à se heurter à un oncle Charlie qui a bien changé et qui surtout traîne un lourd passé. Mais est ce possible qu'un aussi bel homme, aussi bien distingué, et aussi bien habillé, puisse cacher quelque chose.

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Hitchcock donc comme a son habitude joue sur les apparences, mais aussi sur le rapport trouble entre Teresa Wright et Joseph Cotten. C'est d'ailleurs un pur plaisir de retrouver ici la belle Teresa Wright, qui semble être la conscience mais également le subconscient de l'oncle Charlie, ou si vous voulez l'âme soeur. Ce rapprochement en une espèce de conscience jumelle est bien montré lors de la scène du train, où l'oncle Charlie semble à bout de force, comme écrasé par ses fautes. Mais la conscience aveugle du personnage de Theresa Wright lui donne au premier regard une force nouvelle, une vie nouvelle. Par son regard innocent, il est lavé de ses fautes et donc lui aussi innocent. Mais la destruction de cet état, par l'amour absolu va révéler la vraie nature de l'oncle Charlie et précipiter sa fin. Hitchcock explore donc la psychologie des personnages de la meilleure des manières. On retrouve aussi quelques un de ses thèmes favoris comme les trains qui semblent signifier l'implacable cours du destin, ou encore associe un personnage qui pardonne toutes les fautes : la soeur de l'oncle Charlie qui ne voit rien et ne comprend rien, son frère restant toujours cet être supérieurement merveilleux.

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Ci-dessus : Teresa Wright et Joseph Cotten

Je n'ai pas dit un mot du casting et ce n'est pas bien. Donc une fois n'est pas coutume je finirais là dessus. On retrouve donc avec plaisir Teresa Wright. On se souvient d'elle pour son rôle dans "la vipère" (1941) avec Bette Davis, ou dans "Mrs Miniver" (1942), où elle devait décrocher l'Oscar du meilleur second  rôle, mais surtout pour sa prestation avec Dana Andrews dans "les plus belles années de notre vie" (1946). Quant à Joseph Cotten c'est évidemment l'acteur de très nombreux films où il n'était pas souvent le méchant. C'était évidemment la vedette de "Citizen Kane" (1941) ou du trop méconnu "Lydia" (1941). On retrouve également de très bon seconds rôles comme Hume Cronyn qui était formidable en avocat dans "le facteur sonne toujours deux fois" (1946) avec John Garfield et Lana Turner. On peut également citer, pour les seconds rôles, Patricia Collinge. Cette dernière était également présente dans "la vipère" (1941). Pour finir sur la musique, je dirai que Dimitri Tiomkin nous donne une très belle participation aux tons inspirées de la valse de "la veuve Joyeuse" de  Franz Lehár. Je vous conseille donc très fortement ce film d'Hitchcock où l'innocence rencontre le mal, dans un mélange encore explosif, même pour notre époque et qui nous permet de revisiter la tranquillité et la paix toute relative et apparente d'une ville américaine des années 50. Je regretterai juste la prestation de Macdonald Carey pas très à l'aise et crédible en policier courtois.

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Ci-dessus : Joseph Cotten et la belle Teresa Wright

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Ci-dessous : Macdonald Carey et Teresa Wright

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Ci-dessus : Teresa Wright et Joseph Cotten

 

La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

 

Note : 8  / 10

12/12/2013

Les conquérants - Dodge City - 1939

 "Les conquérants" c'est bien le type même du film qui m'a accompagné pendant une bonne partie de mon enfance et de mon adolescence, que ce soit en VHS ou en DVD. C'est évidemment un western qui fait parti de ces westerns de 1939, qui vont revivifier le genre. Ce film était un western avec Errol Flynn.  Ce dernier apportait ici classe et charme et si au départ il dénote un peu, il est en réalité un héros westernien tout à fait crédible. La force des conquérants, c'est que ce western possède toutes les qualités des grands films du genre, et de par sa jeune naissance, on ne peut pas l'accuser d'être un immense clichés. Ainsi, il y a une scène de course entre un train et une diligence, une panique de bétail, des réglements de compte, une attaque de train, et un justicier. Rien ne manque pour le plaisir des yeux, même pas un très beau Technicolor, assez rare pour l'époque. La réalisation de Michael Curtiz est parfaite en particulier dans les scènes d'action, qu'il maîtrise parfaitement. Le film est donc un très bon divertissement, surtout si on ajoute au charme d'Olivier de Havilland, la grande et belle musique d'un Max Steiner très inspiré pour l'occasion. La Warner réussit donc à atteindre son objectif de faire un western sur-vitaminé, qui aujourd'hui a un peu vieilli, mais seulement parce que l'on a vu 200 westerns plus tard. En 1939, ce n'était pas le cas. On notera, que le film parle d'une possible suite (Virginia City). Le film se tournera bien et se nommera bien "Virginia City" (1940), mais le scénario sera totalement changé et Miriam Hopkins remplacera Olivia de Havilland. On pourra peut être reprocher aux "conquérants" d'avoir les défauts de ses qualités. C'est à dire une incroyable facilité. Mais pouvons reprocher à ce cinéma d'être ce qu'il est. C'est à dire une oeuvre d'art.

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Ci-dessus : Olivia de Havilland et Errol Flynn

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Ci-dessus : Guinn "Big Boy" Williams, Errol Flynn, Alan Hale

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Ci-dessus : Errol Flynn et Bruce Cabot

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Ci-dessus : Errol Flynn (toute ressemblance avec votre serviteur serait purement fortuite).

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La présentation du film :

 

Extrait de la musique :

 

Note : 7,5 / 10

14/04/2013

Primrose Path - 1940

Troisième et dernier film du duo Gregory La Cava / Ginger Rogers à la RKO, "Primrose Path" est bien meilleur que "la fille de la cinquième avenue". Là, le ton de comédie sociale légère de "Pension d'artistes" ou de "la fille de la cinquième avenue" est abandonné. Et si l'humour est parfois présent, c'est pour mieux marquer l'horreur d'une situation ou la vitalité et l'enthousiasme de gens qui luttent de toutes leurs forces, pou simplement échapper à la misère et à la faim. Le film est tiré d'une nouvelle de Victoria Lincoln et raconte le passage à l'âge adulte d'une jeune fille pauvre (Ginger Rogers) vivant dans une famille indigne. En effet, la mère est une semi-prostituée, le père ancien universitaire incapable d'écrire le livre qui mettrait sa famille à l'abri du besoin noie son désespoir d'une vie professionnelle et amoureuse gâchée dans l'alcool. Enfin la grand-mère indigne elle aussi, fromente les pires mauvais coups et s'occupe comme elle peut de la jeune soeur de Ginger, le plus souvent livrée à elle même. Ainsi, quand Ginger rencontre Ed Wallace (Joel McCrea) elle va voir celui-ci comme une bouée de secours pour s'échapper de cette vie horrible qui ne lui apporte rien sinon le désespoir. Mais si elle trouve dans son amour pour son homme une nouvelle vie et une porte de sortie, son passé va vite la rattraper et sa famille va de nouveau entrer dans sa vie. L'amour sera t'il plus fort que la haine, que la cupidité et l'intérêt de ses proches ? Il faudra voir le film pour le savoir. Je ne vais pas tout raconter tout de même.

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La critique politique acerbe et proprement manichéenne et presque insupportable de "la fille de la cinquième avenue" a été ici transformée en formidable mélodrame, qui en fait un classique absolu du genre. Les scénaristes et La Cava ont su montrer l'humanité de chaque personnage et une certaine noblesse de ces gens. Ainsi, la mère formidablement jouée par Marjorie Rambeau a une classe folle et son jeu rappelle parfois celui de John Barrymore mais avec une touche féminine évidemment. Il faut ajouter que le père alcoolique joué par Miles Mander, est terriblement désespéré et on sent bien que son addiction à l'alcool n'est que le résultat de ce désespoir. Enfin même la grand-mère indigne nous incline à la compréhension, tant ses actions ne sont dictées que par la volonté de simplement survivre et de vouloir absolument nourrir les siens. Alors, c'est clair que le film ressemble bien à un film pré-code. Et si on ne voit pas de femmes nues, les termes abordés dans cette oeuvre, sont quasiment inabordables en 1940 aux USA. De ce fait, on peut considérer le film comme intéressant, mais aussi comme particulièrement singulier.

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Ci-dessus : Ginger Roger

Enfin, le jeu des acteurs est excellent. Ginger excelle à jouer la jeune adolescente et son jeu se modifie au fur et à mesure qu'elle avance dans l'histoire. C'est assez stupéfiant à voir et on peut admirer dans ce film l'étendue de son talent. Enfin, comme je l'ai dit la performance de Marjorie Rambeau est vraiment notable. Elle sera d'ailleurs remarquée par l'Académie des Oscars et elle recevra une nomination dans la catégorie, meilleur second rôle féminin. Si il en était besoin, cela fait une raison de plus de voir "Primrose Path".

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Ci-dessus : Joel McCrea et Ginger Rogers

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 Ci-dessus : Henry Travers, Ginger Rogers, et Joel McCrea

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 Ci-dessus : Miles Mander, Ginger Rogers et Joel McCrea

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 Ci-dessus : Marjorie Rambeau

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Critique en anglais :


Extrait :


Disponible en DVD zone 2 (éditions Montparnasse)

Note : 7,5 / 10

09/04/2013

La vie est belle / It's a Wonderful Life - 1946

Par quel bout prendre "la vie est belle" de Frank Capra ? Voilà la première question qui me vient à l'esprit alors que je rédige cette note. Est-ce un film niais comme aime à le rappeler les cyniques de tous bords ou est-ce le chef-d'oeuvre encensé par la critique et le public depuis des décennies ? Cette note essaiera d'y répondre avec le coeur, car si on lit avec les yeux et si on écoute avec nos oreilles c'est bien avec le coeur qu'i faut voir ce film sous peine de ne rien y comprendre. Le film est tiré d'une histoire, "The Greatest Gift", écrite en novembre 1939 par Philip Van Doren Stern. L'auteur n'arrivant pas à faire publier son histoire se décida à la joindre à ses cartes de Noël et l'envoya à 200 proches. L'histoire attira finalement l'attention d'un producteur de la RKO David Hempstead. Ce dernier le présenta à l'agent de Cary Grant et finalement en avril 1944, la RKO en acheta les droits pour 10 000 dollars. Après trois écritures de script qui ne satisfaisaient personne au studio, Cary Grant n'attendit pas la fin du projet et se mit à tourner un autre conte de Noël "the Bishop's wife" (1947). Finalement, Charles Koerner de la RKO fit lire l'histoire à Capra qui la trouva merveilleuse. La RKO anxieuse de ne jamais pouvoir mettre le film en images, décida de vendre les droits sur ce film et les trois scripts à la société de production de Capra, "Liberty Films". Capra prit alors les choses en main, et retravailla le script avec une pléiade de scénarites : Frances Goodrich,  Albert Hackett, Jo Swerling, Michael Wilson, et enfin Dorothy Parker. Mais le script devait encore subir des révisions, et même durant le tournage. Mais ce n'était pas forcément un problème à Hollywood. On se rappelle que le script de "Casablanca" devait subir le même sort, avec le succès que l'on sait.

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Le film devait être tourné aux studios RKO et au ranch de la RKO à Encino qui avait déjà une ville construite qui avait servie pour un film de 1931 "Cimarron". La ville faisait 1,6 hectares et possédait sa grande rue, et 75 bâtiments et magasins. Capra pour le besoin du film devait faire construire une banque mais aussi faire planter 20 chênes. Capra devait ensuite supprimer plusieurs parties musicales composées par Tiomkin au grand désespoir de ce dernier. Sur cette ville construire pour le cinéma, il faut savoir qu'en 1954 l'ensemble  devait être rasé et ne devait rester que la piscine où danse James Stewart dans le film, et la maison Martini. Le tournage quant à lui devait commencer le 15 avril, 1946 et se terminer le 27 juillet 1946. Le film devait se classer 26ème au box-office de 1947 sur 400 films sortis cette année là. Devant ce succès mitigé il devait accuser une perte de 525 000 $. Néanmoins, le film devait passer des générations de spectateurs pour rester dans la mémoire collectivie du public jusqu'à aujourd'hui et devenir un film mythique. Mais qu'est ce qui fait de "la vie est belle", un film mythique aujourd'hui ?

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Ci-dessus : James Stewart

Le succès de "la vie est belle" qui fait de ce film, une légende du cinéma hollwyoodien, ce n'est pas seulement le talent de réalisateur de Capra, ou l'incroyable beauté et le glamour de Donna Reed qui paraît n'avoir jamais été aussi belle et désirable ou l'enthousiasme de James Stewart, ou encore l'incroyable capacité de Lionel Barrymore à jouer un ancien ouvrier aux idées presque anarchiste l'année précédente dans "la vallée du jugement" et cette fois-ci tout le contraire, dans son interprétation d'un banquier rapace. Ce qui fait le succès encore aujourd'hui de "la vie est belle" et qui en fait un film mémorable pour le public, ce sont bien les thèmes que ce film aborde, thèmes qui sont toujours d'une brûlante actualité. En effet, qui peut nier que le sacrifice pour les siens et pour lea autres, la famille, l'appât du gain, ou l'erreur qui détruit toute une vie de travail, et simplement la valeur inestimable de la vie d'un être humain, ne sont pas encore aujourd'hui des thèmes encore actuels en cette période de crise ?

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Ci-dessus : Donna Reed et James Stewart

D'ailleurs la popularité dont le film bénéficie chez nous le rapproche plus d'un certain esprit prêt à croire dans la communauté et dans la solidarité, plutôt que dans la réussite personnelle et dans un appât du gain qui détruit tout, mais aussi dans l'intervention de forces invisibles qui éloignent ainsi le film des mensongères accusations dont il fit l'objet dans'une note du FBI qui faisait de ce film, un film aux idées communistes.

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Ci-dessus : Lionel Barrymore (frère de John Barrymore) et Thomas Mitchell

"La ville est belle" est donc sans aucun doute le plus grand film de Capra encore meilleur que "Mr Smith au sénat" (1939) et il bouleverse autant qu'il peut émouvoir. On ne saurait donc rejoindre les cyniques et bouder son plaisir. "La ville est belle" reste une formidable leçon cinématographique mais aussi morale, sur une vie plus forte et plus précieuse que l'argent et que la finance. Alors oui c'est un conte de Noêl, mais franchement qu'est ce que ça fait du bien !

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Extrait :


 

Film disponible en DVD (zone 2) et Bluray multi-zones.

 

Note : 9 / 10